Interview par Sadek Assaït





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titreInterview par Sadek Assaït
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Exposition




François Maspero

et

les paysages humains


2009, cinquantenaire des Éditions François Maspero




Commissaires de l’exposition :

Alain Léger & Bruno Guichard



Conseiller scientifique :

Julien Hage

(Université de Versailles - Saint Quentin)


Soutenue par :

La maison des écrivains de Paris

Conseil Régional Rhône-Alpes

Direction Régionale des Affaires Culturelles

Ville de Lyon

French American CharitableTrust







La Maison des Passages


44, rue St Georges

69005 Lyon

04 78 42 19 04 /maisondespassages@orange.fr 04 78 27 69 51

Librairie A Plus d'Un Titre

4, quai de la pêcherie

69001 Lyon

04 78 27 69 51



:

« À 17 ans j’avais des projets de voyage planétaire et seul. Quarante ans plus tard j’ai traversé la banlieue

parisienne en RER avec Anaïk Frantz. Ainsi vont se rétrécissant les plus grandioses projets.

Je ne suis pas sûr pourtant d’avoir découvert moins de paysages dans ce voyage-là que je n’en aurais découvert dans l’autre.

Je parle évidemment des paysages humains. »

François Maspero - Transit & Cie-


Repères historiques

François Maspero est né le 19 janvier 1932. Son enfance est prise dans la tourmente de la seconde guerre mondiale et dans l’engagement de son frère et de son père dans la Résistance ; seule sa mère reviendra des camps de concentration.

À la fin de la guerre, François Maspero voyage à travers l’Europe : "J'ai voyagé dès mon adolescence. Dans l'après-guerre immédiate, au sortir de la résistance dont j'ai été imprégné par mon histoire familiale, il y a eu une tentative poussée de retrouver une forme d'humanisme, après et malgré ce qui s'était passé. Abolir définitivement la haine.

Cette recherche d'un nouvel humanisme, je l'ai perçue, entre quinze et vingt ans, chez Sartre, mais aussi Camus ou même, ce qui est plus lointain pour moi aujourd'hui, chez Saint-Exupéry qui disait qu'il fallait jeter des passerelles entre les hommes" (interview par Sadek Assaït)
En 1954, à 22 ans, François Maspero ouvre sa première librairie « À l’escalier », rue Monsieur le Prince, dans le 5ème arrondissement de Paris.

" Quand je me suis fait libraire, j'ai habité ma librairie comme on habite une halte de passage pour migrateurs… Passages parfois hasardeux et pas toujours non plus d'amitié. Il y a des mauvais livres, médiocres et tristes qui tombent là comme des vilains corbeaux. Et l'on ne sait jamais d'avance si l'individu qui entre dans la boutique ne sera pas, lui aussi, un oiseau de mauvaise augure."
En 1958, ouverture de la librairie « La Joie de lire », au 40 de la rue Saint-Séverin, au cœur du quartier latin. "Librairie scientifique & amusante", c’est ainsi que Fred Kupferman sous titre le dessin d’un couvre-livre distribué aux clients. En même temps, il travaille à la création de la maison d’édition François Maspero, rejoignant ainsi la grande tradition des " libraires - éditeurs".

La guerre d’Algérie, les luttes anti-coloniales et les engagements de François Maspero dans le soutien aux luttes des peuples colonisés vont marquer de l’empreinte anticolonialiste la librairie comme la maison d’édition, même si le fonds des éditions et les ventes de la librairie seront toujours généralistes.

La librairie « La Joie de Lire » sera le lieu de rencontre des opposants à la guerre d’Algérie, l’espace de distribution des livres et revues interdits. Confrontée aux saisies et aux interdictions, elle sera défendue par des "clients " et plastiquée par l’OAS (Organisation de l'Armée Secrète) mais elle gardera toujours sa vocation de librairie généraliste. À l’ouverture de la FNAC en 1974, elle est la plus importante librairie parisienne. Les rayons poésie, art, sciences humaines, architecture, politique… font venir plus de 3 000 personnes par jour. Ce réel succès correspondait à une profonde attente de la clientèle.

François Maspero devient alors une cible de l’extrême-droite (comme du temps de la guerre d’Algérie) qui de septembre 1969 à mai 1970 brisera 7 fois les vitrines. En 1974, déception, difficultés financières, doute, surmenage…c’est la fin de « La Joie de lire », qui ferme ses portes.
En 1959 parution du premier ouvrage des éditions fm dans la collection Cahiers libres : Pietro Nenni La guerre d'Espagne.

François Maspero : « Les éditions ne seraient pas nées sans la librairie et, longtemps, elles n’ont pu vivre que grâce à elle…celle-ci m’a permis de rencontrer les auteurs, de maintenir le dialogue avec les lecteurs dont les attentes correspondaient souvent aux miennes » (interview dans La femelle du requin).

La maison d’édition s’engage totalement dans le combat pour l’indépendance de l’Algérie, mais François Maspero reconnaît que : « Ce n’est pas la guerre d’Algérie qui m’a poussé à devenir éditeur. J’avais envie de faire ce métier. Cette guerre m’a seulement obligé à ce type d’édition "engagée" alors que je voulais seulement faire un travail intéressant en liaison avec la librairie que je n’avais pas voulue engagée non plus…» (Interview dans La femelle du requin). À la fin de la guerre, procès et condamnations font que la maison d’édition est exsangue, mais a acquis une légitimité lui permettant de rebondir en élargissant ses collections, et en étoffant son équipe.
De 1959 à 1961, François Maspero assure pratiquement seul la vie de la maison d’édition, depuis le graphisme jusqu’à la correction des épreuves. À l’automne 1961 entrent dans la maison d’édition, Jean-Philippe Bernigaud et Fanchita Gonzales Battle, rejoints par Émile Copfermann. Avec les directeurs de collections et quelques auteurs, cette équipe s’est élargie au cours des années. Ensemble ils ont construit cette formidable boîte à outils que furent les éditions Fm : Robert Paris, Jean-Pierre Vernant, Pierre Vidal-Naquet, Charles Bettelheim, Yves Lacoste, Albert Memmi, Georges Haupt, Roger Gentis, Yves Bénot, Maxime Rodinson, Louis Althusser, Maurice Godelier, Gérard Althahe, Christian Baudelot…
En 1974, pour assurer la pérennité de la maison d’édition, Yves Lacoste crée l’Association des amis des éditions Maspero.
[…] Les Éditions Maspero, précisément parce qu’elles n’obéissaient aux ordres de personne, se sont fait coller des étiquettes par ceux qui trouvaient leur liberté suspecte. Traîtres au communisme pour les uns, trotskistes pour les pro-chinois et inversement, marchands de la révolution pour les situationnistes, ou platement tiers-mondistes. Toutes ces étiquettes sont aussi fausses que réductrices. La seule qui conviendrait, mais elle n’est pas idéologique, serait "dérangeantes". Fanchita Gonzales Battle (dans La femelle du requin).
A travers plus de 30 collections, les éditions fm ont édité 1 200 titres, sans tenir compte des rééditions diverses, et sept revues dont de 1961 à 1973, Partisans, en1976, Hérodote sous la direction d'Yves Lacoste, et de 1979 à 1985, L’Alternative pour les droits et les libertés en Europe de l’Est., dont la direction sera assurée par François Maspero lui-même.
1982 : François Maspero quitte l’édition avec l’ambition de « rendre compte pour les années de liberté qui me restaient, de paysages humains au plus près de moi et au plus loin, ceux du présent et aussi ceux du passé toujours mêlés pour qui essaye de regarder. Et ne pas m’en tenir là, mais, pour reprendre la formule de Miguel Benassayag "plutôt que de regarder, dire : ça me regarde…. ». Les éditions que j’avais faites continuent sous un autre non (La Découverte). De ce point de vue tout est en ordre, mon départ n’a pas lésé ni les livres ni les auteurs. Ni même pour les finances, puisque j’ai laissé mes parts pour le franc symbolique, et que m’étant licencié tout seul je n’ai touché aucune indemnité »
En 1984, le Seuil édite son premier ouvrage Le sourire du chat. Par delà son travail d’écrivain, François Maspero va collaborer à France Culture, la Quinzaine littéraire, le Monde, et traduire plus de soixante-quinze romans.
Le sens de l’exposition.
L’exposition a pour objet d’assurer une transmission, une réflexion, et une rencontre avec François Maspero.

Créer une envie de découvrir et de redécouvrir le fonds des éditions fm, de lire l’écrivain et le traducteur contemporain et ainsi de s’interroger sur notre histoire collective et nos itinéraires et trajectoires personnels....
Transmission par un retour sur une période de l’histoire (1959-1982) et retour sur une maison d’édition originale. Originale dans sa forme (une véritable œuvre collective), dans son catalogue et dans l’aide apportée à la compréhension du monde pour les lectrices et lecteurs L’exposition souhaite également montrer que les livres ont une histoire longue, qu’ils ne sont pas éphémères !
Réflexion sur l’état de l’édition et de la diffusion du livre en France aujourd’hui ainsi que sur l’importance de l’édition indépendante. En s’inspirant de deux textes écrits par François Maspero Main basse sur l’édition, autour du livre de Schiffrin Le contrôle de la parole (La Quinzaine littéraire, 2005) et À propos de l’héritage des éditions Maspero (revue Médium, décembre 2004).
Rencontre avec François Maspero aujourd’hui écrivain, essayiste et traducteur. Les concepteurs de l’exposition souhaiteraient que cette rencontre s’organise autour de trois réflexions.

La première est celle contenue dans l’aphorisme de René Char : « La lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil », la seconde est celle de Michel Piccoli dans une interview à France

Culture : « Maspero est un héros moderne en révolution, pas en révolte ; il a toujours, et il est toujours actif, tant pis s’il en rougit. Ce n’est pas un renégat. Maspero est un homme d’exil intérieur…». La dernière est celle énoncée par Edwy Plenel dans la préface de L’honneur perdu de Saint Arnaud dont nous retiendrons ici ces quelques mots : « les salauds de tous les partis ont sans doute crié victoire quand en 1982 ils ont vu François Maspero renoncer à son métier d’éditeur. Mais ils se sont réjouis trop vite : ils avaient oublié l’auteur.... L’inquiétude qui est l’antichambre de l’espérance. Cette inquiétude qui ne cessera d’animer pour notre bonheur, François Maspero... En couverture de son premier livre « le sourire du chat » où se lisent les blessures qui l’ont façonné, Maspero glisse cette confidence longtemps retenue : « j’ai peiné à retrouver le sens du mot liberté ». J’invite à le lire tout simplement parce que ce mot, il nous l’a appris. »

L’exposition a pour objet de montrer la continuité entre François Maspero « Libraire éditeur » et François Maspero aujourd’hui écrivain.




Architecture de l’exposition
François Maspero et les paysages humains

Composition de l’exposition :


  • 60 panneaux au format 100 x 120 cm. L’exposition sera structurée autour d’un parcours composé de trois espaces.




  • une vidéo qui sera une longue « interview-rencontre » entre François Maspero et Paul Blanquart.




  • une borne informatique reprenant l’ensemble des livres parus aux éditions Maspero.



  • un livre catalogue au format carré de la collection "Voix" avec les contributions de : François Maspero, Julien Hage (historien), Edwy Pleynel Pierre-Jean Balzan (éditeur) , Patrick Chamoiseau, Nils Anderson, Abdenour Zahzah (cinéaste algérien) Sluban Klavdij (photographe), Michel Piccoli, Fanchita Gonzales Battle, Jean Yves Potel, Jean-Philippe Bernigaud, Christian Baudelot, André Velter, Caroline Troin et Eric Hazan (éditeur)


Ce livre sera édité conjointement par les éditions À plus d’Un Titre et les éditions La fosse aux Ours.


Entrée dans l’exposition :
Panneau 1, Panneau 2, Panneau 3 : Présentation de François Maspero, ouverture de la librairie, création de la maison d’édition, rapide survol de l’histoire -les dates significatives- de la librairie et de la maison d’édition -catalogue, directeurs de collections…- Depuis 1984, François Maspero écrivain, essayiste, traducteur.

Ces trois panneaux montrent le travail collectif de la librairie et de la maison d’édition, l’outil qu’elles ont représenté dans l’espoir de transformation du monde qui avait alors cours et de remémorer également les attaques et les injures.
Espace I " livres Partisans" :
Panneau 1 :

Le fond de l’air est rouge, présentation générale de l’espace autour du livre retraçant le film de Chris Marker

Panneau 2, Panneau 3, Panneau 4 : la guerre d’Algérie, dont un panneau consacré aux livres interdits.

Panneau 5 : Cuba

Panneau 6 : l’Amérique latine (panneaux 5 & 6, regard sur Che Guevara)

Panneau 7 : la Revue Tricontinentale

Panneau 8 : Frantz Fanon

Panneau 9 : décolonisation africaine

Panneau 10 : les livres et revues interdits sur la décolonisation : Kamitatu, Mongo Beti, Jules Chomé,

Panneau 11: la guerre du Vietnam

Panneau 12 : les luttes des noirs aux USA

Panneau 13 : Israël/Palestine et le monde arabe "Partisans Palestine année 0"

Panneau 14 : les luttes des femmes

Panneau 15 : la défense de la société : 1967-1980

Panneau 16 : les luttes ouvrières 1967-1980

Panneau 17 : Collectif Jussieu : amiante l’histoire longue d’un livre

Panneau 18, Panneau 19, Panneau 20 : les oppositions démocratiques en Europe de l’est / revue l’Alternative
Espace II " éducation populaire - formation" :
Panneau 1 : entrée dans l’espace par une présentation du catalogue Maspero

Panneau 2 : Paul Nizan

Panneaux 3 & 4 : collection Voix.

Panneaux 5 & 6 : collection mémoire du peuple

Panneau 7 : collection luttes sociales

Panneau 8 : les revues Hérodote et Critique de l’économie politique

Panneau 9 : collection découverte

Panneau 10 : Collection Malgré tout /Copfermann

Panneaux 11 & 12 : Deligny/ Freinet

Panneau 13 : Libres enfants de Summerhill, histoire d’un livre et d’un projet

Panneau 14 : collectif d’alphabétisation

Panneau 15 : Augusto Boal, Le théâtre de l’opprimé – Dario Fo

Panneau 16 : texte à l’appui, psychiatrie

Panneaux 17 & 18 : collection Bibliothèque socialiste

Panneau 19 : texte à l’appui Vidal-Naquet histoire classique et histoire contemporaine

Panneau 20 : le travail théorique dans les diverses collections y compris bibliothèque d’anthropologie.
Espace III " François Maspero homme livre-homme libre" :
Panneau 1 : entrée dans l’espace par une présentation de toute les Unes des livres de François Maspero

Panneaux 2 & 3 : L’artisan du livre, la rencontre avec Guy Levis Mano (fabrication d’un livre, la typo…..)

Panneau 4 : Le sourire du Chat ; Le figuier ; L’abeille et la guêpe

Panneau 5 : Le temps des italiens ; La plage noire

Panneau 6 : L’honneur de Saint-Arnaud

Panneau 7 : Les passagers du Roissy express

Panneau 8 : Balkans transit

Panneaux 9 & 10 : Transit & Cie

Panneau 11 : Gerda Taro

Panneaux 12, 13, 14 & 15 : François Maspero traducteur, dont un panneau reprenant une poésie traduite et extraite du livre Poésie traduite pour saluer les saisons, édition L’arbre à lettres.

Panneau 16 : François Maspero homme de radio L’abeille et la guêpe ; Le temps des italiens….

Panneaux 17 & 18 : L’édition aujourd’hui Main base sur l’édition, (incluant un tableau de l’édition aujourd’hui en France)


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