«La part coloniale de l’histoire européenne»





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date de publication03.11.2017
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« La part coloniale de l’histoire européenne »
Catherine COQUERY-VIDROVITCH qui anime cette conférence, propose de voir ce qui se passe entre les Européens et les personnes des colonies. Quelles sont les interrelations entre ces deux groupes ? A quel point l’histoire coloniale est-elle une partie intrinsèque de l’histoire européenne ? Les grandes découvertes ont été le point de départ de l’expansion des Européens. Il s’agit aussi de voir quelle construction de la vision du monde ont les Européens et quels sont les regards des autres sur ces contacts.

Cinquante millions d’Européens partent du continent entre 1840 et 1940 : ce sont le spauvres et les gens les plus inutiles sur le plan économique.
Myriam COTTIAS présente la question de l’esclavage. Au Moyen-âge, la guerre est partout en Europe. On conquiert de nouvelles terres en accaparant l’or et en pratiquant le trafic des esclaves pris en Afrique et déportés sur de nouvelles terres. Il se constitue un trafic d’êtres humains avec un accord entre pays européens. Dans un premier temps, la main d’œuvre était blanche et pauvre et, petit à petit, en raison de la faible rentabilité et de la forte mortalité, ces Européens vont être remplacés par des Africains dans les colonies. Les nations du continent se mettent d’accord sur le type d’exploitation ; la traite est un objet de conflit entre pays.

Aux XVIIè et XVIIIè siècles, la Guerre de Succession d’Espagne a aussi pour objectif de mettre la main sur le trafic d’esclaves africains. Le projet politique se construit au fur et à mesure.
Jakob VOGEL montre que le XIXè siècle se traduit par la très forte influence des Européens qui vont découvrir le monde extérieur et arriver avec des stéréotypes.

C’est une question nouvelle en Allemagne où l’histoire coloniale a longtemps été très secondaire. Il n’y a que quelques spécialistes enfermés sur l’étude des aires culturelles mais cela n’a pas de portée nationale car les Allemands ont perdu leurs colonies avec la Grande Guerre. Dans les années 1950, il y a une réintégration du questionnement sur l’histoire coloniale.
Alain FOREST rappelle que, dès la Renaissance, une partie des richesses qui circule vient d’Amérique latine. Les découvertes sont très importantes mais des relations sont aussi tissés avec l’Asie. Pour les Lumières, les autres peuples partagent des lois communes (cf. Etiemble, L’Europe chinoise).

Pour Benjamin STORA, la question coloniale a disparu après la décolonisation. Elle est revenue dans les sociétés européennes en raison de l’immigration non européennes (10-15 ans). La question est revenue avec la nécessité du présent. Durant les deux Guerres mondiales, la France ne peut exister sans ses colonies (soldats, main d’œuvre). La fabrication de l’identité nationale française passe par la « grande France ». dans les années 1960, la notion de nation évacue le concept d’Empire qui était un des moteurs de la fabrication de l’unité nationale. Ainsi, pour Jakob VOGEL, il est nécessaire d’intégrer tous les pays colonisateurs dans l’étude historique pour voir les similitudes et les différences qui se dessinent.
Dans un deuxième temps, Catherine COQUERY-VIDROVITCH amène les participants à aborder la question de la perception de l’autre et du regard des Européens. Marc H. Piault est l’auteur d’un ouvrage intitulé La colonisation, rupture ou parenthèse ? où il montre le basculement du mouvement (jusqu’aux années 1940, les Européens quittent leur continent ; à partir de 1945, ce sont les autres qui arrivent en Europe)

Alain FOREST montre que la colonisation est construite sur des stéréotypes. Il est difficile de penser les sociétés asiatiques ou africaines comme ayant une histoire et on ne sait penser l’Autre. Edward Saïd dans L’Orientalisme démontre qu’il existe un savoir européen de référence et les autres peuples viennent leur demander ce qu’est la vérité. Il y a de nombreux stéréotypes pour l’Asie, en particulier l’idée que l’Occident va donner du dynamisme à des peuples hédonistes.

Myriam COTTIAS divise la colonisation en deux périodes : une première qui s’étend du XVIè siècle à 1830 et une seconde qui débute à cette date. Se pose le problème de savoir si les colonisés doivent être intégrés dans le discours de l’histoire nationale. Ainsi, il y a une France territorialisée et une France définie racialement (Seignobos : la France est définie par des populations métissées blanches). Dans les colonies, la traite et l’esclavage ont établi une équivalence entre les noirs et les esclaves car ces derniers ne sont que noirs. On construit alors des catégories qui imprègnent l’histoire européenne.

Jakob VOGEL montre la difficulté des débats au XIXè siècle sur l’abolition de l’esclavage alors même que les « méchants arabes » pratiquent la traite et que la traite des blanches affole les populations européennes. En Allemagne, la sociologie ne s’intéresse qu’aux sociétés développées et ethnologie/anthropologie aux pays non européens, ce qui ne simplifie pas les études. A la fin du XIXè siècle, la vision de la nature en Afrique et ailleurs est construite en opposition avec les expériences européennes.

Pour Benjamin STORA, les stéréotypes de représentation connaissent plusieurs périodes. Durant la conquête coloniale (prise d’Alger), on a à faire à un savoir militaire : tous les anthropologues appartiennent plus ou moins aux bataillons de l’armée d’Afrique. Dans les années 1880, le corpus des Républicains sur les indigènes les conduit à éduquer et émanciper mais il y a une grande méconnaissance linguistique et seuls les militaires essayent de connaître les langues au début de la colonisation. La frontière ethnique passe entre Européens et non-Européens. Le second temps est constitué par l’entre-deux-guerres : on construit une représentation par le cinéma et la population européenne domine le cinéma colonial (beaucoup d’images fabriquées dans les déserts et on assiste à un effacement de l’image de l’indigène). A la veille de la décolonisation, on a un effacement total de la figure de l’Autre et c’est une surprise quand éclate les guerres de décolonisation car cette figure n’existait plus.

Catherine COQUERY-VIDROVITCH rappelle que les scientifiques croyaient avoir montré l’inégalité des races au XIXè siècle mais ils l’ont détruit dans les années 1920 (mais cela n’est pas passé dans la population). L’UNESCO, dans les années 1960, édicte pour principe que « l’espèce humaine est une » (cf. Albert Jacquard).

Pour les indigènes, le monde européen est lointain. Le Maghreb est rural à 90% et administré par la France coloniale. Les indigènes algériens découvrent la France avec la guerre ou en 1956 quand les officiers français vont alphabétiser les campagnes.

Le regard de l’autre est porté à partir d’une appartenance religieuse. Benjamin STORA rappelle qu’au Maghreb, le sentiment d’appartenance à la nation musulmane est très fort (regard porté à partir de la communauté musulmane »).

Compte-rendu réalisé par Christophe BARAT

Lycée Jean Moulin, Saint-Amand Montrond

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