Résumé : L’article propose de montrer comment les notions de règles, de normes et de formes sont articulés non seulement aux processus d’actions et de régulations,





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Pour une anthropologie culturelle des formes organisationnelles. Règles, régulations, organisation, sémiose et perspective hologrammatique




Alain Van Cuyck, Université Jean Moulin Lyon 3, Laboratoire ELICO

Abstract : This article proposes to show how the concept of rules, norms and forms are articuled not only to process and regulatory action, but also provides the foundation for a relation between information, action, symbolic and culture, creating its own semiotic, anthropologic, social and cultural order.

Résumé : L’article propose de montrer comment les notions de règles, de normes et de formes sont articulés non seulement aux processus d’actions et de régulations, mais constituent également les fondements d’une articulation entre information, symbolique culture et action, créant ainsi son propre ordre sémiotique, anthropologique, social et culturel.

Introduction : forme, stabilité, ordre et homéostasie
« Il ne faut pas chercher une théorie sociologique du symbolisme, mais une origine symbolique de la société »
Claude Lévy Strauss, « Introduction à l'œuvre de Marcel Mauss », in Marcel Mauss, Sociologie et anthropologie, Paris, PUF, « Quadrige », IX-LII. 1950

Pour tout observateur attentif la question des formes est une dimension principale d’une psychologie des patterns et préside à l’organisation cognitive de nos représentations, mais aussi de nos actions. C’est en effet par le bouclage enactant action-représentation que se construit en effet l’intelligence chez l’enfant mais également les praxis sociales, les codes culturels, les dimensions productives du travail et de l’apprentissage et l’évolution générale des formes culturelles.
Par certains cotés certaines formes sont constantes, apparemment immuables, éternelles dans notre univers tel que le soleil à notre échelle humaine, ou encore les pyramides d’Egypte, la vénus de Milo, alors que d’autres sont extrêmement fugaces, volatiles instables telles que la dissipation de fumées de cigarettes, la soudaineté d’un tsunami, l’éruption d’un volcan, la durée de la vie humaine, formes extrêmement dissipatives selon les échelles du temps considérées. D’un coté des formes stables, conservées, traversant la ligne du temps, de l’autre des formes instables, évènementielles, fugaces, évolutives, dissipatives, « catastrophiques » au sens de René Thom1 c’est-à dire basculant à un moment donné vers de nouvelles formes organisées, notamment sociales, politiques, culturelles, anthropologiques, scientifiques, institutionnelles tels que le passage de la préhistoire à l’histoire, et à toutes les formes de variabilités historiques que l’on constate dans l’univers- dont on sait qu’aujourd’hui il est en expansion et en transformation, au sein de l’évolution des espèces, de la transformation des sociétés et civilisations, partout pris comme phénomène et processus de transformation sémiotique.
Certaines formes sont stables, d’autres instables. « Entre le cristal et la fumée » pour reprendre l’Essai d’organisation sur le vivant, d’Henri Atlan2 si l’on se préoccupe de biologie, entre le déclin et la renaissance si l’on s’occupe de civilisations, entre le lièvre (phénomènes rapides) et la tortue (phénomènes lents) – la fameuse histoire longue et histoire courte de Fernand Braudel3, entre l’ordre et le désordre, entre le hasard et la nécessité de Jacques Monod4,beaucoup de phénomènes liés aux notions de formes évoluent soit vers la conservation de leur forme, soit vers au contraire leur dissolution et leur entropie, soit dans la plupart des cas à leurs mutations pour reprendre à la fois ce terme Darwinien, mais qui nous rappelle également le livre de René Berger5, la mutation des signes édité en 1972 et qui fait du changement des signes le moteur des changements anthropologiques et culturels.
Ce premier préalable quand à la question de la stabilité des formes, ou en tout cas leur conservation a reçu des premiers éclairages importants dans la perspective cybernétique. Comment des organismes vivants (ou culturels et sociaux ou organisationnels) peuvent-ils maintenir leurs formes dans la temporalité alors qu’apparemment ils sont soumis à des déséquilibres thermodynamiques importants. Une des idées pionnières de la cybernétique à cette époque est celle d’homéostasie, introduite par Canon6, prolongeant lui même les réflexions de Claude Bernard en biologie sur les phénomènes notamment de régulation thermique du corps humain.

Parmi les postulats importants de l’homéostasie on peut énoncer les quatre suivants :

1/La stabilité dans les systèmes ouverts comme nos corps requièrent des mécanismes qui actent cette régularité.

2/ Les conditions d’un état particulier requièrent que la tendance aux changements automatiques s’accompagnent de facteurs qui peuvent résister à ces changements.

3/le système de régulation qui détermine un état homéostatique consiste en un nombre de mécanismes coopératifs agissant simultanément ou successivement.

4/L’homéostasie ne se produit pas par chance, mais est le résultat d’un processus d’auto organisation. (organized self-government).

Comment un système peut-il fonctionner en se régularisant pour assurer à minima sa propre conservation et sa durabilité dans le temps et donc la conservation de son ordre propre, alors qu’étant soumis à des déséquilibres thermodynamiques c’est plutôt vers la désorganisation de son propre ordre vers laquelle le système tendrait, s’il n’était compensé par des échanges permanents d’énergie et d’information avec son environnement. La cybernétique et la première théorie de la communication de Shannon se sont nourries des questions soulevées par la thermodynamique en ce qui concernait l’énergie et sa faculté à pouvoir se dégrader et le concept d’entropie formulé la première fois par Clausius en 1850, mais surtout revisité par le physicien Ludwig Boltzman en 1873. Avec son fameux théorème S de l’entropie, la mesure de l’entropie va se mesurer en terme d’agitation moléculaire et donc de probabilités thermodynamiques de l’état d’un gaz. En basculant vers les probabilités, la mesure de l’entropie va être associée aux notions d’ordre et de désordre. La question de la conservation des formes et donc de la conservation de leur ordre, n’est donc pas une question nouvelle dans l’histoire des sciences. Elle est issue notamment des perspectives de la science physique et des recherches sur la thermodynamique. De ces réflexions et de ces questions naîtront dans les années 50 d’une part la mesure de la quantité d’information avec Shannon et Weaver, et d’autre part la cybernétique, cette nouvelle « science des régulations chez l’homme l’animal et la machine » avec l’apport de Wiener et de la 1° cybernétique dans les années 60, puis de la seconde cybernétique à partir du principe « order from noise » de Von Foerster.
L’idée qui nous semble importante ici est de démontrer le lien très profond qu’il y a entre entropie, information, règle, organisation et régulation, mais également signe et communication. Le tournant essentiel de l’ensemble de ces questions naît de la révolution profonde dans les catégories de pensée, d’une part de la notion de la question des régulations des systèmes là ou la pensée classique était encore essentiellement mécanique et d’autre part, de l’émergence de la notion d’information définie par symétrie et homologie avec la dimension négative de l’entropie que Léon Brillouin7 proposa quelques années plus tard d’appeler néguentropie (ou entropie négative).
La question des règles et par delà les règles des phénomènes de régulation est bien sur liée aux questions de formes et de structuration de formes et bien sur d’organisation. Peut être devrait-on également leur associer la notion de pouvoir, pris comme potentiel d’action, comme l’a si bien montré Ehrard Friedberg8 dans son livre le pouvoir et la règle, pour montrer que ces deux notions sont concomitantes mais qu’elles s’inscrivent dans une perspective de l’action dynamique organisée.


1. Information, entropie, règle et structure : lorsque les règles et les structures diminuent les possibles tout en diminuant l’entropie.
Sans revenir dans les détails et toute la subtilité de la théorie de l’information de Shannon en ce qui concerne la mesure de la quantité d’information – une des applications directes de sa théorie est le phénomène de redondance. La redondance réduit l’incertitude initiale de l’apparition d’un message ou d’un signe et donc l’entropie du système, c’est-à-dire son degré d’indécidabilité.
Ainsi la quantité d’information est directement liée aux probabilités et aux phénomènes de redondance et plus un signe est redondant moins il apporte d’information. De plus la quantité d’information augmente en fonction de la complexité d’un système.
De la théorie de Shannon on peut déduire les postulats principaux suivants :
L’entropie mesure en quelque sorte le degré de hasard, de désordre d’un système, son « chaos » en quelque sorte

L’entropie augmente si le nombre des éventualités augmente : par exemple les deux faces d’une pièce ne donnent qu’un bit, alors que les 32 cartes d’un jeu en donne 5

L’entropie diminue si les probabilités sont inégales, à la limite elle serait de 0 si une des éventualités avait une chance de 1/1 c'est-à-dire était certaine, il n’y aurait aucune incertitude, aucun hasard, aucune information.

La redondance diminue la valeur de l’entropie.

Enfin et surtout l’inflation de l’entropie par le nombre des possibilités est très au-delà compensé par les inégalités de probabilité et l’emploi de règles :

Il serait possible de former 26 puissance 4 mots de quatre lettres dans la langue française soit presque un demi million de possible, toutefois certaines combinaisons comme QX ou WK s’avère impossible. De même certaines règles, certains codes diminuent la valeur entropique d’un système en réduisant son champ des possibles : La valeur entropique de la belote, dans la mesure ou elle réduit les possibilités de jeu par les règles (par exemple devoir fournir à l’atout si l’on en a ) diminue l’entropie et la valeur entropique qui serait de 5 bits si l’on jouait sans règles, mais qui sera largement inférieure si l’on applique des règles diminuant les possibles du jeu et diminuant son imprévisibilité.
Dans cette perspective, les règles diminuent de façon considérable le monde des possibles en éliminant des réponses potentiellement possibles et donc réduisent les degrés de désordre et d’entropie des systèmes en augmentant d’une certaine façon le degré d’ordre du système jusqu’à l’élimination de l’incertitude initiale.
Enfin, toute information supplémentaire à un système apporte une valeur néguentropique à celui-ci puisqu’elle réduit le degré d’improbabilité : Si l’on tire une carte parmi 32 le degré de probabilité sera de 1/32 (soit une incertitude de 5 bit), la suivante sera prise sur 1/31 et donc moins incertaine et la dernière carte aura une probabilité de 1/1 c'est-à-dire une entropie nulle soit 0 bit en terme de quantité d’information.
Comme le fait remarquer très justement Robert Escarpit9 dans ce sens là l’émission de signe (ou d’évènements) produit la diminution de l’entropie, et donne donc au système un degré d’ordre supérieur.
Par cet exemple nous voyons que non seulement les règles diminuent l’entropie d’un système, mais que par la répétition des actions (et des évènements) elles contribuent à lever les facteurs d’incertitude et d’échec par élimination des facteurs conduisant à l’échec et le renouvellement des comportements conduisant au succès. On est là au sein des comportements et des logiques heuristiques ou stochastiques, un des fondements épistémologiques de la cybernétique de Wiener ou la régulation des phénomènes d’action se réalise en réincorporant des informations (les fameux feedback) sur le résultat de nos actions de façon à diminuer l’entropie (l’incertitude) de nos comportements de façon à les ajuster par boucle récursive aux comportements corrects par ajustements auto-correctifs. D’une certaine façon, un comportement correct se traduit alors par l’élimination des comportements possibles qui seraient incorrects où qui comporteraient une marge d’erreur. La règle ou le système de règles permet alors de conserver cet ordre comportemental pour assurer la régulation d’un système et la pérennité de sa forme.
Dans le champ de la psychologie expérimentale ces phénomènes heuristiques ont été perçus depuis fort longtemps notamment avec la célèbre loi de l’effet de Thorndike10 énoncé dans sa thèse Animal Intelligence: An Experimental Study of the Associative Processes in Animals.en 1898 : le succès conduit à la répétition des réponses, l’échec conduit à son élimination.
De ces avancées nous pouvons en induire au moins quatre postulats importants en ce qui concerne la règle et les phénomènes de régulation
1/ les règles conduisent à réduire l’incertitude initiale d’un système en leur donnant un degré d’ordre et d’organisation plus important.
2/ C’est par l’action et les mécanismes d’autocorrection que les systèmes ajustent leur comportement de façon cybernétique de manière à réduire les comportements « aberrants » et à augmenter leur capacité d’auto organisation en éliminant progressivement par ajustement, régulation et autocorrection l’entropie des comportements en fonction d’une finalité. C’est la fameuse téléologie (atteinte des buts au loin) cybernétique qui renversera le vieux schéma behaviouriste mécanique et linéaire du stimuli-réponse (ou schéma cause-effet) pour une perspective cybernétique du pilotage par incorporation récursive d’informations liés aux résultats de l’action dans une perspective heuristique.
3/ Ces mécanismes autocorrectifs et homéostatiques sont liés à des mécanismes d’ajustement, de coopération qui réduisent le hasard (l’entropie) par des processus d’auto organisation.
4/ Les règles vont de pair avec des logiques régissant les comportements (pris au sens large). Elles concourent à des phénomènes d’auto-organisation et de production de formes.

2. Règles et activités humaines.
La plupart des activités humaines, sinon leur quasi-totalité, sont liés à des règles sociales qui orientent et normalisent l’action, qui autorisent certains comportements et en inhibent d’autres. Elles fonctionnent comme clôtures sémiotiques de l’espace des jeux et de l’action et caractérisent, voire même spécifient les possibles des actions et les comportements autorisés.
Dans le pouvoir et la règle, Friedberg, se référant à l’ouvrage de Gouldner "Patterns of industrial bureaucraty" 1955, explique les fonctions latentes de la règle dans le système industriel de son époque.
Il en distingue cinq :
1/ la règle permet le contrôle à distance

2/ elle constitue un écran et une protection en réduisant les relations interpersonnelles

3/ elle restreint l'arbitraire du supérieur et légitime la sanction

4/ elle rend possible l'apathie, c'est à dire un comportement de retrait qui se contente d'appliquer les règles sans plus,

5/ elle rend possible le marchandage avec la hiérarchie qui les impose : elles sont aussi un instrument aux mains des exécutants.
La règle permettrait de réduire les tensions interpersonnelles née des méthodes de contrôle et de surveillance plus contraignantes et plus dures.
D’où l’importance en analyse stratégique, de se centrer sur le construit de normes et de règles pour appréhender les systèmes de régulations sociales et les stratégies d'acteurs.
La règle ou le principe de règle fonctionne également comme principe d’économie de l’action, ressource individuelle qui n’est pas illimitée et qui permet de rendre plus efficace en limitant ses possibles l’action, tout en en assurant sa réalisation par phénomène de clôture sémiotique, limitant par là les effets entropiques.
Si l’on se réfère à certaines règles qui régulent certaines activité sportives par exemple, ont s’aperçoit qu’elles fonctionnent comme des clôtures sémiotiques, limitant l’entropie des possibles et fondant ainsi la garantie de leur ordre sémiotique.
Cela peut concerner une série de règles (et donc d’interdits...) portant sur les différents champs suivant :
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