Scénario français versus scénario u s





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typeScénario
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reportage sur le scénario

scénario français versus scénario u.s

par Nathalie Lenoir

Présentation
A la base, un scénario est un scénario.

Les règles de son écriture sont identiques quelque soit l'origine de l'auteur et du projet filmique.
Ecrire un scénario consiste à créer des images, à construire un récit qui sera filmé.

Ce n'est en aucun cas un texte littéraire, poétique, mais un exposé précis, concret et bref de ce que le spectateur verra à l'écran.

Un scénario n'est pas destiné à être lu mais à être vu.

C'est un outil de travail que vont utiliser tous les intervenants du futur film.

Les producteurs s'en servent pour réaliser un devis et chercher des investissements.

Le réalisateur et ses assistants le dissèquent pour préparer le tournage, évaluer tous leurs besoins. Tous les techniciens s'en servent pour mettre en place, décors, lumière, costumes…

Le chef opérateur, l'équipe chargée des effets spéciaux, le compositeur, le monteur, et les acteurs, toutes les personnes qui vont participer à l'aventure du film auront un exemplaire du scénario en main, et ils ont tous besoins d'y trouver des informations claires.

Cet outil est susceptible d'être remanié tout au cours du tournage.

Qu'est-ce qu'un scénario ?

Un scénario, quelle que soit l'histoire qu'il narre, met toujours en scène un protagoniste (occasionnellement plusieurs) qui met tout en œuvre pour atteindre un objectif, un but, en dépit des nombreux obstacles qui se présentent sur son chemin.

Le scénario se compose se compose de plusieurs éléments.

Tout d'abord, des intitulés de scènes qui indiquent si la scène se déroule de jour ou de nuit (effet) et l'endroit précis où l'action va avoir lieu.

Ensuite, on y trouve les didascalies qui décomposent de façon succincte les actions des personnages, leurs mouvements et déplacements et qui suggèrent les plans que l'on verra à l'écran, mais en évitant à tout prix d'indiquer les mouvements de caméra (cet aspect ne concerne que le tournage).

Et enfin, il y a les dialogues des personnages.


La narration dans un scénario, sa structure, se décompose en trois parties ou actes

L'EXPOSITION ou 1er ACTE permet de présenter rapidement le protagoniste, l'univers dans lequel il vit, la situation dans laquelle il se trouve au moment où débute le film. Soudain survient un événement, L'INCIDENT DECLENCHEUR, qui va bouleverser l'équilibre de ce personnage, le pousser à faire un choix difficile, ou alors lui faire désirer quelque chose de nouveau. Dès lors, le héros de l'histoire a un OBJECTIF qu'il va tout faire pour atteindre. L'histoire à proprement parler peut alors débuter.
LE DEVELOPPEMENT ou 2ème ACTE représente la majeure partie du scénario. Le protagoniste met tout en œuvre pour atteindre son objectif mais de nombreux OBSTACLES se mettent en travers de sa route, parfois incarnés par un personnage, un antagoniste. Les obstacles s'enchaînent et gagnent sans cesse en intensité jusqu'à un point de non retour, LE CLIMAX, au cours duquel le protagoniste va devoir mener l'ultime combat (que ce soit un personnage ou un événement). A ce stade, le héros a atteint son objectif ou il a échoué. C'est ce qu'on appelle LA REPONSE DRAMATIQUE.
LE DENOUEMENT ou 3ème ACTE montre les résultats, les conséquences de l'histoire. C'est la partie la plus brève du scénario.
Chaque acte se décompose lui-même en séquences, qui se décomposent à leur tour en scènes. Bien sûr, il existe des variantes, ce schéma n'est qu'une base.

Le second acte peut être scindé en deux par un climax médian, qui relance l'histoire (et l'intérêt du spectateur). Un récit peut avoir plusieurs protagonistes, à condition qu'ils poursuivent le même objectif.

Prenons un exemple simple que tout le monde (ou presque) connaît

"Les dents de la mer" de Steven Spielberg (1975).

Protagoniste : Martin Brody, fraîchement nommé chef de la police d'Amity, une petite station balnéaire.
Exposition : Martin et sa famille prennent tout juste leurs marques dans leur nouvelle existence. A la veille de l'ouverture de la saison d'été, le cadavre d'une baigneuse est retrouvé déchiqueté sur la plage. Martin se charge de l'enquête. Ses doutes sont bientôt confirmés par le médecin légiste : la jeune fille a été dévorée par un requin.
Incident déclencheur : L'attaque du requin.
Premier moyen mis en œuvre : Demander la fermeture de la plage
Objectif de Martin : Se débarrasser du requin pour protéger la population.
Premier obstacle : Le maire et ses conseillers refusent de fermer la plage et d'ébruiter l'affaire, car l'économie de la ville repose sur le tourisme estival.
Développement : Après plusieurs attaques du requin, et plusieurs victimes, Martin, secondé par Quint, un pêcheur de requins et Hooper, un spécialiste des squales, partent à la recherche de l'animal pour le tuer.
Principaux obstacles :

·Le conseil municipal qui reste campé sur ses positions

·La capture d'un petit requin que de nombreuses personnes prennent pour le tueur

·La phobie de l'eau de Martin

·Les attaques, la puissance et la malice du requin

·La peur et la nervosité qui s'emparent des trois hommes

·Le bateau est endommagé, la radio ne fonctionne plus

·La mort de Quint

·La disparition de Hooper

·Le naufrage du bateau
Climax médian : Le fils de Martin manque de se faire dévorer.

On voit le requin pour la première fois.
Climax : La bateau va couler. Martin est seul. Le requin l'attaque.
Réponse dramatique : Positive, Martin a atteint son objectif.
Dénouement : Martin a réussi à tuer le requin.

Hooper remonte à la surface. Les deux hommes n'ont plus qu'à regagner Amity à la nage.
Chaque genre filmique apporte son propre lot de contraintes et de conventions.

En ce qui concerne les séries télévisées, les contraintes sont spécifiques au format (épisodes de 26, 52 ou 90 minutes) et au style ( sitcom, soap opéra, mini série, série à héros récurrents, feuilleton).
Un téléfilm (unitaire) s'écrit selon les mêmes règles qu'un long métrage pour le cinéma, la différence se fait surtout au niveau du contenu, des thèmes abordés, du public visé.
Mais il y a deux règles immuables et universelles.
Tout d'abord, le protagoniste doit être solidement caractérisé, ses actions, ses réactions, sa manière de parler, de se mouvoir, ses tics, ses manies, son allure générale doivent permettre au spectateur de le comprendre, de le connaître, pour pouvoir s'identifier à lui, ou, tout du moins, pour adhérer à sa quête.

Ensuite, l'objectif de ce personnage doit être assez puissant pour le motiver tout au long de l'histoire, il doit vraiment tout mettre en œuvre pour l'atteindre. Sinon, le spectateur ne pourra pas s'impliquer profondément dans l'histoire.
Deux manières d'appliquer ces règles
Si la dramaturgie ne connaît pas de frontières, les professionnels du cinéma et de l'audiovisuel n'appliquent pas ses règles de la même manière des deux côtés de l'Atlantique. Et chacune de ces " politiques " a ses avantages et ses dérives.
En France, l'histoire, le fond, passe avant la forme.

Les films illustrent avant tout la vision d'un auteur, d'un réalisateur.

Les scénaristes ont dans notre pays une grande liberté, une marge d'épanouissement considérable au-delà des contraintes formelles.

Le métier de scénariste a tendance à se professionnaliser ces dernières années, les écoles et les formations se multiplient mais l'apprentissage de la dramaturgie reste une base, un " terreau " dans lequel la créativité des auteurs peut à la fois se développer et se ressourcer.
Hélas, trop de gens pensent encore qu'écrire un scénario, " ça ne s'apprend pas ", qu'il suffit d'avoir " des choses à dire, à raconter ".

On lit souvent des scénarios mal structurés qui donneront naissance à des films qui s'essoufflent en cours de route et qui ennuient le public. Certains auteurs français confondent encore cinéma et littérature et leurs films sont qualifiés " d'intellectuels ".
Aux Etats-Unis, les scénaristes sont soumis à une réelle dictature. C'est bien simple : tout est formaté, normalisé, de la taille et la police du texte, au nombre de pages, acte par acte.

On pourrait donc résumer un script US de cette manière :
- C'est un texte de 120 pages

- Le premier acte couvre entre 25 et 35 pages

- L'incident déclencheur se situe donc entre les pages 25 et 35

- Le deuxième acte s'étend jusqu' à la page 110 à 115

- Le climax médian se situe entre les pages 75 et 90

- Le climax se situe à la page 115

- Le troisième acte couvre les pages 115 à 120

- L'intégralité du document est écrit en caractères courrier, que ce soient les corps de description, les dialogues, les intitulés de scènes.

- La largeur des pages, des colonnes sont normalisées
Si ce bref énoncé peut prêter à rire, il faut bien reconnaître que les scénaristes américains ont une réelle maîtrise dans l'art d'écrire des films. C'est pourquoi les films US sont souvent agréables à regarder, divertissants, même quand leur contenu est insipide.

C'est pourquoi il est très intéressant pour un jeune auteur français de lire et d'étudier quelques uns des innombrables manuels américains sur le scénario, beaucoup d'entre eux ont été traduits (voir bibliographie).

Une fois que l'on maîtrise les règles, les bases de la dramaturgie, l'imagination et la créativité n'en sont que plus libres et efficaces. Il faut bien reconnaître que le cinéma américain à donné naissance à bien des chef d'œuvres…

Deux cultures différentes

C'est là que se situe la différence majeure entre nos deux manières d'écrire une fiction.

Les films US font la part belle à l'action, au spectaculaire, à un patriotisme parfois excessif et caricatural, et c'est souvent aux dépends de la caractérisation des personnages et de la profondeur des thèmes abordés.

Beaucoup de films de studio, se contentent de décliner inlassablement la même histoire bien rôdée et ils n'ont pour seul but que d'être rentables. Le volume de production outre-Atlantique est tellement énorme que pour un grand film, une œuvre majeure, il y aura cinquante films de pur divertissement, dont certain sortent d'ailleurs directement en vidéo.

Cependant, les américains ont sans conteste un savoir faire et un professionnalisme qui forcent le respect. Entre les grands studio, les compagnies indépendantes et la multitude de chaînes de télévision, le public n'a que l'embarras du choix. Il y a " de la place " pour tous les genres de films.
En France, en 2001, 204 films de cinéma ont été produits, dont 124 avec un devis entièrement français. Les projets ont beaucoup plus de mal à se monter.

Beaucoup de scénarios restent à l'état de papier.

Il ne se tourne pas beaucoup de films dans notre pays, le chiffre risque de diminuer encore. Les producteurs n'ont pas le droit à l'erreur et essaient de miser sur l'originalité et la qualité des projet. Les mentalités ne sont pas les mêmes. Les auteurs français ont souvent reçu une culture plus littéraire et tournée vers l'esthétique. C'est pourquoi ils ont un savoir faire qui leur est propre et reconnaissable.

La fiction française met en valeur ses personnages, son écriture est moins stéréotypée. Nous envions les moyens financiers dont disposent les américains. Ironie du sort, beaucoup de nations nous envient notre cinéma, en particulier les américains qui achètent avec avidité les droits de nos films pour en faire… des remakes.

Il ne s'agit pas de faire s'affronter deux méthodes mais bien de comprendre qu'elles ont chacune leurs avantages et leurs inconvénients.

Sans de bonnes bases, une structure solide, une narration cohérente, la plus belle des histoires ne pourra que donner naissance à un film moyen, voire mauvais…

eportage sur le scénario

le glossaire des termes techniques liés à l'écriture de scénario

Petit récapitulatif des termes techniques liés à l'écriture de scénario

Accroche

Nœud dramatique non résolu, placé à la fin d'un épisode et qui donne envie au spectateur de connaître la suite, donc de regarder l'épisode suivant.

Acte

Une des trois parties qui constituent le récit.

Action

Tout ce que le personnage tente pour atteindre son objectif.

Adaptation

Action de transposer une œuvre (roman, fait divers…) en récit filmique, en scénario.

Annonce

Procédé permettant de rendre une information prévisible pour le spectateur.

Antagoniste

le rival du héros de l'histoire, le personnage dont l'objectif va à l'encontre de celui du protagoniste.

Bible

document qui présente l'univers et les personnages d'une série, qui permet de créer une cohérence entre les épisodes. Voir Les différents types de fictions télévisuelles .

But

ce que le personnage désire, ce qui le pousse à agir.

Caractérisation

l'art de créer des personnages, d'illustrer leurs personnalités profondes à travers le récit filmique.

Chute

nœud dramatique situé à la fin de l'œuvre, que ce soit un climax ou une accroche.

Climax

nœud dramatique qui clôt le deuxième acte, moment du film où le conflit est à son comble.

Climax médian

nœud dramatique qui scinde le deuxième acte en relançant l'action.

Conflit

l'essence même de la dramaturgie, situation crée par la confrontation entre un objectif et un obstacle.

Continuité non dialoguée

voir traitement

Continuité dialoguée

dernière étape de l'écriture du scénario

Contraste

mise en place de deux éléments dramatiques opposés, l'un mettant en relief l'autre.

Coup de théâtre

événement qui surprend et déstabilise le spectateur.

Courbe (ou arc) dramatique du personnage

l'évolution, le chemin parcouru par le personnage au cours du film, les changements qui s'opèrent en lui et dans son existence.

Crescendo

mise en place d'une structure où les obstacles et la tension s'accroissent de scène en scène.

Crise

moment où la tension et le suspense sont à leur comble.

Cut

terme qui indique l'interruption d'une scène.

Découpage technique

découpage du scénario, plan par plan, étape nécessaire au réalisateur pour préparer le tournage.

Dénouement

dernier acte du récit, qui illustre les conséquences qu'a eu le climax sur les personnages.

Déposer un scénario

faire répertorier son œuvre par un organisme accrédité afin de pouvoir en attester la paternité en cas de conflit.

Deus ex machina

solution surgie de nulle part qui résout comme par miracle les problèmes que rencontre le personnage.

Développement

le second acte du scénario, le plus développé, celui qui va montrer tout le parcours qu'effectue le protagoniste pour atteindre son objectif.

Dialogue

tout ce que disent les personnages au cours d'une scène.

Didascalie

le texte qui accompagne le dialogue et qui décrit toutes les actions, les décors, les costumes…

Dramaturgie

représentation visuelle et auditive d'une action, l'art d'écrire un film ou une pièce de théâtre.

Effet

utilisation signifiante de l'image ou du son.

Ellipse

toute partie de l'histoire qui est omise dans le récit filmique, tout ce qui se passe entre deux scènes sans être représenté à l'écran

Enjeu

tout ce que le personnage risque de gagner ou de perdre en fonction de la réponse dramatique.

Episode

une des oeuvres qui compose une série.Voir Les différents types de fictions télévisuelles

Evolution

enchaînement logique entre les parties de l'œuvre.

Exploitation

le fait de tirer partie d'un élément (trait de caractère, situation…) pour renforcer la narration.

Exposition

première partie de l'œuvre, présentation des personnages et de leur univers.

Fausse piste

préparation destinée à égarer le spectateur pour le mieux le surprendre par la suite.

Feuilleton

série télévisée à épisodes non bouclés. Voir Les différents types de fictions télévisuelles

Fiction

histoire crée de toute pièce par son auteur.

Flash-back

retour en arrière dans l'histoire.

Flash-forward

saut dans le futur interrompant l'histoire au présent.

Genre

catégorie d'œuvre (comédie, thriller…)

Histoire

succession chronologique de faits se rapportant au même sujet.

Identification

Processus qui permet au public d'éprouver de la sympathie, de l'empathie pour le personnage.

Incident déclencheur

événement marquant, au cours du premier acte, qui pousse le protagoniste à se choisir un objectif.

Information

élément que le spectateur a besoin de connaître pour comprendre un des aspects de l'histoire.

Ironie dramatique

situation où le spectateur connaît un élément qu'au moins un personnage ignore.

Milking

procédé qui consiste à exploiter un élément au maximum.

Moyen

ce que le personnage met en œuvre pour atteindre son objectif

Mystère

situation où le spectateur est conscient qu'il ignore un élément important.

Nœud dramatique

événement important (ou information) qui a un impact sur le protagoniste et sur le déroulement de l'histoire.

Note d'intention

lettre ouverte dans laquelle l'auteur défend son projet, son histoire, et qui accompagne tout envoi à un réalisateur ou un producteur.

Objectif

but que le protagoniste cherche à atteindre de toutes ses forces et qui représente le cœur de l'histoire.

Objectif local

objectif à court terme, qui ne concerne qu'une partie du récit, une scène par exemple.

Obstacle

tout événement ou élément qui contrecarre la quête du protagoniste, qui l'empêche d'atteindre son objectif.

Obstacle externe

obstacle provoqué par le monde extérieur au personnage.

Obstacle interne

obstacle que le personnage crée lui même, consciemment ou pas, un trait de caractère ou une phobie par exemple.

Personnage

être humain fictif, ou créature non-humaine mais dotée de caractéristiques humaines.

Pitch

argument de vente d'un film, se limitant à une phrase " accrocheuse ".

Plan

passage du film tourné sans interruption.

Prémisse

point de départ d'une histoire, ce qui fait germer l'idée dans l'esprit de l'auteur.

Préparation/ Paiement

procédé qui consiste à mettre un valeur, à insister sur un élément (préparation) qui aura une importance capitale par la suite (paiement).

Présent

le temps du récit filmique.

Protagoniste

personnage principal, héros de l'histoire, celui qui vit le plus de conflit au cours du récit.

Question dramatique

question qui est provoquée par l'incident déclencheur et qui sous tend tout le film : est-ce que le protagoniste va réussir à atteindre son objectif ?

Quête

le " chemin de croix " du protagoniste, le parcours qu'il va avoir à effectuer pour atteindre son objectif.

Quiproquo

ironie dramatique double : chacun des deux personnages se trompe sur l'intention de l'autre, ou sur la situation elle-même.

Récit

la façon dont l'histoire est interprétée et mise en scène, reconstruite, dans le film, c'est à dire qu'il y a des ellipses, que la chronologie n'est pas forcément respectée.

Remake

nouvelle version d'un film existant

Réponse dramatique

la réponse à la question dramatique, l'issue du film.

Résolution

solution d'une ironie dramatique, d'un mystère.

Scénario

récit destiné à être filmé, construisant et indiquant tout ce qui sera illustré à l'écran .Voir Scénario Français versus scénario US

Scène

partie du scénario présentant une unité d'action, de lieu et de temps.

Script

synonyme de scénario.

Script doctor

spécialiste, consultant appelé par un producteur pour identifier les problèmes d'un scénario et aider à sa réécriture

Série

œuvre de fiction qui est divisée en épisodes. Voir Les différents types de fictions télévisuelles

Séquence

ensemble de scènes, qui concernent le même sous-objectif.

Sous-intrigue

trame de l'histoire secondaire, avec un protagoniste, un objectif et des obstacles qui lui sont propres. La sous intrigue croise sans cesse l'intrigue principale mais elle a son propre dénouement. Elle sert à illustrer un autre aspect de l'histoire.

Sous-objectif

objectif qui ne concerne qu'une partie du film (scène ou séquence), qui n'est qu'une étape vers l'objectif principal.

Squelette

plan d'une œuvre dramatique, étape préliminaire à l'écriture de la continuité non dialoguée.

Story-board

découpage technique illustré.

Surprise

événement ou information à laquelle le spectateur ne s'attendait pas

Suspense

anxiété qu'éprouve le spectateur quant à l'incertitude de la réponse dramatique.

Synopsis

résumé fidèle du scénario d'un film voir Comment présenter son projet

Thème

le sujet général qu'illustre le récit, le contexte, le message que délivre le film.
Traitement

texte qui résume chaque scène, une par une et dans l'ordre, qui décrit toutes les actions, qui suit le récit pas à pas. C'est une sorte de scénario sans dialogue. C'est la dernière étape avant la continuité dialoguée.

Triade

groupe de trois éléments ayant des points communs et formant un tout. Principe fondamental de la dramaturgie (trois actes, triade protagoniste- objectif- obstacles…)

Unité

Cohérence, cohésion entre divers éléments qui forment un tout.

Urgence

Elle est créée par l'association du suspense et du manque de temps

Version

Déclinaison d'un même scénario, au fil des réécritures

Voix off

Dialogue prononcé par un personnage qui n'est pas à l'écran, parfois, c'est aussi l'illustration sonore des pensées du personnage à l'écran

Nathalie Lenoir

Juin 2k+2
reportage sur le scénario

les différents types de fictions télévisuelles

Introduction
Si les grandes règles de la dramaturgie sont universelles, la fiction télévisuelle impose ses propres codes et contraintes narratives.

Sur le fond tout d'abord, les histoires racontées sont sensiblement différentes de celles que l'on peut voir sur grand écran.
La télévision est le média de proximité par excellence, presque tous les foyers en sont équipés.
Le public est donc extrêmement vaste, mais il varie selon les jours de la semaine et les tranches horaires, selon les chaînes aussi.

Les auteurs qui travaillent pour la télévision sont obligés de tenir rigoureusement compte des spectateurs ciblés et des exigences des diffuseurs. En bref, les thèmes abordés doivent trouver une véritable résonance avec les mentalités et les préoccupations actuelles de la société.

Cela ne veut pas dire pour autant que les sujets polémiques ou trop graves soient les bienvenus…
Les téléspectateurs, dans leur grande majorité, conçoivent leur petit écran comme une source de divertissement et de détente, ils sont prompts à " zapper " dès le plus petit signe d'ennui.

Nous allons nous attacher dans cet article à la forme, aux diverses déclinaisons que peuvent prendre la fiction télévisuelle.

1) Le téléfilm
L'unitaire
C'est la forme la plus proche du film de cinéma. Il s'agit d'une histoire " individuelle ", celle d'un personnage (ou d'un groupe) que le spectateur n'a jamais vu auparavant et qu'il ne reverra pas par la suite.

L'intrigue a une structure en trois actes, comme pour un film de cinéma, avec un début, un milieu et une fin. La seule contrainte particulière de ce type de fiction est sa durée : 90 minutes, même si elle a tendance à s'étendre à 100 minutes.

Les thèmes abordés illustrent la majeure partie du temps des faits de société : grèves, chômage, divorce, familles recomposées, parents célibataires…
Certaines chaînes, en particulier M6, regroupent plusieurs unitaires en collections, chaque collection traitant d'un genre, ou d'un thème.

Prenons l'exemple de la collection " Vertiges ", chaque téléfilm décline la même idée de base : une jeune femme, la trentaine, qui vit en milieu urbain, se trouve soudainement menacée.

La collection " Carnets d'ados ", toujours sur M6, regroupe des téléfilms qui traitent de divers aspects de l'adolescence.

Pour conclure, la collection " Combats de femmes " regroupe des histoires mettant en scène une femme, luttant contre un aspect de la société (le monde de l'entreprise, les préjugés…) ou essayant de faire face à un événement traumatisant (deuil, maladie, viol…).

La mini-série
On pourrait la définir comme un long unitaire scindé en deux parties (plus rarement en trois, voire quatre). Chacune des parties dure 90, voire 100 minutes. C'est une forme qui s'applique particulièrement bien à une histoire se déroulant à une autre époque, parce qu'elle permet de traiter le sujet plus en profondeur, dans un contexte plus précis, détaillé. France 2 et France 3 proposent régulièrement ce genre d'œuvres, on pourrait citer par exemple " L'enfant des lumières " (France 2) dont l'intrigue avait pour toile de fond la Révolution Française.
La mini-série est un format tout à fait adapté à l'adaptation littéraire.

TF1 propose régulièrement ce genre d'œuvres, toujours à partir de romans célèbres : " Les Misérables ", " Le comte de Monte-Cristo ".
S ur vos écrans en septembre 2003 :"Les liaisons dangeureuses" de Josée "Générale" Dayan.

A noter la récente adaptation de " Mausolée pour une garce " de Frédéric Dard, proposée par France 3, ou " Rastignac ou les ambitieux " (France 2), très librement adapté de l'œuvre de Balzac.

2) Les séries
Le feuilleton télévisé
C'est un genre un peu délaissé de nos jours, qui est né directement de la réduction dramatique d'un genre littéraire.

Au dix-neuvième siècle et au début du vingtième, de nombreux romans étaient publiés dans des journaux sous forme de feuilleton.

Le feuilleton télévisé est une fiction en plusieurs épisodes, rythmé par la division épisodique.

En clair, chaque épisode est la continuité du précédent et se termine en laissant une question en suspens, le téléspectateur attend avidement l'épisode suivant pour voir " ce qui va se passer ".

Le soap opera
C'est un peu la déclinaison moderne du feuilleton. C'est aussi une série dont le final reste ouvert à la fin de chaque épisode. Chaque épisode ouvre des questions narratives qui se résoudront dans les épisodes suivants, il a généralement une durée inférieure à 30 minutes.

Le soap opera est un genre qui se base entièrement sur le dialogue entre les personnages : l'image est statique et presque toute l'information passe par ces " discussions ".
En général, l'histoire met en scène deux familles rivales et les personnages sont divisés en deux clans : " les bons " et les " méchants ". Les trames narratives se mêlent les unes aux autres, car les personnages sont très nombreux. Le rythme est lent, car le temps virtuel de l'histoire est sensé coïncider avec le temps réel.

Prenons cet exemple : on voit discuter deux personnages dans un premier lieu, puis, une seconde scène montre deux autres personnages, dans un second lieu, dont la conversation est sensée se dérouler " pendant ce temps ".

Le nombre d'épisodes d'un soap opera est innombrable et le public visé est essentiellement féminin.

Il y est beaucoup question d'amour et de haine, de complot et de vengeance, d'adultère, d'enfants illégitimes…
C'est un genre très prisé aux Etats Unis et au Brésil, les exemples sont nombreux, " Les feux de l'amour " pour n'en citer qu'un. Ce genre de fictions est diffusé dans le monde entier.
Notons tout de même que France 2 a fait une tentative de soap opera " à la française " il y a quelques années : " Cap des pins ", mais l'audience n'a pas vraiment suivi.

La sitcom
C'est une série d'épisodes relativement courts (20-25 minutes), basée sur des dialogues comiques entre les personnages et des situations cocasses, à la limite du vaudeville.

C'est un genre inspiré du théâtre et qui respecte beaucoup de ses conventions. Les décors sont peu nombreux et les mêmes dans tous les épisodes.

Les tournages s'effectuent en présence d'un public. C'est la raison pour laquelle les scènes sont ponctuées de rires, les dialogues sont d'ailleurs écrits en prévision de cette réaction du public.

Dans une sitcom, les auteurs créent des personnages qui sont des stéréotypes de la société et ils les couvrent de ridicule en mettant l'accent sur leurs défauts, leurs caractères.
Les thèmes abordés le plus souvent sont ceux de la famille (" Madame est servie ", " Cosby show "), ou d'un groupe d'amis, ce qui revient un peu au même puisqu'ils recréent justement une structure familiale (" Friends ", " Jessie ").
L'écriture de sitcom est très réglementée, il y a de nombreuses conventions.

Par exemple, chaque épisode doit contenir une intrigue principale et deux sous-intrigues, il faut tenir compte des coupures publicitaires dans l'organisation du récit, les épisodes doivent être bouclés afin que l'on puisse les regarder indépendamment les uns des autres.

Il y a une quinzaine de scènes par épisode, un gag toutes les deux minutes et une nouvelle information (ou un renversement de situation) toutes les trois minutes.
Certaines sitcom sont écrites autour d'une star, par exemple, " Geena " pour l'actrice Geena Davis, ou " Cybill " pour Cybill Shepherd.
C'est un genre typiquement américain mais la France s'essaie régulièrement à cet exercice.

Dans les années 90, Messieurs Azoulay Berda, les fondateurs de AB Production ont lancé une bonne dizaine de produits, dont " Hélène et les garçons ", mais ces séries n'étaient pas tournées en public et s'adressaient à un public très jeune.

Depuis quelques années, Canal+ s'est lancé dans l'aventure, en respectant les conventions du genre, mais un seul des essais de la chaîne a connu le succès : " H ", parce que la série est construite autour de stars.

La série à " gags "
Un nouveau genre de série est récemment apparu sur nos écrans. Elle est proche du sitcom dans l'esprit, puisque basée sur le burlesque des dialogues.

Il n' y a qu'un décor pour toute la série (" Caméra café "), ou tout du moins, pour tout l'épisode (" Un gars, une fille ").

Le format est très court (environ 5 minutes) et chaque épisode présente une succession de gags autour d'un thème unique. Les personnages illustrent un aspect quasi universel du quotidien : dans " Un gars, une fille ", il n'est question que des deux personnages, des petits travers de la vie de couple, et, dans " Caméra café ", il s'agit des relations au sein d'une moyenne entreprise.

La série à héros récurrent
La série toute entière tourne autour de son protagoniste.

Chaque épisode de 90 minutes est indépendant des autres et narre une histoire particulière de ce personnage.

La série est en général centrée sur la profession du héros : un commissaire de police (" Navarro ", " Julie Lescaut "), un instituteur (" L'instit "), une kinésithérapeute (" La kiné ")…
L'intrigue principale tourne donc autour d'un évènement professionnel, une mission, une enquête… et les sous intrigues illustrent la vie privée du héros et ses relations avec ses collègues.

Le héros récurrent est un personnage fédérateur et intègre, le public doit se sentir proche de lui, s'identifier et l'admirer. C'est un personnage humain par certains côtés, quand il rentre chez lui le soir, il mène la vie de " monsieur tout le monde ", mais, dans le cadre de sa profession, c'est un héros, un exemple.
L'auteur n'a pas une grande liberté en ce qui concerne la caractérisation de ce personnage, il n'a pas le droit de montrer ses faiblesses, ses égarements, ses vices cachés, le héros récurrent est, par certains côtés, lisse, aseptisé. Le succès de ce genre de fiction tient dans la fidélité, à tous les niveaux : le héros ne change pas au fil des épisodes, l'heure et le jour de diffusion restent fixes.

La diffusion classique est d'un épisode tous les quinze jours, ou d'un par mois.

Mais, en ce qui concerne la forme, la structure du scénario, elle s'apparente tout à fait à celle d'un unitaire.

La série de 52 ou 90 minutes
La série avec des épisodes de 90 minutes pourrait être comparée à une collection.

Chaque épisode est écrit comme un unitaire et reste indépendant des autres.

Le point commun de tous les épisodes, c'est qu'on y retrouve les mêmes personnages, généralement, un groupe, ou un duo. Il y a beaucoup moins d'épisodes que dans les autres cas de séries, seulement quelques uns (quatre ou six) par saison. C'est un format qui permet tous les genres (policier, comédie…) mais il n'est pas très courant en France. Citons tout de même " Les duettistes " (TF1) ou " Une famille formidable " (TF1) ou encore, " Nestor Burma " (France 2) et " Boulevard du Palais " (France 2).
La série avec des épisodes de 52 minutes est quant à elle un format très courant.

A noter qu'aux Etats-Unis, les épisodes ne durent en fait que 40 minutes à cause des deux coupures publicitaires.

Ce format s'applique à absolument tous les genres d'histoires :
· Policier : " Police District ", " Brigad ", " Les rues de San Francisco "

· Détective : " Magnum ", " Chapeau melon et bottes de cuir "

· Fantastique : " Buffy contre les vampires ", " X-Files "

· Thriller : " Profiler "

· Comédie romantique : " Dawson "

· Jeunesse : " Flipper "
Chaque épisode a sa propre intrigue, avec une structure en trois actes, et donc, une résolution.

Le héros peut-être un seul personnage, un duo ou un groupe.

La série se décline. Une saison peut représenter une espèce de large structure narrative, c'est à dire une intrigue qui se profile au fil des épisodes, indépendamment de l'intrigue propre à l'épisode, et qui, sera résolue à la fin de la saison (voire parfois, de la série elle-même).

C'est le cas dans " Buffy " par exemple, dans chaque saison il y a un " super méchant " qui se dévoile au fil de certains épisodes, même si l'héroïne doit, dans chaque épisode, combattre contre un ennemi précis et le vaincre.

Dans une série de ce genre, dont la programmation est hebdomadaire, l'ambiance (décors, lumière, effets spéciaux, costumes, musique) et le ton (humour, angoisse…) sont primordiaux pour donner une unité à l'œuvre.

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