Épitomé de L’histoire de la congrégation au vietnam





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ÉPITOMÉ de L’HISTOIRE de la CONGRÉGATION au VIETNAM


(50 ans de présence de la Congrégation au Vietnam)
On dit que la vie est un chemin «de grâces». Étant «grâces», discrètes, silencieuses mais parfois elles décident du destin d’un être humain. Il s’agit de savoir comment les découvrir et de les diriger. En tant que «grâces», en riant, on doit laisser couler des larmes, au-delà des larmes jaillissent les sourires, au-delà des douleurs nous attend le bonheur. Mais, à travers les difficultés, les impasses, si on recherche, on découvre tout l’horizon lumineux apparaissant sur l’avenir. Telle est la responsabilité merveilleuse d’unir des «grâces» !

Ainsi on peut dire que la présence de la Congrégation de la Mission au Vietnam est une grâce merveilleuse ! Personne ne pense que partant des difficultés rencontrées en Chine, les missionnaires laissèrent l’empreinte de leurs pas au Vietnam, un pays ayant la forme aimable et courbe de la lettre «S».

50 ans, ce n’est rien par rapport à la longue histoire. Mais les souffrances que nos missionnaires ont éprouvées et les larmes qui ont coulé le long de leurs joues, nous donnent l’impression que des siècles ont passé ! Remontant le courant des années, nous recherchons les traces de nos devanciers pour continuer notre route vers l’avenir.

Avant 1950, brûlés de l’esprit d’amour de saint Vincent envers les pauvres présents partout, quelques prêtres français de la Congrégation de la Mission (Lazaristes) ont volontairement quitté leur famille et leur pays natal pour partir en terres lointaines. La Chine est le territoire idéal, vaste et peuplé, où ne s’est pas encore répandue la semence de l’Évangile. Parmi les ouvriers, on trouve les Pères René Dulucq, Robert Cartier, Francis Radenac, Louis Gonce, Victor Bercet.

Depuis l’arrivée des Filles de la Charité au Vietnam, les Lazaristes sont souvent allés de Chine au Vietnam pour la prédication et la direction spirituelle des Sœurs. Parmi eux se trouvent les Pères Émile Moulis (1929), Legris (1930-1931), Eugène Loez (1932-1934), Joseph Deymier (1934-1937). Les Pères Jean-Baptiste Bringer, Jean-Baptiste Pommier, Pierre Paternel sont également venus de France, mais leur séjour a été très court ! En raison de la situation de fait et des événements humains, ils ne pensent pas encore ou plutôt n’osent pas penser à une installation de plus longue durée au Vietnam, pour marcher sur les pas de leurs aînés.

Après des années d’aller et venue, les Missionnaires ne peuvent pas encore s’implanter ! Personne ne le veut. Mais quelle merveille que la volonté de Dieu ! Peut-être ce n’est pas le temps favorable où Dieu veut la présence des enfants de Saint Vincent de Paul au Vietnam. Le Seigneur les dirige secrètement. Enfin, arrive l’opportunité !

En 1949, La Révolution Chinoise oblige les missionnaires à se retirer dans leur pays. «Le malheur des uns fait le bonheur des autres» : les difficultés en Chine, «la grâce» au Vietnam. En regagnant la métropole, ils font un arrêt au Vietnam pour se reposer. Après un court temps de contact avec la réalité du milieu, ils ont découvert que le Vietnam serait pour eux un territoire favorable à l’Évangélisation : les Vietnamiens se trouvent empreints de beaux sentiments, si pieux et reconnaissants, d’où sortiront des vocations. Un terrain fertile attend des semeurs et moissonneurs. Pressés par l’amour du Christ (2Cor 5,14) et par l’appel du cœur compatissant, ils ont décidé de donner leur vie et une partie de destin de la Congrégation à ce pays, petit et complexe. En 1952, expulsés de Chine, les Pères Jacques Huysmann, Adolphe Buch, Robert Cartier, René Dulucq, Francis Radenac, Louis Gonce, Victor Berset et le Frère coadjuteur Alexandre ont rejoint le Vietnam.

En raison du contexte politique très complexe, le Vietnam passait de l’administration coloniale française au régime républicain. Les Missionnaires se sont résignés à attendre les signes de Dieu et n’ont pas enjambé sur la Providence. C’est pourquoi, ils sont restés uniquement à Dalat pour assurer des activités pastorales auprès des français et des Filles de la Charité. À côté de cela, ils n’ont jamais oublié de garder au cœur les grandes aspirations, de semer silencieusement et de promouvoir les premières vocations vincentiennes.

En 1955, la Maison de Dalat, la première de la Congrégation de la Mission au Vietnam, a été canoniquement établie, au 42 Yersin (actuellement Villa de Thanh Tam, 40 Tran Phu), établissement officiel de la Région du Vietnam (photos à la pages 82 de l’Album des 50 ans) dont le Père René Dulucq a été le premier supérieur.

Ils ont organisé école et pensionnat appelé Foyer Saint-Vincent (actuellement 11 Yet Kieu) où sont éduqués les orphelins envoyés par les sœurs du «Domaine de Marie». Y sont aussi reçus ceux qui veulent consacrer leur vie à Dieu et au service des pauvres. Il existait aussi des écoles pour les Chinois, des pensionnats pour les enfants des minorités ethniques. Les Confrères étaient chargés également de l’aumônerie des Grand et Petit Lycée de Yersin–Dalat, et étaient professeurs au Petit Séminaire et à l’Université de Dalat. Malgré de telles occupations, leur vrai rêve ne s’est pas encore réalisé : aller à l’évangélisation, notamment chez les Montagnards de ce plateau de Lam Vien.

On dispose à ce moment-là de deux établissements : Villa de Thanh Tam, 40 Tran Phu et Foyer Saint-Vincent, 11 Yet Kieu.

En 1962, la Congrégation a été chargée de l’évangélisation des Chinois de Dalat et s’est occupée d’un certain nombre de chrétiens qui l’entourait. Ces derniers appartenaient à la paroisse du Pavillon de Saint-Vincent (existant jusqu’à présent – photos, page 86).

Le Père Déthune, arrivé au Vietnam à la fin des 1950 (1959), a surveillé Foyer Saint-Vincent pendant un an et a été envoyé ensuite apporter la Bonne Nouvelle aux Montagnards ; il y a été rejoint par le Père Jacques Gros. De Dalat, le Père Jacques Huysmans est allé à Saigon, le Père Victor Berset a été nommé Aumônier de la Léproserie de BenSan.

C’est à cette époque, qu’ont été envoyés en France quelques frères pour leurs études, dont Père Alexis Tong Phuoc Hau, qui se trouve parmi nous. La Congrégation a été assez attirante pour que quelques prêtres diocésains, dont les Pères Joseph Pham Tuan Trang, Joseph Huong Tien, Roch Tran Huu Linh, Antoine Bui Vinh Phuoc, aient demandé à y être admis.

Après le départ des Français du Vietnam (en 1954), les Pères français ont confié aux Pères Joseph Pham Tuan Trang et Roch Tran Huu Linh la charge de l’éducation et de la formation des vocations vincentiennes.

Depuis ce moment-là, les Pères français, toujours généreux et ouverts à la mission «ad Gentes» qui leur tenait tant à cœur, ont réalisé leur aspiration à rejoindre des régions lointaines et éloignées à des kilomètres de Dalat.

Au cours de l’année 1961, grâce au soutien de Monseigneur Simon Hoa Nguyen Van Hien, les missionnaires français, heureux comme un poisson dans l’eau, ont travaillé à leur guise dans ce champ de Mission. Ils se sont vus confier l’évangélisation à Don Duong, d’une étendu d’environ 50 km de DIOM (près du Monastère des cisterciens Chau Son) à TA-IN (où vivaient les minorités ethniques CHURU, KOHO). Quel champ fécond ! Les Missionnaires ont répandu les semailles, les pépinières… plein de promesses d’une récolte plus abondante, s’il n’y avait pas eu des changements de circonstances.

À Dalat, les Pères vietnamiens ont continué à être chargés de l’éducation et de la recherche des vocations. En 1963, la Congrégation a ouvert un petit séminaire, inauguré le 1er juillet 1963, par Père Joseph Nguyen Tuan Trang, en vue de la recherche des vocations autochtones. À cette occasion, notre Congrégation a fermé Foyer Saint-Vincent à Dalat.

Au Pavillon de Saint-Vincent, la Congrégation a organisé en 1966 le premier Séminaire Interne, dirigé par Père Robert Cartier, dont les membres se composaient de DU, HIEN, THU, PHAN, BAU, vietnamien, peut-on dire, ont apporté un «souffle de vie» de la spiritualité vincentienne aux jeunes générations. À ce moment-là, la Congrégation a envoyé certains de ses membres à l’Institut pontifical de Pie X.

Depuis l’ouverture de Séminaire Interne à Dalat, les Pères Joseph Pham Tuan Trang et Roch Tran Huu Linh a déplacé le Petit Séminaire à Ho Nai-Tam Hiep où ils ont fait construire une grande école appelée VINH SANG TAM HIEP, avec un pensionnat. L’école était bien connue, beaucoup de parents catholiques de Ho Nai jusqu’à Sai Gon, qui lui ont confié leurs enfants pour qu’ils poursuivent leurs études ainsi que leur éducation spirituelle. Cette école se serait bien développée et aurait connu des succès, si de grands changements de contexte politique n’étaient intervenus.

L’événement du 30 avril 1975 a provoqué un changement de situation de notre Congrégation. Les Prêtres et Coadjuteur Français, prêtre chinois, comme Monsieur Antoine Tchang, ont été expulsés du Vietnam. Certains vietnamiens sont partis ou ont été évacués. Les écoles ont été nationalisées, les postes de mission perdus, le Petit Séminaire fermé, découragés, les Séminaristes ont peu à peu renoncé à leur soutane. Il nous reste la maison de Dalat. L’activité apostolique et pastorale ne se concentre qu’en trois petites paroisses : THANH TAM, XOM GIAO VINH SON et BACH DANG.

De 1975 à 1990, c’est la période la plus difficile que la Congrégation ait eu à souffrir tant sur le plan de l’esprit que sur le plan financier (le contact était interrompu avec La Maison-Mère). Peu de personnel, activités pastorales ralenties, les frères s’aidaient mutuellement à vivre et travaillaient durement dans les platebandes de salades, de carottes… pour gagner leur vie, en attendant une occasion favorable et attentifs à l’écoute des appels de la Providence…

Vers 1989, avec l’intention de construire progressivement la Congrégation, les pères ont demandé d’ouvrir une nouvelle implantation à TUC TRUNG-DONG NAI (elle est reconnue canoniquement en 1998) pour le recrutement des jeunes qui sentent un appel du Seigneur. Il semble que la volonté de Dieu allait se réaliser : beaucoup de jeunes sont venus demander à s’engager dans la vie consacrée, bien que la vie des confrères ne présente rien d’attirant, sinon qu’ils sont silencieusement plongés dans le travail manuel soit dans la rizière soit au jardin de bananes.

L’année 1990 ouvre toutes les portes à l’avenir. Les premiers postulants après la libération de 1975 se sont recrutés à Dalat et à Tuc Trung. Voici le commencement d’une nouvelle période, malgré les difficultés et les défis qu’a éprouvé la Congrégation, se profile une issue ! Voilà, à la fin de tunnel apparaît la lumière, dans les yeux des confrères s’allume éclair d’espérance. La récolte apporte des fruits à l’abondance. Plus 10 jeunes prêtres zélés continuent à marcher sur les pas de leurs devanciers.

À l’âge de 50 ans, tout séculaire qu’il ne soit, le “banian” 1 devient un arbre au feuillage luxuriant dont les maîtresses branches s’étendent pleines de vie. En effet, la Congrégation est parvenue à sa maturité. Une famille nombreuse : 35 prêtres, 8 diacres dont deux à Paris, 13 incorporés, 3 coadjuteurs, 7 étudiants de théologie, 4 novices, 17 étudiants de philosophie, 10 postulants et de nombreux étudiants à la recherche de vocation.

Les activités missionnaires s’élargissent ; de nouvelles implantations et des postes de mission s’établissent graduellement.

Outre Dalat qui sert à la fois de Maison-Mère et de Scolasticat de philosophie et Tuc Trung qui est chargé de la paroisse rurale Nagoa, la Congrégation s’est vue confier par l’évêque de Dalat l’évangélisation à Don Duong où travaillaient jadis les pères français.

En 1991, un poste de mission s’ouvre officiellement chez les Koho à Kadon, Don Duong. Trois ans plus tard (1994) encore un autre chez les Churu à Pro’h. Ces deux nouveaux postes s’appellent «Kinh Te Moi» où sont venus habiter et travailler des KINH et des Montagnards ; la question de mission y est très complexe et délicate.

Pour la formation des étudiants en théologie, a vu jour la Maison Nguyen Kiem-Sai Gon dont les postes de mission : Bau Sen, Cai Ran, Da Nang, Daksong, Bung Ke, KomTum et Nha Trang s’appellent, avec plaisanterie, «les satellites».

De plus, de pauvres paroisses sont confiée à la Congrégation comme Thanh Tam, Bach Dang, Mai Anh, Vinh Son, Kadon, Nagoa… Cela est conforme à la spiritualité vincentienne : annoncer La Bonne Nouvelle aux pauvres.

À l’âge de 50 ans, la vie humaine touche à son déclin ! 50 ans de présence de la Congrégation. Bien qu’elle ait dépassé de nombreuses difficultés et les vicissitudes de l’histoire, il nous semble qu’aujourd’hui la Congrégation se met en route !! À vrai dire, la Congrégation, considérée comme un petit enfant, a déjà dépassé les difficultés de son enfance et est en train de devenir jeune, pleine de force physiquement et intellectuellement. Accompagnée d’innovation de circonstance, la Congrégation se tend, marche, s’avance et annonce une récolte plus abondante où se trouvent de nombreux semeurs et moissonneurs.

50 ans de peine, de difficultés et de défis, comme on l’a dit ci-dessus, mais aussi de vraie «grâce». Grâce de notre petit pays uni à la Congrégation du monde entier. Du malheur d’autrefois, par cette «grâce», nous trouvons le bonheur d’aujourd’hui, comme le dit psammite :

« Il s’en va en pleurant : il jette le semence

Il s’en vient en chantant : il rapporte les gerbes. »

Que cette «grâce» soit avec nous, afin que la Congrégation soit unie de plus en plus intimement à ce pays affectueux du Vietnam !
ALBUM du Cinquantenaire, 1955-2005, pp. 27 à 35.

TRADUCTION  : Pierre TUAN et François-Xavier LY

1 Figuier des Indes remarquables par ses longues racines adventives.


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