Le mot panthéon désigne au choix deux types de lieux : l'un antique, l'autre étant le monument où reposent les grands hommes d'une nation. C'est cette dernière





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date de publication04.11.2017
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Le Panthéon

Introduction
Le mot panthéon désigne au choix deux types de lieux : l'un antique, l'autre étant le monument où reposent les grands hommes d'une nation. C'est cette dernière définition qu'il convient évidemment d'associer au Panthéon de Paris, surplombant la colline Sainte-Geneviève, au cœur du 5e arrondissement. C'est un monument dont les différentes destinations successives, sa décoration, les inscriptions et les symboles qui y figurent, permettent de parcourir la construction de la nation française. Qu'est-ce qui fait l'originalité et le caractère presque « vivant » de ce monument de l'Histoire de la France ? L'analyse dans un premier temps de l'évolution symbolique de son architecture, puis la démonstration que ce lieu se pose en facteur et représentant de l'identité nationale nous aideront à préciser sa spécificité. Enfin dans une dernière partie, nous étudierons le lieu de mémoire collective qu'il est devenu en même temps qu'on lui donnait l'appellation de « temple républicain ».
Conclusion
Le Panthéon, depuis deux siècles, subit les aléas du temps et de l'histoire tout en restant acteur de la vie sociale, politique et culturelle de la France. Parmi les monuments vieux de plus d'un siècle, il en est peu qui gardent un sens « actif » de nos jours, faisant que les français ne le considèrent pas seulement comme un lieu historique, auquel on aurait donné une fonction culturelle, mais comme un monument encore empreint d'un rôle futur. Si tant est qu'il y aie d'autres grands hommes. Ce symbole construit de toutes pièces par les hommes d'une Nation est ainsi un lien entre le passé et le présent, rattaché à toutes les époques de la France contemporaine, mais qui place ceux qu'il abrite sur une trône intemporel.

I ) Une évolution architecturale symbolique.
A, Héritages
L'ancienne église sainte-Geneviève ayant été commandée du temps de Clovis, ce ne sont presque plus que des ruines que l'on trouve au sommet de la colline Sainte Geneviève au milieu du 18e siècle. C'est pourquoi Louis XV fait appel à l'architecte Jacques-Germain Soufflot afin de la rénover. Cependant, le décès de celui-ci en 1780 retarde la construction qui est terminée à l'orée de la Révolution.

L'édifice, malgré les changements dus à la demande d'assouplissement des plans par le clergé, reste en forme de croix grecque et est couronnée par un triple dôme supportant un lanterneau.

Emblématique d'un renouveau architectural tout autant que d'une recherche expérimentale dans l'esprit de la démarche du siècle des Lumières, le projet de Soufflot tient de la synthèse de deux systèmes esthétiques très différents : le classicisme grec et le style gothique. C'est le premier bâtiment qualifié d'éclectique par deux autres architectes contemporains de renom. Par dessus les colonnes corinthiennes du portique, on trouve un fronton triangulaire réalisé par David d'Angers, et qui représente au centre la République donnant la Liberté, protégeant à sa gauche les Sciences et à sa droite l'Histoire. Il est le symbole le plus visuel de la nouvelle utilisation en Panthéon.

B, La Croix ou le Drapeau : un symbolisme complexe mais identitaire

En fonction des différents régimes installés tour à tour depuis la Révolution, ce qui trône par dessus le lanterneau est modifié de multiples fois, symbole des différentes situations politico-culturelle que connais la France. Ce sont donc tour à tour une croix provisoire, la statue d'une femme embouchant une trompette (monarchie de juillet), une croix en bronze (Napoléon III), le drapeau rouge des Communards et pour finir une croix en pierre de 1,5 tonnes et de 4m de hauteur qui ornent le sommet du panthéon. Cette dernière croix est conservée sous la IIIe République laïque, dans un monument rétabli comme laïc par la force de Jules Grévy lors de la mort de Victor Hugo en 1885, car on la considère alors, à la fois comme un symbole du passé chrétien de la France et de l'ancien usage du bâtiment. L'acceptation de ce passé par la République est lourde de sens quant à l'héritage identitaire des français du début du 20e siècle, en particulier ceux nostalgiques de la France chrétienne.

C, Un monument destiné à évoluer avec les grands hommes

Les grands hommes sont désignés comme tels par les hommes possédant le pouvoir politique, l'évolution des résidents du Panthéon n'exclue donc en aucun cas une évolution parallèle du bâtiment lui-même : son architecture ainsi que les décorations intérieures en sont les principaux témoins. Napoléon a ainsi fait peindre l'apothéose de sainte Geneviève, peinture dans laquelle il figure amplement et comme l'homme à l'initiative du Code Civil. Par ce biais, l'Empereur s'assure de sa pérennité dans ce lieu, même si la peinture est retouchée avec le changement de régime. De même, quand l'Église est réhabilitée, le fronton est modifié en conséquence. Il représente maintenant une croix de pierre au milieu de rayons fulgurants ; la formule « Aux grands hommes la patrie reconnaissante » est remplacée par l'inscription « D.O.M. sub invocat. S. Genovefae. Lud. XV dicavit. Lud. XVIII restituit ». Si le bâtiment traverse les époques, ce sont certains de ses composants qui montrent l'influence de l'Histoire de France. Toutefois, depuis la mise en place de la 5e République, on note une stabilité nouvelle de l'architecture et des éléments d'habitude transformés d'un régime à un autre.
II ) Un lieu de l'identité nationale.
A, Héritages
La "montagne" Sainte Geneviève tient son nom de l'héroïne légendaire qui sauva Paris des invasions barbares du Ve siècle, et qui y fut inhumée en 512. Clovis et son épouse y furent également inhumés d'après leur propre choix. Ainsi, même avant l'apparition officielle du Panthéon, ce lieu peut déjà être considéré comme un élément du patrimoine français.

Il se passe presque cent ans avant que l'inscription « Aux grands hommes la Patrie reconnaissante » ne soit définitivement apposée sur le fronton du Panthéon. Durant cette période, le bâtiment oscille maintes fois entre la fonction d'Église en hommage à sainte Geneviève (les deux restaurations, le premier et le second empire), et celle de lieu d'inhumation des grands hommes. Pour mieux comprendre les enjeux mais également le sens transcendant de ce haut lieu malgré ses transformations régulières, il est utile d'avoir recours à l'anecdote suivante. Lors de la première restauration, on proposa à Louis XVIII de retirer Voltaire du Panthéon à cause de son anticléricalisme affirmé, la réponse du roi resta célèbre : Laissez-le, il est bien assez puni d'avoir à entendre la messe tous les jours.
B, Un lieu représentant la « réflexion nationale sur sa propre Histoire »
Le Panthéon de Paris est non seulement un élément fondamental de l'Histoire de France depuis la Révolution Française, mais il est également le miroir d'une réflexion nationale sur la vision qu'on les français de leur pays à un moment ou à une époque précise. Ainsi le Panthéon définit la position commune des français vis-à-vis d'une personnalité historique, c'est à dire le regard qu'ils portent sur leur propre histoire. C'est pourquoi plusieurs personnalités, telles que Mirabeau ou Marat, ont pu être retirées du mausolée après la découverte de certains faits ou évennements étant survenus après leur inhumation. De même, celle de Zola fût au centre de débats intenses dans la IIIe République, car son positionnement dans l'Affaire Dreyfus représentait plus qu'un simple débat de justice : il représentait une certaine vision de la France républicaine.
C, Une base spirituelle et concrète à l'esprit des Lumières
La décision des révolutionnaires français de transférer les restes de Voltaire, puis de Rousseau, au Panthéon marque pour eux l'affirmation d'une filiation avec le siècle des Lumières, à travers l'une des premières cérémonies révolutionnaires. L'immortalisation de Voltaire en un tel lieu est chargée symboliquement. Elle inscris géographiquement, culturellement (arts, architecture), socialement et politiquement dans la mémoire collective et le patrimoine français les idées de la Révolution, qui ponctuent l'ensemble de la société française jusqu'à nos jours. Les différentes appellations du Panthéon en sont par ailleurs également imprégnées : « le Temple de la Gloire » sous la monarchie de Juillet, le « Temple de l'humanité » sous la 2nde République, enfin le « Temple Républicain » à partir de la IIIe République.
III ) Le « Temple Républicain », lieu de mémoire collective.
A, Un « centre d'insurrections » républicain
Depuis plus de 200 ans, le Panthéon a été témoin de nombreuses scènes de l'histoire de France. Par sa situation dans le quartier Latin, il est aux premières loges dès que quelques manifestants décident de transformer un mécontentement en révolution. On fait aussi appel à son « esprit » pour commémorer un événement, ou quand on estime l'intégrité de la France en danger. Ainsi le Panthéon est un bâtiment fondamentalement commémoratif de la Révolution Française, puis des Journées de juin 1848. Plus tard encore, les Communards, en en faisant leur quartier général, reprennent symboliquement au clergé ce haut lieu qu'il avait « usurpé »(Auguste Vacquérie, 29 mars 1871) au profit du catholicisme impérial sous Napoléon III. Dans les combats avec l'armée versaillaise, le Panthéon faillit être détruit dans le sillage de la Commune. Pendant le mois d'août 1944, le Panthéon et le quartier Latin sont le théâtre de combats opposants les Allemands et les Résistants puis les soldats des armées de libération. Enfin, le 10 mai 1968, des barricades sont élevées le long de la rue Soufflot.
B, Les panthéonisations « au service » des gouvernements républicains au 20e siècle
S'il n'y a eu qu'un seul président de la République inhumé au Panthéon (Sadi Carnot en 1984), ceux qui y figurent sont pour nombre d'entre eux des Hommes politiquement engagés. Cet engagement est, semble-t-il, la plupart du temps nécessaire au rendu de l'hommage de grand homme à une personnalité. Quelles raisons à cela? Tout d'abord parce que les choix politiques des grands hommes ont été approuvés, soit par l'Histoire, soit par les gouvernements au pouvoir après leur mort. Cette condition est la plus fréquemment remplie par les « résidents » du Panthéon, ainsi en plus son œuvre colossale et de sa célébrité, Hugo était très engagé du côté républicain tout le long du 19e siècle. De même que Zola a été celui qui a fait le choix de défendre publiquement le cas d'Alfred Dreyfus, c'est ce choix qui en a fait un grand homme, « le véritable héros » et non la « victime » (R. Badinter).

L'influence de ceux qui décident de l'entrée d'une personnalité au Panthéon est importante, elle peut aider à l'ancrage symbolique d'un gouvernement, comme avec l'inhumation de Jean-Jaurès par Léon Blum et le Cartel des Gauches, ou encore celle de René Cassin (rédacteur de la DDHC) par Mitterrand. Ces panthéonisations représentent alors également des visions de la France propres aux décideurs, et le Panthéon est d'autant plus « un haut lieu de la sacralité institutionnelle » (Pierre Nora, Les lieux de mémoire).
C, L'hommage de la Nation
L'attribution de l'hommage de « grand homme »

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