Professeurs relais au Service éducatif du Musée des Beaux-Arts de Caen primaire : Jean-Marc Léger secondaire : Gérard de Foresta (Arts plastiques), Françoise Guitard (Histoire), Annick Polin (Lettres), Disciplines concernées





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La peinture d'histoire, la peinture religieuse, la hiérarchie des genres… et les sources liées.

Les œuvres présentées dans cette exposition appartiennent pour leur grande majorité à la peinture de "grand genre"  : peinture traitant d’histoire religieuse ou mythologique. Les scènes représentées sont ici majoritairement inspirées de l'Ancien et du Nouveau Testament, plus rarement de la mythologie ou la littérature.

La hiérarchie des genres

Un genre est une catégorie picturale dont le nom renvoi au thème abordé : nu, marine, paysage, peinture d'histoire….Chaque époque instaure une hiérarchie des genres au sein de la peinture. Certains sont estimés nobles et supérieurs, d'autre au contraire sont jugés inférieurs. Les critères de cette hiérarchie sont variés : degré supposé de spiritualité, ampleur des connaissances nécessaires, quantité d'invention exigée, techniques utilisées…
La hiérarchie des genres a été codifiée en 1667 par André Félibien dans une préface des Conférences de l'Académie, soit très peu de temps après la mort de Mellin :
"Celui qui fait parfaitement des païsages est au-dessus d'un autre qui ne fait que des fruits, des fleurs ou des coquilles. Celui qui peint des animaux vivans est plus estimable que ceux qui ne représentent que des choses mortes & sans mouvement ; & comme la figure de l'homme est le plus parfait ouvrage de Dieu sur la Terre, il est certain aussi que celui qui se rend l'imitateur de Dieu en peignant des figures humaines, est beaucoup plus excellent que tous les autres ... un Peintre qui ne fait que des portraits, n'a pas encore cette haute perfection de l'Art, & ne peut prétendre à l'honneur que reçoivent les plus sçavans. Il faut pour cela passer d'une seule figure à la représentation de plusieurs ensemble ; il faut traiter l'histoire & la fable ; il faut représenter de grandes actions comme les historiens, ou des sujets agréables comme les Poëtes ; & montant encore plus haut, il faut par des compositions allégoriques, sçavoir couvrir sous le voile de la fable les vertus des grands hommes, & les mystères les plus relevez."
Ainsi, si on se base sur ce texte de Félibien, la hiérarchie des genres était la suivante :



Peinture allégorique

Peinture d'histoire

Scène de genre

Portrait

Peinture animalière

Marine

Paysage

Nature morte de gibiers, poissons et autres animaux

Nature morte de fruits, de fleurs ou de coquillages

Cette hiérarchie témoigne de l'importance de la religion dans la société européenne à cette époque.

La peinture d'histoire
La peinture d’Histoire, ou peinture historique, est un genre pictural qui s’inspire de scènes issues de l’histoire chrétienne, de l’histoire antique, de la mythologie ou d’évènements historiques récents.

Elle consiste en la représentation de sujets religieux, mythologiques, historiques, allégoriques ou issus de la littérature et exprime un message moral ou intellectuel : les dieux et déesses de la mythologie ancienne représentent différents aspects du psychisme humain, les figures religieuses représentent des idées, des préceptes et les sources d’inspiration morale.


La peinture d'invention et la notion de réécriture
Les références religieuses ou littéraires sont nécessaires pour comprendre le sens ds œuvres présentées ici. Or cette culture religieuse et profane est parfois aujourd'hui oubliée. La Bible, la mythologie gréco-romaine, les œuvres de Tite-Live, Xénophon ou encore Valère Maxime renferment les clés de lecture indispensables à la compréhension de l’épisode peint.
"Les peintres n’assistèrent pas aux événements représentés. Carl Vanloo n’a pas vu Bethsabée toute nue et le cavalier d’Arpin ne pu admirer les charmes de Bethsabée au bain. Ces peintres firent appel à leur imagination. Ils durent transcrire en une image, à l’aide de leurs pinceaux, ce qui était du domaine du mot. Ils inventèrent, plus, ils imaginèrent. Et ils réussirent d’autant mieux qu’ils surent rendre compréhensible au premier regard la scène, le sujet qu’ils avaient choisi de représenter ou dont ils avaient eu la commande. "

Extrait du catalogue Les Passions de l'âme, collection Changeux, 2006, Pierre Rosenberg
C’est ce travail d’imagination, "d'invention" et cette maîtrise des textes littéraires et fondateurs qui valurent à ce genre de peinture la place première dans la hiérarchie des genres.


Pistes pédagogiques en lettres classiques par Annick Polin, professeur relais Littérature et réécriture 
Quand les textes latins ou grecs inspirent des œuvres plastiques
Jeune homme tiraillé entre l'Amour du Vice et l'Amour de la Vertu, dessin de Giovanni Battista Mutti, pour préparer un tableau de Mellin




Le thème de ce dessin s'inspire du mythe d' Héraclès hésitant entre la vertu et le Vice, que nous a transmis Xénophon dans les Mémorables (II, 1,21), et dont Basile de Césarée donne une réécriture christianisée dans son ouvrage Aux jeunes gens sur la manière de tirer profit des lettres helléniques (V, l.55 à 77).
« Le jeune homme est d'un côté, empoigné par l'Amour de la Vertu,"l'amor buono", et guidé vers un majestueux bâtiment par la Raison au casque sommé d'une flamme et brandissant un laurier. Devant cet édifice se trouve sur une colonne l'étrange image d'une sirène à la queue bifide, une créature qui, selon les livres d'emblèmes, représente plutôt le plaisir de manière négative. Mais sous cette forme particulière, qui est en fait tirée du quatrième volume des Symboles et Emblèmes de Joachim Camerianus, elle représente la constance et la fermeté. De l'autre côté, bacchantes et génies ailés poussent le jeune indécis dans une nuée d'Amours qui embrasent mutuellement leurs torches, ou répandent des perles et des bijoux. Un Amour qui semble ivre, "l'amor cattivo", gît auprès d'une panthère, l'animal de Bacchus. Mais ce joyeux cortège mène le jeune homme à la porte des Enfers : le Styx, de dos, en marque l'entrée, tandis que la triple tête de Cerbère semble attendre sa proie. Ce mélange d'allégorie et de christianisme était conçu pour flatter les goûts d'Urbain VIII, à qui fut offert le tableau ».
In : Charles Mellin, un lorrain entre Rome et Naples, catalogue de l’exposition par Ph. Malgouyres.
On pourra faire chercher aux élèves les moyens mis en œuvre par chaque version pour renforcer le message moral.

Tous les textes cités sont fournis en annexe.
Victoire de Tullus Hostilius sur les Véiens et les Fidénates de Giuseppe Cesari, dit le Cavalier d'Arpin 1597



Ce tableau qui appartient aux collections permanentes du Musée a déjà fait l'objet d'un dossier pédagogique (cf. textes en annexe). Inspiré de Tite-Live I, 27, il met en valeur la bravoure et l'intelligence de Tullus Hostilius qui réussit à l'emporter sur des forces supérieures en nombre.

Tous les textes cités sont fournis en annexe.

Mercure et Hersé de Nicolas Poussin




Cette réécriture du mythe raconté par Ovide dans Les Métamorphoses (II, , 700) constitue une sorte de méditation glosée du texte ovidien.

« La main de Mercure tendue vers Hersé barre le visage d'Aglauros, semblant lui défendre de parler; le bras de celle-ci, dans un geste symétrique et impuissant, tente de lui interdire le passage, mais paraît aussi l'implorer.(…) l'accomplissement du désir passe par la mort d'Aglauros: livrée au sommeil éternel, elle semble vaciller. »
In : Charles Mellin, un lorrain entre Rome et Naples,

catalogue de l’exposition par Ph. Malgouyres.
En même temps que la détermination de Mercure, le tableau montre l'innocence et l'inconscience d'Hersé: en effet sa pause alanguie n'est pas une tentative de séduction puisque Cupidon semble guetter son réveil pour l'atteindre de sa flèche. 
La Charité romaine de Mellin
Ce tableau illustre les Facta et dicta memorabilia de Valère-Maxime (V, §7). L'intérêt de ce texte étant d'offrir, après le récit des faits, une réflexion sur le pouvoir de la peinture représentant cette histoire, que l'écrivain juge moins puissante pourtant que la peinture des mots.

La réécriture

L'exposition présente deux cas de réécriture du même sujet:
La Charité romaine (voir supra)

L'exposition propose deux charités romaines de Charles Mellin, l'une provenant du Louvre et l'autre de Genève. Elles sont semblables à quelques détails près: le tableau du Louvre a une rangée de barreaux en moins pour des raisons d'encadrement et un coloris plus froid (notamment le manteau est bleu, et non prune), mais la lumière arrête notre regard sur la gorge de Pero. Cette réécriture apparaît donc comme une simple variation.

En revanche, l'exposition présente aussi deux Sainte Marie-Madeleine l'une de Mellin et l'autre attribuée à Claude Mellan, qui sont deux interprétations différentes du même thème - Marie-Madeleine vit en pénitente dans la grotte de la sainte-Baume près de Marseille.



On pourra les comparer à la Marie-Madeleine pénitente de Johannes Moreelse (1603-1634), visible dans les collections permanentes, et commentée en regard du poème de Pierre de Saint-Louis, La Magdeleine au désert joint en annexe.

Tous les textes cités sont fournis en annexe.




Sainte Marie-Madeleine de Charles Mellin

Ce tableau donne à voir une figure magistrale de Marie-Madeleine. Son corps attire le regard du spectateur. D'abord, il se trouve sur la diagonale qui structure le tableau. D'autre part, son bras cache sa poitrine et atténue son érotisme, et sa chair blanche, parée d'un voile de couleur ocre, écho de sa chevelure, est sublimée par la lumière. Il s'agit cependant d'une lumière divine qui vient de la partie supérieure gauche du tableau, là sans doute où les anges viennent lui donner leur concert puisque son visage, extatique, est tourné dans cette direction. Marie-Madeleine ici fait donc figure d'exemplum, ce que confirme la présence de la Bible, du crâne et du lézard, trois éléments caractéristiques des vanités.



Sainte Marie-Madeleine de Claude Mellan
"Marie-Madeleine est tranquillement absorbée par sa lecture, sans yeux au ciel, ni larmes ni nudité, un sein à peine découvert. Son regard, voilé de grands cils blonds comme les reflets des mèches qui s'échappent de son turban, son demi-sourire créent une atmosphère d'intimité paisible, bien différente de la Madeleine de Mellin, héroïque et impersonnelle. Les deux tableaux partagent cependant la coulisse rocheuse en contre-jour d'où pendent d'étranges feuillages peints dans les deux cas avec des empâtements calligraphiques."
D’après : Charles Mellin, un lorrain entre Rome et Naples,

catalogue de l’exposition par Ph. Malgouyres.

Alors que la Marie-Madeleine de Mellin pose sa main sur le crâne pour ramener le spectateur à la conscience de sa vanité, le crâne et la croix, porteurs de la même symbolique ne sont ici seulement que des éléments du décor de la méditation de Marie-Madeleine.


L'analyse des quatre versions permet de voir comment les artistes, tout en évoquant le même mythème, en donnent des versions différentes, plus ou moins didactiques, plus ou moins pathétiques, plus ou moins intimistes.

 L'allégorie
Définition

Du grec allêgorein, parler en images

Expression d'une idée par une métaphore (image, tableau, etc.) animée.

La composition allégorique est de deux espèces. Ou le peintre introduit des personnages allégoriques dans une composition historique, c'est à dire dans la représentation d'une action qu'on croit être arrivée réellement, comme est le sacrifice d'Iphigénie, et c'est ce que l'on appelle faire une composition mixte ; ou le peintre imagine ce qu'on appelle une composition purement allégorique, c'est à dire qu'il invente une action qu'on sait bien n'être jamais arrivée réellement, mais de laquelle il se sert comme d'un emblème pour exprimer un événement véritable.

Les personnages allégoriques sont des êtres qui n'existent point, mais que l'imagination des peintres a conçus et qu'elle a enfantés en leur donnant un nom, un corps et des attributs. C'est ainsi que les peintres ont personnifié les vertus, les vices, les royaumes, les provinces, les villes, les saisons, les passions, les vents et les fleuves. 
In : J.B. DU BOS, Des actions allégoriques, dans Réflexions critiques sur la poésie et la peinture, 1719,

dans La peinture, J Lichtenstein
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