L'Empire russe dans la Première Guerre mondiale à travers l'historiographie et l'histoire politiques en Pologne





télécharger 40.29 Kb.
titreL'Empire russe dans la Première Guerre mondiale à travers l'historiographie et l'histoire politiques en Pologne
date de publication22.10.2016
taille40.29 Kb.
typeDocumentos
h.20-bal.com > histoire > Documentos
L'Empire russe dans la Première Guerre mondiale à travers l'historiographie et l'histoire politiques en Pologne

Par D.V. Karnaoukhov (Université technique d’État, Novossibirsk)

Certains chercheurs estiment que la formation des idées pro-européennes polonaises et de l'identité nationale est étroitement liée à un sentiment anti-russe, en faisant « usage de l'histoire politique et de la mémoire historique dans la politique contemporaine de la Pologne en Europe en vue d'une confrontation avec la Russie et son héritage historique »1.
Cette tendance peut se retrouver également dans l'approche polonaise des événements de la Première Guerre mondiale. Pour la comprendre, il est essentiel de s'intéresser au rôle joué par la Pologne dans ce conflit si important dans l'Histoire européenne, ainsi que les facteurs qui ont déterminé la politique historique de ce pays à différents stades de son développement, depuis 1918 jusqu’à nos jours.
L'historiographie de la Première Guerre mondiale et la mémoire de celle-ci en Pologne est étroitement liée au culte de l'événement le plus important de l'histoire moderne du peuple polonais : la renaissance de l’État. En particulier, l'attitude des Polonais envers le conflit témoigne de l'ambiguïté du rôle de leur pays dans cet événement. Il n'est pas aisé de savoir précisément de quel coté était la Pologne, parce que les Polonais, étant sujets de puissances militaires ennemies, ont combattu au sein des armées russe, allemande et austro-hongroise sur le front oriental, et ont également participé au sein de l'armée française aux combats du front occidental.
Avant et pendant la guerre, les élites polonaises ont été divisées en deux camps, qui ont soutenu l'un des deux cotés, attendant avec intérêt une solution à certains problèmes relatifs à la « question polonaise », qui serait acceptable pour les pays qu’ils avaient soutenu. A ce titre, on peut parler de scénarios « russe » et « austro-hongrois », que soutenaient, pour des raisons de solidarité au sein des coalitions, la France et la Grande-Bretagne pour l'Entente, et l'Allemagne pour les Puissances centrales.
Le scénario « russe » pour le règlement de la question polonaise se reflète dans le manifeste publié le 14 août 1914 par le Commandant suprême des forces terrestres et navales russes, le Grand-duc Nikolaï Nikolaïevitch, et évoquait l'unification de toutes les terres revendiquées par les Polonais, auxquelles serait offerte une large autonomie au sein de l'Empire. Parmi les politiciens polonais, un des plus favorables à l'orientation vers la Russie était Roman Dmowski. Il voyait en la Russie une protectrice de la Pologne face à la menace allemande, et aussi une force capable de reprendre les terres polonaises arrachées par la Prusse et l'Autriche à la suite de la partition de la Pologne à la fin du XVIIIe siècle2. L'émergence d'un groupe d'hommes politiques polonais prorusses s'explique par la crainte de la germanisation et les relations traditionnelles d'amitié de Saint-Pétersbourg envers les Polonais exilés en France. Selon A. Achmatovitz, la loyauté des sujets polonais envers la Russie a joué un rôle important dans les premières années de la guerre. La population a soutenu l'armée russe et les Polonais n’ont pas cherché à échapper à la mobilisation, n'ayant pas répondu aux appels à un soulèvement anti-russe3. Parallèlement à cela, la politique de l'Empire russe de 1914 à 1916 est reconsidérée, de manière critique, dans l'historiographie polonaise moderne: on y souligne le manque de « la plus haute » garantie quant à l'avenir de la Pologne après-guerre, ainsi que la perte d'intérêt pour la question polonaise après la campagne militaire russe infructueuse de l'année 1915 et la retraite du territoire polonais opérée par les armées impériales après cet échec4. On exprime même, dans certains ouvrages, la revendication de dédommagements envers la Russie en raison du préjudice économique causé en Pologne par les combats5.
La déclaration du gouvernement provisoire du 30 mars 1917 a tendance à être considérée, par les historiens polonais, comme le tournant dans les relations polono-russes lors du conflit, car elle garantit à la Pologne l'indépendance totale. Sa valeur est estimée en fonction des changements induits dans l'approche de la question polonaise par l'Entente, qui était alors en mesure de poursuivre sa propre politique quant à cette question, « sans égard pour la Russie »6.
L'effondrement de l'Empire russe apparaît ainsi comme la raison du changement de Roman Dmowski, passant d'une orientation prorusse à une inclination vers la France, la Grande-Bretagne et les États-Unis d'Amérique. La protection de ces pays a permis à la Pologne de retrouver son indépendance, mais aussi de prendre part au partage lié à cette indépendance, intervenu après-guerre, des empires russe, allemand et austro-hongrois.
Malgré cette issue de la guerre favorable à la Pologne, l'approche de Dmowski et de ses partisans envers l'évaluation de son importance historique, très proche de l'approche des pays de l'Entente, vainqueurs du conflit, n'a pas reçu un soutien universel au sein de la nouvelle Pologne indépendante, et a de plus été critiquée par le principal adversaire politique de Dmowski, Jozef Pilsudski.
Pilsudski était favorable au scénario autrichien, exigeant « la libération du territoire polonais de l'occupation russe » avec le soutien de l'Empire des Habsbourg, suivie par la transformation du dualisme Autriche-Hongrie par adjonction d'une troisième « tête » à l'Empire avec la Pologne (une des variantes du projet « Mitteleuropa » de F.Naumann7). La doctrine de Pilsudski prônait une forme extrême de russophobie et de radicalisme ; il s’agissait de miser sur des méthodes « violentes » de lutte, caractéristiques de l'insurrection de libération nationale polonaise contre l'Empire russe. A la veille de la guerre, Pilsudski a mis en place, avec l'appui du gouvernement austro-hongrois, des formations de volontaires polonais, premier réservoir de futurs cadres, légions et brigades, qui ont pris part à la guerre contre la Russie. Les faits contredisant la « légende de Pilsudski » et le « mythe de l'Indépendance », susceptibles de jeter un doute sur leur caractère sacré, ne sont en règle générale pas pris en compte. En particulier, les questions relatives à la terre, à l'administration civile et militaire de l'Empire russe pendant la guerre ont été peu traitées dans les travaux des historiens polonais, qui ont ignoré les sentiments patriotiques prorusses d'une partie importante de la population du Royaume de Pologne dont on trouve cependant le reflet dans certains mémoires de guerre8. Le destin de plusieurs millions de leurs compatriotes qui ont vécu les années de guerre, et qui, pour beaucoup, ont servi dans l'armée impériale russe, n'a pas éveillé l'intérêt des historiens polonais.
La perception de la Russie dans l'Histoire de la Première Guerre mondiale au travers de l'historiographie polonaise est largement tributaire de la lutte politique entre les deux partis de l'élite polonaise mentionnés ci-dessus : celui de Roman Dmowski et celui de Jozef Pilsudski9. Le passage en 1926 à un régime autoritaire « de réadaptation », basé sur le culte de la personnalité de Pilsudski, conduit à une consolidation progressive de la conscience de représentation de la société polonaise sur la période 1914-1918, considérée comme un moment de « lutte pour l’État », sous la direction du chef de file national contre les oppresseurs du peuple polonais, parmi lesquels la Russie. Celle-ci est présentée comme l'ennemi principal de l'indépendance de la nation polonaise.
La validation de cette approche dans l'historiographie polonaise, qui justifie pleinement la politique anti-russe de Pilsudski, a été consommée dans la période de l'entre-deux-guerres, dans le contexte de l'euphorie nationale qui a provoqué la renaissance de l’état polonais10. Après la Seconde Guerre mondiale, ce point de vue a été souvent présenté dans les travaux des historiens polonais émigrés, notamment les employés des instituts fondés à New-York (1943) et Londres (1947), portant le nom de Pilsudski et menant des études sur l'histoire récente de la Pologne.
L'approche des historiens de la République populaire de Pologne, sous domination soviétique de 1945 à 1989, se caractérise par d'autres tendances. Du fait de l’endoctrinement idéologique, l'historiographie officielle a été contrainte de se conformer aux desiderata soviétiques. Les accents anti-russes issus de la Première Guerre mondiale se sont transformés en accents anti-allemands à la suite de la Seconde Guerre mondiale11. Leurs ouvrages mettent en avant le caractère inique du conflit. Ils sont dominés par des critiques négatives de la politique non seulement de la Russie « impérialiste », mais également des autres belligérants.
Aujourd'hui en Pologne, l'interprétation anti-russe du premier conflit mondial est redevenue monnaie courante, favorisée par le retour d'une forme de culte de la personnalité de Pilsudski12. Elle a été présentée dans les ouvrages de A.Novak13, A.Garlicka14, L.Moczulski15, K.Sobczak16, L.Piatkowski17 et d'autres, ainsi que dans de nombreuses publications historiques. La russophobie de Pilsudski se justifie par l'incompatibilité des intérêts russes et polonais. Elle est accentuée par les actions anti-russes et les pensées développées avant la guerre : les plans visant à former des légions polonaises avec les Polonais faits prisonniers par les Japonais lors de la guerre de 1904-1905 afin de combattre à leur côté contre la Russie18, la formation, avec le soutien de l'Autriche-Hongrie, de corps de volontaires pour mener une lutte armée contre la Russie19, ainsi que la création d'un réseau d'organisations secrètes et subversives sur le territoire polonais de l'Empire russe pour la préparation de troubles à la veille de l'éclatement du conflit20. La doctrine politique de Pilsudski est souvent présentée comme la continuation de la lutte héroïque menée par les insurgés polonais au XIXe siècle contre les Russes. Cela justifie ainsi le caractère « sacré » de l'objectif visé : la conquête de l'indépendance de la Pologne à tout prix21. En parallèle, toute manifestation de fidélité des Polonais envers la Russie est généralement interprétée comme trahison des intérêts nationaux22.
Ainsi, on peut dire que l'histoire de la guerre est couverte de manière unilatérale et partiale, accentuant les faits négatifs pour la Russie, mettant en avant les ordres du commandement russe hostiles aux Polonais durant les combats sur le territoire polonais : la politique de russification et de développement de l'Orthodoxie dans la Galicie orientale libérée des Austro-Hongrois, l'évacuation forcée de la population polonaise vers l'Est, la mise en oeuvre en Pologne de la tactique de la « terre brûlée », etc...
Le statut de l'armée russe et de l'industrie militaire est également perçu négativement dans l'historiographie polonaise. On peut souligner que la Russie n'était pas préparée à une guerre longue, que son armée a subi des pénuries chroniques d'armes et de munitions, et qu'elle n'a pas été en mesure de lutter efficacement contre la machine de guerre allemande rationalisée et disciplinée23. On remarque cependant que la Russie, pour entrer en guerre, s'est sacrifiée aux impératifs du devoir envers ses alliés de l'Entente, mobilisant d'importantes armées allemandes à l'Est en Prusse-Orientale, lors de l'offensive de 1914 qui s'est soldée par une défaite. Cet échec de l'armée russe en 1914, comme l'indiquent les historiens polonais, a conduit à des pertes énormes, mais a forcé le commandement allemand à revoir le plan Schlieffen (qui prévoyait une défaite initiale de la France), avec pour résultat que la plupart des forces allemandes furent concentrées en 1915 sur le front oriental24. Ceci est considéré comme la cause principale de la défaite de la Russie, qui a conduit à la crise socio-politique et, au final, à la Révolution de 1917.
Les historiens polonais contemporains critiquent fermement le système de pouvoir de l’époque en Russie, et sa direction militaire et politique, y compris la personnalité de Nicolas II, décrit comme un « souverain indécis, transparent et sans volonté »25. L'erreur fatale du tsar a été de prendre en charge le commandant suprême des forces russes, le rendant personnellement responsable des désastres militaires ultérieurs. Parmi les autres raisons de la crise du pouvoir en Russie avancées par les historiens polonais, sont également mentionnées la trahison des chefs et des membres de la haute administration de l’État ayant des origines allemandes, les rumeurs sur les liens de la famille impériale avec l'Allemagne, ainsi que la décadence morale du pouvoir, symbolisée par le personnage de Raspoutine26.
La déstabilisation de l’état russe en 1917 est généralement associée par l'historiographie polonaise aux activités de Lénine, considéré comme un « agent allemand ». Les objectifs à court terme des Allemands et du chef des Bolcheviks sont identiques : ils sont intéressés à la chute du gouvernement provisoire russe, qui ne voulait pas mettre un terme à la participation de la Russie au conflit. Pourtant, leurs objectifs à long terme divergent: on attribue aux Allemands le désir d'affaiblir pour longtemps la Russie et de renforcer sa propre influence au cœur de l'Europe, alors que pour les Bolcheviks, il s'agit de s'emparer du pouvoir en Russie, pour exporter ultérieurement de la Révolution au-delà de ses frontières, y compris en Allemagne27.
La paix de Brest-Litovsk, signée sous la pression exercée par Lénine, en dépit des « exigences strictes et sans précédent de l'Allemagne », est analysée dans l'historiographie polonaise comme le résultat de la collaboration des Bolcheviks et des Allemands. Selon A. Czubinski28, cet accord n'a eu aucun impact sur le déroulement des hostilités, étant donné que la grande majorité des soldats allemands qui avait déjà été transférée sur le front occidental était démoralisée et était inapte à une poursuite prolongée de la guerre.
Certains historiens indiquent également des éléments qui permettent d'évaluer positivement le rôle de l'Empire russe dans la guerre : caractère défensif de l'action militaire russe, héroïsme et courage individuels des soldats russes et évaluation objective de l'appui massif envers le pouvoir russe de la population du Royaume de Pologne lors de la mobilisation29. Cependant, cette approche est marginale et le sentiment anti-russe prédomine dans l'histoire de la Première Guerre mondiale. Il s’agit d’une caractéristique importante dans la formation d’une mémoire collective dominante et dépendante d'une politique historique définie.

1 Ignatowicz K. Dziedzictwo historyczne jako wyznacznik postrzegania współczesnej Rosji // Wizerunki międzynarodowe Rosji. – Warszawa, 2011; Berendeev, M.V. «Evropeiskaia identichnost» segodnia: Kategoriia politicheskoi praktiki ili diskursa?// Vestnik Baltiiskogo federalnogo universiteta im. I. Kanta. – 2012. – № 6. – S. 76; Nemenskii O.B. Rusofobiia kak ideologiia// Voprosy natsionalizma. – 2013. – № 1.

2 Voir à ce sujet: Bułhak W. Dmowski - Rosja a kwestia polska. U źródeł orientacji rosyjskiego obozu narodowego 1886-1908. Warszawa, 2000.

3 Achmatowicz A. Polityka Rosji w kwestii polskiej w pierwszym roku Wielkiej Wojny 1914−1915. Warszawa, 2003. S. 191−209.

4 Śladkowski W. Sprawa polska w czasie pierwszej wojny światowej // Pierwsza wojna światowa

literaturze polskiej i obcej : Wybrane zagadnienia. Lublin, 1999. S. 15

5 Korzeniowski M., Mądzik M., Tarasiuk D. Tułaczy los : uchodźcy polscy w Imperium Rosyjskim w latach pierwszej wojny światowej. Lublin, 2007; Kucharski D.P. Straty społeczności polskiej zaboru rosyjskiego w latach 1914-1921. Wysiedlanie ludności i rekwizycje [ressource électronique]//URL : http://glaukopis.pl/pdf/czytelnia/Straty_spolecznosci_polskiej_zaboru_rosyjskiego.pdf.

6 Śladkowski W. Sprawa polska... p. 15.

7 Naumann F. Mitteleuropa. Berlin, 1915.

8 Par exemple dans : Lubomirska M. Pamiętnik księżnej Marii Zdzisławowej Lubomirskiej : 1914-1918. Poznań, 1997.

9 Lewandowski J. Józef Piłsudski i Roman Dmowski wobec pierwszej wojny światowej // Pierwsza wojna światowa w literaturze polskiej i obcej. Wybrane zagadnienia. Lublin, 1999.

10 Voir à ce sujet: Hein H. Kult Piłsudskiego a kształtowanie świadomości narodowej w Drugiej Rzeczypospolitej // Naród - tożsamość - kultura. Między koniecznością a wyborem. Warszawa, 2005.

11 Voir par exemple: Wschodnia ekspansja Niemiec w Europie Środkowej : zbiór studiów nad tzw. niemieckim "Drang nach Osten". Poznań, 1963. S. 171-173; Grosfeld L. Gospodarcze motywy i cele polityki państw centralnych wobec sprawy polskiej (1914-1916). Warszawa, 1961; Pajewski J. "Mitteleuropa". Studia z dziejów imperializmu niemieckiego w dobie pierwszej wojny światowej. Poznań, 1959.

12 Adamczyk A. Post mortem. Kult i legenda Józefa Piłsudskiego // Marszałek Józef Piłsudski i Jego myśl państwowa. W 90. rocznicę wejścia Legionów Polskich do Piotrkowa i 70. rocznicę śmierci Józefa Piłsudskiego. Zelów-Bełchatów, 2005.

13 Nowak A. Polityka "rosyjska" obozu Piłsudskiego w latach 1914-1918 // Zeszyty Historyczne. Z. 130: 1999 ; Nowak A. Wobec Rosji. U źródeł polityki wschodniej Polskiej Partii Socjalistycznej (1892-1904) // Międzymorze. Polska i kraje Europy Środkowo-Wschodniej XIX-XX wiek. Studia ofiarowane Piotrowi Łossowskiemu w siedemdziesiątą rocznicę urodzin. Warszawa, 1995.

14 Garlicka A., Garlicki A. Józef Piłsudski. Życie i legenda. Warszawa, 1993.

15 Moczulski L. Przerwane powstanie polskie 1914. Warszawa, 2010.

16 Sobczak K. Działaność niepodległościowa J. Piłsudskiego w czasie pierwszej wojny światowej // Myśl Wojskowa. R. 51: 1995. Nr 1.

17 Piątkowski L. Rosja w myśli politycznej Józefa Piłsudskiego do 1921 roku // Res Historica. Z. 8. 1999.

18 Voir par exemple: Niebelski E. Misja polityczna Józefa Piłsudskiego do Japonii w 1904 roku // Żar niepodległości. Międzynarodowe aspekty życia i działalności Józefa Piłsudskiego. Lublin, 2004 ; Pałasz-Rutkowska E. Kontakty Polaków i Japończyków w czasie wojny japońsko-rosyjskiej (1904-1905): Piłsudski i Dmowski w Japonii // Japonica. Nr 5. 1995.

19 Voir par exemple: Legenda Legionów : opowieść o Legionach oraz ludziach Józefa Piłsudskiego. Warszawa, 2008 ; Wrzozek M. Polski czyn zbrojny podczas pierwszej wojny światowej 1914-1918. Warszawa, 1990.

20 Voir par exemple : Nałęcz T. Polska Organizacja Wojskowa 1914-1918. Wrocław, 1984.

21 Voir : Ząbek W. L. Józef Piłsudski a koncepcja walki zbrojnej o niepodległość Polski w kontekście doświadczeń Powstania Styczniowego 1863 i rewolucji 1905 roku // Niepodległość i Pamięć. R. 9: 2002. nr 1 ; Wojtasik J. Idea powstania zbrojnego w działalności Józefa Piłsudskiego do 1914 r. // Idea niepodległości i suwerenności narodowej w działalności Polaków w kraju i na obczyźnie (1918-1998). Gorzów Wlkp., 2000.

22 Kaczyńska E. Zagadnienie apostazji narodowej. O zdradzie, donosach i agentach-Polakach (zabór rosyjski 1815-1914) // Przełomy w historii. XVI Powszechny Zjazd Historyków Polskich, Wrocław 15-18 września 1999 roku. Pamiętnik. T. 3. Cz. 3. Toruń, 2004.

23Czubiński A. Historia powszechna XX wieku. Poznań, 2011. Wyd. 3. S. 87, 94; Czapiewski E. I Wojna światowa i jej konsekwencje // Historia powszechna : wiek XX. Warszawa, 2010. S. 54−55.

24 Pajewski J. Pierwsza wojna światowa 1914−1918. Warszawa, 2004. Wyd. III. S. 252.

25 Czapiewski E. I wojna światowa ... S. 41.

26 Pajewski J. Pierwsza wojna światowa ... S. 288−289, 482−483.

27Czapiewski E. I wojna światowa i jej konsekwencje. S. 56.

28 Ibid.

29 Szlanta P. Wielka wojna polsko-polska : Polacy w szeregach armii zaborczych podczas pierwszej wojny światowej // Mówią Wieki, nr 11/09 (598), 2009. S. 40-44; Achmatowicz A. Polityka Rosji w kwestii... S. 201 – 203.

similaire:

L\Les causes de la Première Guerre mondiale. Essai d'historiographie

L\La Première Guerre mondiale (1914-1919) : l’expérience combattante dans une guerre totale
«Triple Entente» entre la France, la Russie et la Grande-Bretagne opposée à la «Triple Alliance» de l’Empire ottoman, le iie

L\Permettre aux élèves de saisir l’importance qu’occupe en France,...
«Alors que disparaît le dernier combattant français de la Première Guerre mondiale, la Nation témoigne sa reconnaissance envers ceux...

L\Et si France Info avait été là durant la première guerre mondiale...

L\La première guerre mondiale et la révolution russe (1914 -1924)
«passionnel», affectif, qui cherche à valoriser sa Nation au détriment de celle des autres. Ce virus nationaliste affecte tout le...

L\La commémoration du centenaire de la première Guerre Mondiale
«le Soldat» de Florent Pagny et la Marseillaise pour rendre hommage aux soldats morts pour la France. Ils ont également lu des textes...

L\1 Documents informatifs: La Grande Guerre 1914 – 1918
«la guerre et la propagande à travers le xxème siècle». Ta classe a été chargée d’élaborer un panneau évoquant la première guerre...

L\De Henri IV jusqu’à la fin de l’Empire ottoman, deux politiques françaises...
«autorisées». Ces politiques contradictoires s’expriment au xviie siècle d’un côté, par des professions de foi amicales, de l’autre...

L\Un document ‒ Exemple sur la première guerre mondiale
Étape essentielle dans la mutation de la guerre au XX s., le regard porté sur l’expérience combattante, significative d’un changement...

L\Le Moyen-Orient dans la Première Guerre mondiale






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
h.20-bal.com