Les femmes dans l’enseignement de l’histoire





télécharger 17.23 Kb.
titreLes femmes dans l’enseignement de l’histoire
date de publication05.11.2017
taille17.23 Kb.
typeDocumentos
h.20-bal.com > histoire > Documentos
Les femmes dans l’enseignement de l’histoire

Débat de l’inspection générale de l’Education nationale.

Animé par Joëlle Dusseau et Laurent Wirth, avec Chantal Février, Didier Lett, Jean Sérandour et Michèle Zancarini-Fournel.
Où en sont les femmes dans l’enseignement de l’Histoire aujourd’hui ?

Il y a une quinzaine d’années, une campagne sur le thème avait pris pour slogan : « Les métiers ont-ils un sexe ? ». Non, les métiers n’ont pas de sexe. Mais s’il y a eu progrès, la place de la femme dans la hiérarchie, dans les grilles salariales laisse encore beaucoup à désirer…

L’Histoire est-elle sexuée ? Oui, terriblement! Aussi bien en tant que réalité, qu’en tant que concept.

L’histoire de l’humanité, celle des dominants, des acteurs, des « chasseurs »… est l’histoire des hommes.

Les acteurs hommes ont fait l’Histoire.

Les penseurs hommes ont écrit l’Histoire.

Le lien entre acteurs et rédacteurs de l’histoire événementielle à l’histoire des Annales est étroit.

De nombreux historiens ont fait de la politique : Guizot étudie les relations diplomatiques entre la France et l’Espagne au XVIIè siècle…Thiers écrit une histoire de la Révolution et de l’empire en 21 volumes. Ils sont bien à la fois historien et acteur. Il y a bien un lien entre les hommes qui font et les hommes qui écrivent.

Les pouvoirs ont une envie toute particulière de donner leur version des faits ; le politique a souvent souhaité dominer l’Histoire.

L’Histoire, enseignée par des hommes : Ce n’est pas un hasard si notre discipline a été majoritairement enseignée par des hommes, à la différence d’autres disciplines littéraires comme les lettres ou les langues où la part des femmes a été plus forte… Mais, plus on avance dans la hiérarchie, plus aujourd’hui encore la proportion de femmes diminue….

L’histoire universitaire est majoritairement tenue par des hommes.

Depuis une trentaine d’années, on assiste à une mutation : l’histoire des représentations s’est penchée sur le local, sur le groupe humain, sur l’individu sexué. On s’interroge sur la place de la femme dans l’histoire, la femme actrice essentielle, la femme oubliée, la femme victime, la femme parfois victimisée.

Il faut rendre hommage à Michèle Perrot et à son ouvrage l’Histoire des femmes dans l’Occident.

Mais la prise de conscience a été lente au Ministère. Ce n’est qu’au début des années 80 que les manuels scolaires du primaire sont toilettés ; la chasse est faite aux livres qui présentent des documents où maman est à la cuisine et regarde papa partir travailler !

Mais les clichés représentatifs sont longs à évoluer.

Ségolène Royal demande à l’Inspection générale de reprendre la question : la place des femmes dans les programmes d’histoire - géographie.

Des prises de conscience successives mais sporadiques ont permis de faire avancer les choses même si l’iconographie des manuels présente toujours plus d’images au masculin qu’au féminin.

Des expériences ont été menées au niveau de la formation initiale comme de la formation continue : travaux sur la famille au Moyen - Age, l’enfant au Moyen - Age. Séminaire sur l’histoire du genre…

Nous commençons à commémorer certaines femmes mais cela reste exceptionnel : 800ème anniversaire de la mort d’Aliénor d’Aquitaine, 200ème anniversaire de la naissance de G. Sand.

En réalité, c’est à nous de montrer dans notre discours que l’Histoire a été faite par des hommes et par des femmes. Il n’existe pas d’histoire sans elles. Il faut transporter notre regard, l’élargir, le « sexuer ».
Le problème est que les contenus sont lourds. Comment donc ouvrir l’enseignement ?

Il faut jouer sur les champs des possibles en utilisant l’implicite.

Dans le nouveau programme des lycées, dans le chapeau commun du cycle des classes terminales, on peut aborder le rôle des femmes, développement historiographique

Quelques pistes possibles : à propos de l’exclusion durable du droit de vote, on peut réfléchir sur la place respective de la femme et de l’homme dans la vie politique, sur la lutte politique des femmes, etc.

A propos de l’impact des deux guerres mondiales, on peut étudier la place de la femme dans les guerres, dans la paix, dans le pacifisme..

Ces thèmes peuvent être élargis. L’émancipation est multiforme : place de la femme dans la famille, mariage, sexualité, travail, femme et industrialisation, les chances de réussite pour l’homme et pour la femme, les types de travail…

On parle beaucoup de la féminisation du corps enseignant. Aujourd’hui, les femmes sont présentes dans le primaire à 80%, dans le secondaire à 57% ; il y a vingt ans, elles étaient moins de 75% dans le primaire et 53% dans le secondaire. Il est vrai que le nombre de femmes est plus important au collège qu’au lycée. Dans le supérieur, le pourcentage de femmes est de 33%. Toutefois, la situation varie énormément d’une discipline à l’autre ; ainsi le droit est particulièrement masculin. Dans le secondaire, si on exclut le secteur technico-professionnel, le nombre des femmes est de 63%. L’histoire - géographie se situe au-dessous de ce chiffre avec 53%. Il y a donc plus ou moins parité. Contre 81% pour les langues, 73% pour les lettres, 39,6% en philosophie, 41% en physique - chimie, 46% en mathématiques.

Quant aux IPR-IA le part des femmes est aujourd’hui d’un peu plus de 40% contre 19% il y a dix ans…

Quelques possibilités pour travailler sur la représentation : la dame à la licorne, le tableau des époux Arnolfi de Van Eyck, la mère laborieuse de Chardin, le scandale du déjeuner sur l’herbe, les demoiselles d’Avignon, la femme au caddie…..

Il faut noter aussi l’intérêt d’une approche comparative : à quel moment les femmes obtiennent-elles le droit de vote en France et…en Turquie ?

Identifier les femmes symboles : Simone Veil pour la construction de l’Europe, sa lutte pour la légalisation de l’avortement, Marie Curie pour le progrès scientifique mais aussi la première femme bachelière, la première polytechnicienne…
L’usage du genre en France…

Madame Zancarini-Fournel précise l’importance de bien définir les termes : histoire des femmes, les femmes dans l’histoire, histoire des genres.

Puis, fait référence à un certain nombre d’ouvrages :

Les femmes ont-elles une histoire ?, de Michèle Perrot, en 1973.

Le genre en politique, publié chez Gallimard en 2000

La revue Clio, Femmes et société, en 1995
Le genre : ce terme est récent puisqu’il est utilisé pour la première fois aux Etats-Unis en 1974.

Michèle Perrot utilise plutôt les expressions « rapport de sexe » ou encore « masculin/féminin ».

Le genre est présent de façon sous-jacente dans l’Histoire des femmes en Occident.

Le concept est introduit quand on étudie la protection sociale, la politique sexuée. Il est intéressant de feuilleter les chapitres des manuels ayant trait à la Grande Guerre et d’observer la place respective du masculin et du féminin, du singulier et du pluriel. La femme est souvent présentée comme un stéréotype, un idéal qui n’existe pas. Il y a pluralité des femmes.

Document iconographique représentant les « munitionnettes ». Pourquoi ce diminutif péjoratif ? La femme conduisant un tramway, quelle est la signification d’un tel document ?

Trois débats aujourd’hui en France :

  • Abandonne-t-on l’histoire des femmes quand on fait l’histoire des genres ?

  • L’histoire des genres est-elle seulement une histoire des pouvoirs et des hiérarchies ?

  • Relation entre sexe et genre, est-ce réduire la rapport entre nature et culture? ( question de l’histoire des sciences)



HISTOIRE DES GENRES

Expérience menée à Paris I pendant trois ans dans le cadre d’un séminaire de maîtrise/DEA avec non pas un mais quatre maîtres de conférence, chacun spécialiste d’une période.
Jean Sérandour précise l’intérêt du thème pour la formation des élèves. Ces derniers prennent conscience de la dissymétrie de l’héritage transmis.

Le thème les femmes dans la guerre est pratiquement toujours présenté dans un dossier et non dans la leçon. Comment l’enseignant peut-il intégrer les deux ?

La poursuite des travaux est nécessaire. Il est important d’échanger nos pratiques.

similaire:

Les femmes dans l’enseignement de l’histoire iconEléments de biographie et activités d’enseignement et de recherche
«Histoire et mémoire des guerres mondiales et des conflits contemporains», de l’enseignement de la défense et de la sécurité nationale...

Les femmes dans l’enseignement de l’histoire iconLes femmes dans la société française de la Belle Epoque à nos jours
Nous sommes disposés à accorder aux femmes tout ce que leur sexe a le droit de demander, mais en dehors de la politique ( ). Donner...

Les femmes dans l’enseignement de l’histoire iconLes Femmes et les deux conflits mondiaux : Partie scientifique
«Si les femmes qui travaillent dans les usines s’arrêtaient vingt minutes, les Alliés perdraient la guerre»

Les femmes dans l’enseignement de l’histoire iconGéopolitis – Femmes au pouvoir : où est la réalité ?
«Retrouvez tous les dossiers» puis taper les mots «femmes au pouvoir» dans la zone de recherche. Sélectionner l’émission «Femmes...

Les femmes dans l’enseignement de l’histoire iconEsclarmonde, vous qui donnez clarté au monde…
«O, Femmes, qui étiez-vous enfin ?» Pour le savoir, je me suis rapproché de René Nelli dans «les cathares en Languedoc», d’Anne Brenon,...

Les femmes dans l’enseignement de l’histoire icon«Les femmes sont éligibles et électrices dans les mêmes conditions que les hommes»
«Une fois l’ennemi chassé du territoire, tous les hommes, et toutes les femmes de chez nous éliront l’Assemblée qui décidera souverainement...

Les femmes dans l’enseignement de l’histoire iconDiscours militant réfutant l’image donnée par les historiens (êtres...
«déshistorisation» – politisation de l’Histoire (dénoncer le passé pour justifier les combats du présent= instrumentalisation de...

Les femmes dans l’enseignement de l’histoire iconHistoire des Arts – 3C : Les femmes dans l’histoire des Sciences

Les femmes dans l’enseignement de l’histoire iconHistoire «Les femmes dans la société française de la Belle Epoque à nos jours»
«Les femmes dans la société française de la Belle Epoque à nos jours». (1 Bpro)

Les femmes dans l’enseignement de l’histoire iconRéflexions autour de l’ouvrage La représentation des hommes et des...
«de s’attacher à rendre conscients tous les acteurs concernés des mécanismes de l’inégalité à l’égard des femmes pour pouvoir les...






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
h.20-bal.com