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Communication au colloque Histoire et gestion, CRG, IAE, Toulouse, novembre 2003 : “ Mesure (s) ”
Béatrice Touchelay

Maître de conférence en histoire contemporaine,

Université de Paris XII - Val De Marne

Adresse personnelle

20, rue St Ambroise

75011 Paris

beatrice.touchelay@wanadoo.fr
Cinquante ans d’indice des prix de détail en France, des 13 aux 250 articles : un apprentissage scientifique et politique

Résumé

La mesure de l’évolution des prix n’a rien d’évident. Son développement est révélateur de l’affirmation de la statistique publique, de l'efficacité des politiques de prix et de salaires et de l'état de l'opinion à l'égard de la quantification. La diffusion de l'indice suppose un accord entre les statisticiens qui l'élaborent, les gouvernants qui l'utilisent pour évaluer leurs politiques, les syndicats professionnels, les particuliers et les producteurs qui adaptent leurs décisions à ces repères.

Le premier indice des prix de détail est calculé par la Statistique Générale de la France (SGF) et il est publié en 1916. Il retient 13 articles de consommation courante. Le besoin de disposer d’un indicateur plus précis pendant la crise des années 1930 fait calculer un indice des 34 articles.

Le service central de statistique s’étoffe de façon décisive pendant l’Occupation. L'amélioration des méthodes d'enquêtes puis la création de l’INSEE en 1946 permettent de définir un indice des prix de détail de 213 articles. L'indice devient la référence de l'évolution du salaire minimum garanti à partir de 1952. Il est rapidement victime du mécanisme de l’échelle mobile et offre un bon exemple d’instrumentalisation de la mesure. Les statisticiens dénoncent vainement les manipulations gouvernementales qui condamnent leur indice à une obsolescence précoce. Ces manipulations révèlent les difficultés de l’apprentissage des milieux politiques et de l'ensemble des partenaires à la mesure statistique. L'histoire de la mesure officielle des prix est un épisode du combat qui oppose la France des mots et la France des chiffres depuis plus d'un siècle.
Le premier indice des prix de détail français est calculé par la Statistique Générale de la France (SGF) en 1916. Son champ est limité à quelques produits de première nécessité et de définitions simples (13 articles). A mesure de l’affirmation d’une volonté politique de réguler les marchés, les éléments d’appréciation du niveau des prix et de son évolution s’améliorent. La SGF publie un nouvel indice dans les années 1930 qui prend en compte 34 articles. Les progrès sont freinés par l’insuffisance des crédits attribués à la SGF. Dépourvus de relais en province, les statisticiens ne peuvent ni contrôler la fiabilité des informations sur l’évolution des prix de détail qu’ils reçoivent, ni organiser des enquêtes pour connaître les habitudes de consommation.

Le changement intervient pendant l’Occupation. La SGF est absorbée par un nouveau Service National de Statistique (SNS) décentralisé et fortement outillé. Les innovations du SNS en matière de collecte et de traitement des données et l’importance de ses effectifs aboutissent à des études pionnières. Les conditions sont alors réunies pour améliorer la connaissance de l’évolution des prix de détail et de la consommation des ménages.

A la Libération, l’Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques (INSEE) succède au SNS. Ses spécialistes calculent un indice des prix de détail à Paris (213 articles) qui s’appuie sur de solides enquêtes de consommation et sur des relevés de prix d'une précision incomparables avec l’avant guerre. Les changements sont plus longs à obtenir en province où les Directions régionales (DR) s'étoffent avec lenteur. L’INSEE continue à publier deux indices des prix de détail, l’un pour Paris et l’autre pour la province. A partir de 1952, le Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG) est indexé sur l’indice des 213 articles. Les poussées inflationnistes de la Quatrième République et la volonté des gouvernants de tenir l’indice font peser de lourdes pressions sur l’INSEE. Le gouvernement finit par lui imposer le calcul et la publication d'un indice - SMIG (179 articles) qui coexiste avec l'indice des prix de détail établi à des fins d'informations.

Pour défendre la vocation scientifique de leur institution, les statisticiens établissent un nouvel indice des prix de détail beaucoup plus ambitieux que ses prédécesseurs (250 articles). Les Autorités politiques ne les autorisent pas à publier cet étalon scientifique en parallèle avec l'indice gouvernemental avant 1962. Cette date marque la fin d’un apprentissage : celui des statisticiens qui sont parvenus à établir une mesure des variations des prix de détail dont la qualité scientifique est incontestable et celui des dirigeants politiques qui ont pris conscience de la faible efficacité des manipulations de l'indice. La présentation des péripéties des cinquante premières années de l'indice des prix telle que la perçoivent ses producteurs - statisticiens souligne les difficultés de cet apprentissage1.

I. L’apprentissage : 1908 - 1944

Le calcul d’un indice de prix de détail pose non seulement des problèmes techniques (définition des produits retenus, organisation des relevés de prix, etc.), mais il suppose également de connaître les habitudes de consommation de la population dont il est censé appréhender le pouvoir d’achat. Or, jusqu’au début du XXè siècle, les études des budgets familiaux proviennent d’initiatives isolées et leurs résultats ne sont pas homogènes2. Il faut attendre les premières pressions inflationnistes des années 1910 pour que la SGF publie des éléments d’appréciation sur la consommation et mette au point le calcul d’un indice des prix de détail. Une nouvelle étape est franchie au cours de la décennie suivante lorsque les pratiques d’indexation des salaires obligent à définir des budgets types et à calculer un indice des prix de détail plus élaboré.

Jusqu’aux années 1920

La connaissance des budgets familiaux se développe tardivement en France. Le stade des monographies descriptives et localisées n’est dépassé qu’en 1907. Maurice Halbwachs utilise alors des variables uniformes qui peuvent être croisées pour définir précisément les groupes auxquels il s’intéresse3.

Parallèlement, les responsables politiques réclament des informations à la SGF pour éclairer les problèmes sociaux. Cette petite administration rattachée au ministère du Travail ne répond qu’imparfaitement. Elle n’a pas de renseignement précis sur la consommation mais elle dispose de séries de salaires et de prix de détail (parisiens) établies avec des données provenant d’intermédiaires4.

En 1907, la SGF fait une première enquête sur la consommation de 800 familles ouvrières de Paris. Elle définit ensuite des budgets types représentant les consommations moyennes de plusieurs catégories de familles de salariés. Le rapprochement des séries de salaires de celles des prix des produits alimentaires et des loyers à Paris lui permet de fournir une première estimation de l’évolution du pouvoir d’achat d’un ménage type sur une période de près de cent ans. Ses résultats sont publiés en 19115.

En 1914, la SGF organise une enquête nationale sur les dépenses de consommation des familles de revenu modeste. Les personnes interrogées sont choisies parmi les connaissances des enquêteurs. Elles notent les dépenses familiales dans un carnet de compte pendant une semaine. L’échantillon est peu représentatif mais la technique du carnet de compte est une innovation importante qui sert encore aux enquêtes de consommation actuelles. L’entrée en guerre en août 1914 ralentit l’exploitation de l’enquête. Ses résultats ne sont pas publiés avant 1916.

La SGF n’entreprendra pas de nouvelle enquête de consommation entre les deux guerres. Elle ne sera pas chargée non plus de la définition des budgets types qui seront alors calculés. En 1911 cependant, la SGF cherche à établir un premier indice des prix de détail pour satisfaire les demandes de la Commission de lutte contre le chômage industriel qui souhaite réagir à l’importante hausse des prix constatée dans plusieurs régions.

La SGF organise la collecte d’informations régulières. Elle relève les tarifs d’une quinzaine de denrées de première nécessité sélectionnées à partir des résultats de l’enquête de consommation de 1907 à Paris (prix des pensions payées par un ouvrier célibataire, alimentation, etc.) et charge les maires des villes de plus de 10 000 habitants d’effectuer les relevés en province. Dès 1912, la collecte est semestrielle en province puis elle devient trimestrielle en 1916.

En 1917, la formation du service d’observation des prix de la SGF et un appoint en personnel permettent d’organiser des relevés mensuels dans la capitale.

Ces relevés servent au calcul de l’indice des prix de 13 articles (dont 11 alimentaires) à Paris (calcul mensuel, base 100 juillet 1914) et dans chaque ville de province de plus de 10 000 habitants et dans six régions (calcul trimestriel, base 100 août 1914). Ces indices sont publiés à partir de 19166.

Tableau 1. Composition de l’indice des 13 articles

Articles

Articles

Pain

Pommes de terre

Viande de boucherie

Légumes secs

Porc

Sucre

Beurre

Huile comestible

Œufs

Pétrole

Lait

Alcool à brûler

Fromage



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