Résumé L'un des principaux objectifs de la science est de montrer que "le monde est intelligible" par la raison humaine. Cette tentative de compréhen­sion rationnelle a une histoire,





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L'intelligibilité sous le signe de la rationalité



Du point de vue de l'histoire, les formes symboliques correspondant à la diversité des pensées et des actions humaines et, en particulier pour l'histoire des sciences, celles qui correspondent à des connaissances scientifiques, constituent un donné de fait qu'il s'agit de comprendre, c'est-à-dire d'interpréter ou d'expliquer. Cette compréhension suppose la possibilité d'une communication, fût-elle indirecte et partielle, entre ces formes du passé et celles qui habitent le sujet présent et dirigent son regard. La connaissance ou la science de l'histoire fait elle-même partie de ce "regard" actuel, informé de ce qu'il connait mais en même temps sachant se décentrer ou, du moins, conscient de cette nécessité. Concevoir ces formes comme produites dans le passé implique ce regard, sinon "scientifique" au sens propre (ce qui impliquerait de préciser quelle science est l'histoire), du moins à visée objectivante : comprendre ce qui était, au plus près possible de ce que cela était, c'est-à-dire de la signification que cela avait alors pour les sujets et les protagonistes de cette connaissance et, à cette fin, tenter de l'installer dans le système ancien de signification reconstitué. C'est cela que l'on veut dire quand on parle, pour une connaissance historique, de comprendre, d'interpréter, d'expliquer... Il s'agit d'établir le système de compréhension, historique­ment pertinent, au sein duquel les éléments symboliques porteurs de contenus signifiants, par exemple les concepts, se donnent sens les uns aux autres par leurs relations et font sens dans le corps plus ample des connaissances de l'époque. Ce système peut alors être mis en relation avec le notre par rapport auquel nous aurons su nous décentrer, ou avec d'autres systèmes de connaissances correspondant à des étapes intermédiaires dans le cours de l'histoire.

La notion d'explication elle-même subit des transformations au fur et à mesure que l'on a affaire à des exigences différentes pour la con­naissance et que de nouvelles exigences se créent. Ce sont les références mêmes de l'explication qui changent avec d'autres demandes d'intelli­gibilité. Nul doute que la loi de la chute des corps fût, pour Galilée, en même temps qu'une description de comment tombent les corps (la loi étant donnée par des relations entre des grandeurs adéquatement choi­sies), une explication, au moins relative puisqu'elle rattachait entre elles les chutes de différents corps et les ramenait à upe même sorte de mouvement (uniformément accéléré, indépendamment d'ailleurs de la vitesse intiale, considérant le principe d'inertie et l'addition des vitesses, qui rendaient équivalentes les chutes verticale et parabolique): mouve­ment distinct d'autres mouvements possibles et existants, mais en rapport à eux, et cette explication fût-elle partielle, puisqu'elle ne donnait pas la forme de la loi. Mais opposer la "description" et une "explication", com­me cela fut courant plus tard, apparaîtrait ici schématique et serait se concentrer arbitrairement sur l'un des aspects du problème.

Du point de vue de l'historicité, la loi de Galilée de la chute des corps était explicative en ceci du moins qu'elle en donnait l'intelligibilité, qui n'était pas acquise jusqu'alors, quand la conception de la géométrie des trajectoires était en défaut : au lieu d'être imposée par une idée préalable comme dans la pensée antérieure (pour laquelle seules la ligne circulaire ou la ligne droite étaient concevables comme trajectoires naturelles),41 la courbe balistique suivie par le corps en chute libre était reconstituée à partir d'une pensée du mouvement et de son unification (entre les mouvements "naturels", continus, et "violents" ou par chocs). C'est dans ce sens qu'elle était explicative.

Mais cette intelligibilité, ou cette explication, se heurtait aussitôt à de nouvelles questions, et tout d'abord sur la relation quantitative (le rapport des distances parcourues et des temps) qui déterminait les pro­priétés balistiques du mobile. L'explication n'en était donc une que jusqu'à un certain point, et l'intelligibilité du phénomène demandait une intelligibilité plus grande, sur la raison des relations constatées. Il fallait donc pousser au-delà, tenter de comprendre les causes, comme Descartes (qui concevait les causes par contacts et proposa sa théorie des tourbillons), ou comme Newton (avec sa théorie de la force instan­tanée d'attraction universelle pour la gravitation).

Mentionnons, en passant, la rupture entre l'intelligibilité cartésienne et l'intelligibilité newtonienne qui survint alors, largement soulignée par Newton en conclusion du second livre des Principia (l'impossibilité de rendre compte du mouvement des planètes par des tourbillons de ma­tière éthérée) et rendue nécessaire par la connaissance plus précise des phénomènes et des lois de la mécanique (exposée au livre 1 sur le mou­vement des corps et mise en œuvre au Livre III sur le Système du Mon­de).42 L'attraction de gravitation newtonienne constituait un nouveau principe d'intelligibilité, sans être toutefois elle-même intelligible, c'est-à-dire sans pouvoir être expliquée par des termes connus. C'était une hypothèse, un saut conceptuel, justifiée empiriquement. Le concept d'attraction comportait cependant davantage qu'une simple hypothèse empirique, qui l'entraînait en fait en direction d'une conception ration­nelle, celle d'une propriété physique fondamentale, attachée à la nature même des corps. C'est ce qui transparaît dans l'analyse épistémologique qu'en fit d'Alembert au milieu du XVIIIè siècle, pour en rechercher une justification en raison.43

Cette justification de l'attraction universelle lui venait de ce que la physique des corps célestes pouvait être rationalisée autour d'elle. Il fallait donc bien la concevoir et, pour s'en faire ainsi une idée intelligible, abandonner l'idée de l'expliquer dans les termes connus et faussement évidents des actions de contact, tout en l'admettant, au contraire, comme un principe d'explication pour la science qui la faisait intervenir (l'astro­nomie) et, par une définition fondatrice, pour la loi empirique qui la manifestait (la loi de la force de gravitation comme inverse carré des distances). Admise comme une propriété générale des corps, elle fonctionnait ainsi comme un concept rationnel, sans toutefois être rationnelle au sens où ses raisons seraient analysables. Mais en cela, faisait remarquer d'Alembert, elle ne différait pas d'un autre concept de la mécanique newtonienne, l'impénétrabilité, qui fait la distinction en­tre les corps et l'étendue qu'ils occupent et maintient l'identité de ces corps dans leurs chocs entre eux. Cette propriété, postulée par Newton et qui ne choquait personne, n'était pas plus compréhensible, au fond, à bien y regarder, que celle de l'attraction universelle (et il en allait de même, en définitive, de tous les principes et propriétés physiques).

D'Alembert trouvait, en quelque sorte, un compromis entre le ra­tionne] et l'empirique : l'empirique (ou le contingent) est un rationnel qui s'ignore. L'attraction devait se rapporter, comme les autres principes physiques généraux de la mécanique, à quelque vérité nécessaire, même si elle avait d'abord pu être formulée, provisoirement, de manière con­tingente et toute empirique, en raison de notre ignorance. Sa rationalité n'était pas apparente, mais elle se manifesterait dans la configuration d'une physique plus perfectionnée où les faits et les lois isolés seraient réunis aux principes généraux et aux lois universelles acceptés et fondés en raison sous une même évidence. Le caractère empirique pour nous, pourrait-on dire dans ce cas, n'aura été que la manifestation, partielle et encore obscure, d'une rationalité supérieure, c'est-à-dire de quelque chose dont l'explication se trouve en avant, et non en arrière.

Cet essai de justification par d'Alembert correspond, en fait, sous le point de vue de l'intelligible, à une extension du domaine de la rationalité. Cette extension n'est pas pure transparence, puisqu'elle admet que l'on prenne appui sur une base obscure, sur un concept qui s'impose à la pensée, mais qui est venu de ['"extérieur" (entendons : du monde exté­rieur à la pensée, qui l'impose à celle-ci), par l'"évidence des faits". L'élargissement du rationnel prend donc ici au début la voie, au moins apparente, de l'empirique. Mais cet empirique est appelé, pour d'Alembert, à être subsumé dans un rationnel ultérieur, dont il remplit déjà la fonction en étant hissé à la généralité et formulé comme une hypothèse théorique qui prend en pratique rang de principe. On doit remarquer que, même pour des conceptions moins uniment rationalistes que celles de d'Alembert, nombreux sont en physique les exemples de cette "rationalisation forcée" de concepts qui se sont imposés "par cons­truction", mais sans explication de type analytique ou causal.

Telle est peut-être, d'une manière analogue et générale, la leçon historique de la découverte et de la formulation des "principes physiques" (conservation de l'énergie, second principe de la thermodynamique, principe de relativité, etc.). On commenterait de manière assez semblable la "laïcisation" d'un principe d'expression plus formelle et de signification moins intuitive comme celui de moindre action, réalisée avec la méca­nique de Hamilton et avec toutes les théories physiques ultérieures qui le mettent en œuvre, sans nulle référence à une finalité quelconque comme dans sa forulation originelle par Maupertuis. Le principe de moin­dre action est un principe "formel", devenu fondateur pour la physique mathématique et théorique, dont le contenu physique, qu'il exprime par sa forme et sa fonction, correspond à une sorte d'expression syn­thétique de la théorie, ramenée à ses traits essentiels, et embrassant l'ensemble des phénomènes du domaine correspondant.44 Le principe de moindre action exprime synthétiquement un ensemble complexe de relations imbriquées entre des grandeurs caractéristiques d'un système physique, ces relations ayant été révélées ou vérifiées à la faveur de l'expérience. Il porte en lui, à cet égard, en quelque sorte de manière emblématique, la signification de ce qu'est un système physique mathématisé. Ce principe nous fournit peut-être, par son caractère formalisé par excellence, et pleinement physique en même temps, une clé pour mieux comprendre la nature de ce que nous disons être intelligible et qui pose cependant une espèce d'énigme : comment ce qui vient, fût-ce en partie, de l'expérience, peut-il être assimilé dans la pensée par sa transformation en du rationnel ?

Les extensions du rationnel
D'une certaine manière, la formalisation mathématique de la physique permet de dépasser l'alternative de l'empirique et du rationnel. Par l'expression mathématique (théorique), la connaissance des nouveaux phénomènes dont la théorie rend compte ou qu'elle anticipe, tout en provenant de l'expérience du monde extérieur, se place dans l'espace de la connaissance rationnelle. Car cet empirique est assimilé dans des formes qui appartiennent au rationnel : de même, selon ce que nous avons vu plus haut, que des faits d'observation suffisamment généraux se voient érigés par la pensée en principes, qui peuvent être exprimés comme des axiomes, dont ils ont la fonction référentielle et organisatrice. C'est ainsi que procède, d'une manière générale, la physique théorique, qui se caractérise à la fois par son expression mathématisée et sa fidélité à la spécificité des phénomènes.45 A la différence de la physique mathé­matique entendue au sens restrictif de sa pure formalisation, qui ne fonctionne que selon la rationalité mathématique (interne pour ainsi dire, mais elle aussi susceptible d'extensions), la physique théorique constitue sa forme (mathématisée) par l'assimilation rationnelle de phé­nomènes empiriquement donnés. Autrement dit, le rationnel s'est élargi grâce à l'assimilation de l'empirique, ou encore, c'est par l'expérience du monde naturel que se développe le théorique et l'intelligible, et que s'accroît l'espace du rationnel. Le rationnel fonctionne ici, en somme, de manière organique, restant lui-même tout en modifiant ses structures, en augmentant ses capacités, sans se dissoudre dans l'empirique dont il se nourrit.

La mathématisation de la physique (plus précisément : de telle théorie physique), justifiée par les propriétés des concepts et des grandeurs, adéquatement définies, qui permettent de la caractériser,46 devient ainsi elle-même principe d'explication, comme on le voit d'une manière par­ticulièrement nette et exemplaire au long de l'histoire des trois derniers siècles, avec l'"analytisation" des divers domaines de la physique par le calcul différentiel et intégral, celle-ci n'étant légitimée que dans la mesure où les grandeurs et les principes correspondant à la spécificité des phé­nomènes physiques ont été exactement formulés.47 Un tel "principe d'explication" rend compte de manière à la fois analytique et synthétique des relations les plus précises entre les concepts et les grandeurs qui tissent les propriétés du monde physique et expriment son unité sous-jacente.

Cette évocation n'épuise pas les nombreuses questions qui restent en suspens, les questions épistémologiques, mais aussi celles de nature ontologique ou métaphysique. Je mentionnerai, au rang des questions épistémologiques ou relevant de la philosophie de la connaissance, d'abord la diversité des épistémies pour les diverses sciences (par exemple, la biologie, aux modes de rationalité en partie différents de ceux de la physique), et la nécessité de s'opposer aux réductionnismes injustifiés ; puis la non-univocité de la rationalité, considérant un problème scienti­fique donné, question qui est celle du débordement du logique par le rationnel, à laquelle répond la prise en compte de la variété des "styles scientifiques" et des "programmes épistémologiques", et la "liberté logique" du travail de la pensée, chère à Poincaré et à Einstein, qui leur est sous-jacente.48

Et encore, la question des interprétations et les effets d'interprétation sur la pensée des contenus, qu'ont illustrée en notre temps, comme on le sait de reste, des théories comme la mécanique quantique ou l'évolu­tion darwinienne. Toute la question de l'interprétation de la mécanique quantique, dans ses options les plus diverses, se ramène au souci d'établir cette science sur une base d'intelligibilité rationnelle ; mais les avis diffèrent sur ce que doit être une telle base.49 A cet égard, la question de l'exigence de rationalité rencontre, mais d'une manière naturellement peu claire au début, celle des élargissements de la rationalité. Je l'entends dans le sens d'un élargissement de ce qui est admis comme explication rationnelle pour quelque chose d'existant, que ce soit des figures géo­métriques, des nombres, ou des entités physiques ou d'une autre nature.

Quant aux questions ontologiques, je remarquerai seulement que l'élargissement du champ des explications et de la rationalisation n'annule | pas le domaine obscur qui demeure, changeant mais irréductible, au soubassement de toute connaissance (constatation pascalienne ou "relativité de l'ontologie" au sens de Willard Quine).50

Sur les questions métaphysiques, je m'en tiendrai à l'une d'elles, pascalienne aussi (liée, d'ailleurs, à la précédente), celle de notre igno­rance par rapport à notre connaissance, question qui est à l'horizon de toute évocation de l'intelligible. Si le "livre de la connaissance" est voué à être toujours fini bien qu'il augmente sans cesse, et quels que soient nos efforts pour l'accroître, ne devrait-on pas considérer que la mesure de nos questions serait mieux prise en compte dans un "livre de notre ignorance" ? Car il pourrait sembler que, sachant ce que nous savons, nous mesurerions mieux le degré de notre ignorance que celui de notre connaissance. Mais on répondra à cela que le livre de notre ignorance est plus incertain encore, pouvant être aussi bien vu comme presque vide ou comme infini. C'est que notre ignorance, telle que nous en avons conscience, n'est jamais que relative à ce que nous connaissons. Il peut parfois nous sembler, comme ce fut le cas de plusieurs physiciens à la fin du XIXème siècle (et c'est aussi le cas de certains physiciens de la fin du XXème, sans parler des biologistes...), que le domaine des questions non résolues de telle science s'amenuise de jour en jour comme peau de chagrin : la physique, disaient-ils, explique désormais pratiquement tout et ne comporte plus que deux points obscurs, l'absence de vent d'éther et la loi du rayonnement thermique. Or ces deux phénomènes, précisément, loin d'être de portée limitée et circonscrits par les théories de la physique, signalaient ses gouffres profonds qui déterminèrent les deux "révolutions scientifiques" du XXème siècle, celles de la relativité et des quanta.

Nous n'avons pas idée de ce que le futur nous réserve quant aux changements des fondements mêmes de nos connaissances. Aussi assurés les croyons-nous, ils peuvent toujours en principe être modifiés, car aucun élément de ces bases n'est intangible, puisqu'ils comportent tous une part d'arbitraire qui tient à ce qu'ils sont des produits de l'esprit humain, des formes symboliques. C'est pour cela que nous n'en n'aurons jamais fini avec la recherche des raisons des raisons, et c'est encore Pascal que nous retrouvons : le livre de notre ignorance est un infini insondable. Pourtant nous avançons, à mi-chemin entre ces deux ignorances, la presque nulle et l'infinie, ou entre ces deux connaissances, l'une dérisoire et l'autre immense (à deux moments subjectifs de notre jugement), avec, dans ces entre-deux, pour viatique /e sens de l'intelligible et pour guide la conscience d'historicité.




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