Compte rendu de Khôlle : L’école des Annales





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Huynh Noémie, LS1 29/05/2008

Compte rendu de Khôlle : L’école des Annales


Introduction
La production historique, du Moyen-Age jusqu’à nos jours, a beaucoup évolué. Le début du XXème siècle voit la naissance d’un nouveau courant de l’histoire, d’une façon différente de pratiquer et d’écrire l’histoire. En effet, avant le XXème siècle, l’histoire était considérée comme la science humaine la plus importante. Cependant, l‘école des Annales nous montre une évolution de l’histoire, très fortement liée aux autres domaines des sciences de l’homme. Nous pourrions par conséquent nous demander quelles sont les innovations apportées par l’école des Annales.

Dans une première partie, nous verrons donc les origines de l’école des Annales avant de nous demander la raison de cette nécessité d’une nouvelle histoire. Enfin, nous remarquerons les caractéristiques de la nouvelle histoire de l’école des Annales.

  1. Origines



  • L’école des « Annales » : nouvelle tendance de l’histoire française qui naît dans les années 1920 en commençant discrètement dans La Revue de synthèse, puis plus fortement dans les années 1930 avec la revue Les Annales.

  • Spécificité de ce courant : ce nouveau courant néglige l’événement et privilégie la longue durée, se concentre sur l’activité économique, l’organisation sociale et la psychologie collective plutôt que sur l’activité politique et ce courant essaie de créer des liens entre l’histoire des autres sciences humaines.



  • Cette nouvelle façon d’écrire l’histoire s’impose surtout après la seconde guerre mondiale en s’appuyant sur la revue des Annales ESC (Economie, Société, Civilisation). Cette « nouvelle histoire » s’impose et obtient sa notoriété grâce à un institut de recherche et d’enseignement (6ème section de l’Ecole pratique des Hautes Etudes fondée par l’historien Lucien Febvre) et à des réseaux de relations dans l’édition et la presse.



  • Dans les années 1950, 1960, les collaborateurs de la revue mettent en place des liens entre différentes disciplines (par exemple : géographie historique, histoire économique, démographie historique) et dans les années 70, ils ouvrent le domaine l’histoire des mentalités.



  • Le nom de ce courant vient de l’histoire de la création d’une revue. Au cours des années 1920, Febvre rencontrera Marc Bloch et ensemble, ils auront pour projet de rénover l’histoire et ils dialoguent avec de nombreux autres collègues favorables à l’échange entre les disciplines. En 1929, Febvre et Bloch fondent la revue Les Annales d’histoire économique et sociale aux éditions A. Colin et dans l’éditorial du premier numéro, on voit deux objectifs : briser l’esprit de spécialité, promouvoir la pluridisciplinarité et favoriser l’union des sciences humaines et puis ensuite, passer du stade de débats théoriques à la pratique, avec des réalisations concrètes et des enquêtes collectives dans le domaine de l’histoire contemporaine.



  • En 1936, la revue des Annales quitte Strasbourg pour Paris, a de plus en plus de lecteurs, inflige des coups rudes aux historiens traditionnels et inspire les nouveaux chercheurs.



  • A partir de 1946, Febvre prend la direction de la revue, avec une nouvelle équipe et un nouveau nom plus généraliste : Les Annales ESC, qui sera orientée vers l’histoire des mentalités.



  1. Pourquoi une nouvelle vision de l’histoire est-elle nécessaire ?



  • Tout cela débute avec les idées de spécialistes des sciences humaines qui deviendront les fondateurs de cette « nouvelle histoire ».



  • Tout d’abord, nous pourrions parler de Lucien Febvre. Né en 1878, Febvre a une formation d’historien, mais c’est encore l’époque d’une histoire érudite, donc centrée sur la politique et les évènements. A l’époque, il écrit donc sa thèse sur une affaire diplomatique et militaire mais il essaie déjà d’élargir sa vision à la société et à une région, d’où le titre « Philippe II et la Franche-Comté » et le sous-titre  « Etude d’histoire politique, religieuse et sociale » (1911). C’est donc le désir d’une nouvelle histoire.



  • De plus, dans son œuvre, il utilise le genre traditionnel de la biographie mais il confronte ses personnages à la société de leurs temps, et leur fait explorer les mentalités collectives.



  • Cependant, la critique n’apparaît vraiment que lorsqu’il rencontrera Henri Berr, philosophe contre « l’école méthodique » et l’histoire vue comme une érudition. Il sera alors à l’origine de la Revue de synthèse où de nombreux intellectuels feront se rencontrer de nombreuses disciplines des sciences humaines dans lesquelles Febvre verra une réelle unité.



  • C’est aussi une critique des anciennes façons de faire de l’histoire. A travers de nombreux articles, Febvre critiquera ce qu’il appelle « l’histoire historisante » qui est selon lui l’enregistrement d’une suite d’évènements qui se basent seulement sur les documents écrits. Pour lui, il s’agira de ne pas transcrire l’histoire par du document mais de reconstituer le passé avec tout un jeu de disciplines convergentes.

  • Puis, il critiquera également une certaine façon de faire de l’histoire avec des a priori idéologiques et les méthodes de l’école positiviste. En effet, il parlera du « système de la commode », où tout est bien rangé et en ordre, où tout est dosé, avec évidemment en premier tiroir la politique. Febvre conseille alors de ne pas isoler les différents domaines de la réalité sociale et de voir leurs points communs et puis d’inverses la hiérarchie de ces tiroirs : de ne pas aller du politique vers l’économique, mais faire le contraire.

  • Nous pourrions également penser à l’historien Marc Bloch, et à son manuscrit, Apologie pour l’histoire ou Métier d’Historien, qui est une sorte de manifeste de l’école des Annales contre l’école méthodique. Cependant, il est beaucoup moins critique que Febvre à propos de « l’histoire historisante » et apprécie l’érudition au 19ème siècle, même s’il admet qu’elle tourne parfois à vide. Puis il affirme que « le stock de documents » (qu’utilisaient les historiens traditionnels) dont dispose l ‘histoire n’est pas limité.



  1. Vision de l’histoire selon l’école des Annales



  • En effet, Marc Bloch conseille donc de ne pas faire appel à des documents écrits seulement mais d’utiliser des documents non écrits comme des vestiges archéologiques, de faire appel à des sciences voisines telles que l’ethnologie ou la linguistique.



  • Puis, par opposition à la tradition de l’école méthodique, qui montrait par exemple pour l’Histoire de la Russie de Seignobos des histoires de tsars, de tragédies de palais, de bureaucrates-perroquets, Febvre montre une autre histoire, celle des Annales qui montrerait la vie forte, originale et profonde de ce pays en passant par les flux de populations, la vie des fleuves, le transit, les pratiques agricoles des paysans, la naissance et l’origine des villes, leurs institutions, les questions linguistiques et d’autres domaines qui touchent toutes les disciples des sciences humaines et qui abordent tous les aspects des activités humaines.



  • Bloch fera également avancer l’histoire des Annales en s’efforçant de réfléchir sur la méthode de l’histoire en tenant compte du groupe des Annales. Comme Febvre, il affirme qu’on peut utiliser des documents matériaux, archéologiques, artistiques, numismatiques (monnaie) et ainsi, il pressa énormément le développement de l’archéologie après la seconde guerre mondiale.

  • Et en plus d’exploiter de nouveaux documents, il s’appliquera également à découvrir de nouveaux domaines en s’orientant particulièrement vers l’analyse de faits économiques, en liant les structures économiques aux classes sociales (influence de Marx) et il souhaite que l’histoire économique se tourne vers le monde contemporain. Bloch s’appuiera également sur le domaine de la linguistique en étudiant les sémantiques historiques, leur évolution.

  • Bloch sera également à l’origine de la pluridisciplinarité chez les historiens. En effet, il insiste sur la nécessité de donner une solide instruction aux jeunes historiens et dit qu’il leur faudrait apprendre beaucoup plus de disciplines que celles qui existent déjà pour être de vrais professionnels. Cependant, si tant de disciplines ne peuvent pas être regroupées chez un même homme, on peut penser à une alliance des techniques pratiquées par des érudits différents, d’où l’importance d’un travail par équipes avec des spécialistes de domaines différents. C’est là le programme qui sera appliqué quelques années plus tard à l’Ecole pratique des Hautes Etudes avec l’importance pour Bloch de l’unicité des sciences de l’homme.

  • L’Historien de l’école des Annales doit également faire une sorte de purification de ses préjugés, ses sentiments et ses références intellectuelles donc l’école des Annales veut atteindre un savoir objectif. Bloch parlera également de la nécessité d’un perpétuel va-et-vient entre le passé et le présent, qui permettrait d’enrichir nos connaissances sur les sociétés anciennes et d’éclairer la société actuelle.

  • Puis, nous pourrions également penser à Fernand Braudel, qui est également un des fondateurs de l’école des Annales. La thèse de cet historien constituera d’ailleurs le « type-idéal » de la thèse pour des générations d’historiens. En effet, elle est caractéristique de l’esprit des Annales et s’oppose à « l’histoire historisante ». Le sujet principal est un espace maritime, la Méditerranée et s’inspire du dialogue entre les disciplines de l’histoire et de la géographie. Il s’agit alors de faire ce qu’il appelle une géographie humaine rétrospective : obliger les géographes à faire attention au temps et les historiens à s’inquiéter de l’espace. Ainsi, Braudel conçoit la pluralité des temps et voit l’histoire en une décomposition en 3 parties : le temps géographie, le temps social et le temps individuel.

  • Braudel restera fidèle aux orientations de l’école des Annales et comme Febvre et Bloch, prônera l’unité des sciences humaines, une histoire totale et la liaison entre passé et présent. Après la fondation des Annales, l’historien touchera d’ailleurs à beaucoup de domaines différents , montrant ainsi que l’histoire est l’un des métiers les moins structurés de la science sociale donc un des plus ouverts et flexibles. L’histoire, après l’école des Annales, continuera d’ailleurs à se nourrir des autres sciences humaines. Braudel montrera également l’importance du temps dans l’histoire et le fait que l’école des Annales saisit les faits de répétition aussi bien que les évènements, les réalités conscientes, aussi bien que les inconscientes.

  • L’école des Annales ouvrira également la voie à l’histoire économique dès les années 1930. Elle s’appuiera sur des séries de prix de production et de revenus et l’histoire démographique, découverte par l’école des Annales au lendemain de la Seconde Guerre, reposera sur des séries de naissances, de décès et de mariages se rencontrent dans un cadre régional et une durée pluriséculaire ; ces deux méthodes étant également de grandes avancées qui existent grâce à l’école des Annales.

  • Puis, dans la dernière décennie, l’école des Annales passe de la démographie historique à caractère quantitatif, vers une anthropologie historique, plus qualitative. Donc, le groupe des Annales se tournera même vers l’examen du corps et rejoint ainsi l’histoire de la médecine.

  • Nous pourrions alors terminer en remarquant d’ailleurs que dès le début des années 20, Bloch et Febvre étaient intéressés par la préhistoire, le folklore et l’histoire des religions mais que ce n’est qu’à la fin des années 60 que l’école des Annales établit le contact entre l’histoire et l’ethnologie, et ce rapprochement semble d’ailleurs donner de très bons résultats, tout comme tous les apports des différentes disciplines des sciences humaines.

Conclusion

En conclusion, nous pourrions dire que l’école des Annales fut un courant très important dans l’évolution de la discipline de l’Histoire. En effet, grâce à de grands historiens et spécialistes de toutes les autres sciences humaines, l’école des Annales a su s’imposer et se faire valoir. Nous pourrions également remarquer que l’école des Annales a légué à la discipline de l’histoire de nombreux éléments, notamment le courant de l’histoire nouvelle héritière de l’école des Annales, des ouvrages et revues reconnus en histoire et de nombreuses disciplines nouvelles en sciences humaines.

De plus, nous pourrions également voir qu’après un demi-siècle de recherche, cette nouvelle façon de faire l’histoire fut adoptée par la plupart des historiens en France, malgré quelques résistances universitaires et qu’elle influencera même certains historiens à l’étranger (Europe occidentale, Etats-Unis, Amérique Latine).

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