La documentation : son histoire et son évolution





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La documentation : son histoire et son évolution


Intervention de Madame Marie-France BLANQUET (Université de Bordeaux 3)


Préambule



Il faut noter que la profession de documentaliste est relativement jeune (100 ans tout au plus) et mérite une meilleure compréhension et surtout une meilleure reconnaissance.
Les documentalistes sont des personnes qui veulent faire bouger les choses, pour peu qu’on les sollicite et qu’on leur donne les moyens de le faire.
Toute l’histoire et l’évolution de la documentation est liée à un double constat concernant l’information :

  • l’information doit être organisée, il est indispensable de la discipliner ;

  • l’information doit être accessible au plus grand nombre et ainsi être mise à disposition.


Il ne faut pas rester dans une vision élitiste des savoirs, même si l’information peut devenir dangereuse avec les nouvelles technologies (Internet). C’est ici que doit intervenir le documentaliste et apporter ses compétences (recherche et tri d’informations, veille informatique…).
Il faut enfin savoir que l’information s’est mise en place grâce aux bibliothèques. Le terme documentation est apparu plus tardivement et, depuis, les documentalistes cherchent à se démarquer des bibliothécaires et des archivistes.


Repères historiques



1817 : Les bibliothécaires allemands pistent les doublons, les écrits redondants dans les documents. A l’époque, les informations publiées étaient trop nombreuses et la devise était « on publie ou on périt ».
1858 : Les bibliothécaires américains créent l’idée du « marché continu du génie des nations ». Il s’agit de créer des comptoirs pour effectuer des synthèses afin de mesurer la rentabilité des productions de revues. C’est ce que l’on appelle la bibliométrie.
AUJOURD’HUI :

En Grande-Bretagne : Un immense catalogue, nommé « Ulrich », recense tous les périodiques du monde.
En France : Un CD-ROM, nommé « Myriade », recense tous les périodiques acquis en France.
1877 : Cette année voit l’apparition des premières associations de bibliothécaires, notamment l’ASLIB en Grande-Bretagne.
1897 : Dans l’Ohio, aux Etats-Unis, le premier réseau de bibliothèques publie un catalogue collectif, nommé « OCLE ». L’idée était de faire travailler les gens ensemble pour aboutir à une mise en commun d’informations.
1934 : Cette date est essentielle. Un avocat richissime, Paul OTLEY, publie un ouvrage intitulé Le traité de documentation, qui fait toujours référence en la matière. Il est le premier à parler de la nécessité d’avoir des compétences spécifiques.

Cet avocat avait la volonté de tout préserver en imprimerie et voulait créer un immense répertoire, nommé « RBU ». Il va créer plusieurs musées : livres, affiches, tracts, cartes postales…

Le but était de créer un musée pour mettre à la disposition de tous cette production de l’humanité.
Il eut l’idée d’utiliser aux Etats-Unis la classification DEWEY (qui adopte des normes de catalogage) en l’adaptant, et il crée la Classification Décimale Universelle, nommée « CDU ».
Mais cette idée était trop novatrice pour l’époque et OTLEY fut mis à l’index et traité d’aliéné pour avoir proposer cette classification. Il y eut une levée de boucliers de la part des bibliothécaires qui font remarquer que plusieurs sujets peuvent être présents dans un même livre. Ils préfèrent en rester au fichier « Auteurs », au fichier « Titres », ce qui n’est pas accessible à un large public.
OTLEY meurt en 1944, mais il peut être considéré comme le père de la documentation. Il avait souhaité que le documentaliste évalue le document et le traite avant la mise à disposition.
1940 : L’association UFOD est créée et c’est la première fois que le terme « documentation » apparaît.
1950 : L’INTD est créé (cf. Suzanne RIAY, Qu’est-ce que la documentation ?).
1963 : Un décret permet de créer un Bureau National de l’Information Scientifique et Technique dont le but était d’organiser l’information en France en réalisant un immense inventaire par discipline. Ce fut un échec car les journalistes s’en sont mêlés et la médiatisation eut raison de ce projet ambitieux.
1963 : L’ADBS est créée avec pour objectif de changer l’image du documentaliste, qui n’est pas dynamique. Il y avait jusque là une confusion avec les archivistes et avec les bibliothécaires (cf. L’article de Luce KELLERMAN)
La volonté de l’ADBS est de faire reconnaître les documentalistes comme des professionnels de l’information, qui doivent travailler en réseau (cf. La conférence américaine ICSI en 1958).
1970 : Les IUT sont créés avec une formation en documentation. Mais il y eut un blocage de la part de l’Education nationale, qui refusa que ces documentalistes intègrent la fonction publique. C’est pourquoi les IUT se tournèrent vers la documentation en entreprise.
Rapport BOUTRY : L’idée est affichée qu’un document a une vie, et même une double vie.
Rapport MEYER : L’idée est affichée que l’information doit être rentable. Il ne faut faire que de l’utile, mais les documentalistes s’y opposent.
1980-1990 : Jusqu'à présent, nous étions dans l’informatique lourde avec les énormes ordinateurs du CNRS notamment. Il faut maintenant noter l’arrivée des micro-ordinateurs, beaucoup plus faciles à utiliser.
1994 : Le réseau Internet se met en place en France et va connaître un énorme essor.
Etat actuel des technologies et des outils
 Les bases de données :

  • voir les bases de données gratuites disponibles sur internet dans le répertoire DADI http://dadi.enssib.fr ;

  • voir1 le serveur Questel-Orbit (qui centralise des BDD comme Francis, Pascal), le site de l’ORT (spécialiste des annuaires d’entreprises), la base bibliographique EINS (base bibliographique scientifique européenne) et DIALOG ;

  • pour les périodiques, penser au SUDOC ;

  • pour la littérature, à FRANTEXT (elle répond à des questions comme : « Qui a parlé de l’écureuil dans la  littérature française ? »).


 Les traducteurs :

voir SYSTRAN, le traducteur implanté sur GOOGLE.
 Les dictionnairess :

Le Trésor de la langue française http://atilf.inalf.fr/tlfv3.htm
 Le « mapping » (fouille de textes avec cartographie de l’information) :


 Les systèmes d’indexation automatique sont basés sur la reconnaissance statistique des réseaux sémantiques (associations contextuelles de mots) et les dictionnaires de mots pleins avec toutes les formes des mots.
 L’intelligence artificielle repose sur des procédures d’analyse plus ou moins complexes :

- premier niveau : analyse morphologique (analyse des préfixes et suffixes) ;

- deuxième niveau : analyse syntaxique ;

- troisième niveau : niveau sémantique (celui des associations – état actuel) ;

- quatrième niveau : niveau pragmatique (les outils actuels ne l’ont pas atteint).
 Le résumé automatique est généré en allant chercher les phrases pertinentes à partir d’une expression jugée l’être et affectée d’un coefficient.

Cf.: http://www.pertinence.net
 Le filtrage collaboratif repose sur l’analyse d’annotations publiques laissées par les lecteurs.



1 Ce conseil de la conférencière vaut surtout pour les établissements universitaires ou les unités de recherche.

CRDP du Languedoc-Roussillon – Journée académique FADBEN Languedoc-Roussillon du 12 décembre 2003.
Conférence restituée par Philippe Rodriguez et Valérie Michel à partir de notes prises sur place.


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