Résumé : Horticulteurs, jardiniers et botanistes du xixe siècle ont rédigé des milliers de pages concernant la culture des rosiers, la description des variétés et leur classification.





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Les rosiers entre horticulture et science au XIXe siècle
Cristiana Oghina-Pavie

Maitre de conférences en histoire contemporaine

Centre de recherches historiques de l’Ouest, UMR 6258 Université d’Angers
Résumé :

Horticulteurs, jardiniers et botanistes du XIXe siècle ont rédigé des milliers de pages concernant la culture des rosiers, la description des variétés et leur classification. Manuels de culture, Almanach du Bon Jardinier, annales des sociétés d’horticulture, mais aussi ouvrages de botanique ou monographies, tous ces écrits permettent de saisir la place qu’occupent les rosiers dans la circulation des connaissances entre le monde des praticiens de l’horticulture et le monde savant.

Pourquoi les rosiers cultivés sont-ils si différents des rosiers spontanés ? Quelles graines semer et dans quelles conditions pour obtenir des rosiers portant les caractères souhaités ? Comment favoriser l’apparition dans les semis de fleurs doubles, panachées, parfumées ? Toutes ces questions soulevées par la pratique de l’obtention trouvent écho dans les problématiques théoriques de l’époque : Comment expliquer l’hérédité et les mutations ? Quelles sont les limites des espèces ? Quelle est la différence entre une espèce et une variété ?

Cette communication présentera les rosiers comme un objet d’observation, d’expérimentation et de conceptualisation dans le dialogue entre l’horticulture et la botanique au XIXe siècle.
Abstract :

Horticulturists, gardeners and botanists of the 19th century have written thousands of pages dedicated to the cultivation of roses, the description of varieties and their classification. These sources, which included technical textbooks, Almanach du Bon Jardinier, annals of horticultural societies, botanical books or monographs of roses, shed light on the place of roses in the circulation of knowledge between the world of horticultural practitioners and the scientific world.

Why are cultivated roses so different from the spontaneous ones? What seeds to sow in order to obtain roses with the desired characters? How can the appearance of double, variegated and scented flowers be determined? All the issues raised by the practice of horticultural selection resonate in the theoretical issues of the time: How to explain heredity and mutations? What are the limits of species? What is the difference between a species and a variety?

This paper presents roses as an object of observation, experimentation and conceptualization in the dialogue between horticulture and botany in the 19th century.
Mots clés: histoire des rosiers, variabilité, hérédité, obtention.


Introduction

Au XIXe siècle, les rosiers occupent une place singulière parmi les plantes horticoles. Cela est dû à leur succès commercial, qui incite des horticulteurs à rechercher une très grande diversité variétale par l’obtention et l’introduction dans la culture des variétés possédant des caractères distinctifs nouveaux. Amateurs éclairés de jardinage et pépiniéristes généralistes ou spécialisés procèdent ainsi à des semis, choisissent les plantes présentant les caractères les plus recherchés ou les plus originaux, rassemblent de vastes collections, cherchent à l’étranger des espèces ou variétés inconnues, observent, décrivent et classent un nombre toujours croissant de rosiers. Ces opérations ne sont pas des problématiques purement pratiques ou techniques. Au contraire, elles soulèvent des questions d’ordre scientifique qui rejoignent les préoccupations les plus fondamentales de la physiologie végétale, de l’hérédité et de la classification.

Les plantes horticoles et plus particulièrement les rosiers concentrent des savoirs théoriques et pratiques qui structurent un monde composite, formé de savants, de praticiens et d’amateurs éclairés intéressés par les végétaux. La circulation de ces savoirs n’est pas unilatérale : les horticulteurs font référence aux débats scientifiques, les observations et les exemples issus de la pratique sont évoqués comme des arguments dans les ouvrages théoriques. Dictionnaires, monographies, publications périodiques des sociétés savantes, comptes rendus, traités théoriques, ouvrages pratiques de jardinage, almanachs, revues, catalogues… la production écrite qui concerne les plantes horticoles est extrêmement riche au XIXe siècle.

Ici, nous nous intéresserons aux écrits qui ont pour objet principal les rosiers, ainsi qu’à ceux qui mentionnent seulement les rosiers parmi d’autres plantes horticoles, afin de relever la manière dont les problématiques de la pratique et celles des interrogations scientifiques se rencontrent et s’enrichissent mutuellement. Dans cette vaste littérature, nous avons choisi seulement quelques aspects qui nous permettent d’argumenter l’intérêt épistémologique et historique de l’étude des rosiers comme exemple significatif du dialogue entre horticulture et botanique.

Ainsi, la distinction relative entre rosiers sauvages et rosiers cultivés, leur capacité à varier par le semis, l’influence des techniques culturales sur les caractères hérités ou acquis et sur les processus physiologiques de la fécondation, de la germination, du développement, de la floraison ou de la nutrition, et enfin les limites de l’espèce et de la variété dans la conception des théories de l’évolution sont des questionnements nourries par le dialogue entre la pratique horticole et les science de la vie au XIXe siècle1.


Rosiers cultivés vs rosiers sauvages

Horticulteurs et botanistes s’accordent sur le constat d’une différence considérable entre les rosiers cultivés et ceux qui poussent spontanément, et qu’ils dénomment couramment comme étant des rosiers « sauvages ». La distinction est courante, mais pour le rosier elle prend des accents radicaux, opposant les êtres « naturels » aux « monstres crées par l’art et se perpétuant artificiellement par la greffe »2 qui peuplent les jardins. Le premier caractère sur lequel est fondée cette distinction est la présence des fleurs doubles dans les jardins, tandis qu’elles sont exceptionnelles à l’état spontané. L’apparition des fleurs doubles est expliquée autant par les effets de la culture - surabondance de nourriture, qualité du sol - que par des propriétés botaniques, notamment la présence d’organes sexuels nombreux, ce qui favorise la transformation des étamines en pétales3. C’est un écart par rapport à la norme, ce qui sous entend que la forme normale est celles des plantes spontanées. Le « type normal » serait spontané tandis que les formes cultivées seraient des variants, des variations ou de variétés4, ainsi que des hybrides.

« La fleur pleine est le but vers lequel tendent les soins du Fleuriste, dont les intérêts sont à tous égards séparés de ceux du Botaniste. Le premier, en effet, plus jaloux de jouir que de connaitre, appelle continuellement l’art au secours de la nature, pour exciter celle-ci à des efforts inconnus, et ménager à l’œil des surprises par la nouveauté des couleurs te par le luxe pompeux des ornements : il sacrifie tout au brillant et à l’apparence ; il néglige l’espèce en faveur de quelques individus qu’il a adoptés, auxquels il prodigue ses soins, et qu’il transforme en de nouveaux êtres, qui, sous les dehors de la fécondité et de l’abondance, cachent une dégradation réelle.

Le Botaniste, au contraire, uniquement attentif à étudier, à épier la Nature, se plaît à la contempler dans cette naïve simplicité, plus précieuse dans doute que ces agréments dont on ne l’embellit que par la contrainte : il n’adopte les nuances qu’autant qu’elles n’altèrent point d’une manière sensible la constance des fleurs primitives ; en un mot, l’individu qui s’offre à lui dans ses recherches, n’est point à ses yeux un individu isolé ; il y vit comme le type et le modèle de l’espèce entière, et il aime à y retrouver ces traits unis, mais vrais, que la Nature a fidèlement prononcés dans les productions qui lui appartiennent toutes entières.

Une grande partie des fleurs qui naissent à l’aide de la culture sont donc de véritables montres végétaux5. » 

Cette séparation relative entre les rosiers spontanés et les rosiers cultivés influence les classifications opératoires dans le monde savant et dans le monde horticole et leurs interférences. Selon Pierre Boitard, «  Un rosier, trouvé à l’état sauvage avec des fleurs doubles, est pour tout physiologiste une simple variété accidentelle, ou ce n’est plus un rosier puisqu’il a plus de cinq pétales.6 »

Il devient dès lors difficile de concevoir un système cohérent, englobant tous les rosiers connus. Comment appliquer les principes de la systématique à des accidents et monstruosités ? Comment intégrer les variétés horticoles dans les catégories de la botanique ? Pour John Lindley, les confusions dans les classifications des rosiers proviennent en partie du fait que les horticulteurs accordent une attention démesurée à des caractères morphologiques qui sont, certes, importants pour le commerce, mais qui n’ont pas d’intérêt botanique. Ce sont, selon lui, des caractères insignifiants, que seul l’œil exercé du praticien peut saisir, pour décider de la différence entre une variété et une autre. Ainsi, Lindley établit sa classification en laissant entièrement en dehors les roses cultivées qui sont « plus proprement dans le domaine du cultivateur que du botaniste ». Il propose toutefois en annexe une liste succincte de roses cultivées, arrangées méthodiquement, pour l’usage des fleuristes7. Cependant, l’augmentation rapide du nombre de variétés cultivées rend cette séparation cultivés/spontanés insatisfaisante. Dans la traduction de l’ouvrage de Lindley en français, Pronville remanie entièrement les catégories de l’édition anglaise, pour introduire des regroupements plus conformes avec la pratique des cultivateurs8.

L’interférence entre approche botanique et commerce horticole est également présente dans la dénomination des rosiers. La pratique des amateurs et des horticulteurs professionnels s’attache aux noms qui suivent des logiques commerciales, évocatrices des qualités de la plante (couleur, parfum, allure) ou d’une personne, qu’elle soit familière (fille, épouse, filleule) ou publique (personnage historique, politique, militaire, notable local). Les noms commerciaux font appel à l’émotion et jouent très probablement un rôle important dans la différenciation commerciale. Les éditions de l’Almanach du Bon jardinier dans les années 1830-1840 citent une phrase de Pronville qui établit un lien entre ces noms évocateurs de personnages historiques et les collections de rosiers : « Les jeunes gens qui parcourent avec un jardinier la collection de rosiers, se rappellent à chaque nom les études de leur enfance, et, par l’extension de la pensée, un parc de roses est un nouveau cours d’histoire9 ». Dans cette recherche d’un émotion évocatrice se situe une des raisons de la synonymie, soit délibérée soit fortuite.

Cependant, l’identification d’une variété, donc d’un individu par un nom n’est pas uniforme. Persistent encore, jusque dans les années 1860, les noms à consonance botanique, notamment pour les rosiers considérés dans diverses classifications comme étant le type d’une « espèce ». Là où la nomenclature se complique considérablement c’est dans l’attribution de ces noms, calqués sur la nomenclature binominale, à des rosiers auxquels on attribue l’origine d’un groupe horticoles. Rosa noisettiana pour le rosier de Louis Noisette en est un exemple. D’autres noms construits sur le même modèle sont attribués en tant que noms commerciaux, donc à une variété (rosa spectabilis). Les exemples sont très nombreux et varient selon les auteurs. Cela augmente encore davantage l’impression, largement partagée au XIXe siècle, que toute classification des rosiers est une tache d’une difficulté insurmontable. Le « Le latin burlesque des cultivateurs »10 incite également, devant la multiplication des noms créés par les horticulteurs, à l’élaboration de la loi de la nomenclature botanique11.

La tension entre classifications botaniques et classifications horticoles persiste tout au long du XIXe siècle12. Sans détailler la teneur de cette problématique, bien trop vaste pour être exposée ici, il convient toutefois d’en apporter quelques précisions.

Premièrement, les botanistes et les horticulteurs ne se concentrent pas sur le même niveau de classification. L’espèce est le seul niveau significatif pour les premiers, tandis que la variété est le niveau principal d’intérêt pour les horticulteurs. Les catalogues des pépiniéristes proposent à la vente des variétés, identifiées par un nom commercial, décrites selon les caractéristiques horticoles (date de floraison, remontée de floraison, port, couleur, feuillage, etc.). Les jardiniers plantent, cultivent, multiplient des variétés. Ils utilisent le mot « espèce » tantôt dans un sens botanique, tantôt dans un sens trivial : une espèce est, pour la plupart des praticiens, une « sorte » de rosier. Pour contourner la question difficile de la distinction espèce/variété, ils emploient souvent le syntagme composite et non expliqué : « des espèces et variétés »13. La référence à des ouvrages de botaniques ou des dictionnaires dans l’emploi de la distinction espèce/variété n’est pas éclairante, puisque ces mêmes ouvrages intègrent dans leur approche théorique des ambigüités sémantiques14.

Deuxièmement, les divisions (espèce, famille, tribu, groupe horticole) sont pensées comme étant des ensembles qui partagent des caractères communs et une origine commune. Les logiques qui président à la constitution des groupes horticoles fusionnent les deux approches. Les rosiers Noisette sont à la fois les rosiers qui ressemblent au premier rosier Noisette et des rosiers supposés comme étant issus de la descendance de ce premier rosier Noisette. Il s’agit donc des lignées, établies non pas sur la traçabilité des graines, mais sur la ressemblance avec une tête de groupe qui a le même rôle de référence que les types des botanistes. La logique botanique des divisions systématiques est ainsi importée dans le monde horticole, où elle est appliquée à des variétés, et plus précisément à des individus multipliés végétativement, et non à des espèces et des populations. La superposition des deux niveaux n’est pas explicite, ce qui contribue à augmenter les confusions. Elle véhicule donc un modèle de pensée biologique sans tenir compte des différences de niveaux et de nature entre les objets sur lesquels portent ces classifications.

La troisième précision concerne la notion d’hybride15. Le qualificatif hybride désigne chez les botanistes et les zoologistes le résultat stérile de la fécondation entre deux individus d’espèces différentes. Les cas sont rares16 et évoqués comme argument de la limite entre les espèces car les hybrides, descendants stériles, ne pouvant se reproduire et ils ne peuvent pas créer à leur tour des nouvelles espèces intermédiaires. Pour les horticulteurs, est hybride le résultat, fertile ou stérile, issu du croisement entre deux sortes de plantes, que ce soit des espèces, variétés, races, groupes, tribus ou autre division de la classification. Pour cette raison, le mot « hybridation » tend à remplacer les expressions « fécondation artificielle » ou « croisement » à partir des années 1840. Toute nouvelle plante issue de semis n’est cependant pas désignée comme un d’hybride. Les praticiens réservent en effet ce qualificatif à l’individu résultat d’une fécondation, qui a l’apparence d’un être composé et qu’ils ne peuvent pas classer dans les catégories déjà établies parce qu’il présente une addition de caractères qui étaient jusqu’alors considérées comme dichotomiques entre ces catégories. Cette acception horticole de l’hybridité est ambiguë. Elle exprime, d’une part, une idée de transmission de caractères, car la présence des caractères composés indique l’origine mixte de l’hybride. Elle exprime, d’autre part, l’idée d’un continuum, car les hybrides forment des catégories intermédiaires dans la classification. L’idée d’une fusion ou d’une addition des caractères hérités permet à l’obtenteur de présumer de l’origine du nouveau rosier. Par ailleurs, la question de la stérilité ne se pose pas véritablement. Ce sont des individus que l’on peut multiplier végétativement, dont leur stérilité ou fécondité passe au second plan, jusqu’à disparaître complètement des critères qui permettent de qualifier une plante d’hybride. Dans la pratique, il s’agit donc d’une qualification a posteriori des hybrides, plantes stériles ou fertiles, par analogie des caractères observés. Certains rosiers présentent un mélange de caractères de plusieurs variétés. Certains (A. Poiteau) en déduisent qu’il s’agit des cas d’hybridation entre les variétés : rosa perpetuosissima hybride de damas, de l’Ile Bourbon, de Noisette, de majalis, de bengale, de thé et de cent feuilles17. D’autres auteurs, davantage préoccupés à clarifier les limites que l’espèce impose à l’hybridation, comme Pierre Boitard, considèrent qu’il s’agit d’un abus dans l’emploi du mot hybride chez les horticulteurs :

« Ils sèment des graines de cent-feuilles, ils obtiennent des rosiers qui ont de l’analogie avec les damas, les alba etc. Aussitôt ils décident que ces rosiers sont hybrides de cent-feuilles et de damas, d’alba etc. C’est aller un peu vite ! D’autres, cependant, sont encore plus expéditifs : ils sèment des graines cueillies au hasard, puis quand les individus qui en proviennent sont en fleurs, ils les étudient, et les classent arbitrairement parmi les hybrides de telle ou telle espèces, parce qu’ils croient leur reconnaître les caractères spécifiques de ces deux espèces : or, il peut arriver, et il arrive même fréquemment, que ces prétendus hybrides sont provenus d’une graine qui n’appartenait ni à l’une ni à l’autre de deux espèces dont ils portent les caractères18. »

Alexandre Boreau, directeur du jardin botanique de la ville d’Angers, s’insurge contre la forte réduction du nombre d’espèces de rosiers. Pour lui, chacun des caractères qui distinguent les rosiers les uns des autres sont mineurs, pris séparément : forme et direction des aiguillons, forme des folioles, dentelures, état glabre ou velu, etc. L’extrême facilité avec laquelle le rosier « joue dans nos jardins » montre le peu de fixité des caractères, mais ne prouve pas la non existence des espèces. Selon Boreau, il serait erroné de réunir des formes aussi diverses sous « le vain titre de variétés »19. A la suite de Boreau, le botaniste Alfred Déséglise (1823-1883) effectue plusieurs classifications du genre Rosa, multipliant lui aussi le nombre d’espèces20. Il s’élève contre les hybridolâtres qui voient dans l’hybridation la production de formes intermédiaires entre les espèces, donc une transformation. Si ces formes sont constantes, c’est à dire qu’elles se reproduisent par la graine, elles constituent des espèces. Sinon, il ne s’agit que des accidents passagers. Cette « école stationnaire » cherche à identifier dans la flore spontanée toutes les espèces auxquelles peuvent se rattacher les rosiers cultivés. Elle s’est opposée à « l’école progressiste » pour laquelle les plantes des jardins sont issues de quelques types originaux qui se sont successivement transformés21. Dans ce débat entre transformistes et fixistes, l’hybridité serait « la clef du genre ». Selon les fixistes, il sera alors très facile d’appréhender la diversité des rosiers cultivés, en observant les critères qui distinguent les rosiers sauvages22.

La question de l’hybridation gagne en importance vers le milieu du XIXe siècle. Elle est mise en débat par les sociétés d’horticulture et les congrès d’horticulture et de botanique23 et le nombre de publications concernant ce sujet se multiplient. L’augmentation du nombre d’hybrides horticoles, chez le rosier et d’autres végétaux, peut expliquer cet intérêt croissant. Cependant, l’explication vient surtout de la formulation progressive des questionnements théoriques concernant la transformation des espèces. En effet, les hybrides sont un des points cruciaux dans les controverses attenantes au transformisme. François Crépin, botaniste belge, auteur en 1894 d’un ouvrage sur les roses (sauvages) hybrides conclut ainsi son étude : « j’ai la conviction que l’hybridité jouera un rôle considérable dans les travaux de systématique et nous donnera l’explication de bien des faits qui touchent à l’évolution des espèces24.

En effet, à travers le problème de la classification transparaissent les enjeux conceptuels complexes concernant l’origine, la définition, les limites et l’évolution des espèces. Les rosiers, par la différence visible entre les formes spontanées et les formes cultivées, sont un des exemples les plus parlants de la difficulté de penser les végétaux dans leur généralité, en tant qu’organismes vivants, malgré les cas singuliers et les effets de la pratique jardinière, à l’échelle celle du vivant, dans son état présent et dans son histoire.
Variation, diversité et transformation

La diversité toujours croissante des rosiers cultivés au XIXe siècle est la conséquence de la propension biologique à la variation qui caractérise les rosiers et de la capacité des horticulteurs à en tirer profit dans leur pratique d’obtention. La compréhension des mécanismes de la variation préoccupe en égale mesure les botanistes et les horticulteurs. Dans leur course à la nouveauté, les horticulteurs sont très attentifs à l’apparition des formes nouvelles, insolites, originales et curieuses, que les botanistes considèrent comme étant des monstruosités. Comme dans d’autres domaines de la botanique, de la zoologie et de l’anatomie humaine, pendant la première moitié du XIXe siècle l’observation malformations, accidents et monstruosités est liée à la préoccupation pour la compréhension de la formation des organes. Sont décrits les processus physiologiques de la morphogenèse, développement et de croissance aux cours desquels des organes situés à proximité fusionnent, se soudent entre-eux ou se transforment les uns dans les autres. Cela peut être un processus régulier ou exceptionnel. C’est, par exemple, le cas des roses prolifères, quand l’axe de la fleur continue à végéter et se prolonge par une branche qui peut à son tour porter une deuxième fleur. Rosa Damascena Celsiana, décrite par Thory et Redouté, en est un exemple, « venu de graine dans un lieu de l’entassement de terreau et d’autres engrais »25. Ce qui prime dans cette description c’est la situation concrète dans laquelle cette forme inhabituelle a pris naissance. Ni l’obtenteur, Cels, ni l’auteur de la description, Thory, n’établissent pas un lien de cause à effet entre la nature du terreau et les caractères hors norme de ce rosier prolifère. Ils laissent cependant supposer que ce lien existe ou, du moins, que ces circonstances culturales ont favorisé la monstruosité.

Appelée après 1830 « tératologie », la science des monstres n’a de cesse de s’emparer des exemples jardiniers26 parmi lesquels figurent de nombreux cas de rosiers. Les exemples horticoles sont connus car longuement décrits. L’apparition d’un caractère nouveau - rosiers mousseux, rosiers « œillets » dont les pétales sont courts et recourbés, rosiers verts, rosiers nains, toutes sortes de panachures, etc., attirent l’intérêt des amateurs. Ce sont des curiosités qui se vendent cher, que les amateurs aiment avoir dans leur collection et que les horticulteurs s’empressent de multiplier. Pour les botanistes s’intéressant à ces modifications, ce ne sont pas les conditions de l’apparition de l’anormalité qui sont importants, mais l’information que cette anomalie peut apporter pour comprendre la morphogenèse. Ainsi la rose prolifère est régulièrement invoquée comme une preuve de la théorie selon laquelle les calices sont constitués des feuilles florales soudées27 tandis que la rose sans pétales serait un exemple de transformation des pétales en étamines28.

Ces écarts de la nature, accidents, sports ou variations par bourgeons sont attribués par les horticulteurs à des causes mystérieuses, non prévisibles et non reproductibles. Les horticulteurs sont à l’affut de ces « présents de la nature » et observent que certains rosiers, comme les cent-feuilles, donnent « le plus d’exemples de ces jeux de la nature »29. La prédisposition à la variation spontanée, signe d’instabilité, serait une perturbation due à la culture intensive et très ancienne, qui provoquerait des dégénérescences diverse, y compris celles qui induisent des modification morphologiques sur un des rameaux de la plante.

Ce n’est qu’une des sources de variation, la plus aléatoire. Pour obtenir des variétés nouvelles, les amateurs et les pépiniéristes pratiquent le semis, fondant leurs espoirs sur la capacité des rosiers à varier par la génération. Jusqu’au milieu du XIXe siècle, il s’agit de semis du hasard ou des semis ordonnés (appelés aussi « semis intelligents »), c’est à dire des semis de graines choisies en fonction des qualités de la plante-mère. Si la technique est simple, elle requiert du temps, de la patience et l’art de sélectionner les variétés prometteuses. Pour donner plus de chances à l’obtenteur dans « cette sorte de loterie », les praticiens prodiguent des conseils sur le choix des graines, la manière de les récolter, de les conserver, de les semer, ainsi que sur les soins à donner aux jeunes plants dans les premières années de leur vie. Ces conseils sont le reflet de l’expérience des obtenteurs, dont certains, comme Noisette ou Vibert sèment des milliers de graines tous les ans.

Ces conseils pratiques ne sont pas cependant dénués d’une portée théorique. Si les rosiers varient dans les jardins, les causes de la variation sont liées aux conditions de culture. Autrement dit, certains caractères sont hérités tandis que d’autres sont le résultat des techniques de culture qui interférent avec les processus physiologiques. Par exemple, la duplicature serait due à un excès de nourriture, ce qui expliquerait l’absence de rosiers doubles dans la flore spontanée. Chaque caractère serait en partie hérité et en partie modifié par la culture jardinière. Par exemple, les graines des rosiers semi-doubles donnent plus souvent des rosiers semi-doubles ou doubles. Mais la duplicature se retrouve de manière irrégulière dans la descendance : seulement une partie des graines de rosiers doubles donneront des rosiers à fleurs doubles. Cette transmission, aussi irrégulière qu’elle soit, dépend de la constance des conditions qui ont provoquée la variation. En suivant cette logique, en l’absence d’une nourriture surabondante, il n’y aurait pas de rosiers doubles dans le semis.

L’analyse de toutes ces indications pratiques pour obtenir des rosiers « améliorés » fait état d’une construction progressive, dans la première moitié du XIXe siècle, d’une pensée qui associe étroitement physiologie et caractères hérités30. Pour preuve, les horticulteurs évoquent les exemples de rosiers qui dégénèrent, c’est à dire qu’ils perdent les caractères distinctifs de leur variété ou de leur espèce. Noisette cite des rosiers mousseux qui sont devenues glabres au bout de quelques années de culture ainsi que des changements de couleur de la fleur ou du feuillage31. Pour saisir l’acculturation du concept d’hérédité naturelle qui se profile dans les sciences de la vie à partir des années 1830-1840, il est intéressant d’observer la manière dont les praticiens adoptent la fécondation artificielle.

Les exemples de fécondations artificielles opérées sur des espèces diverses se multiplient dans les premières décennies du XIXe siècle et ils attirent l’attention des praticiens et des amateurs-expérimentateurs. Les travaux de T.A. Knight, J.G. Kölreuter, C.-F. Gaertner ou G. Gallesio sont connus en France et discutés notamment par Augustin Sageret, auteur de deux mémoires sur les cucurbitacées en 1826 et d’une Pomologie physiologique en 1830 où il étudie la production d’hybrides et promeut la fécondation artificielle comme le moyen de « faire naître des espèces et des variétés nouvelles et d’en diriger la création »32. Pour les rosiers, la première expérience de fécondation artificielle est discutée à la Société d’horticulture de Paris en 1831. Jean-Pierre Vibert présente la communication qu’il a reçue d’un correspondant allemand (qu’il ne nomme pas) sur la fécondation artificielle des rosiers. En croisant un rosier bengale avec un centfeuilles mousseux, ce correspondant aurait obtenu un bengale mousseux. Pour Vibert, il s’agit d’un fait extraordinaire dont il relève l’importance : le centfeuilles mousseux est doté d’une singularité apparue accidentellement (la mousse qui couvre le pédoncule et le calice) et qui lui est particulière. Par la fécondation artificielle, l’obtenteur allemand a réussi à la « transporter sur une autre espèce ». Vibert insiste sur le fait que cette expérience est le signe d’une grande révolution dans le monde des roses et la garantie que, dans un avenir plus ou moins lointain, les amateurs des roses pourront disposer de tous les caractères recherchés réunis sur la même plante33. Cependant, aucune mention dans les nombreux écrits de Vibert ne laisse supposer qu’il aurait pratiqué lui-même la fécondation artificielle.

En 1845, un autre ouvrage très remarqué par les horticulteurs est celui d’Henri Lecoq34, professeur de botanique à Clermont-Ferrand, qui explique de manière détaillée comment procéder aux fécondations artificielles pour différentes plantes cultivées, y compris pour le rosier. Il présente la fécondation artificielle comme une imitation de la nature qui permet de diminuer la part de hasard : « On ne doit plus maintenant compter sur l’inconstance d’une chance plus ou moins favorable ou sur le vol d’un insecte pour créer de nouvelles roses, c’est le pinceau qui doit les produire, c’est le goût, aidé de l’expérience et de l’intelligence qui doit les diriger35 ».

L’esprit de cette affirmation de Lecoq est souvent partagé par les horticulteurs. Ils considèrent qu’ils imitent la nature, ils la secondent dans son œuvre, ils accélèrent ses productions, en créant des conditions favorables à la variation. La variation reste fondamentalement un phénomène biologique, dont ils ne peuvent assurer la maitrise complète36. Selon eux, si les rosiers des jardins sont davantage prédisposés aux variations que les rosiers spontanés, ceci est l’effet de plusieurs facteurs. D’abord, la variation est due à la réunion, dans les jardins et dans les collections, d’espèces et variétés qui ne se retrouvent pas à proximité les unes des autres à l’état sauvage. Ces rassemblements favoriseraient des fécondations qui, sans être artificielles, ne sont pas non plus entièrement naturelles puisqu’elles ne se produisent pas dans la nature. La variation est due également à l’ancienneté de la culture, qui rendrait des variétés anciennes plus aptes à dégénérer, à produire des formes monstrueuses ou à retourner, par atavisme à des formes sauvages. Elle peut également être due à l’intervention de l’horticulteur, qui, par des semis répétés, par la transplantation sous des climats différents de ceux d’origine, par la modification des conditions de vie, fait perdre au végétal son habitude, ébranle la stabilité de l’organisme et perturbe ainsi son hérédité37.

Ainsi, Charles Darwin accorde aux rosiers quelques pages de la Variation des plantes et des animaux sous l’influence de la domestication38. Dans la perspective de son raisonnement général, il associe la variation spontanée (bud variation) et la variation par semis. Fondant son raisonnement sur les écrits des horticulteurs (publiés dans Gardener’s Chronicle et Transactions of the Horticultural Society, des écrits de jardinage ainsi que sur sa correspondance avec des horticulteurs et botanistes), Darwin décrit l’origine attestée ou supposée de certaines variétés de rosiers. Il met en évidence le fait qu’un sport, variété issue d’une modification subite d’une partie d’un rosier, peut être multiplié par la greffe ou la bouture, ce qui est généralement pratiqué dans l’horticulture. Le caractère modifié peut toutefois être également transmis par le semis. Autrement dit, les caractères apparus accidentellement peuvent être hérités par la descendance. Il argumente ainsi, par un exemple horticole, un des schémas explicatifs de la variation avec modification qui intervient dans la sélection naturelle et la transformation des espèces.

Question pratique, la variation est aussi un problème fondamental dans la construction du concept d’hérédité naturelle et dans le transformisme. Les rosiers, qui offrent les exemples les plus divers de variation spontanée (par bourgeon) et de variation par génération (par semis) se trouvent ainsi intégrés dans un « espace épistémologique de l’hérédité »39 dans lequel les observations des hybrideurs, horticulteurs amateurs ou professionnels40, sont des faits positifs, des exemples à partir desquels le monde vivant peut être pensé dans sa diversité, dans son histoire et dans son devenir.

Conclusions

L’histoire des rosiers au XIXe siècle est partagée entre l’histoire de la pratique horticole et celle des sciences de la vie. Elle ne peut être comprise qu’en prenant en compte la circulation des idées entre les praticiens et les botanistes. Cette circulation n’est pas unilatérale, allant du monde savant vers le monde horticole. Au contraire, science et pratique sont dans un dialogue permanent, facilité par la nature composite des milieux sociaux et intellectuels qui s’intéressent aux végétaux. Ce dialogue est fait d’influences et de partage, mais aussi de malentendus, parfois d’animosités et de critiques réciproques.

Dans ce dialogue, l’exemple des rosiers est significatif car il met en évidence les questionnements suscités par la diversité des végétaux. La systématique, l’hérédité, la physiologie et enfin la théorie de l’évolution sont intimement entremêlées avec les gestes les plus courants du jardinage et de l’horticulture. Ce qui confère une particularité aux rosiers est leur singulière complexité, en tant qu’êtres vivants et en tant qu’objets de la production et du commerce horticole. La conjonction entre cette double complexité et les problématiques qui animent les botanistes et les horticulteurs au XIXe siècle, rend les rosiers un modèle d’étude historique particulièrement intéressant pour comprendre le rôle de l’horticulture dans une construction historique des savoirs biologiques.
Note : Cette recherche a été réalisée dans le cadre du programme FloRHiGe – Facteurs de succès de l'innovation variétale du rosier au XVIIIe et XIXe siècles en France : démarche interdisciplinaire génétique et historique financé par la Région des Pays de la Loire (2013-2016).



1 « Actes du colloque « Horticulture et sciences de la vie. Construction d’un espace épistémologique »,

Bulletin d’histoire et d’épistémologie des sciences de la vie, vol 18, Nr. 2, Paris, Kimé, 2011.

2 Boitard P., Manuel complet de l’amateur de roses, leur monographie, leur histoire et leur culture, Paris: Librairie encyclopédique Roret. 1836, p. 90.

3 Lindley J., Esquisses des premiers principes d’horticulture, traduit de l’anglais et augmenté de notes explicatives additionnelles par Charles Morren, Bruxelles, H. Dumont, 1835, p. 86.

4 Desportes N.H.F., Rosaetum Gallicum, ou, Énumération méthodique des espèces et variétés du genre rosier: indigènes en France ou cultivées dans les jardins avec la synonymie française et latine, Pesche, 1828, p. IV.

5 Lamarck J.B.P.A. de M. de et A.P. de Candolle, Flore française, ou, Descriptions succinctes de toutes les plantes qui croissent naturellement en France, disposées selon une novelle méthode d’analyse, et précédées par un exposé des principes élémentaires de la botanique, Paris, Desray, 1815, p. 136-137.

6 Boitard, op.cit. p. 92.

7 Lindley, J., Rosarum Monographia; or a botanical history of roses, to wich is added an appendix for the use of cultivators, in which the most remarkable garden varieties are systematically arranged. London, James Ridgeway, 1820, p. 153.

8 Monographie du genre rosier, traduit de l’anglais de M. J. Lindley, avec des notes de M. L. Joffrin, et des changements importants, suivie d’un appendice sur les roses cultivées dans les jardins de Paris et environs, par M. de Pronville, Paris, Audot, 1824. Pronville est d’ailleurs lui même auteur de plusieurs classifications, dont Nomenclature raisonnée des espèces, des variétés, et sous variétés du genre rosier, observées au Jardin royal des plantes, dans ceux de Trianon, de Malmaison, et dans les Pépinières des environs de Paris, Paris, Huzard, 1818.

9 Poiteau, A., Vilmorin, Ph., Le Bon jardinier, Almanach pour 1840, Paris, Audot, 1840, p.906

10 Boitard, P, op.cit., p. 91

11 Candolle de, A., Lois de la nomenclature botanique adoptées par le Congrès international de botanique, Genève, H. Georg, 1867. Voir également, Valéry Malécot, « Les règles de nomenclature – Histoire et fonctionnement » Biosystema, Société française de systématique, p. 41-76, 2008
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