Histoire commence avec le récit d'un événement passé à quelqu'un qui ne l'a pas vécu et qui en est réduit à l'imaginer. Mais, à la différence du conte, le récit historique





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A - L’homme est un être historique





  • Le philosophe, s’il veut comprendre la réalité humaine, doit la considérer en sa totalité. Comment comprendre le présent sans tenir compte du passé ? Il est aussi insensé d’ignorer l’histoire que d’ignorer le fait que l’homme est animé par des passions et des désirs.




  • Les sciences ont une histoire. On ne peut pas comprendre la physique d’Einstein si on n’évoque pas les travaux de Galilée, Kepler, Newton. La philosophie moderne est issue d’une longue histoire, qui commence avec les Grecs. Il en va de même d’une situation sociopolitique donnée. Le philosophe qui veut comprendre l’essence du totalitarisme moderne ne peut pas ignorer le développement de l’impérialisme au XIX è siècle.


B - L’histoire donne un sens à ce qui est





  • Le but de la philosophie est de donner un sens à la réalité. C’est pourquoi elle doit prendre en compte l’histoire. Elle doit, au-delà des événements, chercher à dégager des lignes de forces, des principes permettant d’expliquer ce qui détermine l’humanité, de définir quels sont les fins auxquelles elle tend, sans en avoir conscience.




  • La question du sens ou du non-sens de l’histoire est en elle-même un problème philosophique. D’où cette conclusion : philosopher conduit nécessairement à prendre en compte, d’une manière ou d’une autre, l’histoire. «L’histoire est le résultat de l’effort par lequel (...) le sujet connaissant établit le rapport entre le passé qu’il évoque et le présent qui est le sien.» (Marrou, De la Connaissance historique)


IV - L'objectivité en question

" L'histoire est la science du passé humain " dit R. Aron. La question centrale pour l'historien réfléchissant sur son activité et faisant œuvre ainsi d'épistémologue est en effet celle de l'objectivité de la connaissance qu'il donne du passé : il faut entendre par là non seulement l'impartialité du récit historique, mais sa conformité aux événements eux-mêmes.

L'histoire se définit comme la connaissance du passé humain, qui n'est plus et n'est donc pas observable. Il convient donc que l'historien reconstruise le fait passé.

A - La construction du fait historique


  • Les traces




  • A partir de ces "traces" présentes, des documents, le fait passé sera reconstitué. Ces "traces" se présentent sous la forme de témoignages, ie les récits que nous ont légués les générations précédentes.




  • Mais ces récits, malheureusement, n'ont pas toujours été établis selon les exigences de l'esprit scientifique: "Un document, même le meilleur, n'est que le dernier terme d'une série d'opérations intellectuelles à partir d'une observation mal faite." (Seignobos)




  • La critique historique




  • Décrire l’événement tel qu’il s’est effectivement passé, telle est l’ambition première de l’historien épris d’objectivité. L'historien ne peut donc utiliser un témoignage qu'en prenant toute une série de précautions. La critique implique un choix éclairé, un tri, un discernement. «C'est une méthode scientifique destinée à distinguer le vrai du faux en histoire.» (Halkin)

  • Il convient en premier lieu de rétablir les témoignages qui nous sont parvenus dans leur authenticité primitive (critique externe). Il faut savoir en effet que nous ne connaissons l'histoire ancienne que par des manuscrits qui sont des copies de copies. Il s'agit donc d'éliminer les interpolations, en les découvrant par la contradiction des idées, les différences de styles...




  • Le témoin a évidemment pu se tromper et même mentir. La critique (critique interne), confrontant le témoignage à d'autres témoignages, indépendants de celui-là et indépendants les uns des autres pour mettre à jour la contradiction, permet, dit Marc Bloch, de prouver la fausseté du récit.




  • La vérité, c'est la non-contradiction de témoignages indépendants. «C’est parce qu’en tant que recherche elle projette et objective le passé (...) que l’histoire exige comme instrument de son objectivation les critiques des sources.» (Heidegger, Chemins qui ne mènent nulle part)



  • Les "vestiges"




  • A côté des témoignages volontaires, il y a les "vestiges", documents involontaires que, sans préméditation, le passé a laissé sombrer le long de sa route (monnaie, poterie, édifices...). S’ajoutent à cela les fouilles, la découverte de parchemins, de manuscrits jusqu’alors ignorés.

Des techniques nouvelles sont utilisées : la numismatique, la dendrochronologie, la datation d’objets au moyen du carbone 14, l’analyse chimique de certains documents, l’utilisation de l’ordinateur pour rassembler et ordonner les informations, etc.

« Grâce au progrès de la documentation accumulée et exploitée par nos sciences auxiliaires, grâce aux monnaies, aux inscriptions, aux papyri, nous pouvons aujourd'hui connaître Tibère, Claude ou Néron par bien d'autres voies que les Annales de Tacite. » (Marrou, De la Connaissance historique).


  • L'histoire entre ainsi dans une relation multilatérale avec les sciences dites "auxiliaires" et, de proche en proche, avec l'ensemble des sciences. Désormais pourvue de techniques qui lui permettent de pousser ses investigations jusqu'aux limites de l'acharnement analytique, elle occupe parmi les savoirs une place exceptionnelle qui en fait une science humaine très sérieuse.

En conséquence, l'historien, dont l'ingéniosité est si extraordinairement accrue par ces moyens de recherche, est alors délivré de sa sujétion initiale à l'écriture, toujours suspecte d'altérer la réalité des " faits" en les relatant.


  • Cependant, ne vient-il pas un moment où, ayant analysé tous les matériaux en sa possession, ayant mené aussi loin et aussi rigoureusement que possible toutes sortes d'enquêtes, il lui faut "écrire l'histoire», ie faire œuvre de synthèse ? L'histoire ne serait-elle, quoi qu'elle dise ou quoi qu'elle fasse, qu'un discours, plus ou moins fondé sur une investigation scientifique ?



  • La compréhension




  • Outre le fait que la reconstruction de passé présente inévitablement d'énormes lacunes - "Un document, disait Alain, est un vieux papier que la dent des rats, la négligence des héritiers, les flammes de l'incendie... les exigences de la chaise percée ont épargné par hasard ! " - l'esprit critique ne suffit pas pour révéler le fait historique ; il peut même, dit Marrou, nous empêcher de communiquer avec une époque passée.

L'histoire a affaire à des hommes et donc à des comportements porteurs de sens, d'intentions souvent obscures et cachées et qu'il convient de déchiffrer.


  • Aussi son objectivité ne doit-elle pas, contrairement à ce que l'on pensait au XIX è siècle, avoir pour modèle celle des sciences physiques, mais elle inclut au contraire aujourd'hui la subjectivité de l'historien comme méthode d'approche de son objet.

Il ne s'agit pas de n'importe quelle subjectivité, mais de celle qui est oubli de soi et ouverture à l'autre : d'où la "sympathie", "l'amitié" que l'historien doit éprouver pour les personnages qu'il étudie. Ainsi, ce n'est pas l'impartial et indifférent Xénophon qui nous fait le mieux connaître Socrate, mais bien Platon, le disciple enthousiaste.

  • Seulement, l'historien ne risque-t-il pas ainsi de recouvrir le passé, à son insu, de ses propres passions, de projeter en lui sa propre subjectivité ?


B - Subjectivité de l'historien


  • L'objectivité impossible ?




  • "Le bon historien n'est d'aucun temps ni d'aucun pays" Cet idéal d'objectivité prôné par Fénelon est considéré irréalisable par beaucoup de penseurs. Dans toute la masse des faits du passé que l'historien peut reconstruire à partir de ses traces, il lui faut faire un choix.

Mais comment distinguer le fait important du fait insignifiant ? A ses conséquences ? Mais ces dernières elles-mêmes ne seront-elles pas appréciées subjectivement par l'historien ?


  • Il n'y a pas, semble-t-il, en histoire, de signification absolument "objective" d'un fait et c'est en fonction du présent que l'historien donne à tel fait passé une signification et une valeur. Loin de collectionner avidement les "faits", l'historien les sélectionne.


Le fait historique est donc - comme tout fait scientifique - élaboré par l'historien, et ne doit pas être assimilé à l'événement. Il semble bien qu'aucun historien ne peut échapper à sa subjectivité : l'historien se projette lui-même dans l'histoire.


  • Michelet, pour écrire son Histoire de France, voulait oublier l'époque contemporaine, s'interdisait de lire le journal, s'enfermait toute la journée aux archives. Cela ne l'a pas empêché de se projeter dans son œuvre, si bien qu'on a pu dire que L'Histoire de France de Michelet nous apprend plus de choses sur Michelet lui-même que sur la France !

Lui qui se voulait scientifiquement irréprochable, a été trahi par son imagination dans sa vision de l’An mil. Il s’est montré partial envers la monarchie française, dont il n’a souligné les excès que pour mieux en négliger le bilan global.



  • Les " leçons " de l'histoire




  • La réalité historique, dit Raymond Aron, est "équivoque et inépuisable". L'histoire "justifie ce que l'on veut". L'historien se projette dans l'histoire avec ses valeurs et ses passions. Il est homme lui-même, il vit dans l'histoire, appartient à une classe sociale. Il est lui même prisonnier du cours de l'histoire : "La conscience de l'histoire est une conscience dans l'histoire." (R. Aron).




  • Il s'ensuit qu'il est impossible de tirer de l'histoire des "leçons", car l'historien constitue sa vision de l'histoire à partir de perspectives philosophiques, morales, politiques, qui la précèdent (et non l'inverse !) et se projettent en elle. "Chaque génération se forme sa propre conception historique selon ses nécessités nationales."



  • La nécessité de l'impartialité


La prise de conscience des difficultés de l'objectivité en histoire est pour l'historien une invitation à redoubler de précautions, une mise en garde contre lui-même. La prise de conscience de la subjectivité peut être considérée comme un moment dans la conquête de l'objectivité, et doit donner à l'historien le sentiment de sa responsabilité, et lui imposer l'honnêteté la plus stricte.

C - La synthèse historique.
"Pour un jour de synthèse, écrit Fustel de Coulanges, il faut des années d'analyse". La synthèse historique consiste à relier les faits les uns aux autres, à établir les relations de causalité qui rendent compte de leur enchaînement. Ainsi se trouve posé le problème de la causalité en histoire, ie de la légitimité et de la valeur contraignante de cet ordre instauré par l'historien.

  • Déterminisme et indéterminisme en histoire



  • L’histoire repose sur des données objectives : vestiges architecturaux, témoignages écrits, archives administratives, etc. Mais elle n’est jamais indépendante de son seul et unique moteur : l’agir humain. Cet agir se rapporte à des notions psychologiques extrêmement complexes.




  • Pour que l’histoire soit vraiment une connaissance du passé, elle ne peut pas se contenter de relater le plus fidèlement possible les événements. Elle doit en saisir les causes profondes. C’est en quoi elle se distingue radicalement de l’histoire naturelle, qui, comme le dit Kant, remonte «l’enchaînement entre certaines dispositions actuelles des objets de la nature et leurs causes dans le passé, selon des lois de causalité que nous n’inventons pas, mais que nous déduisons des forces de la nature» (Sur l’emploi des principes téléologiques dans la philosophie).




  • Les mêmes causes produisent les mêmes effets : c'est le déterminisme qu'impliquent les sciences de la nature. Un tel déterminisme est-il établi en histoire, dès lors que l'historien ne rencontre que des événements singuliers qui passent et ne reviennent plus ?

On connaît l'ironie de Poincaré dans son commentaire de la phrase suivante de Carlyle : "Jean sans terre a passé par ici, voilà ce qui est admirable, voilà une réalité pour laquelle je donnerais toutes les théories du monde." Et le physicien Poincaré de commenter : "Jean sans terre a passé par ici mais cela m'est bien égal puisqu’il n’y passera plus. "


  • La science ne s’intéresse qu’à ce qui est nécessaire selon les lois générales alors que l’histoire s’intéresse à tout ce qui touche au passé. La causalité suppose des rapports constants ; or l'événement en histoire est unique, ne se répète pas. Il est à fortiori impossible de le reproduire en laboratoire pour préciser ses conditions d'existence. En histoire, l'expérimentation est exclue. Alors, comment expliquer scientifiquement les faits historiques si, comme le dit Seignobos, "pour chaque cas particulier, il faut une explication particulière " ?

Peut-être l'histoire comparée pourrait-elle offrir un équivalent de l'expérimentation !



  • L'histoire est une "science conjecturale "




  • En histoire, les causes sont seulement les liens de dépendance établis par l'historien pour chaque cas particulier.

Mais, l'historien ne peut pas isoler les causes déterminantes avec la même rigueur que le physicien ou le chimiste, qui dans le laboratoire, savent constituer un système clos de causes et d'effets en nombre limité. L'histoire, domaine dans lequel tout influe sur tout, n'est pas une science "exacte" puisqu'elle ne peut pas prévoir l'avenir.


  • Quand les événements sont passés, l'historien les met en perspective, trouve les " causes " économiques, politiques d'une guerre, d'une révolution. Mais nul n'aurait pu déterminer à l'avance la date et les modalités de cette guerre ou de cette révolution.




  • Le scepticisme devant la prétention scientifique de l'histoire ne doit cependant pas nous entraîner à majorer le rôle du hasard, de la rencontre accidentelle de séries causales, des effets considérables engendrés par des causes minuscules. Il faut se référer au contexte des situations sociologiques, qui demeurent les grands facteurs déterminants.



  • L’histoire est une interprétation




  • Un fait est un fait. Mais, en histoire, un événement donné n’obéit pas à des lois naturelles. Déjà à l’époque de Thucydide et d’Hérodote, l’histoire apparaissait comme une démarche qui se distingue de celle du naturaliste. «La description d’un phénomène (...) est du domaine de la science et non de l’histoire.» (Cournot).




  • Le travail de l’historien ne se limite pas à collecter des témoignages bruts. Ceux-ci doivent être affinés, vérifiés, authentifiés. Pour cela, il faut procéder à des recoupements.

Autrement dit, connaître le passé, c’est le recomposer à la lumière des connaissances actuelles. Telle guerre, tel changement de régime politique se rapportent nécessairement à des facteurs humains (désir, ambition, vengeance...) qu’il convient d’éclaircir. C’est ne rien comprendre à l’enchaînement des faits que de se contenter de décrire les différentes phases d’une bataille.


  • Puisque l’histoire renvoie à l’humain, on ne peut pas se contenter de principes explicatifs externes. (Par exemple : telle famine explique tel soulèvement populaire...). L’historien, tout en se gardant bien de projeter son propre vécu sur la période du passé qu’il étudie, doit néanmoins interpréter les actions humaines afin de mieux les comprendre.



D – L’histoire n’est donc pas une science exacte

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