Le patrimoine : un objet pour l’histoire culturelle du contemporain ?





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Source : Philippe Poirrier, Le patrimoine : un objet pour l’histoire culturelle du contemporain ? Jalons pour une perspective historiographique dans Soraya BOUDIA, Anne RASMUSSEN et Sébastien SOUBIRAN (dir.), Patrimoine et communautés savantes, Rennes, Pur, 2009, p. 47-59.
Le patrimoine : un objet pour l’histoire culturelle du contemporain ?
Jalons pour une perspective historiographique


Depuis quelques décennies, l’histoire culturelle s’affiche en tant que telle au sein du paysage historiographique français1. Chapitre spécialisé au sein des bilans de la discipline historienne, publication d’ouvrages manifestes, de numéros thématiques de revues, de synthèses également, créations de postes spécialisés au sein des universités témoignent à la fois d’une réelle institutionnalisation et d’une meilleure visibilité2. Cette incontestable montée en puissance s’accompagne de réticences certaines, plus ou moins explicitement formulées. L’histoire culturelle souffrirait d’un manque de cohérence ; d’une pluralité de pratiques qui rendraient caduc son projet intellectuel. Proposée par des historiens modernistes, bientôt relayés par des contemporanéistes, la dénomination d’histoire culturelle se banalise, non sans rencontrer un certain scepticisme notamment de la part de certains médiévistes. Fille de l’histoire des mentalités, elle bénéficie de ses acquis tout en souhaitant dépasser ses limites et ses ambiguïtés.

L’affirmation de l’histoire culturelle a été pour certains historiens une stratégie visant à sortir des paradigmes d’une histoire économique et sociale fortement colorée par des approches sérielles. Le déclin du marxisme et des pensées du déterminisme socio-économique en général a accéléré ce processus. L’histoire culturelle s’affiche comme une histoire renouvelée des institutions, des cadres et des objets de la culture. Elle peut se définir comme une « histoire sociale des représentations » (Pascal Ory). La méthode d’investigation privilégie les phénomènes de médiation, de circulation et de réception des biens et objets culturels. Aussi est-elle autant un domaine de recherche qui témoigne de l’élargissement du territoire de l’historien qu’un regard susceptible de féconder d’autres approches. L’histoire culturelle participe des grandes inflexions qui ont marqué la discipline depuis 1945. Le glissement opéré par l’historiographie française, de l’économique au social, puis du social vers le culturel, de la « cave au grenier » (Michel Vovelle), s’est réalisé dans le même temps où le volontarisme économique n’avait plus valeur de credo et où une plus large place était faite, au sein de la société française, aux interrogations sur les usages politiques et culturels du passé.

Le « patrimoine » ne pouvait rester à l’écart des objets de recherche travaillés par cette jeune histoire culturelle. Mais là encore, la façon d’aborder cet objet de recherche témoigne d’une grande diversité des approches convoquées et des ambitions affichées. Cette contribution vise, à partir de quelques exemples, à montrer comment l’histoire culturelle s’est appropriée l’histoire du « patrimoine ». La perspective que nous souhaitons suivre n’est pas normative, mais relève essentiellement du questionnaire historiographique. L’ambition n’est pas non plus exhaustive : nous avons privilégié quelques exemples de pratiques jugées significatives3.
Patrimoine, Lieux de mémoire et régimes d’historicité

Les Lieux de mémoire peuvent être considérés comme un moment clé pour l’histoire culturelle en France4. Sept tomes, rangés sous trois rubriques, La République (1984), La Nation (3 volumes, 1986) et Les France (3 volumes, 1992), mobilisent plus d’une centaine d’auteurs qui traduisent la diversité de l’École historique française, même si l’École des hautes études en sciences sociales est fortement représentée. Cette somme érudite de plus de 4.700 pages constitue l’une des entreprises éditoriales historiques parmi les plus conséquentes élaborées en France. Les textes, présentations et conclusions, de Pierre Nora orientent le lecteur et donnent son sens et sa cohérence à un projet élaboré de longue date, mais qui évolue au fur et à mesure de la publication des volumes. L’ambition initiale qui consistait à étudier des lieux porteurs d’une mémoire particulièrement significative s’est élargie à la proposition d’une histoire de France par la mémoire. Approché au début des années 1970 pour rédiger un volume consacré à la période contemporaine pour la collection « Les Grandes civilisations » (Arthaud), Pierre Nora décline la proposition, mais engage une réflexion sur la possibilité d’écrire une histoire contemporaine. L’éditeur de la « Bibliothèque des histoires » développe une réflexion, à partir de recherches sur Lavisse, sur les relations entre l’historiographie, la conjoncture intellectuelle, le rôle social de l’historien et les modalités de l’écriture de l’histoire. En 1978, Pierre Nora propose aux historiens du contemporain de construire une histoire à partir de la « mémoire collective ». Les vertus heuristiques de la notion sont présentées comme aussi opératoires que la notion de « mentalités » alors essentiellement mobilisée par les médiévistes et les modernistes. Un territoire est esquissé :

« Il s’agirait de partir des lieux, au sens précis du terme, où une société quelle qu’elle soit, nation, famille, ethnie, parti, consigne volontairement ses souvenirs ou les retrouve comme une partie nécessaire de sa personnalité : lieux topographiques, comme les archives, les bibliothèques et les musées ; lieux monumentaux, comme les cimetières ou les architectures ; lieux symboliques, comme les commémorations, les pèlerinages, les anniversaires ou les emblèmes ; lieux fonctionnels, comme les manuels, les autobiographies ou les associations : ces mémoriaux ont leur histoire »5.

À l’arrivée de l’entreprise, le lieu de mémoire se présente « comme toute unité significative, d’ordre matériel ou idéel, dont la volonté des hommes ou le travail du temps a fait un élément symbolique du patrimoine mémoriel d’une quelconque communauté ». Mais par-delà cette réflexion sur les relations entre histoire et mémoire, l’écriture d’une nouvelle forme d’histoire de la France devient l’enjeu principal :

« Mais de la minute où l’on se refuse à cantonner le symbolique a un domaine particulier pour définir la France comme une réalité elle-même symbolique — c’est-à-dire, en fait, à lui refuser toute définition possible qui la réduirait à des réalités assignables —, la voie est ouverte à une tout autre histoire : non plus des déterminants, mais leurs effets ; non plus les actions mémorisées ni même commémorées, mais la trame de ces actions et le jeu de ces commémorations ; pas les événements pour eux-mêmes, mais leur construction dans le temps, l’effacement et la résurgence de leurs significations ; non le passé tel qu’il s’est passé, mais ses réemplois permanents, ses usages et ses mésusages, sa prégnance sur les présents successifs ; pas la tradition, mais la manière dont elle s’est constituée et transmise. Bref, ni résurrection, ni même représentation ; une remémoration. Mémoire : pas le souvenir, mais l’économie générale et l’administration du passé dans le présent. Une histoire de France, donc, mais au second degré »6.

Bien plus, Pierre Nora propose, d’un volume à l’autre, et dans un texte de conclusion, l’histoire même de son aventure éditoriale, qui devient un élément de cette « ère de la commémoration » que l’auteur diagnostique, et qui offre à l’historien un nouveau rôle social7.

La question du patrimoine traverse l’entreprise des Lieux. Dès le texte qui définit la problématique du projet en 1984, Pierre Nora signale l’importance de « l’Année du patrimoine » (1980) comme indicateur, parmi d’autres, d’une mémoire « dilatée, démultipliée, décentralisée, démocratisée ». L’approche érudite est plus circonscrite, et convoque explicitement le patrimoine dans les volumes consacrés à la Nation (1986). Sept contributions soulignent la place du patrimoine dans la construction d’une mémoire nationale. Les études sont centrées sur la Restauration et la Monarchie de Juillet. En revanche, la mise en perspective de l’histoire du patrimoine est convoquée dans le texte final, « l’ère de la commémoration » (1992), et permet à Pierre Nora, en véritable historien du temps présent, de dresser une évolution qui mène du « national au patrimonial », ce glissement majeur d’une France « passée en moins de vingt ans d’une conscience unitaire à une conscience de soi de type patrimonial ». Le patrimoine, comme l’identité et la mémoire, sort profondément bouleversé : « le patrimoine n’est plus représentatif d’une identité collective d’ensemble, du corps social dans son entier, mais qu’il est désormais constitutif d’une identité sectorielle, d’une catégorie sociale perçue sous la seule dimension culturelle ». En 1994, Pierre Nora, à l’invitation de Maryvonne de Saint-Pulgent, directrice du Patrimoine au sein du ministère de la Culture, préside la nouvelle formule des Entretiens du patrimoine — moins centrée sur les aspects techniques et tournée vers une réflexion qui associe intellectuels et praticiens. Il s’appuie sur les principales conclusions des Lieux de mémoire pour orchestrer une rencontre dans un climat morose : « l’heure n’est plus à l’euphorie. Le patrimoine se trouve devant plus de questions que de réponses, plus d’inquiétudes que de certitudes, devant des choix stratégiques et politiques difficiles, des redéfinitions indispensables », avance d’emblée Pierre Nora8.

François Hartog, lecteur attentif des Lieux de mémoire, investit, dans une perspective assez proche, le patrimoine dans sa réflexion sur les « régimes d’historicité ». La vive patrimonialisation des années 1990 est analysée, grâce à une lecture comparative et des va-et-vient entre le présent et le passé, comme une marque du « présentisme »9. Henry Rousso, alors directeur de l’Institut d’histoire du temps présent du CNRS et président des Entretiens du patrimoine en 2001, mobilise également cet outil heuristique afin de mieux insérer la question patrimoniale dans le cadre d’une réflexion plus large sur la manière dont la société française se positionne par rapport à l’héritage culturel et, plus largement, au passé. « L’ambition, souligne Henry Rousso, est d’envisager le patrimoine comme regard particulier sur l’histoire, et de replacer cette notion dans une interrogation plus générale sur les usages du passé, les modalités par lesquelles une société donnée (La France), à un moment donné (la seconde moitié du XXe siècle) se situe dans un temps et un devenir collectifs »10.

Cette manière de considérer le patrimoine avec une certaine distance au service d’un questionnement plus large n’est pas la seule qui se distingue au sein de l’histoire culturelle française. D’autres chercheurs font du patrimoine un objet à part entière.
Une histoire de la raison patrimoniale

Dominique Poulot est l’un des premiers historiens à arpenter, dès le début des années 1980, cette histoire du patrimoine. Ses premiers travaux se sont inscrits, chronologiquement et intellectuellement, entre les analyses de Maurice Agulhon consacrées à l’iconographie politique et à la culture républicaine11 et l’entreprise de Pierre Nora de réécrire l’histoire nationale « au second degré » – entreprise à laquelle il participe12. L’objet de recherches, entre histoire et histoire de l’art, participe de la problématique générale des lieux de mémoire, par l’accent mis sur les créations de musées, et d’une histoire de la réception du passé par l’intérêt porté au « vandalisme ». Dominique Poulot entend éviter la démarche internaliste de l’histoire de l’histoire, ou de l’histoire de l’histoire de l’art, tout en participant à une histoire intellectuelle (ou conceptuelle à la manière où l’entendait François Furet dans Penser la Révolution, 1978) et culturelle très diversifiée dans ses objets comme dans ses approches. Au sein des recherches spécialement dédiées à la Révolution française, ce travail entend considérer ensemble, dans ses matériaux et dans ses représentations, l’appropriation d’une culture historique et son refus, voire son abolition. La thèse de Dominique Poulot, soutenue en Sorbonne en 1989, Le passé en révolution. Essai sur les origines intellectuelles du patrimoine et la formation des musées 1774-1830, mobilise des travaux issus de nombreuses disciplines et d’historiographies étrangères. Le traitement chronologique confirme le désenclavement de la décennie révolutionnaire, réinsérée dans une moyenne durée. La problématique récuse à la fois l’histoire commémorative et les stigmatisations contre-révolutionnaires. Cet examen critique du patrimoine permet de mener à bien une véritable histoire des représentations du temps pendant la décennie révolutionnaire. L’auteur opère plusieurs déplacements par rapport à l’historiographie traditionnelle du patrimoine : des seuls discours aux pratiques culturelles et sociales, du fait patrimonial perçu comme une évidence à la mise en perspective de sa construction, d’une lecture philosophique à la caractérisation des logiques savantes et des conventions sociales qui règlent sa définition13. Ces travaux débouchent, la décennie suivante, sur une histoire du patrimoine dans les savoirs et les pratiques historiques et archéologique, au miroir des représentations de la citoyenneté et de la nation, menée de l’âge classique au XXe siècle. L’ambition est de construire une anthropologie historique de la patrimonialisation14. Dominique Poulot plaide aujourd’hui pour une « histoire de la raison patrimoniale » en Europe du XVIIIe siècle à nos jours : « Plutôt que d’embrasser ou de condamner le mouvement de patrimonialisation des cultures à l’œuvre aujourd’hui, on voudrait reconstituer son histoire, saisir ses logiques internes – bref en faire un véritable objet d’étude. En s’intéressant aux diverses configurations peu à peu produites par ce dispositif d’encadrement de lieux, de pratiques et d’artefacts, on entend refuser les approches rigides et ahistoriques en termes de canon pour envisager au contraire, des anciens objets de famille récemment mis au musée aux ‘‘biens culturels’’ traditionnellement célébrés, les modalités de leurs appartenances ‘‘publiques’’ et de leurs appropriations, individuelles ou communautaires. L’institutionnalisation de pareils objets se déploie à travers les sociabilités qui les cultivent, les attachements spécifiques qui s’en nourrissent, les savoirs qui s’y éprouvent. Une telle explicitation historienne du régime patrimonial paraît de nature à éclairer ses enjeux civiques, autant qu’à alimenter l’enquête des sciences sociales sur la genèse de nos images communes » 15.
L’histoire des politiques publiques du patrimoine

L’histoire du patrimoine croise aussi l’histoire des politiques culturelles16. Quelques exemples suffiront à montrer la diversité des approches. Une première perspective s’inscrit dans la tradition ancienne de l’histoire administrative. Cette pratique demeure défendue notamment au sein de grands établissements scientifiques comme l’École nationale des chartes ou l’École pratique des hautes études. Cette manière de faire est proche de l’histoire des services du patrimoine pratiquée en interne au sein des institutions culturelles tout en enregistrant de réels infléchissements par une ouverture croissante aux autres sciences sociales17. Xavier Laurent témoigne de ce renouvellement des problématiques. L’auteur propose une étude de la politique publique du patrimoine mise en œuvre par l’État lors des premières années de la Ve République, depuis la création du ministère des Affaires culturelles par André Malraux au départ de Jacques Duhamel. Cette recherche vient compléter l’ouvrage consacré par Éric Lengereau aux politiques de l’architecture18. En effet, alors même que les travaux sur l’histoire des premières années du ministère se sont multipliés depuis une quinzaine d’années, les secteurs patrimoniaux n’avaient suscité que peu de recherches approfondies. Dès lors, c’est essentiellement à l’aune du spectacle vivant, le théâtre en premier lieu, que s’est construit le modèle de compréhension de la politique culturelle française. Xavier Laurent mène des analyses qui relèvent à la fois de l’histoire institutionnelle, de l’histoire culturelle et des sciences politiques. La première partie dessine le cadre institutionnel : renouvellement des cadres d’une direction de l’architecture transférée de l’Éducation nationale au ministère des Affaires culturelles, rôle des ministres, des responsables du cabinet et des directeurs successifs de l’administration centrale, poids des instances consultatives, choix et évolutions des philosophies d’action. La deuxième partie examine le lien qui s’établit entre l’architecture contemporaine et l’architecture du passé. Ce débat entre modernité et patrimoine, essentiel en ces temps de forte croissance urbaine, est appréhendé par une étude des politiques des secteurs sauvegardés, des sites et des abords. Les exemples précis, mobilisés par Xavier Laurent, offrent la possibilité de comprendre les choix opérés sur le terrain par les architectes et les spécialistes des monuments historiques. La dernière partie montre comment la question de l’élargissement de la notion de patrimoine est déjà d’actualité, et remet en cause, non sans de fortes résistances, la tradition portée par le service des monuments historiques. De même, l’animation du patrimoine est déjà l’objet de vifs débats. Xavier Laurent évoque le rôle de sensibilisation joué par les associations et les médias (Les Chefs-d’œuvre en péril de Pierre de Lagarde)19.

Loïc Vadelorge propose une autre façon d’aborder les politiques publiques du patrimoine. Le cadre monographique, construit à l’échelle d’une agglomération urbaine, sur une moyenne durée, permet d’échapper aux logiques des histoires spécialisées. L’analyse fine de la société culturelle locale, de ses acteurs (élus, associations, professionnels de la culture) et l’étude des relations entre les services de l’État et les acteurs locaux offrent l’opportunité de construire une histoire culturelle, qui articule politiques et pratiques culturelles, et qui ne soit pas seulement perçue par le prisme de la réalité parisienne. La mise en évidence du jeu politique permet de dépasser la seule histoire administrative. L’étude de l’implication des structures associatives (sociétés de protection, syndicat d’initiative) révèle que le fait patrimonial est une pratique sociale à part entière, dont l’émergence est plus précoce qu’on ne le croit. Cette manière de faire participe de l’histoire urbaine, de l’histoire des pouvoirs publics (État et collectivités) et d’une histoire des mondes de l’art et de la culture20. D’autres recherches individuelles et collectives inscrivent l’histoire des politiques du patrimoine au sein du cadre plus large des politiques publiques de la culture21. Elles permettent un désenclavement du questionnaire. Une partie des recherches qui visent à construire une histoire des institutions culturelles – et notamment les institutions patrimoniales – participent de cette ambition22. Les méthodes mobilisées sont souvent issues de la « nouvelle histoire politique » (René Rémond) et de l’histoire du temps présent – la période de prédilection étant le XXe siècle, période où se concrétisent véritablement des politiques publiques de la culture. L’articulation avec le social reste un impératif, et ceux qui pratiquent cette histoire ne se reconnaissent pas dans certains courants de l’histoire intellectuelle.

D’autres approches articulent plus étroitement l’analyse des politiques culturelles, les modalités de la préservation et de la restauration des biens culturels, et le rôle des scientifiques comme agent de la patrimonialisation23. Dans ce cadre, Nabila Oulebsir, entre histoire coloniale, histoire nationale et histoire culturelle revendiquées, étudie la naissance d’une conscience patrimoniale française, le processus d’interprétation et d’appropriation de l’héritage culturel de l’Algérie, et les actions de conservation menées sur les monuments et objets d’art. L’auteur montre le rôle essentiel des institutions scientifiques et artistiques de la métropole qui accompagnent la conquête militaire24. Ces approches contribuent à rapprocher l’historien des politiques culturelles de l’historien de l’architecture, même si, dans le système académique français, ces derniers relèvent le plus souvent de l’histoire de l’art. Plusieurs historiens de l’architecture – Gérard Monnier, François Loyer ou Jean-Yves Andrieux – plaident d’ailleurs pour une meilleure prise en compte des propositions de l’histoire culturelle. Celle-ci participe à la remise en cause des barrières disciplinaires, souvent anciennes et construites à une époque où l’histoire se penchait peu sur les phénomènes culturels, même si les identités disciplinaires, maintenues par les processus de formation et les structures d’évaluation académiques, demeurent vivaces.

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