Résumé Les historiens de la Seconde Guerre mondiale ont toujours eu du mal à appréhender les comportements des Français. À côté de la Résistance et de l’opinion, l’emprunt du mot «résilience»





télécharger 68.35 Kb.
titreRésumé Les historiens de la Seconde Guerre mondiale ont toujours eu du mal à appréhender les comportements des Français. À côté de la Résistance et de l’opinion, l’emprunt du mot «résilience»
page1/4
date de publication04.11.2017
taille68.35 Kb.
typeRésumé
h.20-bal.com > histoire > Résumé
  1   2   3   4

Résistance, résilience et opinion dans la France des années noires


Denis Peschanski*

Centre d'histoire sociale du XXe siècle

CNRS UMR 8058 Université - Panthéon-Sorbonne Paris 1
9 Rue Malher 75181 PARIS CEDEX 04
http://histoire-sociale.univ-paris1.fr/

hal-00325928_v2**

Pour citer ce document en archives ouvertes [OAI AO-CSD]


Peschanski Denis, 2009-02-17, « Résistance, résilience et opinion dans la France des années noires », oai:hal.archives-ouvertes.fr:hal-00325928_v2, http://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00325928/fr/ [Document auteur augmenté AO-HAL, preprint 2005, publié in Psychiatrie française, vol. XXXVI, 2/05 (Résister, Annie Gutmann dir.), février 2006, pp.194-210]

Résumé


Les historiens de la Seconde Guerre mondiale ont toujours eu du mal à appréhender les comportements des Français. À côté de la Résistance et de l’opinion, l’emprunt du mot « résilience », proposé ici dans une acception bien spécifique, permet de rendre compte des comportements de distance, de refus, de contestation visant l’occupation mais ne relevant pas de la Résistance, comportements qui témoignent et participent de la reconstruction de l’identité individuelle et collective.

Histoire; Seconde Guerre mondiale; France; résilience; opinion; Résistance; Vichy

Abstract

Resistance, resilience and opinion in the France of the dark years


Historians of the Second World War have always had difficulty in apprehending the behavior of the French. On the side of the Resistance and in public opinion, the borrowed word “resilience” proposed her with a very specific meaning, makes it possible to account for the behaviors of distance, of refusal, of challenge to the occupation, but which are not a part of the Resistance, behaviors which are witness to and which participate in the reconstruction of individual and collective identity

History; Second World War; France; Resilience; Opinion; Resistance;; Vichy

Longtemps l’histoire du très contemporain a dû mener bataille pour affirmer sa légitimité. Contestée par l’existence de la sociologie, de la science politique ou, sur un autre registre, du journalisme, elle a gagné ses galons en montrant qu’il était possible, et nécessaire, de questionner les périodes les plus récentes avec les outils de l’historien. Dans le cas français, la mise en place d’une institution à elle consacrée, mais aussi l’actualité récurrente de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale et du communisme accompagnée d’une demande sociale d’expertise ont participé à cette nouvelle légitimation. Puisqu’il sera beaucoup question de définitions ici, nous ne souhaitons pas retenir l’expression d’ « histoire du temps présent » car elle néglige les temporalités et institue la présence au moins potentielle du témoin comme consubstantielle. La notion de « très contemporain » a pour premier avantage de combler une lacune très française puisque nous sommes l’un de rares pays où le contemporain débute à la fin du XVIIIe siècle et non pendant la Première Guerre mondiale. Mais la notion permet de mieux rendre compte du double mouvement du poids du passé dans l’écriture au présent et du poids du présent dans l’écriture du passé, mais aussi le tout imbriqué dans une appréhension des acteurs pris eux-mêmes entre perceptions du passé, du présent et des horizons d’attente1.

Pour reprendre une formule de Pierre Laborie, le principal défi consiste à donner de l’étrangeté à un monde si proche. Il est plus manifeste encore quand il s’agit de la France des années noires. C’est pourtant une des périodes de l’histoire de France qui a connu le plus d’avancées, le plus de territoires nouveaux explorés par une école historique française en pointe dans la suite de la révolution paxtonienne des années 19702.

L’approche a aussi évolué quand on s’est penché sur l’opinion ou sur la Résistance. Alors que Robert Paxton s’était polarisé sur l’État, les travaux récents articulent, dans une complexité croissante, comportements et représentations, société et sub-société clandestine, État et société civile. Quant à l’actualisation des études sur la mémoire de la guerre, elle doit d’abord permettre de revisiter les constructions globalisantes et permettre de penser la différence. Tout s’est joué dans la balance entre action et opinion. Longtemps on s’est polarisé sur l’opinion et, devinant avant de prouver que les Français étaient d’emblée, dans leur grande majorité, contre l’occupation et pour la libération du territoire national, le dérapage s’est fait de l’opinion à l’action et constituait la Résistance en phénomène de masse : la légende rose trouve là sa source. Quand, au milieu des années 1970, on a dérapé, à l’inverse, de l’action à l’opinion en partant du constat, non moins avéré, que la Résistance était le fait d’une minorité, on est tombé dans la légende noire : les Français tous collabos.

Il était donc essentiel de penser dans la différence l’action (la Résistance) et l’opinion. Ce qui fut fait. Mais un chaînon manque qui doit nous aider à mieux penser l’articulation entre les deux, après avoir pensé leur différence. Il manque pour désigner des formes d’opposition, des comportements de rejet, de distance, de dissidence qui ne relèvent pas de la Résistance, mais aussi pour mieux appréhender la reconstruction de l’identité nationale et sociale qu’elles accompagnent et révèlent.

J’ai choisi le terme de « résilience » pour le caractériser. Il s’agit ici à la fois d’expliquer la nécessité d’un concept complémentaire et d’en préciser les contours qui le rendent opératoire.
  1   2   3   4

similaire:

Résumé Les historiens de la Seconde Guerre mondiale ont toujours eu du mal à appréhender les comportements des Français. À côté de la Résistance et de l’opinion, l’emprunt du mot «résilience» iconRésumé Les historiens de la Seconde Guerre mondiale ont toujours...
«Résistance, résilience et opinion dans la France des années noires», oai: hal archives-ouvertes fr: hal-00325928 v1, 2008-09-30...

Résumé Les historiens de la Seconde Guerre mondiale ont toujours eu du mal à appréhender les comportements des Français. À côté de la Résistance et de l’opinion, l’emprunt du mot «résilience» iconLe chant des partisans
«Marseillaise de la Résistance», est devenu l’hymne de la Résistance durant la Seconde Guerre Mondiale

Résumé Les historiens de la Seconde Guerre mondiale ont toujours eu du mal à appréhender les comportements des Français. À côté de la Résistance et de l’opinion, l’emprunt du mot «résilience» iconLes historiens et les mémoires de la Seconde Guerre mondiale en France
«résistancialiste» est dominante. Puis dans un second temps, du début des années 1970 jusqu’à 1995, un travail historique mène à...

Résumé Les historiens de la Seconde Guerre mondiale ont toujours eu du mal à appréhender les comportements des Français. À côté de la Résistance et de l’opinion, l’emprunt du mot «résilience» iconConcours national de la resistance et de la deportation 2008
«L’aide aux personnes persécutées et pourchassées en France pendant la Seconde Guerre mondiale : une forme de résistance» (bo n°17...

Résumé Les historiens de la Seconde Guerre mondiale ont toujours eu du mal à appréhender les comportements des Français. À côté de la Résistance et de l’opinion, l’emprunt du mot «résilience» iconCours La Fontaine, 2009 2010 «Le bilan de la Seconde Guerre mondiale (1945 1947)»
«Grande alliance» de 1941. La Seconde Guerre mondiale est bien finie : la «Guerre froide» commence

Résumé Les historiens de la Seconde Guerre mondiale ont toujours eu du mal à appréhender les comportements des Français. À côté de la Résistance et de l’opinion, l’emprunt du mot «résilience» iconComment la presse exerce-t-elle une influence prépondérante a²²uprès...

Résumé Les historiens de la Seconde Guerre mondiale ont toujours eu du mal à appréhender les comportements des Français. À côté de la Résistance et de l’opinion, l’emprunt du mot «résilience» iconRapport des sociétés à leur passé Etude de cas – L’historien et les...
«Paris»; 3 fois «libéré»; 6 fois «France». Toute la France a été résistante et unie dans la Seconde Guerre Mondiale, à l’entendre...

Résumé Les historiens de la Seconde Guerre mondiale ont toujours eu du mal à appréhender les comportements des Français. À côté de la Résistance et de l’opinion, l’emprunt du mot «résilience» iconCalendrier des séances de cinémas p9 Les tsiganes pendant la seconde...
«Une mémoire française : les tsiganes pendant la seconde guerre mondiale, 1939-1946»

Résumé Les historiens de la Seconde Guerre mondiale ont toujours eu du mal à appréhender les comportements des Français. À côté de la Résistance et de l’opinion, l’emprunt du mot «résilience» iconBilan et memoires de la seconde guerre mondiale en france
«devoir de mémoire» cristallisé dans des revendications catégorielles ou communautaristes, mais bien un devoir d'histoire, un devoir...

Résumé Les historiens de la Seconde Guerre mondiale ont toujours eu du mal à appréhender les comportements des Français. À côté de la Résistance et de l’opinion, l’emprunt du mot «résilience» iconL’invasion de la Pologne par l’Allemagne provoque la guerre. En quoi...
«solution finale». Ces atrocités, découvertes après la libération des camps par l’armée rouge en 1944, ont été qualifiées de crimes...






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
h.20-bal.com