Commémoration de l’armistice de 1918





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Commémoration de l’armistice de 1918

Mardi 11 novembre 2014

Discours de Jean-Marie FOSSIER
Mesdames et Messieurs les Elus,

Chers Anciens Combattants et porte-drapeaux,

Mesdames, Messieurs,

Chers enfants et Chers amis,
La cérémonie qui nous réunit n’est pas ordinaire.
De par sa nature même, bien entendu, tant le fait de raviver le souvenir de cette guerre hors du commun procure en chacun d’entre nous une vive émotion.

Mais, cette année, vous n’êtes pas sans savoir qu’elle revêt un aspect symbolique particulièrement fort puisque l’appel à la mobilisation a été lancé il y a un siècle.
En 100 ans, le monde a évolué. Il a connu de grandes joies mais aussi, malheureusement, d’autres drames effroyables. Mais en 100 ans, le monde n’a jamais oublié.
Alors, plus que jamais, ce matin, notre cœur va de nouveau parler afin de rendre hommage à toutes celles et tous ceux qui ont été touchés par ces quatre années de guerre, de sang et de déchirements.
Parce que la France n’a pas pour vocation de choisir entre ses morts, ses blessés et ses traumatisés, notre hommage doit être total et adressé autant aux chefs de commandement qui nous ont mené à la victoire qu’à tous ces « poilus » anonymes qui avaient comme meilleure arme leur courage et qu’à toutes ces femmes, restées au foyer, qui, dans l’angoisse, devaient s’occuper de lourdes tâches habituellement assurées par leur époux.
Si je vous dis Albert MAYER, 22 ans et Jules-André PEUGEOT 21 ans... Ces deux noms ne vous évoquent peut-être rien de particulier. Et pourtant, il y a 100 ans, ces deux jeunes hommes furent les premières victimes de ce qui allait devenir la première guerre mondiale. Les premiers d’une longue et terrifiante série.
Et pour autant, comme tous les appelés, ces deux soldats étaient sans doute partis avec un enthousiasme certain, convaincus qu’ils seraient de retour pour passer Noël auprès des leurs.
On sait aujourd’hui ce qu’il en est advenu : une interminable guerre de position au cours de laquelle des millions d’hommes vont se faire face, enterrés dans des tranchées, formant sur le sol de France une ligne dont le tracé ne variera guère.
Rapidement, cet enthousiasme laissa place à la découverte d’une vie, ou plutôt d’une survie nouvelle où planera en permanence la mort, la rigueur du froid et l’horreur banalisée d’un quotidien hors de l’entendement.
Mais qui étaient ces hommes de première ligne, désignés sous le nom de « poilus » par ceux de l’arrière en référence à leur système pileux ? Ces hommes, c’était vous, c’était nous. Un immense mélange de combattants d’origines et de conditions sociales diverses, qui n’avaient bien souvent pour seul horizon que le versant de la tranchée. Ouvriers, techniciens, ingénieurs, instituteurs, professeurs… Tous ont été plongés dans la même terreur et le même désespoir.
De toutes les catégories sociales, il y en a une qui a été plus représentée dans les tranchées : la paysannerie. Dans une France à majorité rurale, les paysans vont fournir les trois quarts des hommes directement engagés dans les combats… et bien sûr subir les plus lourdes pertes.
L’exceptionnelle résistance, tant physique que psychologique des poilus, a-t-elle écrit notre histoire ? A la lecture de Maurice Genevoix, romancier français mobilisé dès août 1914, la réponse ne fait plus de doute : c’est d’abord à leur sacrifice que la France doit d’avoir tenu.
La ville de Louvres, ancrée dans son histoire rurale et agricole, se doit de rendre un hommage appuyé à ce monde combattant héroïque et lui témoigner la reconnaissance qu’il mérite tellement.
Des héros, cette guerre en a connu beaucoup. Je l’ai dit, aujourd’hui, nous ne voulons oublier personne. Et certainement pas les héroïnes.

Mobilisées à l’arrière pour suppléer leur mari parti au combat, elles ont vivement répondu présente suite au célèbre appel aux femmes de René Viviani, Président du Conseil dont je vous livre un extrait :
« Debout, femmes françaises, jeunes enfants, filles et fils de la patrie. Remplacez sur le champ de travail ceux qui sont sur le champ de bataille. Il n'y a pas, dans ces heures graves, de labeur infime. Tout est grand qui sert le pays. Debout ! A l'action ! A l'œuvre ! »
Dès les premières heures du conflit, partout elles labourent, sèment et fauchent. Elles tirent les herses et déplacent les charrues avec courage.

La guerre s’éternisant, le monde agricole ne sera plus leur seule tâche. Elles porteront assistance aux blessés et investiront les hôpitaux, gagnant leur surnom d’ « anges blanc ».
Dans les champs, les hôpitaux, les écoles, les postes, les tramways et même dans les mines et les usines, les femmes sont à pied d’œuvre. Elles portent le pantalon, coupent leur cheveux et assurent leur tâche tout en vivant des moments d’angoisse que l’on peut imaginer.
L’hebdomadaire « la Vie féminine » écrivit, en janvier 1919, qu’ « il a fallu la Grande Guerre pour que l’humanité prît conscience de sa moitié ». Oui, et quelle moitié !
Mesdames et Messieurs, 100 ans après, ce peuple de France ou d’ailleurs fait encore notre fierté et suscite notre admiration. Ils font entièrement partie de notre histoire comme le font également nos chefs de guerre.
Parfois controversés ou suscitant moins d’empathie que les anonymes des tranchées, nos chefs militaires n’en sont pas moins les artisans de la victoire finale. Les batailles de la Marne, de Lorraine ou de Verdun sont autant de victoires devenues historiques, menées par des militaires chevronnés.
Quel que soit leur grade, les officiers, animés par un patriotisme simple, humain et viscéral, ont su créer une fraternité sans commune mesure parmi les troupes.

C’est aussi ça la mémoire de la Grande Guerre : une solidarité sociale hors du commun, avec les combattants comme socle, les intellectuels comme soutien et les officiers comme cadre.
Messieurs les Anciens Combattants, je souhaitais également m’adresser directement à vous. Vous qui êtes toujours à nos côtés dans ces moments d’émotion. Vous qui avez tout notre respect et notre admiration pour ce que vous avez fait mais aussi pour ce que vous continuez à faire, chaque jour.

A titre d’exemple, je tiens à signaler que depuis peu, un nouveau nom apparaît sur notre monument aux morts : celui de Victor Tillay. Cette découverte, qui revient entièrement à la persévérance de nos Anciens Combattants, est le parfait symbole de votre noble action.
Aujourd’hui, à l’heure de conclure cette allocution, nous pourrions réfléchir sur le sens de l’histoire, sur les leçons du passé et sur le monde actuel.
Mais non. Aujourd’hui, 100 ans après le début de cette guerre, nous voulions simplement rendre hommage.
Rendre un hommage humble, sincère et empreint d’émotion.

Et faire comprendre que cette cérémonie ne sera jamais ordinaire.

En hommage à nos glorieux aînés !

Vive la République !

Vive la France !

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