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III°) Les tatouages et piercings créent une exclusion dans notre société.

Les tatouages et les piercings sont à la fois des actes publics et privés, provoquant ainsi de l'admiration ou du dégoût chez les autres membres de la société. Ce dernier, créant un sentiment de rejet, peut aboutir à une exclusion, voulue ou involontaire, dans plusieurs domaines.

1°) Une exclusion involontaire.


  • Le domaine médical.


Chaque acte qui transperce la peau, comme le tatouage et le perçage, peut introduire chez la personne concernée des germes, virus ou bactéries. Ceux-ci peuvent être le point de départ d'une maladie ou d'une allergie, transmise soit par les instruments du professionnel, soit par les germes présents directement sur la peau du client. La présence de sang lors de ces opérations peut aussi permettre la transmission d'infections plus graves, telles que le VIH ou l'hépatite C, pouvant nuire gravement à la santé et provoquer le décès.
Constatant l'augmentation de ces pratiques corporelles et les risques qui les accompagnent, l'Académie de la médecine française publie, le 11 décembre 2007, un rapport surnommé « Piercings » et tatouages : la fréquence des complications justifie une réglementation. Dans ce rapport, l'Académie rappelle que tatouages et piercings sont comparables à de petits actes chirurgicaux, et qu'ils doivent donc répondre à des règles d'hygiène strictes. De plus, elle estime que le coût des conséquences médicales éventuelles des piercings et tatouages devrait être pris en charge par des assurances privées et non par l´Assurance Maladie, ce qui exclurait toutes les personnes tatouées et percées du système d'assurance médicale français.
L'acte de se faire tatouer est un acte très important, car le dessin obtenu est indélébile et restera présent tout au long de la vie de la personne concernée. Cependant, une nouvelle technique, appelée détatouage, permet de retirer dans certains cas le dessin ineffaçable.

Bien entendu, le tatouage étant une opération à but esthétique, le détatouage n'est pas remboursé par la sécurité sociale.

Enfin, il n'est pas possible en France de donner son sang directement après l'acte de perçage de la peau. En effet, selon l'établissement français du sang, dès que des aiguilles ou des objets tranchants traversent la barrière cutanée et qu'ils sont utilisés pour plusieurs personnes, il existe un risque de transmission de virus ou de bactéries.  Ainsi, une exclusion temporaire de quatre mois est nécessaire pour effectuer un don du sang (ou de la moelle épinière), afin d'éviter tout risque de contamination.


  • La vie active


La présence de tatouages et de piercings peut altérer la recherche d'emploi. En effet, même si ces pratiques corporelles sont de plus en plus acceptées dans notre société, le monde du travail a tendance à toujours les rejeter. On peut y voir ici l'importance de l'apparence et de l'image projetée dans l'univers de l'emploi.

Ainsi, plusieurs patrons ont déjà « éliminé » la candidature de certaines personnes en raison de leurs bijoux esthétiques. Pourtant, le code du travail français prévoit et pénalise ce comportement que l'on peut qualifier d'injuste:

« Aucune personne ne peut être écartée d'une procédure de recrutement (…), aucun salarié ne peut être sanctionné, licencié ou faire l'objet d'une mesure discriminatoire (…) notamment en matière de rémunération (…) en raison (…) de son apparence physique ». [Art. L. 1132-1]

De plus, la Cour d'appel de Toulouse fit paraître l'arrêt suivant en octobre 2001:

«  Porter un bijou ne saurait être par principe interdit à une salariée dans l'exercice de ses fonctions, si ledit bijou n'apparaît pas incompatible avec la nature des tâches qui lui sont confiées. » [N° 2001-00557]

Mais ces deux textes ne sont néanmoins que des théories car beaucoup de recruteurs pratiquent la discrimination dissimulée, en évoquant un autre motif tel que le manque d'expérience.

Cependant, un employeur peut demander à son salarié tatoué ou percé de cacher son marquage si celui-ci revêt un caractère pouvant « nuire à l'intérêt de l'entreprise ».

Cet écart du monde du travail crée une réelle exclusion car ne pas avoir d’emploi dans notre société engendre une absence de revenus, donc l’impossibilité d’accéder au crédit, la non existence de cotisation pour la retraite, pas de consommation de masse…

Il existe certains cas particuliers : le Ministère de l’Intérieur précise que tout tatouage est strictement interdit pour le personnel policier. Si un tatouage est remarqué lors de la visite médicale, il doit être enlevé si la personne souhaite entrer dans la Police Nationale.

En revanche, ils ne sont pas interdits à l’armée, mais ils ne doivent pas se voir lors du port de la tenue (les tatouages dans le cou et sur les avant-bras sont donc interdits).
Afin d’illustrer clairement ces propos, nous avons organisé un sondage auprès de trente-quatre de nos professeurs qui ont une plus grande expérience de la société.


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Pour 50% des personnes interrogées, cette jeune femme est trop tatouée, et même vulgaire pour 12% d’entre eux.

Selon 60% de ces personnes, la jeune femme travaille dans le domaine artistique, et lorsqu’elles apprennent que celle-ci fait des études de droit, elles sont 50% à penser que ceci est son choix.

Pour respectivement 42% et 50% des individus interrogés, le marquage corporel est peut-être un obstacle lors de la recherche d’un emploi, et il peut aussi être représentatif d’un désir de rébellion.
2°) Une exclusion volontaire.

2.1 Les Hippies.

D’après David Le Breton, dans les années 70, l’apparition du mouvement hippie contribue au renouvellement du tatouage, que l’on aperçoit notamment sur la côte ouest des Etats-Unis.

En plus de leur façon de s’habiller et de vivre, les hippies s’agrémentent d’accessoires corporels tel que les bijoux, les fleurs, les vêtements singuliers, etc, et se peignent le corps dans un but de séduction, de plaisir personnel. La peinture corporelle ou les tatouages des hippies ont pour but de « tourner le dos aux valeurs puritaines de l’Amérique.



Hommes ou femmes, ils se couvrent le corps de fleurs, d’astres, de figures psychédéliques, ou bien à des mots en référence à leur mouvement tel que « peace, love, free, etc.»

Pour eux le corps est un mode d’expression, de même pour les punks mais sur un mode radicalement opposé. Effectivement, leur désir est de partager la complicité avec les hommes et la nature. Les décorations corporelles sont festives et lancent un appel à l’autre, contrairement au mouvement punk qui est paralysé par le sérieux, la radicalité, la haine de la société, et de soi-même.

2.2 Les Punks

Avant même que le mouvement hippie apparaisse, dans les années 60, la musique est déjà un signe de ralliement. Il est vrai que l’on observe la présence des mods, fan des Beatles, reconnaissables par leur cheveux longs et leurs vêtements à la mode faits sur mesure; et les rockers, dans la mouvance ouverte par Elvis Presley, portant des blousons noirs, recourant aux tatouages, circulant en motos et arborant une virilité agressive, contradictoire à l'esprit des mods.



A la fin des années 60, ils disparaissent, les uns dans le mouvement hippie, les autres se convertissent en skinheads, moins radicaux que de nos jours, mais semant déjà la violence dans les stades de football.

L'usage du tatouage et du piercing est courant chez les skinheads, représenté par des têtes de mort, emblèmes nationalistes, divinités antiques, etc. Des dessins agressifs s'affichent sur les crânes rasés, le corps est un exutoire de la haine de l'autre et représente toujours une revendication nationaliste.



Dans les années 70, dans une volonté de porter en dérision l'apparence physique et vestimentaire, les punks se percent le corps d'épingles, s'accrochant à même la peau des croix gammées, des symboles religieux et toute sorte d'objets singuliers. Le corps est brûlé, mutilé, percé, tailladé, griffé, scarifié, tatoué, dans des vêtements inappropriés.

La haine du social se retourne en une haine du corps symbolisant le rapport obligé à autrui. Le corps est délibérément souillé, abîmé, tourné en dérision, attaqué comme support de l'individualité ; Johnny Rotten, le chanteur des SexPistols, a les bras et les mains couvertes de brûlures de cigarettes : « La douleur ne fait pas mal. J'ai fait ça moi-même pour m'amuser. Je pensais que ça pouvait être marrant. Ca ne concerne que moi. Je n'accepterai pas que les gens me critiquent pour ce que je fais à mon propre corps. Parce qu'il est à moi. Si j'ai envie de me couper la jambe, je le ferai. »



Le piercing est l'accessoire qui trouble alors le plus dans cette rupture radicale avec la présentation de soi, d'autant qu'il s'agit, par souci d'argent, d'épingles à nourrice plantées dans les joues, les lèvres, les mains ou ailleurs, de boulons, de lames de rasoir, de médailles ou de symboles religieux ou politiques épinglés à même la peau, sur les oreilles, le nez, la poitrine, etc. A cette époque, à l'exception des punks, cette pratique est rarissime; tout ceci dans le seul but d'outrager le corps et de narguer le monde environnant. S'affichent aussi d'autres marques telles que les tatouages, brûlures de cigarette, brandings, scarifications.

La peau est ornée d'inscriptions aggravant celles qu'imposent déjà à la vue les vêtements portés : proclamation de haine, de refus de la société, svatiskas (en référence au nazisme et non à l'hindouisme) ou autres, tatoués sur les joues, le front, les épaules, le cou ou ailleurs.




Même si de nos jours, le tatouage et le piercing sont relativement bien intégrés dans la société, nombre de gens aiment entretenir la légende maudite du rejet et du mépris dans une sorte de nostalgie inconsciente associant tatouage et marginalité : « La société rejette cette forme d'expression et ceux qui la pratiquent... Aujourd'hui ceux qui sont tatoués sont qualifiés de marginaux ou de déchets de la société» déclare une tatoueuse sur son site internet, ce qui n'est plus tout à fait le cas.

"L'histoire est faite par ceux qui disent "NON" et les hérésies utopiques du punk restent son don au monde." Jon Savage.
Conclusion

Les tatouages et piercings sont devenus des actes fréquents dans notre société, créant de nombreux liens sociaux entre les individus. Leur apparition peut être retracée à la naissance de l’humanité, et on peut remarquer qu’ils ont plusieurs fonctions.

Tout d’abord, les marquages corporels peuvent être les signes d’une acceptation au sein d’un groupe ou d’une société, car en les adoptant, l’individu est reconnu comme un être à part entière. On peut citer comme exemple le cas de la culture polynésienne, dans laquelle le tatouage est un acte obligatoire pour passer de l’enfance à l’âge adulte.

Mais les marquages corporels peuvent au contraire créer une exclusion, car les autres membres de la société ne les acceptent pas. Ce rejet peut être qualifié de volontaire lorsque les individus souhaitent se démarquer et se marginaliser de la société (comme les Punks ou les membres de gangs). Ils servent aussi de signe de reconnaissance entre les membres de ce groupe marginal. Mais ce rejet peut aussi être non voulu : les individus portant tatouages et piercings sont souvent porteurs de préjugés, et donc exclus du marché du travail par exemple. Cette exclusion touche aussi le domaine de la santé en interdisant le remboursement de l’assurance maladie.

Malgré ce risque d’exclusion, les marquages corporels provoquent un véritable engouement de nos jours, touchant principalement les adolescents et les jeunes adultes. Celui-ci peut s’expliquer par l’enthousiasme médiatique porté à leur égard. En effet, arborés par de nombreuses célébrités et représentés dans le domaine publicitaire, les tatouages et les piercings font « rêver ».

Suite à ce travail de recherche autour des tatouages et piercings, nous pourrions nous demander comment ceux-ci interviennent en profondeur dans la construction et l’élaboration de groupes marginaux tels que le mouvement gothique.

Annexes

Sources:

Introduction:

  • REY, Alain. Dictionnaire culturel en langue française, édité par Danièle MORVAN, 2005. 341 pages. ISBN : 2 84902179-2

  • MAURIN, Mireille. Dictionnaire universel de poche, édité par MEVEL Jean-pierre, 1994. 758 pages. Livre de poche. ISBN : 2-253-06439-4



  1. Les tatouages et piercings créent un lien social depuis la préhistoire:



  1. Les marquages corporels créent des liens sociaux dans notre société:




  • GERVAIS, Marlène. Tatouage et piercing : marqueur identitaire et phénomène psycho-social, juillet 2009, disponible sur http://afiavi.free.fr/e_magazine/spip.php?article755




  • Agence France Presse, Les faux tatouages envahissent les podiums, publié le 13 octobre 2009 et mis à jour le 13 octobre 2009, disponible sur http://www.google.fr/imgres?imgurl=http://www.cyberpresse.ca/images/bizphotos/435x290/200910/13/115760-mannequin-nom-tatoue-coup-pour.jpg&imgrefurl=http://www.cyberpresse.ca/vivre/mode/200910/13/01-9108




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