Littérature et Philosophie mêlées





titreLittérature et Philosophie mêlées
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sc * 1830-34

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f052r

a

Mauvais éloge d’un homme que de dire : son opinion politique n’a pas varié depuis quarante ans. C’est dire que pour lui, il n’y a eu ni expérience de chaque jour, ni réflexion, ni repli de la pensée sur les faits. C’est louer une eau d’être stagnante, un arbre d’être mort : c’est préférer l’huître à l’aigle. Tout est variable au contraire dans l’opinion ; rien n’est absolu dans les choses politiques, excepté la moralité intérieure de ces choses. Or cette moralité est affaire de conscience et non d’opinion. L’opinion d’un homme peut donc changer, pourvu que la conscience ne change pas. Progressif ou rétrograde, le mouvement est essentiellement vital, humain, social.

Ce qui n’est pas permis, c’est de changer d’opinion pour son intérêt, et que ce soit un écu ou un galon qui vous fasse brusquement passer du blanc au tricolore, et vice versa.

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α. repris dans Lpm, Journal d’un révolutionnaire de 1830, Octobre [pensée n° 10] [éd. James I, 289-91] avec quelques variantes : (1) après un arbre d’être mort, les deux points sont remplacés par un point-virgule ; (2) après au contraire dans l’opinion, la virgule est remplacée par un point-virgule ; (3) entre Or et cette moralité se glisse une virgule ; (4) après donc changer s’intercale honorablement ; (5) la conscience devient sa conscience ; (6) ce qui n’est pas permis devient ce qui est honteux

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f052r

b

Le jésuitisme, comme combinaison politique et sociale, comme communauté dans la communauté, comme église dans l’église, comme noyau dans le noyau, c’est le catholicisme à la seconde puissance.

(GREGOIRE VII) ² = Ignace de Loyola.

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f052v

a

V A I N

N α N

N N

N

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* majuscules écrites très soigneusement et d’une manière de plus en plus fleurie

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f052v

b

Voltaire a fait de mauvaise tragédies : cela n’empêche pas le grand homme d’avoir eu le rire diabolique.

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* phrase rayée

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f052v

c

L’égalité devant la loi c’est l’égalité devant Dieu traduite en langue politique. Toute chartre dit être une version de l’Evangile.

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α. repris dans Lpm, Journal d’un révolutionnaire de 1830, Octobre [pensée n° 12] [éd. James I, 291] avec quelques variantes : (1) une virgule est placée après devant la loi ; (2) évangile sans majuscule

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f052v

d

L’incendie de Moscou, aurore boréale faite pour Napoléon.

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* phrase rayée

α. pensée reprise et numérotée, infra, f° 82 {a}

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f052v

e

Les Whigs a ? dit O’Connell, des tories sans places 1.

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a. au-dessus de : Les Wighs, rayé

α. repris dans Lpm, Journal d’un révolutionnaire de 1830, Octobre [pensée n° 13] [éd. James I, 281] avec une variante : whigs sans majuscule

1. Daniel O’Connell (1775.08.06-1847.05.17), le grand agitateur de l’Irlande. Elu à la Chambre des Communes (1830), à la tête des quarante députés irlandais (appelés la Queue d’O’Connell), il assure la majorité au parti Whigs, ramené au pouvoir par les contre-coups très violents de la Révolution de 1830, contre les tories

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f052v

f

Napoléon disait : officier français soldats russes.

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* phrase rayée — α. cf. f° 76 : L’empereur disait : officiers français et soldats russes.

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f053




sc * 1830-34

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f053r

a

Il y a de grandes choses qui ne sont pas l’œuvre d’un homme, mais d’un peuple. Les pyramides d’Egypte sont anonymes ; les journées de juillet aussi.

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α. repris dans Lpm, Journal d’un révolutionnaire de 1830, Novembre [pensée n° 1] [éd. James I, 293]

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f053r

b

Très bonne loi électorale

Quand le peuple saura lire

ARTICLE Ier — Tout Français est électeur.

ARTICLE II — Tout Français est éligible.

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α. repris dans Lpm, Journal d’un révolutionnaire de 1830, Novembre [pensée n° 2] [éd. James I, 293] avec quelques variantes (1) Très bonne loi électorale et article sont en majuscules ; (2) sous le titre : (Quand le peuple saura lire) ; (3) les deux traits avant Tout français sont remplacés par un point

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1. La monarchie de Juillet devait rester assez loin du de compte. Elle a baissé l’âge d’éligibilité à 30 ans, au lieu de 40, et le cens à 200 francs en contributions directes. Ainsi on a pu calculer qu’en 1846 environ 2,8 % des hommes de plus de vingt et un ans pouvaient voter (Cobban, A history of Modern France, vol. II, p. 95) [note James, I, 409]

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f053v

a

Les Whigs ? dit O’Connell. Des tories sans places.

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α. cf. f° 52

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f053v

b

Au printems, il y aura une fonte de russes.

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α. repris dans Lpm, Journal d’un révolutionnaire de 1830, Novembre [pensée n° 2] [éd. James I, 293] avec une variante : printemps

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f054-55




sc * feuille de papier pliée en deux formant chemise

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f054r




Novembre

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f054v




Lundi 2 mai [écriture d’une autre main]

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f055r




Gaspard [écriture d’une autre main]

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f056-57




sc * feuille de papier pliée en deux formant chemise

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f056-57

-

Décembre

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f058




sc * autour du 9 décembre 1830

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f058r

a

Au printems, il y aura une fonte de russes.

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* phrase rayée — α. cf. f° 53v

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f058r

b

1a

9 xbre 1830. — Benjamin Constant, qui est mort hier, était un de ces hommes rares qui fourbissent, polissent et aiguisent b les idées générales de leurs temps, ces c armes des peuples qui brisent toutes celles des des [sic] armées. d Il n’y a que les révolutions qui puissent jeter de ces hommes-là dans la société. Pour faire la pierre-ponce, il faut le volcan.

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a. add. sup. - b. au-dessus de : aiguisent et polissent, rayé - c. en sc de : les - d. ici, rayé : Ces hommes là ne peuvent

α. repris dans Lpm, Journal d’un révolutionnaire de 1830, Décembre [pensée n° 1] [éd. James I, 293-95] avec quelques variantes : (1) 9 décembre 1830 ; (2) après pierre-ponce, une virgule

1. Benjamin Constant est mort le 10 décembre 1830, et non le 8

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f058r

c

2a

On vient b d’annoncer dans la même journée la mort de Goethe, la mort de Benjamin Constant, la mort de Pie VIII. Ch. Nodier me disait : Trois papes de morts.

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a. add. sup. - b. en sc de : apprend

α. repris dans Lpm, Journal d’un révolutionnaire de 1830, Décembre [pensée n° 2] [éd. James I, 295] avec quelques variantes : (1) Goëthe ; (2) Ch. Nodier me disait :, supprimé ; (3) une note est ajoutée en bas de page : Cette triple nouvelle circula en effet dans Paris le même jour. Elle ne se réalisa pour Goëthe que quinze mois plus tard.

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f058r

d

La France est toujours à la mode en Europe

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* phrase rayée — α. pensée reprise, infra, f° 77 {b}

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f058r

e

3 a

Napoléon.

Voyez-vous cette étoile ?

Caulaincourt.

Non.

Napoléon.

Hé bien moi ! je la vois !

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a. add. sup.

α. repris dans Lpm, Journal d’un révolutionnaire de 1830, Décembre [pensée n° 3] [éd. James I, 295] avec quelques variantes : (1) les noms propres sont en majuscules ; (2) Eh bien ! moi, je la vois.

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f058v

a

4 a

Si le clergé n’y prend garde et ne change de vie, on ne croira bientôt plus en France à d’autre trinité qu’à celle du drapeau tricolore

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a. add. sup.

α. repris dans Lpm, Journal d’un révolutionnaire de 1830, Décembre [pensée n° 4] [éd. James I, 295]

13 398

f058v

b

5 a

Citadelle inexpugnable que la France aujourd’hui ! Pour remparts b, au midi, les Pyrénées, au levant c, les Alpes ; au nord, la Belgique avec sa haie de forteresses, au couchant l’océan pour fossé d. En deçà des Pyrénées, en deçà des Alpes, en deçà du Rhin e et des forteresses belges, trois peuples en révolution, Espagne, Italie, Belgique 1, nous montent la garde ; en deçà de la mer, la république américaine. Et, dans cette France imprenable, pour garnison, trois f millions g de baïonnettes pour veiller aux créneaux des Alpes, des Pyrénées et de la Belgique, quatre cent mille soldats, pour défendre le terrain, un garde national par pied carré. Enfin, nous tenons le bout de mèche de toutes les révolutions dont l’Europe est minée : Nous n’avons qu’à dire : Feu ! h

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a. add. sup. - b. Pour rempart en sc de : au midi - c. en sc de : à l’est - d. ici, rayé : pour g - e. au-dessus de : taillis des, rayé - f. en sc de : deux - g. ici, rayé : d’hommes - h. qu’à dire : Feu ! au dessus de plusieurs mots barrés et illisible dont le dernier est peut-être britannique

α. repris dans Lpm, Journal d’un révolutionnaire de 1830, Décembre [pensée n° 5] [éd. James I, 295-97] avec quelques variantes de ponctuation

1. En Espagne, début de la première guerre carliste ; en Italie soulèvement des provinces appartenant au pape et à l’Autriche, occupation du port pontifical d’Ancône par les troupes françaises, afin d’intimider les Autrichiens ; en Belgique, lutte contre la Hollande pour l’indépendance, avec l’appui de la France. […] [note M05, 113]

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f059




sc * 1830-33

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f059r

a

8

J’ai assisté à une séance du procès des ministres, à l’avant-­dernière, à la plus lugubre, à celle où l’on entendait le mieux rugir le peuple dehors. J’écrirai a cette journée-là.

Une pensée b m’occupait pendant la séance α1. C’est que le pouvoir occulte qui a poussé Charles X à sa ruine, le mauvais génie de la restauration, ce gouvernement c qui traitait d la France en accusée, en criminelle, et lui faisait sans relâche son procès, avait fini, tant il y a une raison intérieure dans les choses, par ne plus pouvoir avoir pour ministres que des procureurs-généraux. α2 Et en effet, quels étaient les trois hommes assis près de M. de Polignac comme ses agens les plus immédiats, Peyronnet, procureur-général, Chantelauze, procureur-général, Guernon-Ranville, procureur-général. Plus de ministre de l’intérieur, plus de ministre de l’instruction publique, plus de préfet de police, des procureurs-­généraux partout. La France n’était plus ni administrée, ni gouvernée au conseil du roi, mais accusée, mais jugée, mais condamnée.

Ce qui est dans les choses sort toujours au dehors par quelque côté.

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