Identitate şi memorie culturală în Europa secolelor XX – XXI





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L’angoisse de la mort
On peut vivre le désastre avec « un entrain toujours vivace en plein cœur de la mort puisque « ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort » (FB, p. 28). Mais l’angoisse s’y installe, l’auteure décrit lucidement, dès le début, ses symptômes à elle :
D’abord la sueur qui perle au front, à la racine des cheveux, les lancements dans la moelle épinière qui est comme taraudée, les tiraillements dans la nuque, puis le palais qui se dessèche, et les battements syncopés du cœur. Le regard qui fixe le pied de la chaise d’en face comme pour m’imprimer son galbe et ses bourrelets dans la rétine. Pouvoir prier à cet instant. Le cerveau s’agrippe à des formules, à des lambeaux de phrases […] (FB, p. 24)
Ce ne seront pas des prières, mais des citations de vers qu’elle aime.

La mort se banalise, le langage se dégrade : on parle des gens qui « crèvent », le mot « merde » devient un tic verbal.
Les abus sexuels
Vendredi, le 25 avril, les Russes pénètrent dans les caves, cassent tous les verrous et, mitraillettes et pistolets pointés, se ruent sur les femmes qui ne réussissent pas toutes à s’échapper dans les soupentes cachées. Médusés, pétrifiés, les gens des caves sombrent dans le silence et la torpeur (FB, p. 62). Les soldats s’installent dans leurs maisons, l’auteure fait des remarques sur les odeurs qu’ils dégagent : odeur de chevaux, d’urine, de crasse, de mauvais alcool, de schnaps. Ils s’émoustillent à l’alcool pour commettre leurs actes honteux et refouler leurs inhibitions.

L’auteure, violée à plusieurs reprises, est aux bouts de ses facultés physiques et psychiques (FB, p. 63-67). Après, elle retrouve la force d’être sarcastique : «  J’éclate de rire au milieu de tous ces pleurs : "Eh bien ? Je suis vivante, non ? Tout finit par s’oublier !" » (FB, p. 68). Le dernier Russe, Petka, cheveux en brosse et pattes de bûcheron, un « Romeo bafouilleur » tombe même amoureux d’elle (FB, p. 75). Ses propos sont poignants : « Je n’ai encore jamais été aussi loin de moi-même, ni aussi aliénée à moi-même. Comme si tout sentiment était mort au-dedans. Seul survit l’instinct de survie. Ce n’est pas eux qui me détruiront. » [8] (FB, p. 76). Pendant les jours suivants, l’alcool lui a été un palliatif passager, qui lui a donné des trous de mémoire souhaitables pour ne plus se rappeler la brutalité de l’assaut, l’horreur d’être violée : « J’étais là comme une poupée, insensible, secouée, traînée de gauche et de droite, une chose en bois… » (FB, p. 80) [9] La seule sensation éprouvée est d’être poisseuse, elle est dégoûtée de sa peau, refuse de se toucher, elle se laver avec le peu d’eau froide en se frottant jusqu’au malaise.

Pour éviter les Schändungs successifs et d’être battue violemment, elle a l’idée salvatrice de prendre un officier russe comme gardien sûr. Ce sera Anatol et ce sera temporaire [10]. Elle avoue : « Je suis très fière d’avoir réussi à dompter l’un de ces loups, le plus fort de la horde sans doute, pour tenir le reste de la bande à l’écart. » (FB, p. 92). Mais ce stratagème de l’épargne pas d’autres viols, dans l’absence de son protecteur :
Je me sentais au bout, meurtrie, me déplaçais comme une chiffe molle. […] ce n’est pas "l’excès" qui me met au bout. C’est le corps abusé, pris contre son gré, et qui répond par la douleur. […] Et moi, je suis restée frigide durant tous ces accouplements. Il ne peut en être autrement, il ne doit pas en être autrement, car je veux demeurer morte et insensible, aussi longtemps que je suis traitée comme une proie. (FB, p. 99).
J’ai le sentiment désagréable de passer de main en main, je me sens avilie, offensée, rabaissée au niveau d’objet sexuel. (FB, p. 111)
Elle aura plus de « chance » avec le suivant, un major blessé qui daigne ne pas être brute avec elle, elle intègre, mène des conversations sur des sujets culturels et... lui chante. La scène de leur séparation est sensible, la victime arrive à éprouver une bribe d’amour pour son délicat bourreau (FB, p. 159).

L’optique de l’auteure sur l’homme-mâle change radicalement d’angle. L’homme fort, tellement glorifié dans le paradigme nazi, est misérable, pitoyable. Le mythe de l’Homme s’effondre, devient le sexe faible. Lorsque des Ivan s’attaquent aux femmes, il y a des hommes qui les poussent à accepter pour ne pas les mettre en danger : « Petite note au bas de la page du déclin de l’Occident », clôt l’auteure cet épisode navrant.

Les Berlinoises avouent en catimini avoir subi même une horde d’une vingtaine de soldats (voir l’épisode de la rousse Elvira), les jeunes filles avoir été battues et déflorées avec brutalité [8]. Les plus rusées trouvent l’astuce de se déguiser en vieillies, comme Gisela, l’amie de l’auteure. Ils n’ont épargné ni les vieillies femmes, ni les plus laides. Les maladies vénériennes et les grossesses inhérentes les saccageront.

Même après « la paix » du 2 mai qui interdit aux Russes d’entrer dans les demeures allemandes et fréquenter les civils allemands, les horreurs ne s’arrêtent pas. L’atmosphère reste « de roman kitch, ou de littérature de colportage » (FB, p. 114). Paradoxalement, les Berlinois se ressuscitent, oublient leur attitude honteuse et mettent les femmes à balayer les rues, à faire disparaître les débris, à chercher du bois et de l’eau. Suit toute une opération de nettoyage du plâtras, du gravas et d’entonnoirs d’obus. Les rues sont désertes et poussiéreuses. Les images sont terribles : au centre de Berlin, des tombes collectives, des croix improvisées, quelques notations du genre « 2 Müller » choquent et montrent avec évidence la réalité cruelle et les artefacts de la guerre. Une fois les cadavres exhumés, le typhus et la dysenterie font ravage (juin 1945).

L’auteure fait le bilan de ses expériences aliénantes :
Je suis en bonne santé et en forme. Je n’ai pas de séquelles physiques. J’ai la sensation d’être blindée pour la vie, comme si j’étais dotée de palmes spéciales pour nager dans la vase, comme si mes fibres étaient particulièrement souples et coriaces. Je suis bien adaptée à ce monde, je ne suis pas une petite nature. […] Je ne sais pourquoi je suis sur terre. Je ne suis indispensable à personne, je suis là et j’attends et, pour l’instant, je n’ai ni but ni tâche en vue. (FB, p. 176)
Grande est notre détresse spirituelle. Nous attendons la parole miraculeuse qui nous interpellera et nous ramènera à la vie. Nos cœurs se sont vidés, nous avons besoin de nourriture, de ce que l’Église catholique appelle « la manne céleste ». […] Nous qui n’appartenons à aucune Église, nous souffrons dans la solitude de nos ténèbres. L’avenir s’étale devant nous comme une chape de plomb. Je résiste, tente de maintenir la petite flamme en moi. Pourquoi ? À quoi bon ? Quel est le but de mon existence ? Je me sens désespérément seule, avec mon fardeau. (FB, p. 223)
Elle est convoquée comme interprète auprès du commandement général russe. Elle est obligé comme ses congénères à travailler comme des forçats, en peloton, à ramasser les métaux, les charger dans des wagons, menacée toujours par les armes des vainqueurs sous le mot d’ordre rabota (fin du mois de mai 1945). De surcroît, pour les humilier davantage, les Russes les font laver leurs linges sales. En juin, elle reprend son activité de journaliste, un premier numéro d’une revue pour femmes, cela lui coûte une vingtaine de kilomètres de marche quotidienne épuisante à cause de la faim qui l’affaiblit jusqu’à Charlottenbourg. Le retour de Gerd, le 16 juin 1945, la brise : « Vous êtes devenues aussi impudiques que des chiennes, toutes autant que vous êtes dans cette maison. […] C’est épouvantable d’avoir à vous fréquenter. Vous avez perdu tout sens des normes et des convenances ». (FB, p. 253)
Pour faire le point
Le style est manifestement et étonnamment objectif. L’auteure reste digne, maquille son cynisme et la brutalité des horreurs sous un humour passager (voir l’épisode où, en pleine fusillade, un commerçant exige de la monnaie exacte pour sa farine à pudding), et c’est cela qui la sauve de l’aliénation, de l’effondrement moral et du risque de suicide qui hante les autres femmes – solution facile à la portée de toutes pour s’échapper à la honte. Ce qui donne la beauté du texte est justement l’absence de la haine de l’auteure, les autres sentiments étant déjà glacés. Elle assume son rôle de témoin « privilégié » de l’Histoire (FB, p. 86) et dit la nouvelles « prière », la louange et la gratitude de jadis au sens inversé, avec du sarcasme obligé : « C’est au Führer que nous devons tout cela. » (FB, p. 94). Perte identitaire et perte de la notion du temps dans le chapitre « Viols des demoiselles ennemies » : le jour a la durée d’une semaine, il interrompt les horreurs entre deux nuits. Pour les femmes berlinoises, « les seules aiguilles de montre sont désormais des hommes revêtus d’uniformes étrangers » (FB, p. 142). Désespoir et amertume, visages et habits cernés de noir.

Des phrases sans fard, du sarcasme dans des doses variables, léger ou direct, dru, mais aussi du comique : « L’écho des tirs se répercute dans les cours. Pour la première fois, l’expression "le grondement des canons" prend un sens, jusqu’ici je la plaçais au même niveau que "force colossale" ou "courage héroïque". L’image est vraiment bonne. » (FB, p. 31). Après la paix, à l’hôpital, le syntagme « trafic de viols » est remplacé par « rapports forcés », « à enregistrer dans la nouvelle édition des dictionnaires à l’usage des soldats » (FB, p. 214).
Comment dire autrement la souffrance ? « Pauvres mots, vous ne suffirez pas. » (FB, p. 163)
Notes

[1] Apud la préface de Hans Magnus Enzensberger, éd. citée, p. 7.

[2] Ibidem, p. 7.

[3] Cf. p. 260, annexe de l’édition française.

[4] Apud la préface de Hans Magnus Enzensberger, éd. citée, p. 9.

[5] Ibidem, p. 10.

[6] L’analogie avec le roman de Knut Hamsun, La Faim et les propos qui en découlent nous indique que l’on a affaire à une femme cultivée.

[7] C’est moi qui souligne en italique.

[8] Les femmes les plus « tolérantes » se consolent à l’idée que leurs hommes se sont adonnés aux mêmes « exploits » de guerre.

[9] Ibidem.

[10] Plus tard, un Russe lui dira sur un ton aimable, c’est vrai, mais tellement cruel : « Ça n’a aucune importance avec qui vous couchez. Une queue, c’est une queue ». (FB, p. 169)
Dezbateri culturale: Receptarea poeticii transculturale a lui Hédi Bouraoui
Prof. univ. dr. Doiniţa Milea

Dunarea de Jos” University of Galati
Résumé : Hédi Bouraoui est un écrivain franco-ontarien qui a une perspective originale, une originalité qui se voit aussi dans le parcours de l’auteur, né en Tunisie, installé en France, à cheval entre la métropole et le pays d’origine, soutenant sa thèse de doctorat aux États-Unis. Sa trajectoire intelectuelle est sous le signe d’une diversité féconde, entre romans, recueils de poésie et ses articles académiques, où il a étudié les problèmes liés à la création littéraire et artistique de la francophonie, aux phénomènes de « transculture », de nomadisme, de « francocentrisme », de voix plurielles. Hédi Bouraoui représente le substrat d’une contestation soutenue, que la presse francophone met constamment en évidence.
Mots-clés: « francophonie plurielle », « identité transculturelle », « transpoétique »
Dialogul intercultural al ultimelor decenii din spaţiul francofon a avut un promotor de marcă în persoana lui Hédi Bouraoui, poet, romancier, eseist. Născut la Sfax în Tunisia, în 1932, aşa cum este prezentat pe site-ul său oficial (http://www.hedibouraoui.com/index.php), Hédi Bouraoui este format în Franţa şi, dincolo de mai multe volume de creaţie literară, a publicat studii critice în favoarea unei „francofonii plurale”, şi-a exprimat opiniile în colocvii internaţionale şi în calitate de profesor la Universitatea din York, Toronto, a cunoscut largi spaţii francofone din Canada, Caraïbe, Maghreb, Africa sud-sahariană. Legăturile cu spaţiul francofon european îl plasează la Festivalul de poezie de la Struga, pe la care nume mari de poeţi români au trecut, sau la Bitola, din acelaşi spaţiu al Macedoniei ex-iugoslave, implicat în proiectele Consiliului Internaţional de Studii Francofone (CIEF). Scriitura lui Bouraoui depăşeşte simplul schimb comunicaţional dintre două culturi diferite dând naştere la o formă nouă de expresie literară, în care diferenţa şi identitatea capătă o expresie coerentă în spaţiul unui metisaj poetic pe care îl numeşte, în volumul său de poezii Livr'Errance (2005), „scriitură interstiţială care emigrează / imigrează de la o cultură la alta. Fără complexe şi fără frontiere.” Nu există scriere a acestui autor în care opţiunile sale intelectuale de om al lumii să nu fie prezente. Titlurile acestor volume sunt ele însele purtătoare de mesaj, ca în cazul volumului Binarité infernale et transculturalisme. Troisième Civilisation (2003), din care extragem această profesiune de credinţă:
Et moi, Hédi Bouraoui, je dis « je est nôtre ». Je ne m’appartiens pas, j’appartiens à tout le monde (...). Nous ne sommes plus dans la « binarité infernale », nous sommes dans la « pluralité ». (...) C’est la pluralité qui fait notre richesse. Si j’additionne ma culture maghrébine à ma culture française, à ma culture canadienne, je suis trois personnes en une, et je ne peux nier aucune partie da ma culture.
Într-un studiu publicat în revista Nouvelle Études Francophones, din 2007, intitulat Souvenirs, initiative et création en francophonie, Hédi Bouraoui, subliiniind rolul Consiliului Internaţional de Studii Francofone (CIEF), pune o serie de probleme legate de circulaţia valorilor culturale, în general, şi literare, în special, între ceea ce numeşte centru metropolitan şi periferie francofonă, pornind de la un element, care poate fi considerat minor, şi anume faptul că, de exemplu, cursurile universitare americane şi canadiene se concentrau mai ales pe literatura franceză din „hexagonale”, de la Evul Mediu la Alain Robbe-Grillet. Acest punct de vedere restrâns asupra literaturii de limbă franceză a impus ideea unei „francophonie plurielle”, deschizând drumul către alte regiuni şi alte voci francofone, punând accentul pe creativitatea altor ţări, fără a neglija contribuţia Franţei. Părerea lui Bouraoui este că: „Cette dualité exacerbée entre centre et périphérie mine de l’intérieur toute diffusion équitable des littératures francophones. (…) La production périphérique cherche tout le temps à légitimer sa créativité en faisant appel au centre qui, dans la majorité des cas, l’ignore et ne la prend presque jamais en charge.” Observaţia lui Bouraoui merge mai departe în sensul modului de circulaţie şi de difuzare a valorilor francofoniei de la centru, propunand ca exemplu un autor ca Tahar Ben Jelloun care, fiind tipărit şi difuzat la Paris, este cunoscut în toată lumea, în timp ce autori africani, publicaţi la o editură pariziană L’Harmattan, adesea pe cheltuiala autorilor, apar într-un catalog sau sunt expediaţi în ţările de origine. [Bouraoui, 2007: 23]

Vorbind despre „hegemonia culturală”, autorul articolului se opreşte la cartea sa La Francophonie à l'Estomac (1995), pe care o vede ca „le S.O.S. lancé pour corriger le tir (…) qui a eu seulement pour impact un réveil des consciences dans les littératures africaines”. Mergând pe aceeaşi linie a demonstraţiei necesităţii dialogului cultural, Bouraoui se referă şi la cartea sa Transpoétique: Éloge du nomadisme (2005), în care punctul central al demonstraţiei este constituit de conceptul de „transculturalisme”, definit de autor ca o modalitate de a asuma „la connaissance profonde d’une culture donnée, en l’occurrence, celle du participant, pour la transcender, la transvaser, la transmettre à une autre culture différenciée.” [Bouraoui, 2007: 28]

Particularitatea acestui concept este de tip operatoriu, în sensul că el permite asumarea reciprocă a tuturor alterităţilor luate global, dar şi conservarea valorilor unui patrimoniu. Este un dialog cultural pe care scriitorul îl vede asumat în etape, de la etapa personală către cea naţională spre cea internaţională, tot atâtea aspecte pe care le vede rezolvate în cadrul conferinţelor şi colocviilor francofoniei.

Depăşind discuţia legată de principiile dialogismului cultural francofon, Bouraoui propune, în cadrul aceluiaşi articol, o analiză din interior a romanului său La Femme d'entre les lignes (2002), pornind, ca argument de lucru, de la comparaţia textului său romanesc cu Falsficatorii de bani a lui André Gide, care a construit un roman în interiorul altui roman, punând astfel în faţa cititorului mecanismul naratologic, dar şi mişcarea planurilor real / imaginar. Intenţia analistului, de această dată, aplecat asupra propriului text, este explicată în prealabil:
Dans mon roman La Femme d'entre les lignes, le text donne à voir non seulement la création elle-même en train de se faire, donc sa poïétique, mais aussi sa lecture, son inspiration, sa réception, sa production symbolique et matérielle. En somme, tous les adjuvants du faire d’un livre qui concourent à sa substantifique moelle. [Bouraoui, 2007: 30]

Este o demonstraţie interesantă, în care accentul cade alternativ pe subiect şi pe scriitură, aceasta din urmă fiind mai pasionantă decât subiectul romanesc. Autorul pune în paralel „les inséparables aventures de l’écritures et de l’amour”, unde „écriture et lecture constituent la métaphore vive du livre dramatisé dans plusieurs livres”. Corpul amantului din povestea de dragoste devine „le corps textuel du narateur”, iar vocea naratorului amestecă vorbele de dragoste cu „l’orchestration des mots”. Legătura acestui roman cu studiile de integrare a francofoniei în dialogul cultural este dată de faptul că „la jeune fille italienne tombe amoureuse des mots volupteux et sensuels d’un écrivain étranger francophone”. În plus, multe cuvinte-valiză ca „migramour” - iubire prin „l’écriture migrante”, asigură continuitatea teorie socio-culturală – ficţiune.

Canada-Méditerranée (CMC) îl numără printre fondatorii săi şi-i acordă un spaţiu larg în 2012, sub titlul Réflexions / éclairages autour de l’homme et de l’œuvre de notre fondateur Hédi Bouraoui, punând în evidenţă personalitatea promotorului culturii francofone din toate spaţiile geo-culturale. Prin includerea unei analize semnate de  Abderrahman Beggar („enseignant au Département de Langues et Littératures de l’université Wilfrid Laurier au Canada et auteur de plusieurs publications scientifiques, [qui] a déjà écrit sur lui un ouvrage, L’Epreuve de la Béance : L’Ecriture Nomade chez Hédi Bouraoui en 2009”), buletinul revistei [CMC, 2012: 4] subliniază circulaţia ideilor acestui om de cultură trăitor între lumi, căruia profesorul Abderrahman Beggar îi dedică o carte de analiză, în care „les motivations profondes d’ordre éthique et littéraire, ayant conduit, selon lui, le poète à une sorte de rupture, voire de dissidence, avec l’esprit de son époque. Son nouveau livre, qui s’intitule fort à propos Ethique et rupture bouraouïennes, vient de paraître aux Éditions CMC à Toronto (Canada)”. Modul în care organizarea textului analitic reflectă structura ideatică legata de perspectiva aparte a lui Hédi Bouraoui asupra identităţii într-un spaţiu postcolonial („parole autre”), se vede din titlurile capitolelor cărţii care este recenzată de revistă: „Ethique et Regard”, „Penser La Méditerranée” şi „Hédi Bouraoui et le concept de « littérature-monde »”. Este interesant că în capitolul „Ethique et Regard”, analistul remarcă elemente definitorii ale spaţiului ideatic al lui Hédi Bouraoui, care devin comune atât creaţiei de ficţiune (trilogia Cap Nord, Les Aléas d’une Odyssée, Méditerranée à voile toute şi Retour à Thyna, trilogie consacrată personajului Hannibal, un imigrant tunisian, mândru de a purta numele strămoşului său cartaginez, plecat în Europa să-şi caute tatăl) sau poetice, cât şi articolelor sale cu deschidere culturală sau socio-politică: „Or, pour Bouraoui, l’éthique édi Bouraouiréside surtout dans le regard de l’individu habité par l’angoisse du lendemain, la manière de diriger ce regard, d’appréhender les choses et d’éviter de se « fier à des bases immuables »”. [CMC, 2012: 4]
Le thème de la souffrance, par exemple, protéiforme à souhait, court en filigrane dans la trilogie. Ces trois romans contiennent tous, selon Abderrahman Beggar, cette catégorie particulière de la souffrance qui « détermine la manière de voir » cette souffrance que sous-tend un besoin de connaissance sui generis, une soif de savoir en perpétuel mouvement. C’est, en d’autres termes, la fameuse « nomaditude » qui transcende l’œuvre du poète et constitue son originalité.

Vorbind despre angajamentul intelectual şi dizidenţa lui Bouraoui, analistul propune înţelegerea conceptului acestuia de « littérature-monde »: „à diminuer la dépendance de la littérature maghrébine vis-à-vis de l’influence universitaire française et le post-colonialisme franco-maghrébin (cf. son livre La Francophonie à l’estomac), Abderrahman Beggar en conclut logiquement: « (…) il peut être considéré comme l’un des premiers à instiguer la dissidence dans la francophonie, dissidence qui a abouti à la publication du manifeste Pour une littérature-monde en français…»” [CMC, 2012: 5]

De-altfel, aceeaşi revistă lansa un semnal de lectură la apariţia volumului de poezie Livr'Errance din 2005, subliniind aspecte esenţiale ale creaţiei lui Hédi Bouraoui: „éternel voyageur, attaché au fructueux contact avec les cultures et à la transculturalité, signe ici un recueil de poésie audacieux à mi-chemin entre poésie et critique littéraire. C’est que pour lui « la poésie est la quintessence de toute langue ». Le poème se veut donc en la circonstance évocation ou évaluation, « renvoyant à la fois à la source qui lui a donné naissance, à l’auteur et son univers sensoriel aussi bien qu’à celui de lecteur-critique. (…) Transpoétique rare, intertextualité non de référence ou d’inspiration, mais d’évaluation, qui interpellera le lecteur dans sa propre critique. Elle interpellera aussi les poètes”. [CMC, Communiqué, 2005]

În studiul său publicat în 2011, Angela Buono, profesor a cărei teză de doctorat, din 2008, are ca temă opera lui Bouraoui (Errance et Méditérranée dans l’œuvre de Hédi Bouraoui), propune o analiză a implicaţiilor pentru raporturile culturale şi geo-politice a unor concepte actualizate de Bouraoui ca „transculturalism”. Conceptul redefineşte aspecte ale apartenenţei identitare şi ale pluralităţii culturale. Autoarea studiului leagă demersul teoretic în contextul francofoniei de actul creator explicit al lui Bouraoui: ,,En insistant sur l’idée de traversée, de passage et d’échange entre les cultures, il érige la migrance en valeur identitaire et en principe de création littéraire : si « l’émigration redéfinit l’ontologie de l’être contemporain », les notions d’identité et de différence – les deux pivots du transculturalisme tel que Bouraoui le conçoit – en sont également renouvelées par la démarche transculturelle et transpoétique que l’auteur applique à son écriture et à sa conception de la culture.” [Buono, 2011: 7] Autoarea studiului se apleacă asupra eseului Transpoétique. Éloge du nomadisme (2005), punând în evidenţă implicaţiile acceptării / adoptării transculturalismului, pe care un artist reflectând un univers cultural plural îl propagă: „Ainsi se créent des ponts de compréhension, d’appréciation, de tolérance, de paix entre moi et les autres, la culture d’un pays à l’autre dans son intraitable différence.” „Transpoetica” devine un concept operatoriu care permite depăşirea viziunii stereotipe asupra emigraţiei : „Il ne s’agit pas ici de retracer l’essence des mouvements migratoires, le déracinement, l’exil, le déchirement, l’aliénation, etc., mais plutôt d’accentuer l’émigration tacite et implicite, intérieure et actuelle, littérale et symbolique.” [Buono, 2011: 12]

Deschiderea culturală prin recunoaşterea valorilor unificate ale trecului şi ale prezentului ar reprezenta pentru Bouraoui esenţa creaţiei poetice :
Quant à ce principe, il dérive essentiellement de son héritage culturel méditerranéen : la diversité et l’altérité sont des composantes fondamentales de l’identité méditerranéenne. La Méditerranée a été le théâtre, déjà au second millénaire avant Jésus-Christ, d’un exemple de transculturalisme avant la lettre représenté par les Phéniciens qui, en poussant leurs commerces du Proche-Orient aux Colonnes d’Hercule, fusionnaient les traditions, les cultes et les cultures des peuples rencontrés tout au long de leurs traversées de la mer. Et plus tard dans la ville punique de Carthage en Tunisie, la terre natale de Bouraoui, se sont mélangés bon nombre de peuples d’Afrique, d’Europe et d’Asie – ce qui mène notre auteur à affirmer que pour lui : « Carthage, c’est au fait la métaphore ». [Buono, 2011: 26]
Analizând, la rândul său, Transpoétique. Éloge du nomadisme, în 2014, Abderrahman Beggar apreciază că impactul normei literare asupra scriiturii este centrul demonstraţiei într-un volum marcat de participarea constantă a lui Bouraoui la dezbaterile vizând „la négritude, la francophonie, le surréalisme, le postmodernisme, la mondialisation, le racisme, le dialogue entre les cultures”, care a marcat, prin influenţe evidente, modul de a scrie în limba franceză: „Bouraoui a d’abord mené une bataille avant de céder devant la loi des gardiens de la règle.” Autorul analizei plasează scriitura lui Bouraoui, din acest text, pe o treaptă generică de interferenţe scripturale, de unde îi degajează specificitatea : „dans un style que l’on peut qualifier d’auto-essai. Si l’autofiction est mise en scène de l’expérience propre sous forme de fiction, dans cet ouvrage, Bouraoui se propose de disséquer l’expérience vécue pour en extraire le matériau de toute une théorie littéraire.” [Beggar, 2014: f. p.]

Pentru a ilustra calităţile acestui text, Abderrahman Beggar selectează, pe de o parte încărcătura de idei legate de dialogul cultural şi de creaţie specific tuturor scrierilor lui Bouraoui, cât şi secvenţe de text care oglindesc exercitiile de scriitura : „J’ai opté pour la langue d’une marâtre qui ne m’aimera jamais comme une mère. Et comme je fais subir à cette langue Vol-taire-Racin-ante les acrobaties les plus inouïes de haute voltige syntactique, sa grammaire ne me pardonnera jamais.”

Care este miza acestui tip de scriitură la nivelul tensiunilor lumii moderne născute din pluritatea vocilor politice, naţionale, de perspective multiple asupra creativităţii? Acesta este acordul fin prin care răspunde analistul, extrăgând ideile călăuzitoare din lucrarea lui Bouraoui:
La thèse principale de Transpoétique. Éloge du nomadisme est que le monde actuel vit un phénomène d’« éclatement des frontières » et un « bouleversement de l’Histoire causé par les mouvements idéologiques et migratoires »; d’où le besoin de traduire ces bouleversements tant sur le plan de la culture que sur celui de l’écriture. La créaculture, néologisme de l’auteur, est l’expression de la nature intrinsèque de l’homme actuel, nourri d’expériences transfrontalières, transculturelles et transnationales, censé jouer un rôle actif dans sa propre identité. Sur le plan de la création, de tels bouleversements imposent la nécessité de « réapprendre à entendre, voir, et exprimer autrement le Moi et le Monde ». [Beggar, 2014: f. p.]
Rafik Darragi semnala, în numărul din 14 noiembrie 2013 al revistei Leaders, apariţia unui număr special dedicat lui Bouraoui (număr special, al cărui director, Abderrahman Beggar, profesor la Universitatea Wilfrid Laurier, Canada, publicase studii asupra autorului), de către o revistă specializată în publicarea de studii interculturale, CELAAN, ceea ce demonstrează actualitatea demersurilor socio-culturale integratoare şi artistice ale acestui creatot polivalent:
Après Hédi Bouraoui: Hommages au poète, 1998 et Témoignages sur 40 ans d’écriture, 2007, un autre ouvrage consacré exclusivement  à notre compatriote vient de paraître. C’est un numéro spécial de la revue CELAAN (Centre d’Etudes des Littératures et des Arts d’Afrique du Nord), un périodique publié aux USA, dirigé par un autre compatriote, Hédi Abdeljaouad, professeur à Skidmore College (Saratoga Springs). Intitulé Hédi Bouraoui et l’écriture pluriculturelle, ce numéro de CELAAN réunit une douzaine d’essais, des témoignages  ainsi que des inédits de Hédi Bouraoui.
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