Hubert Bonin, professeur d’histoire économique contemporaine à l’Institut d’études politiques de Bordeaux []





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B. Des doutes sur le sort de la Société toulousaine



La réussite de la jeune Société toulousaine est satisfaisante, puisque son fonds de commerce a été préservé et son activité s’avère correcte.


Situation de la Société toulousaine en décembre 1934 (en milliers de francs)




Comptes débiteurs

Comptes courants créditeurs

Dépôts à échéance

Total

73 213

103 407

10 108

Toulouse

18 820

42 033

4 958

Béziers

9 272

21 212

2 112

Montpellier

6 515

21 254

1 960

Perpignan

2 672

12 551

812

Tarbes

1 249

6 357

266


Plusieurs questions se posent au cic. L’une d’elles est d’abord stratégique : est-ce qu’une banque régionale ancrée à Toulouse a vraiment un sens ? est-ce que la place de Toulouse a naturellement vocation à superviser les places de Montpellier et de Béziers, à l’est ? y a-t-il des liens historiques et économiques entre ces places ? est-ce que Toulouse a vocation à animer ces deux places plutôt tournées vers le monde de la vigne ? Par ailleurs, y a-t-il vraiment des liens entre Toulouse et Perpignan ? La seule place avec laquelle Toulouse pourrait correspondre, vers l’amont garonnais et le Piémont pyrénéen, serait Tarbes, mais l’essentiel de ses affaires bancaires dépendant de maisons parisiennes car cette ville a accueilli surtout des firmes ou arsenaux reliées directement à Paris. C’est donc la dimension « naturelle », « économique » de la place de Toulouse qui suscite des doutes : une chose est la supervision administrative courante ; une autre est de se constituer en pôle d’affaires : ce que Courtois a entrepris dans les années 1920 est-il reproductible ? et Courtois elle-même n’effectue pas l’essentiel de son chiffre d’affaires sur Toulouse même ?
Des questions tactiques surgissent ensuite : est-ce que la matière bancable est suffisante à l’échelle du très grand Sud-Ouest pour justifier de l’existence de plusieurs banques régionales ? Or la place toulousaine est cantonnée à l’ouest par la Société bordelaise de cic et (sur Agen) par Guilhot ; au nord-ouest par Tarneaud, la banque de Limoges ; à l’est par la Société marseillaise de crédit et, désormais, par la Société lyonnaise de dépôts ; sur place même, Courtois affirme une prépondérance que n’a pas remise en cause les aléas subis en 1931-1932, et la famille ne souhaite pas se dégager de son alliance avec la BUP.


millions de francs

Courtois

Société toulousaine

Comptes à vue







1934

24,6




1935

21,8

103,4

1936

23




Dépôts à terme







1934

14,1




1935

13,6

10,1

1936

13,2




Comptes courants débiteurs







1934

23,5




1935

23,3

73,2

1936

23,3





Ces interrogations deviennent d’autant plus vives que le cic doit « passer la paille de fer » dans tout son groupe pour surmonter les difficultés gestionnaires causées par la dépression économique : c’est, comme dans toutes les banques, une chasse aux frais généraux. Or, à la Société toulousaine, « des cinq groupes d’agences, seul celui de Toulouse a été bénéficiaire » pendant le premier exercice de dix-huit mois en 1931-1932 et les profits courants sont consumés par des amortissements de créances irrécouvrables58. « Le groupe régional de Toulouse fournit des résultats satisfaisants [en 1934]. Supportant plus de 2,5 millions de francs de frais généraux, il assurera 500 000 francs de bénéfices nets qui compenseront vraisemblablement les déficits d’exploitation accusés par les succursales de la région viticole. »59 La profitabilité courante de la jeune banque reste modeste, voire insignifiante, faute d’un beau portefeuille de clients, par exemple dans le négoce et dans l’industrie ; et, même si elle n’est évoquée dans aucun document, la concurrence avec Courtois a dû être farouche, puisque les Courtois ont dû s’arc-boutés sur leur fonds de commerce, sans lâcher prise. Est-ce que le transfert sur Toulouse de la direction, la mise sur pied d’une réelle institution régionale, avec son conseil d’administration, ne seraient pas la cause de frais généraux excessifs face à la faible profitabilité de ce réseau ?
Pourtant, une politique de gestion rigoureuse est menée : des bureaux trop faibles sont fermés (Lézignan60, Cahors, Mazamet ; en 1936 : Narbonne, Perpignan, Sète), des cadres remplacés61. Soit la concurrence y est trop forte ou les risques trop lourds ; soit la crise de la viticulture y rend aléatoire la maîtrise des risques, malgré l’aide du département du cic spécialisé dans l’économie vinicole62. La Société toulousaine subit des difficultés courantes que la crise rend plus aiguës encore : le fonds de commerce est amoindri par l’effondrement de l’économie viticole de l’Hérault, des Pyrénées-Orientales et de l’Aude, au point que le cic envisage en 1936 de fermer d’un coup toutes les agences situées en région viticole ; ainsi, « à propos des crédits de la région de Frontignan, les comptes sont débiteurs à l’état permanent. Le mouvement est assez important, mais il s’agit véritablement de commandite »63. Même de bons clients vacillent, comme les Salins du Midi64 ou des négociants, qui s’effondrent ici et là, ce qui ébranle les places bancaires méridionales.65 La collecte de dépôts pâtit de la crise de confiance envers le système bancaire et de la concurrence des Caisses d’épargne qui en est la conséquence ; des agences sont mal situées par rapport aux flux de chalandise ; les effectifs paraissent surabondants par rapport au mouvement d’affaires, surtout après que les mesures sociales du Front populaire ont alourdi les frais de gestion. Enfin, la direction parisienne parvient mal encore à maîtriser un réseau qui est constitué autour de petits fiefs où les dirigeants disposent de trop d’autonomie à cause de l’ancienneté de leur présence à leur poste.

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