’Mémoires d’Hadrien’’





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André Durand présente
Marguerite de Crayencour

dite
Marguerite YOURCENAR
(France – États Unis)
(1903-1987)



Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres

qui sont résumées et commentées

(surtout ‘’Mémoires d’Hadrien’’ et ‘’L’œuvre au noir’’).

Bonne lecture !

Née à Bruxelles d'un père français, Michel de Crayencour, oisif fortuné et cultivé, et d'une mère belge, Fernande Cartier de Marchienne, qui mourut dix jours après sa naissance, elle grandit, demi-orpheline solitaire, en France, dans la propriété du Mont-Noir, près de Lille. Elle n’alla jamais à l’école, son père se faisant son précepteur et l'initiant très tôt à la culture gréco-latine, et elle n'en obtint pas moins son baccalauréat. En 1912, à la suite de la vente de la propriété du Mont-Noir, ils s'installèrent à Paris. En 1914, la guerre incita M. de Crayencour à se réfugier, avec sa fille Marguerite, à Richmond en Angleterre. C'est au British Museum qu’elle vit, pour la première fois, le buste de l'empereur Hadrien. Elle apprit l'anglais et commença, avec l'aide de son père, à étudier le latin. En 1919, il finança à compte d'auteur ‘’Le jardin des chimères’’, poème dialogué que sa fille a composé sur la légende d'Icare, observant les règles de la prosodie classique quand plus personne n'en voyait la nécessité. Ensemble, le père et la fille choisirent pour elle un pseudonyme qui est l'anagramme de leur nom de famille : Yourcenar, qui deviendra son nom légal aux États-Unis, à partir de 1947. En 1921, elle entreprit une oeuvre qui allait devenir ‘’Mémoires d’Hadrien’’. En 1922, elle publia à compte d'auteur ‘’Les dieux ne sont pas morts’’. En 1924, elle visita avec son père la villa Adriana qu'elle décrira dans ‘’Mémoires d’Hadrien’’. En 1922, elle commença une biographie de Pindare et se rendit régulièrement en Suisse, où son père se faisait soigner. Elle publia dans ‘’L'Humanité’’ un article intitulé ‘’L'Homme’’. En 1929, son père mourut à Lausanne. Parut alors le premier de ses ouvrages publié par une vraie maison d'édition :

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‘’Alexis ou le traité du vain combat’’

(1929)
Nouvelle
Dans une longue lettre adressée à Monique, son épouse qu'il quitte et qu’il prend à témoin, Alexis relate le «vain combat» de sa volonté, de sa tendresse conjugale, contre des désirs dont il découvre qu'ils ne le portent pas vers les femmes. Mettant ainsi fin au mensonge, il cherche à sortir d'une situation fausse qui est l'échec de son mariage et reprend sa liberté.
Commentaire
Comme tous les héros de Marguerite Yourcenar, Alexis s'interroge pour mieux comprendre le monde et mieux se comprendre lui-même. Sur l'inaptitude à aimer, sur le thème jusqu'alors interdit de l'amour homosexuel, ce petit texte cruel et pudique est une sorte d'Adolphe des années vingt qui affirme, dans la lignée de l'écrivain André Gide, la liberté des préférences sensuelles.

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Marguerite Yourcenar connut alors les années les plus intenses de sa vie de femme, non sans connaître des difficultés financières. Elle aimait, elle écrivait, elle vagabondait à travers l'Europe, qui se préparait au cataclysme sans en être toujours consciente. Yourcenar fut un peu moins inconsciente que beaucoup d'autres. En 1931, elle passa plusieurs mois en Grèce, travaillant avec Constantin Dimaras à une traduction des poèmes de Constantin Cavafy.

Elle publia :

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‘’La nouvelle Eurydice’’

(1931)

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‘’Pindare’’

(1931)

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‘’La Mort conduit l'attelage’’

(1934)
Recueil de trois nouvelles
Commentaire
Ce sont des esquisses d'après trois peintres.

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‘’Denier du rêve’’

(1934)
Roman de 200 pages

À Rome, au temps de Mussolini, le passage de main en main d'une pièce de dix lires fait découvrir successivement toute une série de personnages qui sont parfois proches les uns des autres, parfois liés par le hasard, mais tous enfermés dans leur propre rêve : le provincial qui oublie sa femme auprès d'une prostituée qui doit se faire soigner par un médecin fasciste dont la femme, Marcella Ardeati commet un attentat contre le dictateur qui a fait mourir en exil son amant, Carlo Stevo, dont la femme est la fille du coiffeur auquel la prostituée a laissé la fameuse pièce, etc..
Commentaire
Le roman, qui passe brusquement du drame à la comédie ou à la satire, est né de personnages que Marguerite Yourcenar a vus durant un séjour à Rome peu après l’assassinat de Matteoti. C'est un livre presque politique puisqu'il évoque, d’une façon mi-réaliste, mi-symbolique, un attentat antifasciste à Rome en 1933. Le fascisme parut grotesque à la romancière qui n’était pas dupe d’une prétendue unanimité. Son roman fut un des premiers romans français à regarder en face la creuse réalité cachée derrière la façade boursouflée du fascisme. Par ce denier, symbole du contact entre des êtres humains enfoncés dans leurs propres passions et leur intrinsèque solitude, passent le rêve, l'amour, l'événement important de l’existence des personnages. Marguerite Yourcenar a voulu montrer la vie populaire et les réactions populaires, mais aussi assimiler les personnages à des mythes : Marcella se rattache un peu à Phèdre, un peu à Némésis ; Massimo est naturellement Thanatos, l’ange de la mort et aussi l’Arlequin de la commedia dell’arte et des légendes du Moyen Âge,l’ivrogne Marinuzzi est Dionysos. L’Italie lui a imposé ce qu’elle appelle l’opéra, le baroque, cette espèce de chant dans le cri qui est particulièrement italien. Ce livre réaliste est sauvé du sordide par la musique de la langue. Mais on peut remarquer, au fil du texte, quelques mots ou expressions qui, curieusement, semblent être des anglicismes : face (14), bien fin (123), position pour situation, emploi (162), être à charge aux autres (166), il s'interrompt de penser (171).

En 1959, Marguerite Yourcenar en donna une deuxième version, où l’on retrouve « les mêmes faits décantés ou développés ».

Elle en aussi a tiré une pièce, ‘’Rendre à César’’.

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‘’Anna, soror...’’

(1935)
Nouvelle
Dans la Naples de la Contre-Réforme, entre Anna et Miguel s'embrase et se consume l'amour. Leur passion porte aussitôt les stigmates du péché et de l'enfer car ils sont frère et sœur., Pourtant, nul regret ne tourmente Miguel, et Anna éprouve jusqu'à sa mort un amour irrepentant, voire religieux pour son frère.

Commentaire
‘’Remous’’ fut le premier titre de cette nouvelle qui tend à rappeler l'étrange état de toute existence : celui où «tout flue comme l'eau qui coule, mais où les faits qui ont compté émergent à la surface et gagnent avec nous la mer». On y trouve l'obsession héraclitéenne du temps qui passe et sculpte les êtres. Surtout s’imposent le thème de l'inceste entre frère et soeur et la punition de cette transgression, de cette passion exceptionnelle, hors de toute morale et même inavouable, la notion sociale de l'interdit se doublant de la notion chrétienne de la faute.

Marguerite Yourcenar confia : «J'ai goûté pour la première fois avec ‘’Anna, Soror...’’ le suprême privilège du romancier, celui de se perdre tout entier dans ses personnages, ou de se laisser porter par eux

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Ces années furent surtout celles d’une passion impossible que Marguerite Yourcenar connut pour un homme qui ne l'aimait pas et qui, comme Alexis, préférait les hommes. Le fruit de cette crise passionnelle fut :

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‘’Feux’’

(1936)
Recueil de poèmes en prose
Commentaire
Ces proses lyriques sont reliées entre elles par une certaine notion de l'amour absolu. Au centre de chaque poème, se trouve un personnage, le plus souvent une femme sortie des mythologies ou d'un réel passé à la dimension mythique, et bouleversée par une passion dévorante : Antigone, Phèdre, Clytemnestre, ou Marie-Madeleine. Le livre mêle l'évocation de ces grands mythes à des aphorismes raciniens, torrides, nés d’une crise passionnelle, d’un amour scandaleux pour un homme tyrannique dont Marguerite refusait obstinément de parler... l’homme fou, celui du bel accident passager, aujourd’hui exorcisé, sacralisé et triste (Robert Lalonde, Un jardin entouré de murailles, 62, 76) et à la lamentation personnelle de l'autrice. Moins connu du public que les chefs-d'oeuvre de la maturité, ce cri de douleur, de désillusion, cet effort de lucidité qui passe par un cynisme auquel on ne se résout qu'à contrecoeur car on préfère tous, d'emblée, se livrer corps et âme, sans réserve à l'amour, fut plus tard renié par la Yourcenar mûre (J'espère que ce livre ne sera jamais lu.) qui condamnait ce type d'amour (L'amour est un châtiment), emporté, possessif, imbu de désir, sentiment peu honorable, habité de possessivité et d'amour de soi.

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En 1937, Marguerite Yourcenar se rendit à Londres et, le 23 février, rencontra Virginia Woolf dont elle traduisait ‘’The waves’’. On constate, dans le journal de l’Anglaise, qu’elle n'a pas mémorisé son nom : «Mlle Youniac (?) Non» ; mais elles se parlèrent longtemps, «si bien, écrivit-elle, que je n'ai plus le temps ni la place de décrire la traductrice, seulement celle de dire qu'elle avait de jolies feuilles d'or sur sa robe noire et que c'est une femme qui doit avoir un passé amoureux, intellectuel […] Une Française travailleuse [...] Esprit positif.» C’est une évocation parfaite de Marguerite Yourcenar qui, à trente-quatre ans, se vivait comme une conquérante.

Elle rencontra à Paris Grace Frick, une enseignante américaine qu'elle allait aimer et qui l'invita à passer l'hiver aux États-Unis. En 1938, elle publia Les Songes et les Sorts puis :

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‘’Nouvelles orientales’’

(1938)
Recueil de nouvelles

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Comment Wang-Fo fut sauvé’’
Nouvelle de 16 pages
Le peintre chinois Wang-Fô, qui aimait l'image des choses, et non les choses elles-mêmes, très célèbre et pourtant très pauvre, est arrêté par les soldats de l'Empereur qui, élevé dans la familiarité de ses toiles, a été déçu de découvrir que le monde n'est pas aussi beau qu'elles. Avant d'avoir les yeux crevés et les mains coupées, il doit finir un tableau qu'il avait commencé dans sa jeunesse, qui représente une barque sur la mer de jade bleu. Et c'est sur cette barque, sur l'eau qui a envahi la salle, que lui et son disciple (qu'il a ressuscité) s'échappent.
Commentaire
Marguerite Yourcenar a confié Wang-cho (sic) sort d’un conte taoïste, je ne l’ai pas inventé. Évidemment, on retouche toujours un peu. Et cet apologue, cette histoire fantastique, est rendu par une belle écriture, un style simple qui restitue un ton oriental (images nombreuses, métaphores, symboles : l'écume dans le manteau de l'Empereur est l’image de sa rage). La nouvelle offre un tableau de la Chine, du royaume de Han, l'Empire du Milieu, les moeurs chinoises (les maisons de thé, les acrobates et les danseuses), l'art chinois (la peinture sur soie), la cruauté, la conception de la mort, la religion (le tao, le yin et le yang). Elle évoque les Mongols (langue barbare, 16). L'Empereur est l'être hors du réel qui prend l'art, le symbole, au pied de la lettre ; c'est lui le schizophrène et non l'artiste ; il est le jaloux de la vérité. Ling, serviteur de l'art, le fidèle, le croyant, est matérialiste ; mais, transformé par Wang--Fô, il devient le chercheur de vérité. Wang-Fô, l'artiste, le contemplatif, a une attitude différente de celles du commun, mais il est pourtant en contact avec la réalité (il a besoin de boire pour peindre, il est ivrogne). Le texte présente une réflexion sur l'art, sur l'artifice de l'art qui présente l'image des choses et non les choses elles-mêmes. L'art est un mensonge qui dit la vérité, il fait voir la réalité (Ling, 13) grâce au signe, au symbole (excès chez l'Empereur) : le présage de mort a fait mourir la femme de Ling. Il faut partir de la réalité pour aller vers l'art et non le contraire. L'art est une évasion de la réalité, une élévation spirituelle qui est celle du sage, du sorcier (15). Il faut refuser le matérialisme qui éloigne de la réalité (Ling, l'Empereur). L'art permet le détachement (la femme de Ling, la tache du sang de Ling, la couleur verte des cadavres). L'art est plus puissant que le pouvoir temporel. Il faut maintenir un équilibre entre l'art et la réalité (les deux excès : Ling et l'Empereur, incarnation de Dieu, qui est l'idéaliste déçu par la réalité, Wang-Fô étant le réaliste qui idéalise). On peut déceler aussi une concurrence entre l'art et la religion, entre Wang-Fô et l'Empereur.

La nouvelle a été traduite en chinois..

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‘’Kali décapitée’’
Nouvelle de six pages
En Inde, la belle et pure déesse Kâli est devenue abjecte parce qu'ayant été décapitée par la foudre, sa tête a été placée par les dieux sur le corps d'une prostituée qui se livre à tous les hommes non sans regretter sa pureté perdue. Elle fut immonde comme le rat des égouts et détestée comme la belette des  champs. Incapable de retourner au ciel d'Indra, elle devient furieuse contre tous les gens, les tuant à son gré, jusqu'au jour où elle rencontre un Sage qui la rassure, lui montrant les avantages et les désavantages de ces deux états très différents.

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‘’L'homme qui a aimé les Néréides’’
Nouvelle de 9 pages
Dans une île grecque, à l'époque moderne, un jeune homme, Panégyotis, est devenu une sorte d'idiot après avoir vu et aimé des Néréides, des nymphes de la forêt. J’envie Panégyotis. Il est sorti du monde des faits pour entrer dans celui des illusions.. Elles l'ont séduit un jour qu'il allait chercher un vétérinaire pour ses moutons malades. Elles l'ont rendu muet pour qu'il ne révèle pas le secret de leur amour. La seule preuve de cette aventure, c'est un fil soyeux, un cheveu blond, agrafé à sa bretelle.

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