Question de corpus n°1 : 1





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Question de corpus n°1 : 1ère ES2 Cours du 7 septembre 2015

L’incipit : comment commencer ?
L’écrivain à sa table de travail se pose la question suivante : comment commencer un roman ? L’incipit en effet permet au lecteur d’entrer dans la narration et d’être installé dans un univers. Notre corpus propose ainsi quatre débuts de roman, de siècles et de mouvements différents (à présenter). Nous nous demanderons donc comment définir un début de roman en étudiant ces quatre textes.

Tout d’abord, l’incipit propose un ou plusieurs points de vue grâce auxquels le lecteur entrera dans le récit proposé : le texte 1 de Lesage avec son point de vue interne avec «  Je » permet d’adhérer à l’histoire racontée, le narrateur va raconter sa vie «  je vins au monde après dix mois de mariage », en revanche le texte 4 de Camus écrit lui aussi au point de vue interne est moins net : qui est ce » Je » ? Il est difficile de le déterminer, il vit à Alger, il vient de perdre sa mère «  maman est morte » mais le début sous forme de journal intime «  Aujourd’hui »associé aux temps de l’énonciation et la distance du narrateur face aux événements racontés froidement ne permet pas d’adhésion. Les deux textes du XIXème siècle proposent une alternance de points de vue : le narrateur de Germinal procède d’abord avec le point de vue externe «  un homme » de façon à conduire le lecteur vers un portrait qui se découvre au fur et à mesure : nous sommes face à un homme qui cherche du travail et un logis «  sans travail et sans gîte ». Dans l’incipit in medias res* de Maupassant, nous sommes avec le point de vue omniscient plongé dans l’histoire racontée : une famille à la pêche.

Ensuite, l’incipit nous donne des informations : sur un cadre spatio-temporel, l’Espagne au XVIIème siècle pour le texte de Lesage «  Oviédo », le nord de la France et ses mines avec l’incipit de Zola «  de Marchiennes à Montsou » ou les « champs de betteraves », la Normandie pour le texte de Maupassant avec le mot «  falaises » et l’Algérie avec le texte de Camus «  Alger », nous sommes en 1942 et nous pouvons supposer qu’il s’agit de l’époque coloniale. Des informations sur les personnages nous sont données telles que ses origines modestes pour le texte 1 de Lesage où le narrateur évoque sa généalogie et son oncle qui l’a éduqué, ce qu’il compte faire comme l’homme de Zola qui va chercher du travail et qui semble lui aussi modeste «  le coton aminci de sa veste et son pantalon de velours », le texte de Maupassant ne nous donne aucune indication mais la famille est nommée, elle possède une petite barque et va pêcher en mer. Enfin, le texte 4 de Camus nous met face à un personnage d’origine modeste puisqu’il a placé sa mère en maison de retraite, il est employé puisqu’il a un « patron ».

De plus, le type d’incipit est aussi une indication sur l’univers qui va nous être présenté : un incipit classique pour le texte 1 avec une entrée en matière sous forme de généalogie et le sujet de l’éducation : on se doute que cela va être un roman d’apprentissage, un incipit plus surprenant chez Zola vu le point de vue adopté et le portrait qui se construit au fil des premières lignes, un incipit in medias res dans Pierre et Jean avec un « Zut ! » tonitruant et donc attirant, un incipit original pour le moins voire choquant chez Camus avec une écriture blanche et un personnage peu attachant.

Enfin, l’incipit place en effet des personnages : le lecteur peut s’y attacher ou non, grâce au registre comique «  une petite bourgeoise qui n’était plus dans sa première jeunesse », le lecteur va s’attacher à ce «  Je » sympathique et vivant, dans le texte 2, le personnage est certes mystérieux mais le lecteur peut s’intéresser à lui grâce au registre réaliste : il a froid «  des mains gourdes que les lanières du vent d’est faisaient saigner » et il est pauvre, peut-être aussi frustre «  sa tête vide ». Les personnages de Maupassant sont une famille : deux frères qui semblent identiques dans leur comportement et leur connivence, le lecteur est amusé par «  le père Roland » qui se distingue par sa maladresse avec les femmes et il peut élaborer des hypothèses de lecture : qui est cette femme seule sur le bateau avec eux ? Mme Rosémilly va-t-elle faire naître une rivalité entre les deux frères ? Le début amusant du roman amène le lecteur à poursuivre sa lecture. En revanche le texte de Camus pose problème : certes il possède un personnage narrateur mais il n’est pas du tout attachant, il évoque le décès de sa mère de façon inique «  affaire classée » «  excuse pareille », ce sont les autres qui sont éplorés et non lui « ils avaient tous beaucoup de peine pour moi » et son léger malaise ne vient que de la montée d’un escalier «  il a fallu que je monte chez Emmanuel » et non de sa peine, son absence de communication avec le militaire et l’endormissement qu’il narre durant son trajet vers la dépouille de sa mère écarte le lecteur définitivement de toute adhésion.

Nous avons donc vu que l’incipit place d’emblée le lecteur vers un type de narration original : s’il donne des informations sur l’histoire qui va être racontée, parfois ces repères peuvent être brouillés et conduire le lecteur à un questionnement sur l’œuvre qu’il va lire.

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