Histoire de la vigne et du vin à Autignac. (15 janvier 2011)





télécharger 25.94 Kb.
titreHistoire de la vigne et du vin à Autignac. (15 janvier 2011)
date de publication22.10.2016
taille25.94 Kb.
typeDocumentos
h.20-bal.com > histoire > Documentos
Histoire de la vigne et du vin à Autignac. (15 janvier 2011).
Dans cette rubrique que maintenant vous connaissez bien, je vais vous présenter aujourd’hui un végétal qui produit un fruit comestible de couleur dorée ou noire, on peut en manger le 14 juillet pour les qualités les précoces et on peut aussi en trouver sur les tables à Noël.

D’une taille d’environ 2 cm, on peut le déguster directement, en agrément dans certaines entrées, en accompagnement de volailles rôties, avec du fromage, en dessert, en confiture, et le plus souvent en liquides blanc, rose, ou rouge…

Les principales variétés de mon fruits sont : carignan, cinsault, mourvèdre, grenache, syrah. Je suis… Et oui, vous avez deviné, il s’agit du raisin ! (Photo 0) Nous allons donc parler de la vigne ; mais pas de la culture de la vigne ou de la vinification du vin, nous allons parler de l’Histoire de la vigne, de son itinéraire jusqu’à Autignac (photo 1), et de l’importance que nous lui attribuons. Je vais vous emmener en voyage dans le temps autour de la Méditerranée.
Voici donc l’histoire de la vigne et du vin :

Depuis la nuit des temps, la vigne et le vin ont marqué les civilisations. Modelant les paysages et favorisant les échanges, ils ont contribué à forger des mythologies, des religions, des traditions et des habitudes alimentaires.
La vigne appartient à la famille des Ampélidacées. La vigne sauvage (lambrusque (photo 2)) était une liane qui poussait sur les arbres jusqu'à plusieurs dizaines de mètres de hauteur. Elle est apparue avant l'Humanité. Peu à peu, les hommes ont commencé à sélectionner les plantes donnant les plus beaux fruits et, il y a environ 9000 ans la vigne a été domestiquée. L’Arménie (photo3) appelée « la patrie du raisin » est sans doute le lieu d'origine de la vigne cultivée. Au début, le raisin était mangé tel quel ou bien séché (photo 4) pour être conservé, et c’est par hasard, grâce à ce moyen de conservation que fut découvert le vin. Une légende raconte qu’à la cour d’un roi perse, on stockait de grande quantité de raisin dans des jarres pour en avoir toute l’année. Un jour, une jarre oubliée dans un coin dégagea une odeur bizarre dans laquelle le raisin moussait, craignant pour la santé de la cour, on y apposa l’étiquette « poison » ; lorsqu’une femme du harem voulant mettre fin à ses jours, but de ce liquide. Vous imaginez très bien la suite, ceci lui chassa ses idées noires, tout le monde goûta, ce fut un régal, une grande fête fut donnée, et le vin était né !

Peu à peu, au fil des siècles, les hommes vont se transmettre les secrets de la culture de la vigne et, ce sont les égyptiens qui vont devenir les premiers « vrais » vignerons (d’ailleurs, connaissez-vous la différence entre « vigneron » et « viticulteur » ? Le vigneron cultive la vigne, fait le vin lui-même et vend sa propre production alors que le viticulteur s’occupe uniquement de la culture de la vigne, et apporte son produit dans une coopérative).
La vigne et le vin à l’époque ancienne


  1. Égypte (photo 5)


Ce serait le dieu Osiris (photo 6) qui aurait enseigné aux Égyptiens la culture de la vigne (dieu de la végétation, de la fécondité et de la prospérité, il symbolise la vie éternelle et la renaissance). Les vendanges commençaient en juillet et le travail était le même que celui qui se faisait à Autignac avant la mécanisation.

Nous sommes maintenant en 3000 avant J-C, des hiéroglyphes égyptiens gravés sur des tombeaux royaux décrivent les travaux de la vigne ce qui prouve que les égyptiens élaboraient leur vin (photo 7), mais celui-ci était réservé à Pharaon et à son entourage. À cette époque, on ajoutait souvent du miel et des aromates dans le vin ou on mélangeait plusieurs crus. Le vin de Pharaon était un blanc liquoreux, parfois du rouge. Le peuple se contentait de vin de dattes ou de palme. Pour assurer la conservation du vin, on le soutirait fréquemment ou on le cuisait. Puis on l’entreposait dans des amphores (photo 8) sur lesquelles on inscrivait le millésime, la provenance, le nom du propriétaire et du maître de chai, on indiquait même les parcelles d’où provenaient les raisins. Ce savoir-faire porta ces fruits au-delà des frontières égyptiennes, et ainsi peu à peu, ce sont les Grecs qui prirent le relais. (Photo 9)


  1. Les Grecs


C’est environ 2000 ans avant J-C que les Grecs prirent le pas sur les Égyptiens, ils n’ont certes pas inventé le vin mais ils ont largement contribué à sa diffusion autour de la Méditerranée. Les Grecs ont hissé la culture de la vigne au même rang que celle des céréales et de l’olivier, et très rapidement, Dionysos, dieu grec de la viticulture et du vin, a fait l'objet d'un culte populaire important. Dans la mythologie grecque, Zeus (photo 10) trompe sa femme Héra avec une mortelle nommée Sémélé, de cet amour est conçu Dionysos. Par jalousie, Héra conseille à Sémélé de demander à Zeus de lui montrer sa gloire. Malheureusement, la puissance de Zeus foudroie Sémélé. Ne pouvant rien faire pour elle, il arrache le foetus de son ventre et pour le protéger, il le coud dans sa cuisse. Quelques mois plus tard, l’enfant né (photo 11) et prend le nom de Dionysos (celui qui né 2 fois). Mis à l’abri dans une grotte dont l’entrée était masquée par de la vigne, il se nourrissait de ses fruits. (Photo 12) Les Grecs considéraient que Dionysos leur avait enseigné la culture de la vigne et du vin. Le vin grec devait être très bon, car il était exporté en grandes quantités (photo 13) tout autour du bassin méditerranéen. Il avait un fort degré d’alcool, pour pouvoir se conserver lors des transports par bateau, on le consommait cuit, ou additionné de fruits, de fleurs ou mélangé à des épices, mais le plus souvent il était coupé avec de l’eau de mer. En 600 avant J-C, lors de la fondation de Marseille (photo 14), les Phocéens ont emmené dans leurs bagages des ceps de vigne, et ont commencé la culture en Gaule ; mais deux siècles avant J-C, l’Italie devient un gros producteur…


  1. Les Romains et les Gaulois


Grands conquérants, les Romains ont répandu la vigne dans tout l'empire (photo 15), la civilisation romaine est la première qui cherche à élaborer des vins de qualité. Ils ont créé en Gaule narbonnaise, autour de Béziers-Narbonne (photo 16), le long de la Via Domitia (construite par Domitius Aenobarbus à partir de 118 avant J.-C) un important vignoble, cette boisson commence à se démocratiser. Le commerce est si florissant que même les Gaulois (Photo 17) se mettent à produire du vin, faisant concurrence à la production romaine. Peu à peu, les amphores sont abandonnées et détruites, en témoignent les tessons de poterie « gréco-romains » trouvés à Autignac, et ceci au profit du tonneau qui est bien plus pratique pour le transport et la conservation (photos 18-19). Les vins de notre région (et je pense qu’on peut y inclure les vins produits dans la villa romaine située au cimetière) commencent à faire de l’ombre au vignoble romain, et pour enrailler la crise, l’empereur Domitien ordonne l’arrachage de 50% des vignobles de Gaule, ce n’est qu’en 270 que l’on sera autorisé à replanter. Les romains vouaient un culte sans limite à Bacchus (photo 20) qui était à la fois dieu de la vigne, du vin, des festivités, mais aussi de la danse, de la végétation, des plaisirs de la vie, mais il ne faut pas croire que seul ces peuples anciens associaient le vin et la religion…
La vigne, le vin et la religion.
Comme nous venons de le voir, les peuples antiques avaient une approche très mystique de la vigne et du vin, le christianisme a aussi contribué à propager cette culture en encourageant la création de domaines épiscopaux et monastiques. Si dans l’antiquité, le vin symbolisait « le sang de la terre », les Chrétiens voient en lui « le sang du Christ ». (Photo 21)Jésus change l’eau en vin aux noces de Cana ; lors de la Cène Jésus présente le vin comme le sang du seigneur (Photo 22); puis lorsque celui-ci est crucifié, on lui présente du vin aigre pour se désaltérer(Photo 23), le vin aigre était une boisson habituelle à cette époque. Par ailleurs, c’est sur le mont Ararat (Photo 24) que Noé planta le premier pied de vigne après le déluge (Photo 25), puis il fit du vin et s’enivra. La présence de la vigne est fréquente comme ornement dans l'architecture sacrée et l'art (Photo 26). Le vin se charge d’une dimension morale inconnue jusqu’ici. La liturgie de la communion est l’un des moteurs du maintien de la tradition viticole, il faut beaucoup de vin pour satisfaire les besoins de l’église. De plus, les ecclésiastiques se doivent de faire honneur à leurs invités, il leur faut du bon vin. La vigne est aussi fortement connotée dans la religion chrétienne : elle est très présente dans l’iconographie, elle est le symbole de la résurrection, on dit même que c’est grâce à un âne qui brouta les sarments d’une vigne de St Martin que la taille fut inventée.

C’est au Moyen-âge que le vin prend la forme que nous lui connaissons aujourd’hui. Le vin devient un ambassadeur ! Tout le monde veut un vignoble et au vu de l’engouement, l’État crée un impôt qui devient très impopulaire les années de mauvaise récolte ou de surproduction lorsque les cours s’effondrent, le vin devient l'instrument du pouvoir. Les besoins en vin restent toutefois importants, même le médecin en utilise, il sert d’anesthésiant, et de désinfectant par exemple. Le vin se démocratise car on pense qu’il est plus sain que l’eau qui très souvent est corrompue ; le vin est poussé grâce à la création de la bouteille en verre (1620). À la veille de la Révolution Française, environ 50 % des terres autour de Béziers sont plantées en Aramon, cépage productif mais de moindre qualité. En 1857, la création du chemin de fer donne un nouveau souffle à la viticulture méridionale, les constructions de Châteaux « pinardiers » et de grandes maisons bourgeoises emboîtent le pas, les vins du midi sont largement exportés vers le nord de la France. Le vignoble du Languedoc-Roussillon produit alors le plus gros volume de « Vin de Table » en France, avec des rendements allant jusqu’à 120 hectolitres à l’hectare. Les travaux de la vigne donnent du travail à tout le village, la taille, les vendanges, le pressoir, la cave, … mobilisent toutes les énergies jusqu’au premier verre de vin nouveau (Photos 28 à 33) ; mais apparaissent en même temps des maladies qui mettent à mal notre vignoble. 1854, l’oïdium (Photo 34) terrasse les vignes, puis quinze ans plus tard c’est le phylloxéra (Photo 35) qui s’attaque aux racines détruisant les ¾ des vignobles. Pour contrer l’attaque, on greffe désormais sur des plants venus d’Amérique naturellement résistants à l’insecte: la reconstitution du vignoble redevient possible, mais la crise a entraîné une pénurie de vin, encourageant la fraude et la fabrication de vins artificiels dont certains s’enrichissent. La loi du 14 Août 1889 cherche à remédier à ces abus et donne une définition légale du vin, "produit de la fermentation, complète ou partielle, du raisin frais ou jus de raisin frais". Et en 1905, le Service de la Répression des fraudes est mis en place. Après la reconstitution du vignoble, ce fut la surproduction et la chute des cours du vin. En 1907, la mévente s'aggrave, l’armée est envoyée pour contrer (Photo 36) la révolte sanglante des vignerons du Midi menée par Marcellin Albert, "empereur du vin", Autignac est dans la bataille... (Photo 37) 1914-1918, la vigne est laissée à l’abandon, ce qui entraîne une remontée des cours à la fin de la guerre, pour être à nouveau en surproduction dans les années 30. 1935: Naissance des AOC (Appellation d’Origine Contrôlée) et de l’INAO (Institut National des Appellations d’Origine). En 1956, le vignoble est touché par le grand froid et les gelées tardives. Depuis, la viticulture a connu une succession de crises et de fragiles maintiens, pour en arriver jusqu’au sort que nous lui connaissons aujourd’hui mais le vin est aussi devenu l’emblème de la culture française, de son art de vivre et de sa gastronomie.
La viticulture en quelques chiffres :

  • Aujourd’hui, la production mondiale avoisine 260 millions d’hectolitres.

  • Depuis 2008, l’Italie occupe le premier rang de production, suivie par la France et l’Espagne.

  • La France est le 1er marché mondial à la consommation (en France, un adulte consomme en moyenne 71 litres de vin par an).

  • Le Languedoc est la 1ère région viticole de France, il représente 1/3 du vignoble français (298 000 ha de plantation), devant l’Aquitaine.

  • Il faut environ 1,5 kg de raisin pour obtenir un litre de vin.

  • On dénombre plus de 400 vins d'appellation et plus de 150 vins de pays.

  • En 2005, le pays le plus consommateur de vin était le Vatican.

  • Aujourd’hui, la chine est le pays où il y a la plus forte croissance viticole du monde


L'histoire de la vigne et du vin est si ancienne qu’elle se confond avec l'histoire de l’homme. Le vin est synonyme de fête, d'ivresse, de convivialité, il nous permet de faire connaissance plus facilement, et de célébrer les événements de notre vie. Et ce soir, nous n’allons pas faillir à la coutume du « vin d’honneur » comme condition d’un bon accueil témoin de notre appartenance à cette civilisation de la vigne. Mais avant de vous donner une recette, je voulais vous raconter une dernière petite anecdote : est-ce que vous savez d’où vient le fait de cogner les verres avant de boire avec quelqu’un ? Et bien dans l’histoire, le poison était très utilisé pour supprimer quelqu’un, alors en cognant fortement les verres, le liquide sortait des verres (Photo 38), et en retombant se partageait dans les 2 verres, c’était un signe de confiance mutuelle d’absence de poison. Et maintenant la recette…
Cartagène ou Carthagène ?

Une polémique sur l'orthographe de cette liqueur traditionnelle. Cartagène ou Carthagène ? Les partisans du premier prétendent que cela veut dire phonétiquement 1/4 d'alcool, les partisans du second prétendent qu'il y a un lien avec Carthage. En principe, pour faire de la Cartagène , on mélange un quart d’alcool à trois quarts de moût, ce qui serait à l’origine du mot Cartagène, « quartejar » signifiant partager en quatre et « quartar » voulant dire labourer sa vigne pour la quatrième fois.

2 litres de jus de raisins, 1 litre d’eau de vie, 200g de sucre, 1 pincée de cannelle en poudre, 1 pincée de noix de muscade râpée

Mélanger tous les ingrédients et laisser macérer 3 semaines en remuant de temps en temps. Filtrer et consommer avec modération.

Marie-Laure Pullara.

similaire:

Histoire de la vigne et du vin à Autignac. (15 janvier 2011) iconCinquantenaire de l’histoire de la vigne et du vin
«Querelle des anciens et des modernes sur les facteurs de la qualité des vins» (in Roger Dion, le paysage et la vigne, Payot)

Histoire de la vigne et du vin à Autignac. (15 janvier 2011) iconCalendrier/Dates importantes Date limite d’envoi des résumés/posters : 20 janvier 2015
«Les arts et les métiers de la vigne et du vin : révolution des savoirs et des savoir-faire». 36 communications ont pu être présentées...

Histoire de la vigne et du vin à Autignac. (15 janvier 2011) iconLe courrier lettres-histoire n°6 septembre 2011 / novembre 2011

Histoire de la vigne et du vin à Autignac. (15 janvier 2011) iconAtelier du goût alliance cuisine sichuanaise/vin d’Arbois : Cina-Jura:...
«de Bouche à Oreille» : Le 12 février 2006, Entre horreur et plaisir: les transmissions culinaires

Histoire de la vigne et du vin à Autignac. (15 janvier 2011) iconCirculaire de la Régionale d’Aix-Marseille, janvier 2011
«La ville durable» est reportée au printemps (télescopage avec les épreuves de l’agrégation interne)

Histoire de la vigne et du vin à Autignac. (15 janvier 2011) iconPrix du roman Fnac 2011, prix roman France Télévisions 2011, prix
«J’ai reussi à rester en vie», Joyce Carol Oates (1938 …), traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Claude Seban, éd. P. Rey, 2011

Histoire de la vigne et du vin à Autignac. (15 janvier 2011) iconRéunion de bureau 24 janvier Réunion «histoire européenne de la modération...
«histoire européenne de la modération du trafic 19 janvier fevrier national : rencontre du cerema à Lyon (AF) 3 février Collectif...

Histoire de la vigne et du vin à Autignac. (15 janvier 2011) iconRéunion de bureau 24 janvier Réunion «histoire européenne de la modération...
«histoire européenne de la modération du trafic 19 janvier fevrier national : rencontre du cerema à Lyon (AF) 3 février Collectif...

Histoire de la vigne et du vin à Autignac. (15 janvier 2011) iconSejour à la montagne à meolans dans les Alpes de Haute Provence Du...

Histoire de la vigne et du vin à Autignac. (15 janvier 2011) iconSejour à la montagne à meolans dans les Alpes de Haute Provence Du...






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
h.20-bal.com