Caen Parcours «gourmand»





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Dossier réalisé par le service éducatif et le service des publics du musée des Beaux-Arts de Caen

Musée des Beaux-Arts de Caen
Parcours « gourmand »

2nd degré

Table des matières


1.2. Gourmandise et scènes de repas en littérature 8

1.3. La gourmandise dans les arts plastiques. 14

1.3.1. Un art de la vue, au service d’une gourmandise pour tous les sens. 14

1.3.2. Un genre mineur pourtant propice à exercer la virtuosité des peintres. 15

1.3.3. Nourriture et symbolique : des aliments pas si innocents qu’ils n’y paraissent. 15

2.1. Les activités en lien avec l'alimentation. 18

2.2. Le repas, de la Cène au festin. 21

2.3. Natures mortes et vanités. 23

3.1. Pistes pédagogiques en littérature 26

L'huître 28

3.2. Pistes pédagogiques en histoire-géographie-EMC. 31

3.3. Pistes pédagogiques en arts plastiques et en histoire des arts. 32

3.3.1. Pistes de séquences pédagogiques en arts plastiques sur le niveau collège. 32

3.3.2. Pistes d'approches en arts plastiques et en histoire des arts sur le niveau lycée. 33



1. La gourmandise dans l'histoire, la littérature et les arts plastiques
1.1. Quelques repères d'histoire de l'alimentation et de la représentation du repas

1.1.1. De la Préhistoire à l'époque contemporaine
La Préhistoire (2.5 millions d’années à – 3300 avant J. c.)

Dès la préhistoire les hommes ont fixé sur les parois des grottes l’image du gibier, des animaux qu’ils chassaient. 

Durant cette très longue période, quelques évolutions essentielles sont à retenir : celle du passage des hommes nomades qui étaient chasseurs, cueilleurs et pêcheurs durant le paléolithique à des sociétés plus organisées dans lesquelles les hommes devenus progressivement sédentaires se mettent à pratiquer l’élevage et l’agriculture au néolithique (vers 10 000 avant J. C.).

La découverte du feu vers 400 000 avant J. C., en est une autre car désormais les hommes vont pouvoir cuire leurs aliments.

Ainsi la sédentarisation et l’agriculture ont eu de nombreuses conséquences sur le mode de vie des hommes et notamment leur alimentation (stockage de réserves, combinaison de diverses sources alimentaires, utilisation des graisses, transformation des céréales en farine…).
L’Antiquité

Chez les Grecs, les nombreuses scènes de repas, de banquets représentés sur les vases à figures noires et rouges donnent de précieuses informations sur : les trois repas qui rythmaient les journées des Grecs, la présence de lits de table, la séparation entre les hommes et les femmes et les aliments consommés selon l’appartenance sociale.

Chez les Romains, la peinture romaine ainsi que les mosaïques retrouvées témoignent de l’importance des repas chez les Romains.

  • Le repas le plus important : la cena est à associer aux notions de : triclinium (la salle à manger), décoration raffinée, lits de table, hiérarchie des places, mixité des convives, différentiation des aliments selon l’appartenance sociale.

  • Les habitudes alimentaires des Romains évoluent avec les conquêtes en Orient et en Grèce qui introduisent à Rome des produits et des plats nouveaux.

Le Moyen-Âge

Il y a de nombreuses représentations de repas et de banquets dans les miniatures et les enluminures médiévales. Pour mieux les appréhender, il convient de rappeler quelques caractéristiques essentielles de l’époque concernant l’alimentation et les repas.

  • L’importance de la place de l’Eglise chrétienne qui encadre la vie quotidienne de la population et qui impose de lourdes contraintes alimentaires (périodes de jeûne : 150 jours par an).

  • La forte différenciation des aliments selon l’appartenance sociale (viande peu présence dans l’alimentation paysanne mais des céréales qui y sont prépondérantes, le gibier est uniquement chassé et consommé par les nobles).

  • Le classement et la hiérarchisation des aliments en fonction de leur place entre le sol et le ciel. Ainsi les racines, les herbes et les légumes ayant poussé dans la terre étaient considérés comme impropres à la consommation des nobles car souillés. Ils étaient donc consommés par les paysans, les catégories modestes de la population. Cette classification perdurera au-delà du Moyen-Age comme en témoignent de nombreuses peintures, de natures mortes qui rassemblent à la fois des fruits à des oiseaux




  • L’importance des représentations des banquets qui ont une fonction ostentatoire  avec des tables dressées, des places codifiées, des musiciens, de nombreux serviteurs : panetiers, échanson.

  • Le constat de l’utilisation d’une vaisselle très limitée avec le tailloir, le partage des broches et cuillères.

  • Le service à la française qui est visible dans les images médiévales : tous les plats sont apportés simultanément.


La Renaissance et les Temps Modernes

D’importantes évolutions apparaissent dès la Renaissance et perdurent durant les siècles suivants. Les éléments nouveaux les plus importants sont :

  • L’introduction de produits, d’aliments nouveaux qui est à mettre en relation avec les voyages des grandes découvertes, la découverte par les Européens de nouvelles terres.

  • La « première mondialisation » dans les échanges entre l’Europe et les autres continents.

  • Des produits exotiques souvent représentés dans les peintures : le café, le cacao, le sucre ou encore le thé.

  • L’évolution des goûts alimentaires en Europe : recul des plats de gruaux, recherche de certains légumes et fruits fréquemment représentés dans les natures mortes. Plusieurs œuvres du « parcours gourmand » illustrent ce changement : Paysan dans un intérieur de Harmen van Steenwyck (1612-1656), Intérieur d’office de Frans Snyders (1579-1657). Dans cette nature morte aux traditionnels gibiers et oiseaux qui rappellent l’importance de la chasse dans le mode de vie aristocratique, sont associés des fruits : abricots, citrons, melons, tous très recherchés. L’abondance des produits renvoie dans la peinture de cette époque à la prospérité des Provinces Unies et des Pays-Bas espagnols.

  • La modification des lieux associés aux repas : apparition de la salle à manger dans les châteaux, table désormais dressée en permanence.

  • La recherche du raffinement des repas avec l’utilisation d’une vaisselle en porcelaine, de nombreuses pièces d’orfèvrerie. La peinture de Osias Beer (vers 1580-1624), Nature morte aux raisins, grenades et abricots, réalisée vers 1600- 1610, offre ainsi au regard, trois assiettes en porcelaine et d’étain ou d’argent, un verre au pied ciselé et un couteau en matière précieuse qui accompagnent des fruits pour certains, nouveaux et rares encore à l’époque. A la richesse de la vaisselle correspondent la diversité et la rareté des fruits présentés.

Dans l’œuvre de Jacques Autreau (1657-1745), Deux aristocrates assis, la table recouverte d’une nappe blanche repassée sur laquelle sont posés une fiasque dans une riche corbeille d’argent et un couteau, occupe une place centrale. Elle permet tout autant que comme les hautes chaises à recouvertes de damas et les tenues vestimentaires des deux hommes, de préciser ici une scène intimiste dans un milieu cossu et aristocratique. Un laquais qui est relayé à l’arrière- plan sur la droite, dans la pénombre, ne fait que renforcer cette distinction.

-La multiplication des natures mortes de chasse et de gibier essentiellement dans la peinture nordique. Un lièvre de Melchior de Hondecoeter (1636-1695) est une œuvre représentative de ce genre qui vise à rappeler la pratique ancestrale de la chasse  réservée à la noblesse et qui se veut aussi ancrée dans le réel. Ainsi le gibier, ici un lièvre est représenté comme un trophée mais il est accompagné de tous les éléments de la chasse : corps de chasse, fusil, filets pour attraper les oiseaux. Cette présentation esthétique qui élève le trophée de chasse au rang d’objet d’art efface le geste du chasseur et fait oublier la destination alimentaire de cet animal mort.

- La persistance de la différenciation de l’alimentation et des manières de se nourrir selon l’appartenance sociale. Ainsi à côté d’œuvres mettant en scène des repas aristocratiques, les artistes ont aussi souvent représenté des scènes de genre avec des intérieurs domestiques modestes. Ainsi la peinture, Intérieur de cuisine, datée de 1610-1611, témoigne de l’intérêt de son auteur hollandais, Hendrick Maertensz Sorgh( 1610-1611-1670) pour les scènes d’intérieurs rustiques avec ici une cuisine plongée dans la pénombre, avec une femme qui récure au milieu d’ustensiles de cuisine, tonneaux, baquets et de quelques victuailles. Une autre œuvre contemporaine d’Adriaen van Ostade (1610-1685), Intérieur de cabaret, issue des thèmes chers à Bruegel, montre des paysans dans une taverne. Les personnages occupent le centre de la peinture, l’autre verse à boire dans un geste emphatique qui semble encercler les autres, occupés à fumer ou à séduire une femme. A part cette partie centrale éclairée, le reste de la composition est plongée dans la pénombre.
L'époque contemporaine

On constate pour cette période et notamment pour le XIXe siècle, une amplification et une accélération de la diversification de l’alimentation qu’il faut mettre en relation avec le développement des échanges et des transports, le désenclavement des régions, l’urbanisation et l’augmentation du niveau de vie des populations. Les évolutions les plus notables sont :

  • L’ouverture et la multiplication des restaurants mais aussi des guinguettes, sujets souvent peints par les impressionnistes. Ils ont aussi par ailleurs multiplié les représentations des repas en plein air, des « déjeuner sur l’herbe ».

  • L’évolution des arts de la table (décor néo-classique au début du XXe siècle, porcelaine de Sèvres, apparition et diffusion de la ménagère et production des services de table en série).

  • Le remplacement du service à la française par le service à la russe qui va de pair avec

l’évolution des lieux du repas : salle à manger plus intimiste, réduction du nombre des convives comme on peut le voir dans les œuvres de Vuillard, notamment.

  • L’existence au début du XIX e siècle, d’une peinture de genre, dans laquelle les scènes d’intérieur et les espaces domestiques sont fréquentes. Ainsi, La jeune femme portant secours à une famille en détresse de Martin Drolling (1752-1817) qui met en scène la visite d’une aristocrate dans un logis modeste dans lequel vivent trois générations. Si l’on ne retrouve pas ici le caractère pathétique des oeuvres de Greuze, Drolling rend compte de manière attendrissante de l’existence des couches populaires à l’aide de nombreux détails : nappe effilochée et mal repassée, assiette ébréchée, présence d’une cheminée à droite qui rappelle que la cuisine est ici la seule pièce de vie commune.

  • Au XXe siècle la représentation de la table devient un des supports de la rénovation esthétique de la peinture. Ainsi les compositions de fruits et les nappes de Cézanne, les tables dressées de Bonnard, les tables et guéridons cubistes de Braque et Picasso ou encore les natures mortes de Morandi ont participé à la remise en question de la représentation illusionniste de la profondeur au profit d’un rabattement du plan de la table à la surface du tableau. Plus tard, l’art s’est fait écho des questionnements autour de la nourriture et de sa place dans la société de consommation. On pense alors au Pop art, aux « Nouveaux Réalistes » avec un artiste comme Daniel Spoerri qui introduit directement de la nourriture dans ses œuvres. Sa démarche peut être rapprochée de celle de Mimmo Paladino avec son œuvre : Sans titre de 1988, dans laquelle, sur une toile de lin, il a collé des morceaux de pain, porte ouverte à de multiples interprétations.

1.1.2. La symbolique des aliments

-Le pain. Dans l’Ancien Testament, il est le signe de la providence divine et dans l’Evangile il devient aliment divin par excellence. Dans les écrits exégétiques médiévaux, le pain est la grâce spirituelle concédée à qui pratique la contemplation la plus élevée et il est le Christ lui-même. Il peut représenter la charité, la consolation de celui qui a faim au sens physique et spirituel. Dans les peintures de repas dans lesquelles Jésus-Christ est représenté, le pain fait référence à l’Eucharistie.

Le lait et le beurre. Ils représentent la maternité ainsi que l’humanité de Jésus-Christ.

-Les œufs. L’œuf est l’aliment permis en temps de carême et il évoque la renaissance et la résurrection. Dans une scène religieuse, l’œuf préfigure la fécondation virginale de Marie.

- Le sel. Placé près du Seigneur, il symbolise son savoir, sa sagesse. Il est l’emblème de l’intelligence éclairée par l’esprit et est considéré comme un signe de protection contre le mal.

-Les fruits. En général, dévolus à l’évocation de l’amour profane, dans un contexte sacré, présents dans certaines peintures, Vanités ou natures mortes, ils prennent d’autres résonances symboliques.

L’abricot. Fruit associé à la planète Vénus et à la sexualité, il peut aussi représenter la Sainte- Trinité (en raison de ses trois couches : peau, noyau, graine) tout comme la vertu ou la rédemption. (Voir le tableau de Snyders)

La cerise. Sa couleur rouge renvoie à la passion de Jésus-Christ. Elle symbolise aussi les bonnes œuvres par sa douceur et elle devient donc un emblème du paradis. Dans l’iconographie chrétienne, elle représente un fruit du paradis, antidote de la pomme, cause du péché originel.

La châtaigne. Elle est l’emblème de la simplicité, de la providence divine et de la chasteté mais aussi de la pauvreté. C’est aussi une métaphore du bon chrétien qui montre des épines à l’extérieur mais est plein de vertus à l’intérieur.

Le citron. Il représente la fidélité en amour. Il peut être associé au cèdre et ils font alors référence à la Vierge Marie mais aussi à la foi, à Jésus-Christ dont la croix faite en bois de cèdre.

Le coing. Il protège contre les poissons. Dans l’Antiquité, fruit dédié à Vénus, il était vénéré comme symbole de l’amour, du bonheur et de la fécondité.

La figue. Elle évoque l’ancien Testament car elle est le fruit de l’arbre dont les feuilles ont permis à Adam et Eve de cacher leur nudité. Dans la Bible, elle est liée à la fécondité.

La fraise. C’est une des plantes du Paradis. Ses fleurs blanches sont une allusion à la pureté, la chasteté et leur floraison précoce fait référence à l’Annonciation et à l’incarnation du Christ.

La grenade. Elle est une métaphore de la résurrection.sa couleur évoque le supplice du Christ et sa chair aux multiples grains symbolise l’Eglise qui unit tous les fidèles en une seule et même foi. Elle est aussi le symbole de la fertilité à cause de la profusion de ses grains.

L’orange. Comme tout fruit à pépins, elle est le symbole de la fécondité. Les fleurs blanches de l’oranger symbolisent l’innocence de la future mariée et ainsi l’orange, symbole nuptial peut être un attribut de Marie. Concurrente de la pomme comme fruit désigné dans la légende grecque des «  pommes d’or » du jardin des Hespérides.

La poire. Dans la civilisation chrétienne, elle est associée à la Vierge Marie et à l’Enfant Jésus et à la douceur de la vertu.

La pomme. Symbole d’immortalité dans la tradition alchimiste, très présente dans la mythologie grecque, elle est l’attribut de Vénus. Dans la Bible, elle est le fruit de l’arbre de la connaissance et en même temps celui de la chute de l’homme. De symbole négatif pour Adam et Eve, elle devient symbole positif quand elle est associée à la Vierge Marie ; la Nouvelle Eve et à Jésus-Christ, le Nouvel Adam. Peinte entre les mains de l’Enfant Jésus, elle évoque le rachat de l’humanité par le Christ.

La prune. Les prunes jaunes représentent la chasteté de Jésus, les noires son humilité et les mauves, sa souffrance et sa mort. Elles peuvent parfois symboliser la fidélité et la sottise.

Le raisin. Il est le symbole de la passion de Jésus-Christ. Dans le Nouveau testament, le raisin est surtout présenté comme l’origine du vin et dans l’exégèse médiévale, il symbolise le sang du Christ auquel renvoie sa couleur rouge Dans certaines peintures il représente l’automne. Dans la peinture, La grappe est quant à elle souvent associée, par sa forme et sa lente maturation, à l’idée d’une structure harmonieuse et renvoie dans l’imaginaire occidental, à l’union idéale de l’homme à Dieu. Elle s’offre aussi comme modèle de référence à l’union exemplaire des époux.

Les fruits secs (noix, noisettes, amandes). Les phases de leur croissance et leur structure (écale, coque et drupe ou cerneau), renvoient à l’incarnation de Jésus-Christ et au mystère de la Trinité.
Les légumes.

Les légumes verts. Ils symbolisent la nature, les saisons, la providence divine et la santé. Dans les peintures flamandes des XVIe et XVIIe siècles, ils figurent souvent dans des scènes de marché et sont associés à l’idée du pittoresque et sont des allusions à la sensualité lascive que l’on prête aux milieux populaires.

Les légumineuses. Elles symbolisent l’humilité, la pauvreté et la continence. Elles représentent la mortification du corps.

Le petit pois. En raison de sa petite taille peut être le symbole de la fragilité de l’existence humaine. Ils peuvent aussi symboliser la préservation et la pérennité de toute chose.

Le champignon. Il symbolise le mal caché, les plaisirs du monde. Sa caractéristique de pousser rapidement pour ne durer qu’un jour en fait l’emblème de la vie humaine et de sa brève durée.

L’oignon. Il est le symbole de la rusticité et des remords du péché. Dans l’exégèse chrétienne il représente la corruption de l’esprit et la douleur poignante résultant du péché à cause de sa propriété d’irriter les yeux jusqu’aux larmes. Bulbe constitué de plusieurs couches, il est aussi tenu pur un symbole de la fausseté. Dans certaines peintures, lorsqu’il est associé au fromage et au hareng découpé, il symbolise le jeûne et les jours de maigre du carême alors qu’accompagné du melon et du concombre, il exprime le désir.

La carotte, l’asperge, le cornichon et le navet sont des aliments très souvent symboles d’érotisme ou auxquels on attribue des vertus aphrodisiaques.

Le melon comme la courge, le potiron, aux mêmes formes rebondies et pleines et aux nombreuses graines, peuvent traduire en peinture la fécondité et l’abondance.

Le chou, souvent peint dans les natures-mortes, est considéré comme une allégorie de la frugalité et de la simplicité. Nous le retrouvons dans l’œuvre de H. M. Sorgh : Intérieur de cuisine, associé à des poissons, à des cornichons et à un oignon, à des ustensiles rudimentaires, le tout présenté dans un espace clos et modeste.

Les animaux .Vivants ou morts, les animaux sont présents dans la majeure partie des tableaux choisis du parcours gourmand.

- Le chien. Il est l’emblème de la fidélité. Dans la peinture hollandaise, il peut aussi s’apparenter à l’image de la luxure. Lorsqu’il surveille le gibier, il incarne l’image du Christ préservant les fidèles de l’emprise du mal.

Le chat. Dans de nombreuses Cènes, le chat est présent, symbole du mal. Il est parfois montré en train de s’affronter à un chien ; il s’agit là d’une opposition entre le bien, la fidélité du chien et le mal que symbolise le chat.

Le perroquet. Durant le Moyen-Age, c’est un animal assimilé au bestiaire marial. Il réapparaît au XVII e siècle et dans la plupart des natures mortes il est l’emblème d’une vie facile et insouciante et vient troubler la quiétude des intérieurs de cuisine. ( Voir Snyders)

Le poisson. Symbole traditionnel de Jésus- Christ en tant que victime sacrificielle. Le terme grec ichtus (poisson) est considéré comme un acronyme composé des lettres initiales des mots Iesus christos Theeou Uios Soter, c’est-à-dire « Jésus- Christ, fils de dieu sauveur ».

L’oie. Morte, elle est le symbole du pêcheur endurci destiné à la damnation. Vivante, elle représente le pêcheur obstiné et devient l’emblème du péché de gourmandise répété sans repentir.

Le porc. Il est le symbole du péché et l’emblème de la gourmandise mais il représente aussi l’envie et parfois peut directement représenter la mort puisque c’est avec elle qu’il perd sa saleté matérielle comme l’homme.

Les huitres. Elles renvoient au sens du goût et plus largement à la sensualité en général et à l’amour charnel.
1.1.3. Le repas et la nourriture dans la Bible et dans l’histoire de la peinture

La nourriture en général et les repas en particulier jouent un rôle essentiel dans l’histoire humaine et donc dans l’histoire biblique. Du fruit défendu et cueilli par Adam et Eve au repas de l’Eucharistie, nombreux sont les repas qui sont associés à des moments décisifs : la manne au désert, les noces de Cana, la Cène. La Cène (terme issu du latin ce na : repas du soir) est le nom donné par les chrétiens au dernier repas que Jésus-Christ prit avec les Douze Apôtres le soir du Jeudi saint, avant la Pâque juive, peu de temps avant son arrestation, la veille de sa Crucifixion (appelée encore Passion par les Chrétiens), et trois jours avant sa résurrection.

La sélection d’œuvres du « parcours gourmand » du Musée des Beaux-arts de Caen comporte une Cène réalisée par Tintoret (1519-1594) entre 1564 et 1566. Le sujet a été peint de très nombreuses fois par l’artiste vénitien et ici dans cette esquisse, une lecture polysémique est possible dans une œuvre à l’iconographie originale qui introduit des éléments réalistes, des diagonales brisées et des contrastes forts.

Ces repas sont autant d’occasions qui permettent de montrer Jésus en train de partager le repas avec des gens très différents : la famille de Lazare, des Pharisiens, des pèlerins à Emmaüs. Certains de ces repas comme le récit de la multiplication des pains et le gigantesque repas qui en découle sont parmi les textes les plus fréquents des quatre Evangiles.

Dans le monde biblique, le repas est associé aux notions de partage, de « manger ensemble », c’est un signe d’hospitalité et de politesse. Les choses essentielles et les liens privilégiés entre les personnes, les alliances, les décisions et les annonces importantes se décident à la faveur d’un repas.

A travers les récits qui sont faits de ces repas, on peut en déduire que la nourriture des temps bibliques y était simple et modeste et que le pain en constituait l’élément essentiel. Le miel, le lait de chèvre ou de brebis, les fruits ainsi que les légumes y tenaient aussi une grande place. La boisson par excellence était le vin. Ces aliments se retrouvent fréquemment représentés dans les nombreuses scènes de repas qui ponctuent l’histoire de la peinture.

La représentation du repas biblique, religieux dans la peinture occidentale est un sujet récurrent qui offre toujours plusieurs niveaux d’interprétation. Le banquet figuré, souvent un banquet de noces, illustre généralement un épisode de la mythologie grecque ou une scène biblique ou un épisode de la vie de Jésus- Christ. Au-delà des éléments narratifs et de la symbolique propre à l’épisode représenté, ces banquets sont souvent, pour l’artiste, l’occasion d’illustrer le raffinement gastronomique de son époque et d’ajouter parfois un second niveau symbolique renvoyant cette fois à l’actualité. Un des exemples les plus célèbres est Les noces de Cana de P. Véronèse (1562-1563). L’œuvre de P. P. Rubens (1577-1640), Abraham et Melchissedech peinte entre 1615 et 1618 qui figure dans le « parcours gourmand » peut être rapprochée de celle de Véronèse : nombreux personnages, décor grandiose, architecture marquée, figures en mouvement, richesse des couleurs, mélange du temporel et du spirituel. Une autre œuvre sélectionnée Le festin de Daphnis et Chloé de Etienne Jeaurat (1679-1789) peinte autour de 1750 qui tire son titre d’un roman grec écrit au IIe siècle montre un banquet. Ce tableau appartient à un genre pictural très en vogue au XVIIIe siècle : la pastorale  qui trouve sa source dans la littérature antique. Elle met en scène un monde champêtre idéalisé avec des ruines, des dieux sous l’apparence de bergers. Au-delà du mythe rapporté, cette peinture est aussi un prétexte pour montrer des personnages à un banquet de noces, en train de festoyer entourés de plusieurs serviteurs qui s’affairent, notamment l’un d’entre eux devant ce qui semble être un immense vaisselier.

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