Bulletin hebdomadaire n° 1088 du lundi 29 mai 2006





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Bulletin hebdomadaire n° 1088 du lundi 29 mai 2006


SOMMAIRE



L'evenement - 1
Tchernobyl, vingt ans après

par Serge Plenier
L'evenement - 2
Algérie : du populisme à l’islamisme

par Jean-Gabriel Delacour
Economie
Une semaine pour le développement durable

par Augustin Frontenac
Loisirs
Se balader avec BaLaDO

par Jean Étèvenaux
Magazine
Les dangers de la drogue au volant : deux fois plus de risques de se tuer

par Denis Lensel
Spiritualité
L’étape d’Auschwitz

par Gérard Leclerc

Humeur
L’espace d’un chant

par Erwan Violin
Ruralia
Marie-Antoinette et Madame Royal

par Christiane Papineau
Livres

par Catherine Pauchet
D’un jour a l’autre
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Evènement – 1

par Serge Plenier


Tchernobyl, vingt ans après



Vingt ans après, nous n’en avons toujours pas fini avec la catastrophe de Tchernobyl. La mise en examen pour "tromperie aggravée" de Pierre Pellerin, ancien directeur du Service Central de Protection contre les Rayonnements Ionisants" relance un processus judiciaire qui semblait définitivement enlisé. Il aura fallu l’obstination d’une association de malades de la thyroïde.

Mais rien ne dit que l’affaire ira jusqu’à son terme. On attend encore la preuve définitive de la liaison entre Tchernobyl et le déclenchement du cancer de la thyroïde chez les personnes concernées. On doit donc s’attendre encore à de longues batailles de procédure, sans parler des expertises et contre-expertises. Enfin, il faut rappeler que l’action judiciaire ne touchera pas aux responsables politiques d’alors, mis hors de cause en 2004 par la Cour de Justice de la République.

Reste qu’avec cette mise en examen, la question nucléaire se retrouve sur le devant de la scène avec tout ce que cela comporte d’inquiétudes, d’a-priori idéologiques, mais aussi de fantasmes. La mise en examen de Pierre Pellerin ne peut que ranimer la polémique.

Il ne faut d’ailleurs pas s’en étonner. Pionnière du nucléaire civil, la France a toujours eu le plus grand mal à appliquer une véritable transparence dans ce domaine. Il faut y voir le poids des origines militaires de la recherche atomique, mais aussi celui de l’histoire récente. Lorsque, en 1973, notre pays, intensifie son programme nucléaire, il s’agit -déjà- de répondre au choc pétrolier, mais aussi de répondre à une demande énergétique toujours croissante, et à l’épuisement de la filière charbonnière. Pour les dirigeants politiques et économiques, la production d’énergie nucléaire devient alors une véritable priorité nationale contre laquelle les arguments écologiques paraissent de bien peu de poids. Cela conduira des responsables tels que Pierre Pellerin à soutenir contre toute évidence la thèse d’un nuage de Tchernobyl s’arrêtant sur les bords du Rhin. Aujourd’hui, nous payons le prix fort d’une politique du secret aux conséquences psychologiques désastreuses.

Pour autant, l’affaire de Tchernobyl ne doit pas conduire à jeter le bébé avec l’eau du bain. S’il est vrai que l’information sur le nucléaire s’est révélée scandaleusement insuffisante, voire faussée, il est tout aussi vrai que l’énergie nucléaire demeure indispensable et de plus en plus sûre, y compris au regard de l’environnement. Le nucléaire n’agresse pas la couche d’ozone.

On attend toujours les conditions d’un débat serein sur l’énergie nucléaire.

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Evènement – 2

par Jean-Gabriel Delacour

Algérie : du populisme à l’islamisme



Populisme est un vilain mot qui désigne l’attitude de ceux qui se prévalent des sentiments du peuple pour mener la politique qui les arrange. On se trouve, là, pas très éloigné de la démagogie qui flatte des instincts plus ou moins bas pour parvenir à ses fins. Il s’agit en fait d’un opportunisme n’hésitant pas sur les moyens, l’essentiel demeurant de conserver le pouvoir. Voilà, en tout cas, qui peut servir à définir la ligne politique suivie par l’actuel président algérien.

Abdelaziz Bouteflika vient en effet de montrer qu’il reste toujours le rusé personnage qu’on connaît depuis plus de quarante ans. Cet ancien commandant de l’Armée de libération nationale — à 24 ans, en 1961, à la fin de la guerre d’Algérie — a su être l’homme lige d’Ahmed Ben Bella, puis, après la déposition de ce dernier à laquelle il participa activement, celui de Houari Boumédiène, demeurant seize ans ministre des Affaires étrangères, de 1963 à 1979. Écarté et exilé par les successeurs du deuxième président algérien, il revint en 1989 et réussit à devenir président en 1999 sur un programme de “ concorde civile ” destiné à mettre fin à la terreur islamiste.

En réalité, l’objectif du président Bouteflika a surtout consisté à s’installer durablement. Ce n’était pas facile, étant donné l’emprise du complexe militaro-industriel sur le pays et il a dû batailler avec nombre de généraux. Vis-à-vis de l’ancien parti unique du FLN, il a suivi une ligne ondoyante afin de pouvoir le contrôler. C’est également dans cette perspective qu’il a voulu réintégrer les islamistes dans le jeu politique national, faisant d’eux ses obligés et ses alliés. Peu intéressé par les victimes qui demandaient un minimum de justice et de réparations, il a flatté ceux avec lesquels, il est vrai, le FLN a toujours entretenu une relation ambiguë, reposant sur une commune détestation de la France, toujours présentée comme une puissance coloniale — bien que certains extrémistes religieux ne désignent les militaires que comme le hizb frança, le parti de la France héritier direct du colonialisme. Voilà pourquoi, encore le 16 avril dernier, entre deux séjours au Val-de-Grâce pour se faire soigner par des médecins français, le chef de l’État algérien n’a pas hésité à affirmer : “ La colonisation a réalisé un génocide de notre identité, de notre histoire, de notre langue, de nos traditions ” (16 avril 2006). Et de faire montre, du coup, d’une grande ferveur religieuse.

On comprend donc que, le 24 mai, le président a nommé Premier ministre Abdelaziz Belkhadem, un idéologue partisan de la chari’a, inspirateur du très misogyne Code de la famille, qui a réussi à imposer la lecture du Coran lors de l’ouverture des sessions parlementaires et qui peut s’enorgueillir d’avoir fait capoter la tournée que le chanteur pied-noir Enrico Macias avait prévue en 2000. Formé dans le FLN, le nouveau chef du gouvernement a manifestement pour mission de mettre le plus possible d’islamistes — dont beaucoup ont été graciés — au service d’un président qui voudrait bien se faire élire une troisième fois en 2009. Et, si par hasard le cancer gastrique de plus en plus évoqué au sujet d’Abdelaziz Bouteflika l’empêchait de se représenter, le nouveau Premier ministre serait tout prêt, appuyé par le FLN dompté et les islamistes de plus en plus présents. Reste à savoir quelle serait l’attitude de l’armée, toujours partagée entre le désir de garder son contrôle sur le pays et son souci de ne pas trop se faire remarquer, sa popularité restant limitée.

D’ici là, on continuera à vilipender l’Occident décadent — plus particulièrement la France —, on empêchera tout enseignement en français — sauf pour les enfants de la nomenklatura — et on fera la chasse aux malheureux Kabyles et Arabes qui se convertissent chaque année au christianisme.
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Economie

par Augustin Frontenac

Une semaine pour le développement durable



Du 29 mai au 4 juin, se déroule la quatrième édition de la semaine du développement durable, en prélude à la journée mondiale de l’environnement (le 5 juin). Il s’agit de sensibiliser le public aux nécessités “ d’un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ”, selon la définition proposée en 1987 par la commission mondiale sur le développement.

Alors que l’on assiste à la hausse constante du prix des matières premières, de la demande des pays émergents, de la consommation des pays développés, sensibiliser les uns et les autres aux impératifs d’une croissance économique plus respectueuse de l’environnement est une opération, au minimum, bienvenue.

L’intelligence du concept de développement durable est qu’il regroupe trois réalités que la démagogie tend à opposer : l’écologie, l’économique et le social. Il n’est pas cantonné à la nécessaire préservation des ressources naturelles. Il prend en compte l’évolution des sociétés, et les conséquences sociales de l’activité des entreprises ainsi que la nécessité du développement, de la croissance.

En France, l’appropriation individuelle du développement durable a commencé. On essaye d’acheter “ équitable ”, ou du moins les médias et les grandes enseignes nous y invitent. Les écologistes de la première heure n’y voient plus une appropriation par l’entreprise de leurs thèses. Des élus de droite, comme la députée UMP Nathalie Kosciusko-Morizet, en on fait leur cheval de bataille.

Peut-être peut-on espérer qu’à la veille de la campagne pour les présidentielles, tous les candidats, officiels et officieux, rivalisent d’intelligence sur ce thème. Cependant, il n’est pas encore temps d’espérer : il y a aujourd’hui 1 375 actions inscrites au programme 2006 de la semaine du développement durable, contre 1 410 en 2005. Combien il y en aura-t-il dans un an  ?

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Loisirs

par Jean Étèvenaux

Se balader avec BaLaDO



On se promène de plus en plus. L’extension des congés — tout au moins pour certaines catégories de la population —, le souci très hygiénique de ne pas mener une vie trop sédentaire, la redécouverte de la nature et du patrimoine, autant de facteurs concourant à une curiosité qui se veut intelligente et même futée. Dans cette optique, les guides touristiques voient s’ouvrir un boulevard devant eux, d’où leur souci de mettre au point des produits correspondant à l’air du temps.

Contrairement à d’autres maisons plus traditionnelles, les guides BaLaDO expriment bien cette approche qui combine rapidité et multiplicité, zapping et précision. Bien sûr, l’approfondissement n’est pas de mise et les grandes synthèses demeurent absentes. Mais, quand des ouvrages d’environ cinq cents pages proposent 300, 400 ou 450 “ balades originales et insolites ”, il ne faut pas trop faire la fine bouche. D’autant que la présentation est agréable, le typographie soignée et la couleur chatoyante — non seulement pour les photographies mais aussi pour le repérage des renseignements pratiques.

On touche là au principal intérêt de cette collection. Ses responsables affirment avec justesse qu’ils veulent offrir “ un concept de balades prêt-à-partir ”. Et il est incontestable, même s’il s’agit d’un minimum, qu’on trouve sur une seule page aussi bien ce qui concerne le kayak de mer à Crozon-Morgat que le Musée vivant du cheval à Chantilly, l’Aquarium du lac du Bourget ou du Grand Lyon que la cité médiévale de Provins, le château de Vaux-le-Vicomte que les confitures du Saint-Rigaud. Les cartes routières finales aident à se repérer — seul Paris a droit à un plan… —, procédé facilité par l’implantation visible de numéros correspondant aux diverses idées de balade.

À accomplir en une heure ou en une journée, toutes ces suggestions apparaissent fort alléchantes. S’y ajoutent des petits plus, comme les “ offres Balado Privilège ” assurant des avantages aux lecteurs, pour lesquels est même calculé le coût de chaque déplacement — et on vous dit, évidemment, comment y aller.

Amateurs de nature, de marche, de cheval, de navigation, d’Histoire, d’art, de métiers, de sport ou de relaxation, il serait vraiment difficile de ne pas trouver quelque sujet à son goût. Précisons enfin que, si chaque guide comprend à la fin une rubrique bébé et enfant, cette catégorie de la population dispose déjà d’un ouvrage rien que pour elle, en Île-de-France — avec deux grandes rubriques : “ tous dehors ” et “ tous aux abris ”, car il arrive qu’il pleuve.
Bretagne (576 pages), Rhône-Alpes (592 pages), Curieux Île-de-France (512 pages) et Bébé et enfant Île-de-France (416 pages) — Éditions Mondéos (88, boulevard de Charonne - 75020 Paris) — www.balado.fr

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Magazine

par Denis Lensel

Les dangers de la drogue au volant : deux fois plus de risques de se tuer



La conduite automobile sous l’emprise du cannabis est responsable d’environ 230 morts par an, révèle la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT), à la suite d’une enquête menée en décembre dernier et publiée ce printemps-ci. Cet organisme officiel rappelle aussi que le fait d’avoir consommé de la marijuana ou du cannabis avant de prendre le volant multiplie par deux les risques d’accident mortel.

Un des effets dangereux de la drogue est de fausser considérablement la perception des distances entre son propre véhicule et les autres voitures ou les éléments fixes de la route, carrefours, tournants et signalisation…

Le drame de certains automobilistes, en particulier les jeunes, au demeurant peu expérimentés, est qu’ils mélangent la drogue et l’alcool. La Délégation interministérielle à la Prévention routière a lancé une campagne de sensibilisation à ce double danger qui rappelle que “ sur la route, cannabis + alcool, c’est 15 fois plus de risques d’accident mortel ”.

Dès février 2003, une loi a condamné de deux ans de prison et de 4500 euros d’amende toute personne conduisant sous l’emprise de stupéfiants. Malheureusement, on constate que cette nouvelle mesure législative n’a pas dissipé un fort sentiment d’impunité, probablement provoqué par de longues années d’inaction gouvernementale. Jusqu’alors, les autorités se focalisaient exclusivement sur les dangers - réels eux aussi – de la consommation d’alcool.

La prise de conscience officielle récente des dangers de la drogue a permis de décider la campagne actuelle de prévention prioritairement adressée aux jeunes de moins de 25 ans par le biais d’un site Internet, de messages à la radio et d’affiches dans les auto-écoles et les établissements scolaires.

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Spiritualité

par Gérard Leclerc

L’étape d’Auschwitz



Le pèlerinage polonais de Benoît XVI a été scandé par des étapes dont chacune a marqué l’esprit de ceux qui s’y sont associés. Nous ne pouvons les récapituler ici. Un profil général suffira à une évocation de fond. La messe célébrée sur l’ancienne place de la Victoire à Varsovie rappelait l’extraordinaire souvenir de la première visite de Jean-Paul II dans sa patrie. Car c’est là que celui-ci prononça les paroles libératrices qui mirent la Pologne en état d’insurrection spirituelle. Un mouvement était lancé qui ne trouva sa conclusion que, dix années plus tard, avec la chute du mur de Berlin. Ce n’était pas en orateur politique que le pape polonais avait procédé, mais en prédicateur de l’Evangile, martelant de toute sa conviction qu’il n’était pas possible d’oublier que le Christ avait façonné l’âme de ce pays et qu’on ne pourrait jamais l’exclure de l’histoire.

L’étape de Jasna Gora s’imposait donc en 2006, comme en 1979, parce que c’est là que continue à battre le cœur mystique de la Pologne. Toutes les renaissances du pays ont puisé au pied de la Reine de Pologne leur inspiration. Comment ne pas penser que le défi présent de la foi aux prises avec une civilisation en totale recomposition trouvera encore ici le milieu d’intercession et de renouvellement nécessaire ? Wadowice, le village natal de Jean-Paul II suscite une pensée du même ordre. Rappelant un mot de Goethe selon lequel, pour connaître les poètes, il faut visiter leurs lieux d’enfance,

Benoît XVI a implicitement fait appel à l’étonnante faculté du christianisme de susciter, de siècle en siècle, des hommes dont le génie s’appelle la sainteté. En priant pour une prochaine canonisation de son prédécesseur, le Pape n’a nullement voulu forcer les délais de la procédure en cours. Il a exprimé son intime conviction et redit, une fois de plus, que l’exemple de Jean-Paul II éclaircit désormais l’avenir de l’Eglise, comme celui d’un prophète, d’un confesseur, d’un saint.

Les foules de Cracovie ont montré combien le catholicisme polonais demeurait jeune, conquérant, que son clergé et ses ordres religieux étaient proches des générations nées depuis l’avènement du pape polonais. Un quart des séminaristes européens sont formés dans cet unique pays. C’est dire la responsabilité de ce jeune clergé. Dans la cathédrale de Varsovie, Benoît XVI lui a adressé un vibrant appel pour qu’il soit digne de sa mission et n’hésite pas à venir à l’aide des autres Eglises. Certes, cette vitalité ne doit pas cacher les redressements qui s’imposent face à des dérapages idéologico-politiques. Le Pape n’a pas hésité à les désigner alors que, par ailleurs, les débats internes qui se développent sur le rôle de l’Eglise dans la société ne constituent pas forcément un handicap. Face aux évolutions actuelles, des désaccords peuvent s’exprimer et justifier des arbitrages judicieux.

L’ultime étape à laquelle Benoît XVI ne voulait pas plus se dérober que son prédécesseur, était, d’évidence, la plus dramatique. Auschwitz est le lieu où l’humanité a connu l’épreuve la plus redoutable. Là s’est déroulé, selon l’expression du cardinal Lustiger, “un des drames les plus obscurs d’un siècle de fer et de sang”. Benoît XVI a fait entendre, en langue allemande, une parole qu’il a dû longuement méditer. Il serait vain de n’en retenir qu’une expression isolée - à propos de l’appréciation de la responsabilité collective des Allemands - pour rouvrir une polémique historique. L’essentiel tient plutôt dans la question du silence de Dieu au sein de l’holocauste : “Nous devons répéter avec humilité mais insistance Oui mon Dieu : réveille-toi ! N’oublie pas ta création, l’homme. Et notre cri vers Dieu doit être en même temps un cri qui pénètre notre cœur afin que s’éveille en nous la présence cachée de Dieu. ” Longtemps nous devrons nous interroger sur cette “raison de l’amour” qui réside dans le cœur de Dieu.

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Humeur

par Erwan Violin

L’espace d’un chant



On n’en revenait pas. Sur la scène du Festival de Cannes, devant un parterre de smokings et de robes du soir, les quatre lauréats présents du prix d’interprétation masculine pour le film "Indigènes" ont entonné "C’est nous les Africains", applaudis par une salle enthousiaste. Rarement le vieux chant de l’Armée d’Afrique avait été à pareille fête depuis quarante ans. Il y a peu, on l’entendait surtout dans les réunions d’anciens combattants ou de nostalgiques du temps "béni" des colonies.

Bien sûr, Jamel Debbouze, Sami Bouajila, Roschdy Zem ou Bernard Blancan n’entendaient nullement manifester leur nostalgie de la "Colo", des goumiers ou des tirailleurs. Tout de même, l’espace d’un chant, ces jeunes "indigènes" ont rappelé une histoire commune et partagée, même si elle ne fut pas toujours simple ; à leur manière, nos "beurs" ont témoigné de leur vieille place au sein de la communauté française.

Et si l’intégration passait aussi par cette histoire-là, par cette évocation du "beau drapeau de notre France entière" ?

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Ruralia

par Christiane Papineau

Marie-Antoinette et Madame Royal



Marie-Antoinette crève l’écran et, près de trois siècles après lui avoir coupé la tête, la France républicaine se rue en masse dans les salles de cinéma pour revisiter l’Histoire. Une jeune cinéaste américaine, à l’indéniable talent, nous livre avec ce film un portrait de la jeune reine aux antipodes de l’imagerie véhiculée jusqu’à ce jour.

“ L’Autrichienne ” honnie, l’affameuse du peuple apparaît comme une femme, une épouse et une mère nue et fragile dans un univers d’hostilité féroce. Le public en redemande et sort conquis.

Un petit bout de bonne femme, au physique d’adolescente, prépare un autre film qui passera, lui en “ prime time ”, au printemps 2007

A l’heure où “ Marie-Antoinette ” fait un tabac, Madame Royal se prépare à partir conquérir les suffrages des Français. Un clin d’œil savoureux qui n’a pas échappé à nos amis étrangers qui y voient-là, l’une de ces incorrigibles contradictions qui fait tout le charme de notre vieux pays ! L’histoire est drôle…

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Livres

par Catherine Pauchet

Retour d’Afghanistan



En juillet 1986, Didier Lefèvre quitte Paris. Il accompagne une équipe de “ Médecins Sans Frontières ” qui se rend en Afghanistan pour livrer du matériel médical et des médicaments. Une véritable expédition, pleine d’aventures et de dangers, dans un pays en guerre contre les Soviétiques. C’est sa première grande commande photographique. Mission accomplie, il doit rentrer, cette fois-ci seul. Un retour riche en péripéties et en rencontres, léger et heureux les premiers jours, âpre et pénible à l’extrême les derniers jours. Il raconte ce périple passionnant dans le tome 3 du “ Photographe ”, un ouvrage qui tient à la fois de la bande dessinée et du livre de photographies. Un DVD est joint qui retrace l’ensemble de l’expédition.
“ Le photographe ”, tome 3, photographies de Didier Lefèvre, texte et dessins de Emmanuel Guibert, mise en page et coloriage de Frédéric Lemercier, Dupuis, 104p., 19 euros.
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D’un jour à l’autre


France




Drame en mer

La disparition d’Edouard Michelin, au cours d’une partie de pêche qui a tourné au drame, laisse l’entreprise leader mondial du pneumatique dans une profonde incertitude, et toute la région Auvergne, bouleversée.

Le “ non ”, un an après

Un an après la victoire du “ non ” au référendum sur le projet de Constitution Européenne, les partis politiques français s’interrogent encore et l’Europe est en panne. Il est clair qu’il n’y avait pas de plan de substitution et que le résultat du vote a donné un coup de frein aux grands projets, tant dans le domaine social, fiscal que celui de la défense.

Encore une gaffe ?

Guy Drut, ancien ministre des sports condamné dans l’affaire dite des HLM de la ville de Paris, fera l’objet d’une grâce présidentielle. Cette annonce a fait l’effet d’une bombe dans le Landernau politique, et est considérée comme la énième gaffe chiraquienne de l’année. Du côté du Président de la République, on explique ce geste par la nécessité de maintenir un membre éminent au Comité Olympique.

Course aux adhésions

Depuis quelques temps, l’UMP, dopée par Nicolas Sarkozy, annonce des chiffres record d’adhésion. C’est au tour du PS de faire état d’un nombre important de nouveaux militants, 60 000 en peu de mois. Un fait marquant puisque, depuis plusieurs années, les partis politiques faisaient l’objet d’une certaine désaffection.

Bové, volontaire

José Bové veut en découdre et s’est porté volontaire pour participer à la campagne des élections présidentielles “ à n’importe quel poste ”, pour le compte de l’extrême gauche. Pour l’heure, il n’a pas eu beaucoup de succès, le PC lui à même signifié une fin de recevoir.

Aubry aussi

Le trop-plein va finir par se faire sentir à gauche, tant le nombre de candidats à la candidature enfle au fil des jours. C’est au tour de Martine Aubry, ancien ministre du travail de Lionel Jospin, d’annoncer qu’elle se préparait éventuellement à se lancer dans la compétition.

Les poubelles de la République

L’affaire Clearstream apporte chaque jour son lot de révélations, et les poubelles de la république sont passées au peigne fin. Pour autant, les Français s’en désintéressent ; mieux, ils sont une majorité à considérer que le Premier ministre se défend avec courage. Cette histoire finira peut-être comme celle de l’arroseur-arrosé.

Bataille de l’acier

La bataille de l’acier fait rage et va de rebondissement en rebondissement. L’annonce du mariage d’Arcelor avec le géant Russe de la sidérurgie, pour échapper à l’OPA de l’Indien Mittal, n’en finit pas de susciter des commentaires acides. Il faut dire que la réputation des oligarches de l’ex-union soviétique est des plus sulfureuse.

L’écureuil s’émancipe

La partie de bras de fer qui oppose depuis des mois la Caisse d’Epargne et la Caisse des Dépôts, bras armé de l’Etat dans le capital de la “  banque de l’écureuil ”, se termine. La Caisse d’Epargne s’émancipe et va pouvoir mener à bien son projet de rapprochement avec les banques populaires. La Caisse des dépôts se retire moyennant la somme rondelette de 7 milliards d’euros. Preuve que l’écureuil a mis des noisettes de côté !

La Chine, eldorado pour les jeunes

Faute de perspectives de carrières intéressantes chez nous, de plus en plus de jeunes vont tenter leur chance en Chine. Pékin est en passe de remplacer Londres dans le rêve de la nouvelle génération, même si les obstacles de la langue et de l’éloignement sont plus difficiles.


Monde




L’élargissement en panne ?

Le mouvement qui semblait inéluctablement porter l’Europe à coïncider avec son aire de civilisation est aujourd’hui freiné. L’élargissement de 2004 qui avait profité aux pays baltes, à la Pologne, Tchéquie, Hongrie, Slovaquie, Chypre et Malte ne se poursuivra pas au même rythme. A l’évidence les “ non ” français et néerlandais sont passé par là et les Bulgares et Roumains devront peut-être attendre plus longtemps que prévu.

Plaintes rwandaises recevables

Le génocide rwandais de 1994 devant le Tribunal aux Armées de Paris (TAP). Des Tutsis ayant échappé aux massacres ont porté plainte pour complicité de génocide devant le TAP. Ils accusent notamment les militaires français de ne pas s’être opposés aux exactions des Hutus et notamment de les avoir laissés se faire enlever. Les plaignants accusent également les militaires de s’être rendus coupables de meurtres et de viols. Le juge d’instruction du TAP a jugé recevable les plaintes de six des Tutsis, bien que le Parquet ait écarté quatre des six plaignants.
Nouvelles violences au Sud Liban

Le front du Sud Liban, assoupi depuis de nombreux mois, connaît une nouvelle flambée. Les milices chiites du Hezbollah qui contrôle la frontière israélo-libanaise ont subi une attaque de Tsahal qui avait reçu des obus en provenance du Liban. Les Israéliens ont fait une incursion terrestre au Liban suivie d’une attaque aérienne.

L’Indonésie encore frappée

L’Indonésie qui avait payé le plus lourd tribut au Tsunami du siècle a de nouveau été frappée, cette fois par un séisme. C’est le sud de l’île de Java qui a été touché et plus de 5 000 personnes ont perdu la vie. Ce sont plusieurs centaines de milliers de sans-abri qui sont à déplorer. Des équipes de secours envoyées par les association humanitaires dont Médecins sans Frontières sont arrivées du monde entier

Morts de civils en Afghanistan

Ce n’est pas la première fois que des civils sont les victimes “ collatérales ” des combats entre les forces de l’ONU et les talibans. Une vingtaine de civils avaient déjà été tués la semaine dernière. Mais cette fois les émeutes qui ont fait suite à la mort de civils tués par les soldats américains ont été extrêmement violentes. Des postes de police ont été attaqués et des manifestations hostiles aux Américains et au Président Hamid Karzaï ont eu lieu en différents points du pays.
Benoît XVI en Pologne

Au fil des jours, le voyage de Benoît XVI en Pologne s’est transformé en triomphe. Commencé à Varsovie avec moins de 100 000 personnes, le voyage du Pape s’est terminé avec 900 000 personnes à la messe célébrée à Cracovie. A Auschwitz, le Pape a récusé la responsabilité collective du peuple allemand, ce qui a soulevé quelques interrogations, notamment chez le grand rabbin de Rome.
La Colombie a contre temps

En accordant à Alvaro Uribe, une réélection de maréchal (62% des voix), les électeurs colombiens ont décidés de se distinguer d'autres pays d’Amérique du Sud, qui n’en finissaient plus de pencher à gauche. Alvaro Uribe est notamment un ennemi intraitable des rebelles, les FARC qui avaient assassiné son père. Cette élection risque de retarder encore la libération d’Ingrid Bétancourt. Les Colombiens lui savent gré d’avoir rétabli la sécurité dans les zones urbaines et d’avoir considérablement réduit les marges de manœuvres des FARC.


Sports




Service minimum pour les Bleus

C’est à l’issue d’un match médiocre se terminant sur le score de 1 à 0 que l’équipe de France de football a remporté le match amical qui l’opposait au Mexique en avant première du Mondial. Zinedine Zidane, qui jouait son dernier match au Stade de France a paru fatigué lors de cette rencontre assez moyenne qui a provoqué des sifflets chez les supporters des Bleus.

Formule 1 : Alonso triomphe à Monaco

Fernando Alonso (Renault) a remporté le Grand Prix de Monaco, loin devant son rival Michael Schumacher. Ce dernier avait, il est vrai, perdu sa pole position sur une décision des commissaires sportifs qui avait sanctionné une manœuvre peu élégante du pilote de Ferrari. Lors des essais, Michael Schumacher avait en effet arrêté net sa voiture, de façon à couper l’élan de ses concurrents.

Une judoka guyanaise sur le podium européen

Lucie Decosse, originaire de Guyane française, a remporté la médaille d’argent aux championnats d’Europe de judo à Tempere (Finlande). En 2005, elle avait conquis le titre de championne du monde au Caire. Lucie Decosse vise maintenant les JO de Pékin, en 2008.

Rafael Nadal ouvre Rolland-Garros en fanfare

Le tennisman espagnol Rafael Nadal a réussi une performance historique en battant à Roland Garros le Suédois Robin Soderlin en trois sets (6-2, 7-6, 6-4). Avec 54 victoires sur terre battue, il bat ainsi le record de Guilermo Vila qui avait totalisé 53 victoires. Du côté des dames, Amélie Mauresmo l’a emporté face à l’Américaine Meghann Shaughnessy (6-4, 6-4).

Bayonne reste dans le Top 14

Malgré leur défaite face à Clermont (19 à 24), les rugbymen bayonnais resteront dans le Top 14. En effet, leurs rivaux de Pau ont dû s’incliner devant Castres sur le score serré de 25 à 27.
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Fondateur: Jacques Jira+ - Directeur de la publication: Philippe Buron-Pilâtre - Comité de rédaction: Jean Etèvenaux,

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