La Martinique Comme une carte postale





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date de publication19.10.2016
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La Martinique

Comme une carte postale
Au cœur des « Petites Antilles », la Martinique ne ressemble à rien d’autre, et surtout pas à ses voisines..

Elle constitue un ensemble cohérent, entier, qui mérite à lui seul le voyage. Sa réputation d’ « île aux fleurs » (Madinina) n’est nullement usurpée, et chaque paysage donne lieu à de splendides cartes postales exotiques.



Le nord, autour de la célèbre Montagne Pelée, rassemble le secteur vert, la forêt tropicale, les démentielles fougères arborescentes, les routes pleines de virages, les villages authentiques, quelques superbes « habitations », et la culture de la banane,

tandis que le Sud, plus sec, bordé de plages de sables blancs et de quelques incroyables lagons comme du côté du François, est planté de canne à sucre, comme des océans ondoyant sous les alizés jusqu’à l’infini : c’est le royaume des beaux hôtels et des secteurs touristiques.



Christophe Colomb ne l’approche qu’au cours de son quatrième voyage, en 1502 : il y débarque au Carbet, au nord-ouest de l’actuelle capitale, Fort-de-France. Mais il ne manque pas de qualificatifs assez enthousiastes pour la décrire : « La plus douce, la plus charmante contrée qu’il y ait au monde ». Mais l’île intéresse peu les Espagnols, fascinés alors par Saint-Domingue. Les Français y viennent une trentaine d’années plus tard, et voient tout le profit qu’ils peuvent tirer de ses terres riches : le pétun (tabac), le sucre, la banane, les ananas, le rhum feront au fil des siècles la fortune de quelques propriétaires, nobles, négociants, armateurs de Nantes ou de Bordeaux, qui se soucieront peu du scandale de l’esclavage, lié à ces activités exigeantes en main d’œuvre.

C’est en tout cas ce qui explique qu’on ne peut visiter les Antilles simplement en bronzant sur les plages immaculées des beaux hôtels : il faut découvrir la richesse majeure de ces îles où tout le monde parle français (et créole !), le métissage. C’est en Martinique que l’approche est la plus facile. D’où l’intérêt, par exemple, de louer une voiture, pour aller partout, jusque dans les coins les plus isolés, où l’on trouve l’authenticité parfaite, avec des combats de coqs comme dans toutes les Antilles, des bistrots où l’on apprend au petit matin le redoutable « décollage », à jeun, avec du rhum où macère une branche d’absinthe, des combats opposant la mangouste et le serpent trigonocéphale (c’est habituellement la mangouste qui gagne, après des ruses, une stratégie pointue et un suspense haletant), des oiseaux de toutes couleurs, de merveilleux poissons, des cocotiers partout, et bien entendu des plages et des lagons de rêve.



Alors des plages, oui, comme on n’en imagine même pas !Les plus belles se trouvent sur la Côte Sud-Ouest, entre Trois Ilets et Sainte-Anne ( la plus belle : les Salines). Mais aussi sur la côte Est, du côté de la Presqu’île de la Caravelle ou au large du François, là où les Fonds Blancs prennent joyeusement le nom de « Baignoire de Joséphine » : de très hauts fonds sablonneux donnent à la mer une couleur turquoise laiteuse, tout le monde a pied, et des « tours » organisés proposent aux touristes de s’y baigner, avec de l’eau à 28° jusqu’aux hanches, un verre de planteur à la main (avec modération évidemment). Et tant qu’on parle de mer, la Martinique est aussi un endroit de prédilection pour la plongée – même en simple initiation – et comporte de très nombreux « spots ».
N’avons-nous pas écrit le mot Magique, Joséphine ? C’est que Marie-Josèphe Rose Tascher de la Pagerie, dite Joséphine, qui épousa à 16 ans Alexandre de Beauharnais avant de devenir le grand amour de Napoléon, était née ici : sa famille possédait une plantation de 527 hectares à Trois Ilets, et il en reste un émouvant musée, avec des cuisines qui rappellent son Histoire et sa légende, et un moulin à sucre bien reconstitué.

Un peu plus loin, une « Maison de la canne » fort intéressante, explique tout, de la culture à l’extraction du sucre et de l’alcool, tout en se penchant sur les problèmes liés à l’esclavage.

De telles visites peuvent être compétées par des visites de distillerie, comme celle du Rhum Clément, ou des « habitations », avec les maisons des maîtres, les « cases nègres », telles la plantation de Leyritz, transformée aujourd’hui en hôtel, ou l’ Habitation Céron, où l’on peut, en plus, s’offrir un splendide déjeuner aux écrevisses, les z’habitants, avant d’accomplir un tour des villages du nord de la Martinique, les plus colorés et les plus authentiques, l’impression étonnante d’être au bout du monde.

Avec Fort-de-France, malgré ses éternels embouteillages et sa splendide baie, la visite de l’île ne saurait ignorer Saint-Pierre, ce village aux deux ou trois rues parallèles qui fut la capitale de l’île, qui s’était équipé d’un théâtre copié sur celui de Bordeaux, d’une cathédrale, de fontaines partout, d’ églises et de quelques lieux de débauche : le 8 mai 1902, l’éruption de la Montagne Pelée brûla tout, tua 30 000 personnes, et ne laissa qu’un champ de ruines, hormis, selon la légende, un ivrogne , un certain Cyparis, mis en prison pour ébriété, et que l’épaisseur des murs de la cellule avait sauvé. Il faut laisser vagabonder son imagination pour espérer retrouver quelque chose de ce « Petit Paris des Antilles » : de la prison, il ne reste que quelques ruines de briques (et la cellule de Cyparis), et du grand théâtre un escalier à double révolution.
Les bons marcheurs n’oublieront pas non plus les splendides randonnées sur les flancs de la Montagne Pelée : d’excellents guides racontent l’histoire, expliquent la flore et la faune, le volcan, etc…




Fiche Technique



Situation : Dans l’arc des Petites Antilles, au sud de la Dominique (ne pas confondre avec la République dominicaine), et au Nord de Sainte-Lucie. Surface : 1130 km2. A 7500 km à l’ouest de la France. Population : 382 000 habitants.



Climat : Tropical. Température moyenne de l’air : 30°, de la mer : au moins 25°. Saison sèche (« Carême ») de janvier à avril : la meilleure période pour y aller. De juillet à octobre, l’air est chaud, étouffant, humide. D’août à octobre, on risque des cyclones. La partie Nord de l’île, autour du volcan qui « arrête les nuages », est plus arrosée. A noter que, toute l’année, le soleil se couche vers 18 heures, et se lève vers 5 h 30.
Vols : trois compagnies aériennes desservent la Martinique au départ de Paris (Air France, Corsair et Air Caraïbes), de Nantes et de Lyon. (Compter 9 heures de vol à l’aller, une de moins au retour)
Décalage horaire : - 6 heures en été, - 5 heures en hiver. Quand il est Midi à Paris, il est 6 heures du matin aux Antilles.
Formalités : La Martinique est un Département français (Préfecture : Fort-de-France). Carte Nationale d’Identité ou Passeport en cours de validité (Contrôles d’identité systématique au départ ET à l’arrivée). Aucun visa, bien entendu, pour les Français et les Européens. Par contre, passeport obligatoire pour se rendre dans les îles voisines, non françaises (Dominique, Sainte-Lucie, Barbade, Grenadines, etc.).
Monnaie : bien entendu, c’est l’Euro, avec les mêmes banques qu’en France, et des distributeurs de billets un peu partout. Les commerçants n’aiment pas beaucoup les chèques « hors place » sur les comptes en Métropole.
Santé : aucun vaccin requis. Les Antilles françaises possèdent d’excellents services médicaux, de bons hôpitaux. Le seul ennemi, c’est le moustique (pas de paludisme), et quelques cas de « dingue » (forte grippe) liés à des piqûres d’anophèle sont signalés, qui touchent surtout les résidents. Attention surtout au soleil (crème, chapeaux, T’shirts), et au rhum.
Gastronomie : Attention aux épices, car les estomacs métropolitains, le plus souvent, ne sont pas préparés à affronter piments et sauces épicées. Mais il faut goûter aux poissons grillés (vivaneau, thazard, marlin, thon, espadon, etc.), à la langouste grillée (aussi chère que chez nous), au boudin créole (parfois un peu arrache-gorge), aux acras de morue, délicieux à l’apéritifs, aux carbes farcis (touloulous ou matoutou), au colombo de cabri, au blaff (poisson mariné dans du citron vert et juste passé au court-bouillon), au féroce (purée d’avocat avec de la morue écrasée, du chatrou (poulpe), ou du lambi, ce gros coquillage si joli avec des irisations rosées à l’intérieur. Et enfin les fricassées de z’habitants (les ouassous en Guadeloupe), dont la saveur est inconnue en métropole : un plat de rois…

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