Bibliographie : René Prédal, Histoire du cinéma français des origines à nos jours





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Le cinéma français des origines à la fin des années 50


Nous allons suivre une ligne chronologique, nous nous intéresserons à la question des genres. On s'en tiendra au cinéma français, et non francophone. Nous suivrons une perspective nationale.

Quel crédit apporter à la notion de progrès ? On raconte souvent l'histoire du cinéma dans une optique d'amélioration. L'idée de progrès est assez piégeuse : on est toujours amené à conclure que le présent est l'état le plus avancé du cinéma. La notion de progrès doit être mise de côté.

Il faut replacer le film dans son contexte : Quelles sont les attentes du public ? En quoi le film aboutit à un résultat ? Est ce que les réalisateurs sont empêchés de faire quelque chose ?
Films au programme :

  • Coffret de courts-métrages de Max Linder,

  • Sous les toits de Paris, René Clair,

  • La règle du jeu, Jean Renoir,

  • Remorques, Jean Grémillon,

  • Les enfants de paradis, Marcel Carné,

  • Touchez pas au Grisbi, Jacques Becker,


Bibliographie :

  • René Prédal, Histoire du cinéma français des origines à nos jours

  • Claude Beylie, Une histoire du cinéma français

  • Jean-Pierre Jeancolas, 15 ans d'années 30

  • Michel Chion

  • Burch Noël et Sellier Genevieve, La drole de guerre des sexes du cinéma francais

  • Raphaelle Moine, Le cinéma francais face aux genres


LES FRÈRES LUMIÈRE

1895 est une année conventionnelle, un peu arbitraire. C'est la date de dépôt du brevet du Cinématographe, appareil des frères Lumière, et de la première projection publique et payante (28 Décembre). A partir de cette date, il y a eu des projections récurrentes. C'est un point de départ à retenir. En 1892, Edison met au point son Kinétoscope, cette date est mise en valeur par exemple aux Etats Unis.

Au XIX ème siècle, la France est une grande patrie pour les inventeurs. En 1881, Jules Marey crée son fusil photographique très performant.

Emile Reynaud invente le Praxinoscope (1887-1889). Edison est la figue majeure avant les frères Lumière. Il invente le Phonographe et commercialise le Kinétoscope. Lorsque le Kinétoscope, en Octobre 1894, est diffusé en France, les frères Lumière ont l'idée de se lancer dans leur aventure commerciale.

Le 35mm en revanche est un héritage des années Edison. Les frères Lumière ont une usine de plaques photographiques dont la réputation va leur être utile pour la diffusion de leur Cinématographe. S'ils s’intéressent à l'invention d'Edison, c'est qu'ils pensent que leur métier est à la veille d'une révolution majeure.

Louis et Auguste veulent mettre au point un appareil de projection publique et multifonctionnel (enregistrement, tirage et projection). Louis Lumière décide de fixer la cadence à 16 images par seconde. Cette fréquence est suffisante pour éviter le problème du scintillement de l'image. Ils veulent mettre en place une production française de nitrate de celluloïd.

Le 22 Mars 1895, les frères Lumière filment les photographes lors du congrès national de photographie. Le 28 Décembre, c'est la première exploitation commerciale. Le principe de l'opérateur permet aux frères Lumière d’étoffer leur catalogue de films. Ils mettent en place une comptabilité complexe. Alexandre Promio est un opérateur formé par Lumière, il a la réputation d'avoir inventé le travelling grâce à un bateau à Venise. Ce film lance la mode des vues panoramiques qui sera déclinée avec tous les moyens de locomotion existants. Les « chasseurs d'images » de Lumière alimentent le public en permanence avec des images nouvelles, de façon a fidéliser le public.

Louis Lumière va filmer son cadre de vie, son jardin, son enfant, son usine. Noël Burch a beaucoup travailler la dimension bourgeoise du cinéma des premiers temps, la notion de réflexe de propriétaire. Le public bourgeois allait au cinéma principalement pour voir ces vues documentaire reflétant cet état d'esprit. Le public populaire irait davantage voir les vues fictionnelles.

En Mai 1897, les frères Lumière mettent en vente leur appareil. Ils les adaptent au format Edison, et ne parviennent pas à s'affirmer sur le territoire américain et se recentrent sur leur industrie originelle.

En 1900, pendant l'exposition universelle, les frères Lumière projettent sur un écran géant de 16m sur 21. Il y aura plus d'1 million et demi de spectateurs. En 1897, il a 358 films dans le catalogue Lumière, 1400 en 1907 dont on estime représenter le tiers de la production totale de films effectuée pour le compte des frères Lumière.

En 1905, la production est arrêtée. Les frères Lumière possèdent quelques salles, leurs films sont projetés par exemple dans la salle des galeries Dufayet. En 1908 la dernière salle est vendue.

Le bazar de La charité brûle, à l'intérieure cette galerie était projetés des films. Cet incident a nuit à la fréquentation des classes aisées.

GEORGES MÉLIÈS (1861-1938)


Méliès s’intéresse à un public populaire, en se plaçant du côté du divertissement, à la différence de l’information. Méliès fait le lien entre les arts de la scène et le cinéma, dans la tradition des formes théâtrales, du cirque, de la pantomime, du musical, du théâtre d'ombre. Il est issu d'une famille d'industriels, cossues, spécialisée dans la chaussure de luxe. Il s’intéresse au dessin et va devenir caricaturiste et illusionniste. Il achète le théâtre Robert-Houdin sur le Boulevard des Italiens en 1888. Dans ce théâtre, il donne des spectacles d'illusions, de prestidigitation, de féerie, parfois à caractère grivois. Il s'inspire dans une veine plus populaire et satirique des spectacles du théâtre du châtelet. Il va être un des premiers a se servir des lanterne magiques et du kinescope. Il est un des premiers spectateurs des projections Lumière. Il propose à Louis Lumière de lui acheter un appareil mais il n'est pas encore produit en série.

Le 10 Juin 1896 il tourne son premier film avec le Kinétographe, un kinétoscope détourné. Il fait projeter ses films dans son théâtre et fonde une société de production, la Star Film. Il fait aménager un studio dans l'hiver 1896, un « atelier de pose » pour l'époque. Son studio reprend la scène de son théâtre, 6 mètres de large, 17 mètres de longueur. En 1908 il fait construire un deuxième studio. Méliès est un touche à tout, un homme orchestre, il préside à toutes les étapes de production des films. Il filme ses propres tours de magie. Méliès ne se spécialisera jamais dans le comique. Il reconstitue une affaire Dreyfus en 11 tableaux. Il propose des actualités reconstituées, par exemple en 1902 Le sacre d'Edouard VII. Il adapte des pièces de théâtre, des contes. Certains de ses films sont considérés comme précurseurs de la science fiction, comme le Voyage dans la lune en 1902, inspiré de Jules Verne, Le voyage à travers l'impossible en 1904. En 1907 il adapte Jules Verne avec 20000 lieues sous les mers. Il propose des films à caractère mythologiques.

Il est célèbre pour ses trucages dont il distingue 5 catégories :

  • Les trucages par arrêt

  • Les trucages de type photographique (à expositions multiples par exemple, le personnage peut se multiplier, se démembrer grâce à des caches, se recomposer)

  • Les trucages de types chimiques (fondus, surimpressions)

  • Les trucages de types pyrotechniques (fumées, explosions)

  • Les trucages de types théâtral (trappes).

Ces trucages sont réalisés de manière artisanale, mais avec une grande maitrise. Il utilise ponctuellement l'image par image, le ralenti.

Il prépare souvent ses films à l'aide de dessins. Ces films sont organisés sur le plan narratif. Il fait un travail sur la profondeur de champ. Il recrute des danseurs, des acrobates et veut donner du dynamisme à ses films.

Il est marginalisé par Gaumont et Pathé, les deux firmes les plus puissantes à l'époque. Pathé devient sa tutelle, il devient le distributeur de ses films, il est sous la tutelle de Zecca, lui même cinéaste, détesté par Méliès en raison d'un soupçon de plagiat. On répertorie 500 films de Méliès, il en aurait tourné plus, dont 80 en 1896. Des centaines de copies de ces films sont utilisées pour la fabrication de talonnettes pendant la première guerre mondiale.

Cf Hugo Cabret, Scorsese

Cf Didel : Conférence sur Méliès

PATHÉ
Pathé est l'industrie qui a eu le plus d'influence. On distingue cette première période, qu'on appelait avant le cinéma primitif. On retient souvent la date de 1907, directement liée à l'histoire de la firme Pathé. C'est le moment où on passe de la vente des films à un système de location qui reste le principe de la distribution cinématographique aujourd'hui encore. Cette évolution se fait en parallèle à la construction de salles permanentes. On a des essais de cinéma en couleur, de cinéma en grand écran (cinéorama à 360°).

C'est sur ce terrain commercial que Pathé va imprimer sa marque. L'état de l'industrie cinématographique ne possède pas un budget assez lourd pour ces inventions.

Le cinéma repose sur 3 modes d'exploitation, on diffuse les films dans les café concerts, music-hall, cirques, petites entreprises de projection, d'autre part dans des salles polyvalentes, des salles de fête, paroissiales, parfois dans des théâtres. Ces salles sont louées par des tourneurs pour un nombre de représentations limitées. Enfin, on diffuse les films dans des baraques foraines, en province ou à Paris à la foire du trône.

L'industrie du cinéma est face à une difficulté car le mode de distribution est limité, le public n'est pas fidélisé car les projections ne sont pas régulières et le stock de films proposés ne se renouvelle pas de manière très rapide.

La qualité des copies en souffre beaucoup. Pathé va mettre en place son système en analysant le système dans lequel il progresse.

Charles Pathé, né en 1863, est le fils d'un commerçant. L'histoire de la firme va être liée à l'histoire de la bourgeoisie vincennoise. En 1895, il commence à fréquenter des inventeurs en leur demandant de construire un appareil équivalent à celui des frères Lumière. En 1896 il fonde Pathé frères, il trouve son appui près de banques.

Pathé va s'installer à Vincennes, il va construire un théâtre de poses qui est reconstruit en 1904-1905. Les tournages sont juxtaposés sans qu'il n'y ait de problème grâce au muet. Les films produits par la firmes sont vendus à des milliers puis des dizaines de milliers d'exemplaires. Le chiffre d'affaire de la société va passer de 350 000 F à 24 millions entre 1900 et 1907. En 1908 Pathé vend partout dans le monde, et vend aux Etats Unis un métrage deux fois supérieure à la production des Etats Unis. Pathé est hégémonique sur toute la production cinématographique.

En 1907, il décide de passer à un système de location des films et met en place des sociétés satellites qui ont pour objectif la construction de salles, ce sont les concessionnaires Pathé.

En 1908, ce système a permis la mise en place de salles assez luxueuses mais en nombre limité. Gaumont inaugure des salles cette même années.

Le Gaumont palace est une des plus prestigieuses, à partir de 1911 c'est la plus grande salle du monde. Il sera détruit en 1972.

En 1909 on met en place le format Edison 35mm qui met fin à l'anarchie antérieure. La durée des films diffusées s'allonge considérablement.

Le développement du très long métrage se fait en Italie. En France, Les Misérables (1912) de Capellani dure près de 3 heures.

Pathé s'entoure de collaborateurs efficaces, comme Zecca, issu du théâtre. Il fait en 1901 Les sept chateaux du Diable, une super-production tirée à 1500 copies. On retient Ferdinand Zecca pour ses drames naturalistes comme Histoire d'un crime (1901), les victimes de l'alcoolisme (1902), La grève (1904) et Au pays noir (1905), qui utilise abondamment le panoramique.

Zecca cède sa place à Albert Capellani, Gaston Velle, Lucien Nonguet (le Cuirassé Potemkine, la vie et passion de Jesus), André Heuzé. Alfred Machin est un des pionniers du cinéma d'exploration documentaire, il convainc Pathé de financer ses explorations en Afrique. Il s'installe dans le Benelux et sera un des pioniers du cinéma en Hollande et en Belgique.
Le concurrent principal de Pathé est le Film d'art. Le 17 Novembre 1908, c'est la première projection de L'assassinat du Duc de Guise, un film de 18min qui a la particularité d'être interprété par de grands acteurs de la comédie française. Le film est mis en scène par André Calmettes. Le filme est célèbre parce qu'on commande une partition spéciale pour l'accompagner, par Saint-Saëns. Il cherche à ramener un public bourgeois qui délaisse les salles. C'est un film admiré par des cinéastes comme Griffith ou Dreyer.

Le Film d'Art est une structure mise sur pied par les frères américains Laffitte qui veulent faire des films de qualités qu'ils trouvent délaissés à l'époque. Pathé s'assure de la distribution de leurs films, pour « mieux les controler, les étouffer ».
Courcelles concurrence le film d'art en reposant sur le talent de Capellani. Il adapte de nombreux romans. Capellani est resté dans l'histoire du cinéma comme celui qui recherche une expressivité retenue, recherchant le réalisme, tournant dans les studios de Vincennes et parfois en extérieur. Il réalise Germinal en 1913.

Gaumont crée le Label des grands films artistiques pour concurrencer cette tendance. Eclair crée une association cinématographique des auteurs dramatiques. Eclipse va mettre en scène une Reine Elisabeth avec Sarah Bernhardt. Le gros de la production est cependant constitué de la veine comique. Le cinéma prolonge la tradition du cirque, du café concert. Pathé va surtout se faire connaître grâce aux grandes figures du cinéma comique comme André Deed qui crée le personnage de Boireau, prototype du héros récurrent. Deed va quitter Pathé pour le cinéma italien pour cretinetti, un comique burlesque.
Il y a également une veine du film de poursuite. Il y a l'acteur Prince, qui connait un succès considérable avant d'être éclipsé par Max Linder, engagé par Zecca en 1905. Son personnage ne s'impose que progressivement. Son personnage est un personnage de bourgeois. Sa popularité est assurée en 1909, il devient le faire valoir Pathé. Il va produire jusqu'à 150 films jusqu'au début de la première guerre mondiale. Le comique est porteur d'une dimension burlesque contrôlée. Ces films s'apparentent à des petites comédies.

On lui propose de prendre la succession de Chaplin lorsque vient la première guerre mondiale. Paradoxalement Chaplin est vu comme un hérité de Linder. Linder n'aura pas un grand succès aux Etats Unis. Les films laissent une grande part à l'improvisation des numéros.

Amour tenace, Linder, 1912

Max Linder finit par se suicider en 1924.
La notion de genre est à la fois esthétique et industrielle. C'est un outil de communication et de négociation. L'établissement des genres est complexe, on a une multiplicité de termes génériques. Le catalogue recense 12 catégories :

  • Plein air, vues générales et scènes de genre

  • Scènes comiques

  • Scènes à trucs et scènes à transformations

  • Scènes de sport ou acrobaties

  • Scènes historiques, politiques, militaires ou d'actualité

  • Scènes grivoises à caractère piquant

  • Scènes de danse et ballet

  • Scènes dramatiques et réalistes

  • Scènes de fééries et contes

  • Scènes religieuses et bibliques

  • Scènes ciné-phonographiques (scènes qui proposent un accompagnement sonore)

  • Scènes art et industrie


Pathé assume le caractère commercial de sa production. Des protocoles de production se mettent en place. Ces catégories permettent la composition de catalogues qui permettent d'éviter le plagiat. Les scènes comiques sont des films burlesques et se differencient des comédies. Elles reposent sur les cabrioles, courses poursuites, marqués par une absence de réalisme, elles s'approchent de du réel. Les comédies auquelles appartiennent les films de Linder apparaissent en 1909 s'inscrivent dans le sillage d'une traidtion théatrale, les réactions psychologiques priment sur l'action physique.

Le public français n'est pas l'essentiel du public touché par Pathé, l'hexagone ne représente que 8% du chiffre d'affaire. Pathé propose des films d'inspiration populiste. Les exploitants proposent de plus en plus de films venus de l'étranger.
Léon Gaumont est issu d'un milieu populaire. Il se forme dans le milieu de la physique et de l'optique. Il se fait engager comme secrétaire chez Jules Carpentier. Il s'installe aux Buttes Chaumont sur un terrain de 200m2 qui va servir de socle à la création de la firme. Il rachète une société d'optique et va la mettre à son nom. Lorsqu'il fait la découverte de l'appareil Lumière, il développe d'abord des projecteurs. En 1897, il crée un département production avec 12 ouvriers. La production de films est mineure mais va gagner en importance. Il sait s'entourer de personnes compétentes comme Eiffel. Il installe sa production de films à Belleville. Au début, il prénomme ses studios la cité Elgé (LG pour Léon Gaumont).

En 1905, il crée un théâtre de prise de vue qui va rester le plus grand studio au monde pendant longtemps (40m de haut, 30m de long).

Gaumont attend 1910 pour adopter ce système de location des films. Gaumont se spécialise dans le cinéma sonore avec le chronophone (1902).

Son cinéma reprend la tarification valable du théatre. Le budget des films est relativement bas.

Alice Guy a la réputation d'etre la première femme réalisatrice de l'histoire de cinéma, elle est la secrétaire de Gaumont. Elle lui propose de réaliser des petits films de fiction. Les premiers films Gaumont sont donc tournés à son initiative en dehors de ses heures de travail. Elle reste directrice artistique jusqu'en 1907 et passe le relais à Feuillade. Elle quitte la france pour les Etats Unis où elle fait la promotion de Gaumont.

Elle réalise des comédies, des captations de numéros dansés, etc... Elle attache en particulier son nom à une Vie du Christ.

Les cambrioleurs, 1898. Elle est également célèbre pour un Fée aux choux.

L'anatomie du conscrit est une phonoscène de 1905.

Félix Mayol est une des vedettes du music-hall a cette epoque. Pour enregistrer une phonoscène, on enregistre d'abord le son, puis l'image.
Roméo Bosetti a la réputation d'avoir influencé Max Ennett. Il est issu du cirque, du music-hall, il cascadeur et funambule. Il sera connu pour son goût pour les scènes de destruction du décor. Il associe son nom au personnage de Calino. Il se soécialise dans les trucages de type physiologiques destiné à concurrencer ceux de Pathé.
Jean Durand prend la suite dans la réalisation des Calino, ou encore les Zigoto ou Onésime. Gaston Modot est le plus grand de la troupe d'Onésime. On a l'exemple de Onésime horloger.
Les westerns se développent, on les associe au nom de l'acteur. Joé Hamman a une expérience authentique de l'ouest. Tout au long du XIX, les romans ont des influences, comme Le dernier des Mohicans. Jean Durand réalise aussi des Westerns.
Gaumont produit des petits films comiques qui marchent très bien, comme les Bébé, qui deviendra René Dary. Feuillade finit par lui trouver un remplacant.

On retient de Feuillade son importance dans la mise en place du film a episode. En 1911-15 il fait La vie telle qu'elle est. Les Vampyr se contruisent autour de la figure d'Irma Vep.

Longtemps on a vu les films de Feuillade dans une optique de retard de l'expression cinématographique, comme Méliès. Des troupes sont constituées, c'est une des caractéristiques Gaumont.

Feuillade pose une question de mise en scène, peut on considérer son cinéma comme primitif ?

Feuillade utilise la bi-dimensionnalité de l'écran pour attirer l'attention du spectateur. Il y a une tension entre le premier plan et le deuxième plan.

Il y a 10 épisodes aux Vampires. Tout au long des épisodes, l'ampleur narrative se développe, il y a une variation autour du thème de la fuite. Les séquences confortent le spectateur dans sa connaissance de l'univers narratif.

Des références invoquent le contexte de première guerre mondiale.

Le précurseur du film à épisodes est Victorin Jasset. Il crée Nick Carter, Zigomare, le docteur Phantom. On a parfois mis en parallèle ses sérials et l'expressionnisme allemand.

La veine du film criminel irrigue les écrans européens.
Léonce Perret est connu pour L'enfant de Paris (1912), il se voit chez Gaumont confier les drames, des productions plus haut-de-gamme. Il est davantage du coté de la comédie que des vues comiques. L'enfant de Paris est un film long, il dure plus de deux heures. Il frappe par son retour à la filiation Lumière.

On a fait une quantité de filiation entre Léonce Perret et le réalisme poétique. C'est à lui qu'on attribue l'arrivée du nom du réalisateur et des acteurs dans le générique d'ouverture. Il se montre attaché à l'ancrage dans le monde réel, au détail. Il réalise aussi Le mystère des roches de Kador. C'est déjà un film sur le cinéma.
Cohl est formé aux beaux arts, il devient caricaturiste. Il connait une carrière tardive. On lui attribue l'invention du procédé image par image. On le connait pour le personnage de Fantoche. Il réalise Fantasmagorie en 1908, film de moins de 2 minutes. Après un passage aux Etats Unis, il adapte en France Les pieds Nikelés.

Le cinéma français est à la fois assez hégémonique sur le plan commercial, tout en possédant des faiblesses qui participe à sa chute internationale, comme la première guerre mondiale y participera. Noël Burch voit ce retard car « le cinéma français a déliberement fait le choix de laisser le spectacle cinématographique aux couches populaires », ce qui est aussi lié aux conditions de diffusion des films. Pour lui, le cinéma anglais est plus moralisateur car la vision de la classe ouvrière en Angleterre est celle d'une classe dangereuse. Les ouvriers en grand nombre sont une menace pour le pouvoir en place, alors que le développement de l'industrie française a été plus progressif. L'industrie conserve une dimension familiale. Il montre que le pouvoir politique va plus ou moins tolerer le café-concert en Angleterre, on fait en sorte de maitriser le spectacle populaire. On investie le cinéma pour etre le vecteur de messages, tandis qu'en France, il y aura selon Burch une forme de complicité entre la classe dirigeante et populaire. Les élites françaises vont être plus lentes à accepter la légitimité du cinéma. On propose meme des procédés permettant de laisser les salles allumées, permettant à la fois de rassurer le public bourgeois et leur proposant de lire leur journal pendant les vues qui ne les interessent pas.

Les séances de cinéma sont hétérogènes même si majoritairement les vues sont comiques. L'équilibre reflètent la divergence de goût entre le public.

Burch procède à des statistiques relevant le pourcentage de scènes populistes dans les films. Sur 292 films (principalement Pathé et Méliès) entre 1900 et 1909, 93 traduisent un populisme notable, soit parce que le peuple refletent des préjugés sur la classe borugoise, soit car il glorifient le peuple. 117 sont des féeries ou des films à trucs, donc moins du côté de l'érudition savante. 13 seulement sont porteur d'un discours édifiant : les victimes de l'alcoolisme, la probité récompensée, etc.. 5 sont vraiment d'inspiration religieuses. L'encrage est donc très nettement d'un public populaire.

Beaucoup de films jouent sur le thème de l'alcool, du café, et en font une chose positive où s'épanouit un savoir vivre ouvrier.

Beaucoup jouent également des inimitiés de classes, surtout contre les paysans.

Le public va se mettre à adopter le cinéma américain qui lui ne se positionne pas de la même façon. Sa vision des milieux ruraux est assez flatteuse.

Les évocations politiques restent à distance du contexte français. La grève, de Zecca, ménage les aspirations potentielles d'un public populaire. Les films populaires célèbres sont par exemple Un drame à l'usine (1912), un film non signé et intéressant du côté du discours, qui est l’histoire d'un contremaître violent dans une petite fabrique de petites pièces.

Alice Guy réalise L'enfant de la barricade (1907), elle se place du coté des insurgés.
Les films Feuillade reprennent la fascination de la bande à Bonnot.
En parallèle, on assiste à la naissance d'un discours sur le cinéma. Le cinéma français est jugé défaillant au niveau de l'art par rapport au cinéma américain. Les premiers journaux sont des sortes de catalogues qu exposent partiellement l'état de la production disponible. On s'interesse aux questions du réalisme, de la reproduction cinématographique. Pathé propose un bulletin cinématographique.

Edmond Benoit-Lévy fait publier une revue, le phono-ciné gazette. Ils notent l'importance artistique des films et des créateurs, des décorateurs, et des opérateurs. Guillaume-Michel Coissac écrit sur le cinéma car il veut, comme en Angleterre, insister sur ce que devrait etre le cinéma. Il insiste sur les vertues édifiantes qui devraient être celles du film. Il publie Le fascinateur, explicitement catholique. Il cherche à défendre la morale publique.
On date en 1908 l'apparition des vraies critiques de films, liées bien sur au dévelppement du film d'art. Des académiciens sont recrutés. On passe progressivement de l'age des forain a l'age des intellectuels ; La guerre de 14 coïncide avec l’émergence d'une nouvelle génération de cinéphiles voulant vanter les caractéristes propres du médium. Canudo forge le terme du 7ème art.
LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE

La première guerre mondiale a un rôle déterminant dans le pays, et l'industrie cinématographique française, alors au sommet en 1914. Elle perd son hégémonie en quelques semaines. Dès 1910, on peut diagnostiquer des faiblesses dans l'industrialisation. Le retard par rapport à l'industrie hollywoodienne sera mis en relief par la guerre. La France exporte 7 fois plus qu'elle n'en importe à la veille de la 1ere GM, elle réalise 80% du commerce extérieur mondial de films.

Le film est un bon produit d'exportation, c'est une denrée non périssable et peu volumineuse. La France sait tirer parti de ce développement outre-atlantique de film. Les principaux clients sont les USA, l’Angleterre, l'Allemagne, la Russie. On estime que 25 à 30% de l’ensemble des films projetés en Europe sont distribués par Pathé. Aubert diffuse le Quo Vadis italien, il possède une société de production éponyme.
La première guerre mondiale frappe tous les secteurs de l'industrie de manière brutale et inattendue. Le secteur se fige, se déstructure, en raison de la mobilisation, de l'occupation d'une partie du territoire, des perturbations administratives, économiques et politiques. Par exemple, Pathé voit son usine de Vincennes réquisitionnée, et devient une usine d'armements, Max Linder est mobilisé ce qui est resté emblématique.

Pathé est obligé de fermer ses succursales à l'étranger, à l’Allemagne en premier lieu puis ailleurs. Elle réussit à survivre grâce à son lien aux Etats Unis (Pathé Exchange). Des premiers mois à l'années 1915, la production est quasiment nulle, en particulier dans la région parisienne. On initie la création de studios de remplacement dans le Sud (Nice par exemple).
Les forains sont les premiers touchés, ils se retrouvent dans une position sédentaire, leurs chevaux sont réquisitionnés, certains d'entre eux sont victime de préjugés (beaucoup venant du Nord) des habitants français. On interdit les fête populaires, les bastringues, les parades. Les salles parisiennes sont dans un premier temps fermées, elles redémarrent en partie au printemps 1915. On constate alors que le métrage s'est effondré, l'essentiel est importé d'Italie et des Etats Unis. Le secteur de l'exportation souffre.

En 1917, les conditions de vie souffrent, on restreint le charbon, on a l'impression que Paris va être pris. On décide de fermer les cinémas un jour par semaine.

La grande difficulté est la perte de position dans l'exportation. La suprématie américaine semble implacable en raison de leur qualité et de leur budget. Les distributeurs eux même vont démarcher les producteurs américains. Il y a également un alourdissement des taxes. Le problème des films est un problème d'offre. Des firmes américaines installent des studios sur place, comme MGM, Paramount.

Cependant, la location devient au pourcentage dans cette époque, l'exploitant reverse un pourcentage des recettes contrairement à une somme fixe, ce qui contribue à stabiliser le secteur. C'est le système moderne.

La firme Gaumont est réduite à cause des blessés et des morts, qui représentent 10%. Des projecteurs ont été réquisitionnés pour l'éclairage des tranchées. Les opérateurs Pathé et Gaumont sont envoyés sur le front, mais restent à distance, le combat est hors-champ pour des raisons stratégiques (on a la peur que les images tombent dans les mains de l'ennemis).

Les films produits en 1915 sont rattachables à une nouvelles veines, parfois bellicistes, patriotiques. Par exemple chez Gaumont, Les fiancés de 1914, Union Sacrée, Françaises veilliez !, Dettes de haine, Alsace, La fille du Boche. Ces films ne sont pas des très grands succès, ils représentent 5% du catalogue. Les grands succès sont les films de Feuillade. La firme Gaumont produit 145 films en 1914, seulement 11 en 1919. On passe du moyen métrage au long.

Charles Pathé revient en 1918, il encourage le passage à la location au pourcentage plutot qu'au forfait, ce qui obligent les exploitants à annoncer leur chiffre. Pour lui, il faut produire davantage et mieux, pour cela mettre en avant les auteurs. Il y a un conflit, la reconnaissance des acteurs est progressive. En 1917, le jour de changement de programme se modifie, on passe du Vendredi au Jeudi puis plus tard au Mercredi.

La première guerre mondiale n'affaiblit pas le goût du public pour le cinéma. Il y a une cimentation du goût pour le cinéma, associé comme le repos du soldat, une compensation précieuse.

Forfaiture (The Cheat) de Cécil B. DeMille marque une génération lorsqu'il arrive en France.
Louis Delluc meurt en 1924, il est journaliste pour Cinéa, une revue ambitieuse. Il est un des principaux théoriciens de cette avant garde francaise, et réalise quelques films. Ses textes sont considérés comme les premiers mémorables sur le cinéma. Il contribue à établir la réputation du cinéma suédois, il abomine les productions feuilletonesques du cinéma français, comme Judex. Il contribue à mettre en place certaines structures du cinéma français, il invente le terme de Ciné-Club, on lui doit également le terme de Cinéaste. Il prône l'utilisation du décors naturel, un usage modéré des péripéties pour l’atmosphère. Le prix Delluc est crée en 1937. La création de salles d'art et de recherche participe à cette vie cinéphile parisienne, comme le Studio des ursulienne, le Studio 28. Le premier ciné club est fondé en 21. Canudo fonde le Club des amis du 7eme Art.
La production Gaumont reste de milieu de gamme. Leon Poirier dirige la collection Pax par laquelle passe beaucoup de cinéastes importants des années 20 comme Feder, L'herbier. Gaumont sa rapproche des productions italiennes, suédoises. Une novélisation des épisodes dans la presse accompagne la sortie du film, comme la série Tih-Minh. Pouctal adapte Zola avec Travail. Il utilise des décors naturels et durait 8 heures dans sa version complète. Il renforce le réalisme social à l’intérieur de la production francaise. Pouctal est un des acteurs du théatre d'Antoine, il est issu du film d'art. Il est connu pour avoir injecté une dose de réalisme dans le cinéma.

La SCAGL propose à Antoine de l'engager. Il adapte ensuite La terre. L'hirondelle et la mésange est d'un des films pour lesquels on se souvient de lui, car c'est un film inachevé. Ses films sont rapprochés de Grémillon, mais aussi des productions suédoises (comme Seastrom)

En 1919, Abel Gance fait J'accuse qui tient un discours puissant sur la première guerre mondiale, à certains égards anti-militariste, patriotique.

René Le Somptier fait La Sultane de l'Amour, film tourné à Nice, produit par Louis Nalpas. C'est une adaptation des Conte des Mille et une Nuits. Le décorateur est Gastyne. René Le Somptier reste célèbre pour ses films 'coloniaux' comme Le fils du soleil.
Capellani, 93
Les Années 20 sont marquées par une certaines morosité. Plusieurs écoles et mouvements de cinéastes restent célèbres mais ne sont pas représentatif de la période. La première avant-garde est autour de Delluc, la seconde autour de Bunuel et du surréalisme. C'est une première vague.

Une autre école est celle des cinéastes russes établie à Montreuil. Ils louent à Pathé puis rachètent ses studios, ils ont la firme Albatros, crée en 1922.

La société des cinéromans est la plus active dans le sérial, elle est créée par René Navarre (acteur Fantomas), elle est reprise par Jean Sapène et Louis Nalpas qui amplifient la stratégie Gaumont. Cette stratégie est imitée des Américains. Elle produit 25 films à épisodes. Ces séries sont partiellement réabilitées pour les historiens.

Germaine Dulac va également donner dans cette veine, du film à série, comme L'herbier. Parmi ces séries, L'enfant Roi ou Fanfan-la-tulipe.

Jean Nalpas crée la villa Liserb à Nice, une petite structure de production qui lorsqu'elle s'élargit au terrain de la Victorinne, restera célèbre. On y tourne de nombreux films, comme Les visiteurs du soir ou Les enfants du Paradis.
LA PREMIÈRE VAGUE
Dans les années 20, la première vague, avant-garde est composée de Delluc, L'herbier, Germaine Dulac, Jean Epstein. Ils sont écrivains, journalistes, théoriciens, avant d’être cinéastes. Ils font la promotion du septième art. Ils tiennent, comme Delluc, en très haute estime une partie de la production hollywoodienne.
Jean Epstein a d'abord une formation scientifique. Il tente de dégager ce qui fait la qualité artistique du cinéma, il reprend le concept de photogénie à Delluc. Il en fait le centre de sa théorie.

Le terme de photogénie vient de la photographie et qualifie des objets d'où émane la lumière, puis qu'il la réfléchissent, suffisamment lumineux pour imprimer la plaque photographique. Puis, il devient qualitatif en désignant une certaine qualité de lumière. Puis, la notion se réduit au genre humain, à la peau, les cheveux, le regard. Ce terme est repris par Delluc qui lui donne un sens assez flou. Elle n'est pas liée au scénario, mais à une substance mystérieuse. Selon les auteurs, elle est liée au mouvement, ou au montage, ou encore au gros plan (Epstein), éventuellement au ralenti. Elle désigne une qualité poétique, musicale.

Bergson fait du cinéma un art premier. Il l'utilise pour réfléchir à sa thèse.

Epstein reprend ce concept de photogénie et forge les néologismes. Il propose le terme de lyrosophe. Il fait la promotion de l'intériorité psychique. Il inspire à la peinture par l'écran de l'intériorité des personnages, il rejette la tradition théâtre, l’affaiblissement symbolique du théatre de la belle époque. Il est l'auteur de très nombreux textes théoriques qu'il rassemble dans les années 30, comme Photogénie de l'impondérable ou L’intelligence d'une machine. Il essaye de donner une dimension scientifique à ses écrits. Pour Epstein le cinéma est ce qui permet de bouleverser les représentations du temps et de l'espace, en cela en adéquation avec les théories d'Einstein. Il voit du cinéma une machine intelligente. Le temps et l'espace n'existe pour lui pas en eux-même, ils ne sont pas mesurables, ils sont subjectifs. Il considère que le cinéma permet à l'être humain de renouveler son rapport au temps et à l'espace, qui propose des parcours spatio temporels inédits qui permettent au public de faire un gymnastiques intellectuel. Il permet donc le développement de facultés intellectuel au public. Il est fasciné par le ralenti, le flou, le montage alterné, les mouvements d'appreil, les sur impression, superposition, alternance de cadence, cadence inversée en particulier. Il aboutit à l'idée que le cinéma est créateur d'une pensée indépendante de celle du cinéma. Le cinéma est une sorte de cerveau qui ne peut pas être controlé par celui du ciénaste. Il a une conscience non humaine qui produirait une pensée spécifique.

Son film le plus célèbre est La chute de la maison Usher en 1928, adaptation de nouvelles fantastiques de Poe.
Marcel L'herbier est issu de la bourgeoisie, se destinait à la littérature, il se destinait au théatre. Pendant la guerre, il est effectué au service cinématographique du cinéma, fait la rencontre de Delluc et commence sa première fiction, Rose France (1918). Dans les années 20, il fait El Dorado (1921), L'inhumaine (1923), et l'argent (1928). Avec El Dorado, il est qualifié de cinéma d'avant garde. Il propose une forme inédite qui permet d'acceder à une intensité émotionnelle nouvelle. Très célèbre dans les années 20, il continue sa carrière dans les années 40.

Cette avant-garde est jugée sévèrement dans les décennies suivantes, suivant leur excès, leur propos polémiques, leur jugements définitifs, par comparaison aux cinéastes allemands des années 20.

L'herbier souffre de ce jugement, mais est sur un premier plan sur le plan institutionnel. Il est le fondateur de l'IDHEC.

L'avant garde a un goût pour la recherche formelle, reproché par les critiques de l'époque.

Marcel L'Herbier est à certains égards plus institutionnel, issu de la bourgeoisie et se diestinait à la littérature, survient alors la guerre et intègre le service cinématographique des armées où il fait la rencontre de Louis Delluc. Après la guerre il accède rapidement à sa première ficiton, Rose France, 1918. Dans les années 20 il fait El Dorado en 1921, L'Inhumaine en 1923, L'Argent en 1928. Il emblématique de l'ambition nouvelle du cinéma français, permettant alors d'accéder à une intensité émotionnelle nouvelle et psychologique. Il est historiquement associé aux excès de cette avant-garde. Ils écrivent beaucoup sur la nécessité de dépasser le récit, avec des propos polémiques et des jugements un peu définitifs. Ils vont se faire des ennemis et se feront juger sévèrement par les historiens, souvent en comparaison avec leurs contemporains allemands et soviétiques. L'Herbier en souffre beaucoup et sera réhabilité tard. Il est néanmoins le fondateur de l'IDEC, ancien nom de la Fémis. El Dorado est tourné à Grenade, c'est le nom d'un cabaret dans lequel évolue une femme malheureuse, Sibilla, pour soigner son fils malade. Ce film est produit par Gaumont bien qu'il aurait beaucoup déplut au patron de la firme, du fait de la recherche de flou, de faux-raccords etc. L'Herbier est un amoureux de l'Espagne et l'un des premier à obtenir une autorisation de tournage dans les châteaux andalous.

Dans les années 20, dans ces films, il y a une vision utopique du progrès technique, une fascination pour la machine, le cinématographe.
La glace à trois faces, 1927, Epstein.

C'est une adaptation de Paul Morant.
L'argent, 1928, Lherbier

Adaptation de Zola qui transpose le roman d'origine dans la finance des années 20. Un des plus importants films de l'époque.
Germaine Dulac laisse l'image d'une expérimentatrice. Elle réalise La coquille et le clergyman.
Le miracle des loups, 1924, Raymond Bernard

Film historique qui met en scène Louis XI. C'est un film qui en présente une vision plutot positive. Ce film a l'ambition de produire un grand film d'art en opposition aux ciné-romans policier. C'est une adaptation de Dupuy-Mazuel.

C'est un très grand succès commercial.
La RCA, Western Electric et la Tobis (procédés allemands ou américains) équipent une majorité de salles française au moment du passage du muet au parlant. Il faut isoler les caméras, équiper les salles de projection.

Les premiers studios français sont équipé en Automne 1929, il y a un retard. Les premiers films francais parlant sortent fin 1929, mais pour la plupart sont tournés à Londres où à Berlin. On retient Le collier de la reine, film sonorisé, ou Les 3 masques, sorti par Pathé quelques mois plus tard.
Certains sont septiques à l'arrivée du parlant. Marcel Pagnol en dira du bien. Le parlant apparaît comme un retour vers le théatre ou au contraire s'en détacher, en perdant la gestuelle.

Auriol dénonce le « prestige détestable des mots ». L'arrivée du parlant, c'est en quelque sorte la mort de l'art cinématographique.

Ce discours laisse des traces dans la critique dans les années 30, pour quelque chose qui restera comme un age d'or.

René Clair exprimera de très fortes réticences à la fin des années 20.
Des studios se développent à Epinay sur Seine. Les studios Paramount à Paris se heurte à la resistance des exploitants francais et fermera en 1942 mais elle reste emblématique de cette période de transition.
Coeur de Lila lance Gabin et Fernandel. Au bonheur des dames de Duvivier souffre du passage au parlant, étant encore muet. C'est un echec complet. Il défend la necessité d'une formation, d'une grande rigueur dans la technique. Duvivier se fait remarquer par une adaptation de Poil de carotte. Il est également célèbre pour une Tragédie de Lourde. Il fait des films religieux. En 1935 il fait la Bandera, puis La belle equipe et Pépé le Moko.
L'arrivée du cinéma parlant apparaît comme une chance d'un coté, en pensant que les films américains auront plus de mal à toucher le public. La production française est relativement preservée pendant quelques mois. La technique du doublage est effective depuis 1932. Les investissement dans l'exploitation se diffuse. Le cinéma dans ces années apparaît comme une industrie prospère. L'exploitation se porte mieux que la production.

Pathé et Gaumont vont connaître dans les années 30 des dvl assez dramatiques, les deux firmes sont touchées par la crise.

Le gaumont palace est rénové. La firme s'endette.

La firme Gaumont va timidement reprendre en 1932. On reprend quelques productions françaises. Les banques qui financent Gaumont sont touchées. Le cinéma français n'est pas aidé par les pouvoirs publics.

La firme Gaumont est obligée d'abandonner ses programmes de recherche.

En 1935 a lieu un dépôt de bilan chez Gaumont. L'histoire Gaumont s'arrete et reprendra sur des bases sensiblement différentes en 1938. Pour Pathé, la chute est encore plus spectaculaire.

Bernard Nathan est l'ancien directeur de Pathé qui devient le bouc-émissaire de la faillite de Pathé. La faillit intervient en 1936. Pathé ne sera repris qu'en 1944.
On adapte les auteurs de théatre, souvent celui des théatres de boulevard, comme Henri Berstein. Beaucoup de ces films reflètent le climat de fébrilité de ces années.Yvés Mirande est associé à ces adaptations théatrales des années 30.

René Clair est un des plus grand expérimentateurs de cette époque.
Michel Chion parle de travelling sonore, point de vue et point d'écoute sont les mêmes, au début de Sous les toits de Paris.


JEAN RENOIR (1894-1979)
Jean Renoir, Pascal Mérigeau
Il s'est beaucoup dit adepte de l'improvisation dans un cinéma qui repose, dans les années 30, majoritairement sur la parole. D'un autre côté, dans ses travaux il est épris de rigueur dans la construction de ses récits et dans la direction d'acteur.

Il passe quelques mois dans l'Italie fasciste, prêchant pour un cinéma latin qui se démarque de l'hégémonie américaine avant de partir aux Etats Unis où il finira sa vie naturalisé.

Il reste perméable a toute sorte d'influence, persuadé que tout le monde « peut avoir ses raisons » (Octave, La règle du jeu). Sa personnalité se retrouve dans ses films avec le goût de donner la parole a tous ses personnages, ne pas construire des films à thèses.

Il écrit des scénarios a l'époque du muet, se destine à la céramique, et finit par réaliser La fille de l'eau, resté célèbre par ses séquences oniriques. Il a un goût pour une imprégnation naturaliste, la nature environnante, mais aussi le dépassement narratif, une transfiguration de la réalité. Il a beaucoup dit que ce qui compte, c'est la vérité intérieure des personnages.

Il réalise en 1926 Nana d'après Zola. Le film propose une étude du milieu social mais aussi du spectaculaire. Ce film est un échec qui freine ses ambitions à la fin des années 20.

Dans les années 30, il réalise une série de films extrêmement célèbres. Il se concentre sur la maitrise de la dimension technique et de la captation sonore. Il aborde des genres très variés. Un tragi comédie avec la chienne, l'improvisation bouffonne avec Boudu sauvé des eaux, un theatre filmé avec On purge bébé (1931, d'après un vaudeville de Fédo), des adaptations littéraires de Zola, Gorki et Pagnol (Toni). Les films s'inscrivent dans un contexte lié au front populaire.
On purge bébé, avec Michel Simon

On lui reproche une théâtralité anti-cinématographique.

Il accorde une importance aux dialogues, aux contre points sonores.
La bête humaine, adapté de Zola

L'imaginaire du chemin de fer renvoie à la technique. Il montre aussi l'aliénation du personnage réduit à l'état de machine.

Les films renseignent également sur le parlé des années 30

La marseillaise, 1938

Il s'inscrit dans une volonté de produire un film militant. C'est une évocation de la révolution française. Il se concentre sur le début de la révolution. Il est entre le film historique et le goût pour la mise en scène de personnages. Il se concentre sur des anonymes, il réhabilite l'individu. L'ancrage politique est très fort. C'est un film commandé par la CGT et le parti communiste. Le comportement des personnages évoque bien plus les ouvriers de 1930 que les marseillais de 1789. Il montre la coalition de personnages venant de milieux différents.

LA SECONDE GUERRE MONDIALE

Pendant la seconde guerre mondiale, beaucoup de cinéastes s'exilent comme René Clair, Duvivier et Renoir. La guerre est déclenchée en Septembre 1939. Le 10 Mai 1940, l'armée française est mise en déroute après la drôle de guerre. L'occupation dure jusqu'en 1944-45 selon les régions. Le cinéma français de l'occupation a été beaucoup étudié comme émergeant dans des conditions historiques exceptionnelles.
En 1940, c'est une saison blanche pour cinéma français à cause des évènements. On continue à diffuser à peu près normalement les films américains, comme Capra et Lubitsch, qui disparaissent par la suite. Air pur de René Clair ne sera jamais achevé. L'exploitation reprend rapidement, dès la fin de l'été 1940. Début 1941, le cinéma allemand connait une sorte d'age d'or de 18 mois. Il occupe le terrain laissé libre par l'absence de production française et ils rencontrent un succès relatif. La disparition du cinéma américain est totale. Il y a peu de films propagandistes, mis à part le Juifsuss. Il y a des tentatives de films en couleur comme la Ville Dorée du même réalisateur que le Juifsuss. Il y a quelques succès italiens comme Roses Ecarlates, La nave Blanca, La couronne de fer. Dans la zone libre, les films britanniques et américains restent autorisés jusqu'en Octobre 1942.
Le cinéma français souffre de l'absence de structure. Raoul Ploquin est le directeur de COIC, il travaillait à la UFA. On crée la carte professionnelle qui sert à contrôle la présence de techniciens, d'acteurs indésirables dans le cinéma français, comme les juifs. On met en place l'interdiction du double programme, cela favorise la production de courts métrages. L'IDHEC est créée, avec à sa tête Lherbier. Le COIC est remplacé par le CNC en 1946. Un loi de 1941 met en place le financement par avance par le Crédit National. Le cinéma français s'épanouit dès 1942. Le régime de Vichy établit pourtant la censure. Avec Renoir et Clair, des acteurs comme Gabin fuient également. Les premiers films tournés dans le Sud sont d'une grande médiocrité, mais la production se rétablit grâce à la création d'une structure. Ce système permet la production de films assez couteux, comme Les enfants du paradis.

Elle voit la mise en place de la société allemande Continental dirigée par Greven. Greven essaye de capter les nouveaux talents comme Fernandel, Albert Préjean, Pierre Fresnay. Christian-Jaque réalise L'assassinat du père Noël. Le niveau et le volume des films s'élève rapidement.

On a 60 films en 1941, 78 en 42, et 60 en 43. La qualité s'élève, on voit l'émergence de nouveaux noms comme Claude Autant-Lara qui réalise Douce, Jacques Becker qui réalise Goupi Mains rouges, Henri-Georges Coulzot avec Le corbeau. C'est les visiteurs du soir qui a le plus de succès. Les films évoquent une france indéterminée. Robert Bresson réalise Les ange du péchés, Le ciel est à vous de Jean Grémillon.

Ces films seront jugés sévèrement à la libération.
Philippe D'Hugues considère que peu de films reflètent une idéologie vichyssoise. Le cinéma français ne produit pas de films nazi au sens stricte. Il y a un décalage entre les déclarations d'intention de la production et les films. Certains auteurs ont une vision plus pessimiste de la période.
Le corbeau est considéré comme emblématique de l'occupation. Il est adapté d'un fait divers. C'est un film jugé immoral mais produit par la Continental. Pierre Frenay passe 6 semaines en prison à la libération. Ginette Leclair sera incarcérée un an. Clouzot sera suspendu.


Les visiteurs du soir a une intrigue à la limite du fantastique, le personnage est à la limite de l'incarnation de Diable. La lecture contextuelle est possible. Le producteur est André Paulvé. Sa société, DisCina produit Lumière d'été également, l'éternel retour, Sylvie et le fantome. Il est impliqué dans les productions de La belle et la bete, Casque d'or, Les enfants du paradis. Sa société s'arrête en 1952.
Dans les premières années de l'occupation, Nice fait figure de refuge. Les co-productions avec l'Italie y trouvent un terrain d'ancrage. Les enfants du paradis y est produit. Les visiteurs du soir s'inspire des Riches heures du Duc de Berry, un récit médiéval. Le film se heurte à la question de l'épuration dont sont victimes certains de ces collaborateurs, comme son décorateur, Kosma. On les engage de manière anonyme. Le film souffre de la pénurie, par exemple les animaux.

La production des enfants du paradis est très couteuse, on parle de 1500 figurants à ramener dans des rues devenues désertes. Lors du débarquement, le tournage est interrompu. Il reprend en Février 44. Le film est montré à la libération.
Jean Delannoy réalise Macao, dans lequel l'acteur principal doit être remplacé par Pierre Renoir, le tournage est interrompu. Macao devient l'Enfer du jeu. Il réalise également Les vicissitudes du temple et l'Eternel Retour d'après un scénario de Cocteau. Ce film fait la célébrité de Jean Marais.
Des films comme Monsieur de Lourdines, Venus Aveugle et la Fille du puisatier sont qualifiés de nationalistes.
A production est soumise à des contraintes.


LA LIBERATION
La période de la libération est dominée par les communistes et les Gaullistes. Les films ne sont pas revus.

Jean Painlevé est un réalisateur qui a du succès. Certains discours pointent du doigt le retard du cinéma français.

La bataille du rail (René Clément – 1946) est un succès. Jericho (Henri Calef – 1946) est un film sur la résistance. Gremillon réalise en 1945 6 Juin, à l'aube. Melville réalise en 1947 Le silence de la mer. Il y a aussi Le père Tranquille. En 1946, Carné fait Les portes de la nuit. Les films restent assez loin du thème de la guerre. On reproche sa tiédeur au cinéma de la quatrième république.

Pagliero réalise Un homme marche dans la ville. Il peint le milieu des dockers du Havre, on peut le rapprocher des films néo-réalistes. Dédée d'Anvers se rapproche du réalisme poétique. Certains films d'Allegret sont qualifiés d’existentialistes.
Jean Grémillon réalise ses premiers films dans le cadre du documentaire. Il réalise son premier film qui est un échec, il se tourne vers un cinéma plus populaire, avec Gueule d'amour (1937). Puis Remorque, en 1941, Lumière d'été et Le ciel est à vous avec lesquels il assoit son originalité. Il met en place un héroïsme du quotidien.
Il y a des tensions syndicales, mais rien de change dans la production. Dans les années 40-50, la stabilité peut surprendre en raison du taux de syndicalisation. On parle de la « coca-colonisation » de la France. La production française est vue comme « de masse » mais dégradée.

Il y a les accords
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