Les grands courants historiques xixème xxème siècle F. Dosse





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Les grands courants historiques XIXème XXème siècle F. Dosse

Guizot dit son intérêt pour la portion philosophique de l’histoire, le « lien » entre les évenements. Débat chez les historiens entre les adeptes du déterminisme et ceux de la force créatrice. Victor Cousin maitre du déterminisme historique, introduit en France la philosophie de Hegel, avec la necessité comme système d’intelligibilité de l’histoire. Michelet tient plutôt pour la création, voit la France comme une personne qui agit, fondée sur le mélange, qui s’est forgé par sa volonté centralisatrice, contrairement à l’Allemagne de race.
Ecrire l’histoire de la révolution française. Importance de cette véritable matrice de la vie politique française, les historiens mobilisent leurs ressources pour l’interprêter.

L’interprétation libérale : dès 1797 pour benjamin constant…, dès 1796 pour Louis de Bonald…deux interprétations contre-révolutionnaires : châtiment divin avec de maistre, complot des francs macons préparé par les lumières avec l’abbé barruel ! pour eux la révolution forme un bloc, œuvre de la providence.

Pour les libéraux au contraire il faut dissocier la terreur du reste de la révolution et prouver qu’elle n’était pas indispensable ex. benjamin constant, alors que madame de staël parle d’une république prématurée, pense que le pouvoir politique doit revenir aux capables, les propriétaires. Quand les ultras refusent un compromis institutionnel, les libéraux sont forcés d’assumer la période révolutionnaire dans son ensemble. Avec Thiers et Mignet, autres historiens libéraux, la révolution et l’empire sont pris dans leur ensemble, comme un morceau de gloire nationale ; où le peuple n’est envisagé que comme une populace.. Ainsi Mignet cherche pourquoi la révolution a « dégénéré » dans son « histoire de la révolution française de 1789 à 1914 », voit aussi dans le 10 aout la victoire du peuple sur le trône et les classes moyennes, et le début de la dictature populaire.

Des écrits plus radicaux émergent plus tard, Robespierre vit une seconde vie, on voit la révolution comme une religion. Renouvellement des questions historiographiques avec l’ancien régime et la révolution de tocqueville (1856) et la révolution française de quinet (1865)…renoncent au récit linéaire saturé d’images et d’émotions pour étudier la théorie. Tocqueville réinsère la révolution dans le temps long et cherche dans l’ancien régime ses modalités. La théorie de tocqueville : les cahiers de doléance sont le testament de l’ancien régime, c’est l’espoir qui a fait naitre la révolution (alors que pour Michelet c’est le désespoir). Quinet, exilé après le coup d’état de Napoléon III, veut comprendre pourquoi la république a échoué. Il refait la distinction entre une bonne et une mauvaise révolution (la terreur) et postule que la bonne révolution aurait pris la forme d’un régime politique stable. Opposition entre radicaux et opportunistes à propos du livre de quinet. Louis Blanc, historien socialiste de la révolution, explique la terreur par les défis immenses auxquels est confrontée la révolution, montre que d’autres violences (coloniales) n’émeuvent pas les libéraux, que ce sont les idées qui sont effrayantes, que Robespierre avait prévenu que la guerre entrainerait le despotisme, que sa chute marque la fin de la révolution… au contraire Ferry et Ollivier soutiennent quinet, louent thermidor et les girondins !

Vitalité de l’historiographie française du XIX : pas de dissociation entre positionnement politique et interprétation historique du passé. Face à cet état de fait (pas possible d’écrire UNE histoire de France et de la révolution, les méthodiques tentent, au risque de l’appauvrir, de formaliser la production de l’histoire.
Le moment méthodique

Longtemps mis à l’écart par l’école des annales (histoire faite avec des ciseaux et un pot de colle), comme trop sure, trop impliquée dans la glorification de la nation, la politique, la colonisation…ils seront réhabilités par le professeur carbonell dans sa thèse de 1976 pour avoir professionnaliser la discipline, développé la discipline par leurs thèses épistémologiques, s’être impliqué comme citoyens, notamment dans l’aff aire dreyfus. On a parlé de positivisme (a. comte mais celui-ci avait une approche téléologique contraire aux méthodiques) ou de méthodiques. Un fait positif c’est un fait prouvé par des documents. L’évolution est visible au milieu du XIXème siècle : en 1868 Michelet réédite son histoire ede la révolution française (1847) et se justifie pour l’absence de renvois !

Les remises en cause du modèle romantique : le moment méthodique n’est pas une révolution scientifique contre la littérature historique des romantiques, c’est l’aboutissement de processus (on préfère le document de première main aux compilations dès 1820. à la fin du XIXème les méthodes scientifiques des sciences expérimentales s’étend à toutes les disciplines, même à la littérature (Zola), on a confiance dans le progrès et la science. Avec la défaite de 1870 les historiens veulent mettre fin aux qurelles historiographiques qui recoupent les clivages politiques pour renforcer leur discipline comme ferment national. Duruy s’inspire des méthodes historiques allemandes pour créer l’école pratique des hautes études en 1868. Le système éducatif allemand est admiré, on y voit la cause de la victoire en 1870, les historiens séjournent en Allemagne (18% des professeurs de la faculté de lettres de Paris pendant la troisième république), on se réfère aux ouvrages allemands (33% de notes, contre 49% aux français et 19% aux anglo-saxons…c’est La référence. On s’interesse au système universitaire multipolaire très libéral…contrairement à un système français autour de la sorbonne et de la tutelle de l’état. Les historiens admirent aussi la codification de l’histoire, à laquelle les allemands associent la philologie, la numismatique, la diplomatique, la paléographie. La méthode allemande, appellée historisme, développée avec wilhem de Homboldt, fondateur de l’université de Berlin, développée avec Ranke, s’attache aux faits sans vouloir en faire une théorie générale ex. avec le déterminisme historique le progrèsz, auquel ranke oppose l’asie revenue à la barbarie.

Apparition de revues historiques : la revue des questions historiques (1866), catholique et royaliste, la revue historique (1876), protestante et républicaine de Monod.
(…) manque fin méthodiques et début des annales : p. 70 à 100
Bloch finit la guerre en capitaine, s’intéresse à la psychologie des combattants,. Après la guerre reprise du travail des historiens dans la continuité, mais crise ex. paul valery : « nous autres civilisations nous savons que nous sommes mortelles » : incertitude, faillite de la science, pour Febvre le déterminisme historique est remis en cause par la relativité, contre l’infaillibilité des méthodiques de Comte.

La position hégémonique de l’histoire est alors menacée par la psychologie, la sociologie et la géographie, les étudiants se détournent parfois de l’histoire pour la géographie. En 1921 avec la création de la licence d’histoire, professionnalisation accrue. Avec le manque de poste, le conservatisme s’accroît dans les années 20 : Bloch doit attendre 1936 pour obtenir sa chaire à la sorbonne. Essoufflement éditorial, en 1937 Bloch et Febvre dénoncent l’organisation de l’agrégation, aux ¾ d’histoire politique, à l’opposé des tendances historiographiques des années 1930 ! ils prennent position contre l’encyclopédisme des enseignements, pour plus de travail sur les documents. H. Beer les soutient, en lancant la collection évolution de l’humanité en 1920, dans la continuité de la revue de synthèse historique.

L’Université de Strasbourg est la vitrine de la reconquête française, avec des professeurs connus, une forte collaboration inter-disciplinaire : les réunions du samedi. Dès 1921 Febvre prend position sur la géographie humaine : moins de sciences des lieux, plus de sciences des hommes, de l’étude du rapport entre l’homme et le milieu. Bloch travaille sur deux chantiers, l’histoire comparative et les représentations collectives. Febvre est l’ami de Demangeon qui anime les annales de géographie. Avec la création des annales il réunit à son tour des géographes, des archivistes, des sociologues, des économistes et des historiens politiques. Dans le texte d’ouverture, il entend lutter contre le cloisonnement des recherches, lier l’étude du présent et du passé…à noter : Febvre a pour directeur de thèse Monod et Bloch a Seignobos. Ils profitent des relations tissées à l’ENS, mais Bloch est plus tourné vers l’histoire économique, et Febvre plus vers l’histoire ligieuse et intellectuelle. En 1932 et 1936 ils parviennent à se faire muter à Paris. En 1941 crise, Bloch quitte la revue car étant juif il peut lui nuire, mais les relations avec Febvre restent bonnes, il lui dédicace son apologie pour l’histoire.
Après la seconde guerre mondiale explosion et institutionnalisation de l’histoire sociale, des institutions sont créées : le CNRS en 1936 qui prend son essor dans les années 50, l’INED créé en 1945, l’INSEE en 1946…la population étudiante est multipliée par 10 entre 1939 et 1970, besoin nouveau en professeurs, essor des sciences sociales, triomphe des statistiques avec la naissance des catégories socio-professionnelles, outil de recensement à partir de 1953. La sociologie s’organise aussi avec la création d’un centre de recherches au CNRS en 1946, les cahiers internationaux de sociologie créés en 1946 par Gurvitch. En 1947 licence spécialisée de sociologie, puis en 1947 de psychologie. Impulsion de l’état et de l’UNESCO pour favoriser les recherches en sciences sociales, professeurs de ces disciplines nommés à la sorbonne, changement de nom : en 1958 la fac de lettres devient aussi fac de sciences humaines, celle de droit aussi celle de sciences économiques. Le nombre de ventes d’introduction de la psychanalise de Freud est multiplié par 10. Ivresse de la démographie historique, avec la découverte des registres paroissiaux, la méthode Fleury/ Henry, l’article de Pierre Goubert sur la démographie dans le Beauvaisis au XVIIème siècle publié en 1960…

L’empire Braudel : en 1946 abandon du mot histoire dans la revue des annales, en 1947 Braudel succède à Febvre comme chef de la rédaction, s’attache de nouveaux collaborateurs : Chaunu, Goubert, Fohlen, Renouard, mais reste la concurrence de la sociologie. Braudel prend la tête du centre des recherches historiques, p asse des accords entre la sixième section de l’EHESS et l’université de Princeton, travaille avec des historiens marxistes (ex. Annie Kriegel) malgré les pressions américaines. Braudel, président du jury de l’agregation de 1950 à 1955, tente de la transformer, introduit l’étude de documents, au détriment des exercices de mémoire. Les annales font plus appel aux chercheurs étrangers : avec Febvre 70 contributions françaises contre 15 étrangères ; avec Braudel 40 françaises contre 50 étrangères ! Projet de Braudel pour créer un établissement d’enseignement supérieur spécifique aux sciences humaines, mais défiance des autres facultés : il ouvre seulement un labo sciences humaines, Maison des Sciences de l’Homme, en 1962.

Labrousse : d’abord économiste, dirige les études d’histoire économique et sociale à la sorbonne de 1945 à 1967, écrit dans les annales à partir des années 1940. à partir de 1955 et du congrès de Rome il dirige les études de la Sorbonne vers une histoire plus sociale qu’économique, mais reste dans une approche marxiste contre l’historien Mousnier qui a une approche plus institutionnelle ex. débat sur classes ou ordres au XVIIème siècle, est-ce que les rapports de production dirigent la société du XVIIème, ou la dignité et l’honneur ? Labrousse envoie ses disciples en province pour des thèses régionales ex. Le roy-ladurie, les paysans du languedoc.

Labrousse veut obtenir une histoire totale à travers l’analyse de données politiques, sociales et économiques, une histoire quantitative à présentation scientifique. Evolution vers l’histoire des mentalités.

Le défi structuraliste : l’anthropologue Levi-Strauss veut rassembler toute les sciences sociales autour d’une « sémiologie », l’historien serait condamné à décrire, dans une science empirique, alors que l’ethnologie serait la science des concepts. En 1958 article « histoire et ethnologie » de Levi – Strauss auquel répond un article de Braudel : « la longue durée », s’opposant aux dates et à l’événementiel, proposant de réorganiser les sciences sociales autour de ce concept où l’historien des annales reste roi. Pour s’échapper de l’histoire on peut étudier l’actualité avec la sociologie, ou se situer dans une vision supra temporelle : le structuralisme.

Il décompose trois paliers : l’événement, la conjoncture cyclique et la longue durée, structurelle. Dans le préface de « la méditerranée au temps de Philippe II », il présente une histoire immobile, entre l’homme et son milieu, une histoire rythmée par l’économie, la société et la civilisation. Il distingue le temps evenementiel de l’individu, social, et géographique. Integration de l’espace à la temporalité.
Pierre Renouvin et les relations internationales. Ancien combattant, professeur à la sorbonne de 1931 à 1964n il préside la FNSP de 1959 à 1972…dans les années 20 il est le premier à parler de l’importance des sentiments et des forces des hommes d’états dans l’histoire diplomatique, pour les causes de la première guerre mondiale, puis des « forces profondes » que sont les mouvements de l’opinion publique, les imperatifs stratégiques, la dimension économique. Il cherche à restituer l’ambiance, ne s’interesse plus aux relations entre les hommes d’état mais aux relations entre les peuples. Renouvin distingue comme forces profondes des éléments matériels (géographiques, économiques) et idéels : tempérament, mentalité collective…celle-ci pouvant d’ailleurs être influencée par la presse et l’école. Les nouvelles relations internationales permettent de mettre en lien les RI avec l’histoire sociale et économique ex. l’importance des investissements financiers dans les ambitions des puissances coloniales.

Les historiens chrétiens s’engagent contre la guerre d’Algérie ex. Remond, Marrou…ils veulent écrire une histoire plus contemporaine et plus politique : « de la connaissance historique »  de Marrou, l’historien peut partir du présent, le fait que l’historien soit empreint de son époque est une richesse et pas un parasite. L’histoire moderne était appréciée par les annales, la contempo délaissée. Renaissance de l’histoire politique et contemporaine à partir de Paris X Nanterre et sciences po Paris, à travers l’ouvrage de René Remond Les droites en France. On trouvait l’histoire politique trop évenementielle, et les historiens politiques des années 60 ont préféré se tourner vers les sciences politiques, l’étude de l’opinion publique et de la sociologie électorale. Le materialisme historique reste puissant, Furet, Nicolas, Richet, continuent à étudier les superstructures de la société : les mentalités, à écrire des articles dans l’hebdo du PCF, à étudier la féodalité au moyen-âge.
La nouvelle histoire

Avec l’essor du tiers monde les sciences humaines s’interessent à la société plus dans l’espace (ethnologie) que dans le temps, on parle beaucoup des mentalités dans les années 70, en distinguant 3 niveaux : l’automatique, le psychologique, le collectif. 1978 publication de l’encyclopédie « la nouvelle histoire » et la même année création d’un groupe d’études sur les mentalités la même année à l’EHESS. Essor parallèle de l’anthropologie historique, influencée à la fois par le structuralisme et l’histoire. De l’histoire des mentalités on passe rapidement à l’histoire culturelle. A partir des années 60 autre débat sur la nature de l’histoire, narrative, à la Lavisse ou plutôt tournée vers l’étude comparative des grandes civilisation ? Echec quand on l’introduit dans les programmes. Avec la réforme Haby l’histoire est intégrée aux sciences sociales, subit l’influence des annales : importance de la longue durée, de la démographie historique, de l’histoire des mentalités…
Crise de l’histoire : années 80/90

Au début des années 80, remise en cause du modèle historiographique des annales, avec l’apparition de la microstoria italienne, retour en force du récit : temps et récit de Paul Ricoeur en 1983, retour à la biographie avec Louis XI de Kendall, traduit en 1974. La nouvelle histoire est la troisième génération des annales, rapidement dépassée par le retour du politique. La revue des annales refuse la critique. Furet se démarque des annales au début 80. déviance de l’histoire sociale vers de petits groupes : la microstoria, l’alltaggeschichte (Alltaggeschichte de Alfred Lüdtke 1989). Les pratiques sociales et économiques sont construites sur des ligiques culturelles ex. la dynamique des croyances au XVIème siècle.

Pour Rioux l’histoire culturelle s’étend au politique, aux institutions, à la médiation, aux pratiques et aux signes.

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