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Vive le tiers état de France !

Il aura la prépondérance

Sur le prince, sur le prélat.

Ahi ! povera nobilita !

Le plébéien, puits de science,

En lumières, en expérience,

Surpasse et prêtre et magistrat.

Ahi ! povera nobilita !

» Si l’on avait su que nous étions du tiers, on aurait été capable de nous porter en triomphe. Aussi, pour abandonner un peuple pareil, il faudrait être bien lâche ! Et je vous réponds que si nous n’avions pas été décidés, rien que de voir ce courage, cette gaieté, toutes ces vertus, dans la plus grande misère, nous aurions pris du cœur nous-mêmes, et juré de remplir notre mandat, et de réclamer nos droits jusqu’à la mort.

» Nous avons passé quatre jours chez la veuve Lefranc. Marguerite, avec mon confrère le curé Jacques, a vu tout Paris : le Jardin des Plantes, Notre-Dame, le Palais-Royal, et même les théâtres. Moi, je n’avais de plaisir qu’à me promener dans les rues, à courir ici, là, sur les places, le long de la Seine, où l’on vend des bouquins, sur les ponts garnis de friperies, de marchands de fritures ; à causer devant les boutiques avec le premier venu ; à m’arrêter pour entendre chanter un aveugle, ou voir jouer la comédie en plein air. Les chiens savants ne manquent pas, ni les arracheurs de dents, avec la grosse caisse et le fifre ; mais la comédie au bout du Pont-Neuf est le plus beau ; c’est toujours des princes et des nobles qu’on rit ; ce sont toujours eux qui disent des bêtises. Deux ou trois fois j’en avais les larmes aux yeux, à force de me faire du bon sang.

» J’ai visité la commune de Paris, où l’on discutait encore les cahiers. Cette commune vient de prendre une résolution très sage : elle a laissé une commission en permanence, pour observer ses députés, pour leur donner des avis et même des avertissements, s’ils ne remplissaient pas bien leur mandat. Voilà une fameuse idée, maître Jean ! et qu’on a malheureusement négligée dans d’autres endroits. Qu’est-ce qu’un député qui n’est surveillé par personne, et qui peut vendre sa voix impunément, en se moquant encore de ceux qui l’ont envoyé ? car il est devenu riche et les autres sont restés pauvres ; il est défendu par le pouvoir qui l’achète, et ses commettants restent avec leur bon droit, sans appui ni recours ! Le parti que vient de prendre la commune de Paris devra nous profiter ; c’est un des articles à mettre en tête de la constitution : il faut que les électeurs puissent casser, poursuivre et faire condamner tout député qui trahit son mandat, comme on condamne celui qui abuse d’une procuration ! Jusque-là, tout est au petit bonheur.

» Enfin, cette décision m’a fait plaisir ; et maintenant, je continue.

» Outre ma joie de voir ce grand mouvement, j’avais encore la satisfaction de reconnaître que les gens ici savent très bien ce qu’ils veulent et ce qu’ils font. J’allais, le soir, après souper, au Palais-Royal, que le duc d’Orléans laisse ouvert à tout le monde. Ce duc est un débauché ; mais au moins, ce n’est pas un hypocrite ; après avoir passé la nuit au cabaret ou bien ailleurs, il ne va pas entendre la messe et se faire donner l’absolution, pour recommencer le lendemain. On le dit ami de Sieyès et de Mirabeau. Quelques-uns lui reprochent d’avoir attiré dans Paris des quantités de gueux, chargés de piller et de saccager la ville ; c’est difficile à croire, parce que les gueux arrivent tout seuls, après un hiver aussi terrible ; qu’ils cherchent leur nourriture ; et qu’on n’a pas besoin de faire signe aux sauterelles de tomber sur les moissons.

» Enfin, la reine et la cour détestent ce duc, et cela lui fait beaucoup d’amis. Son Palais-Royal est toujours ouvert, et dans l’intérieur se trouvent des lignes d’arbres où chacun peut se promener. Quatre rangées d’arcades entourent le jardin, et là-dessous sont les plus belles boutiques et les plus élégants cabarets de Paris. C’est la réunion de la jeunesse et des gazetiers, qui parlent haut pour ou contre, sans se gêner de personne. Quant à ce qu’ils disent, ce n’est pas toujours fameux, et la plupart du temps, cela vous passe par la tête comme dans un crible, le bon grain qui reste n’est pas lourd ; ils vendent plus de paille que de froment. Deux ou trois fois, j’ai bien écouté, et puis, en sortant, je me demandais, tout embarrassé : – Qu’est-ce qu’ils ont dit ? – Mais, c’est égal, le fond est toujours bon, et quelques-uns ont tout de même beaucoup d’esprit.

» Nous avons pris là, sous les arbres, une bouteille de mauvaise piquette très chère. Les loyers sont chers aussi ; je me suis laissé dire que la moindre de ces boutiques se loue deux et trois mille livres par an : il faut bien se rattraper sur la pratique. Ce Palais-Royal est réellement une grande foire, et la nuit, quand les lanternes s’allument, on ne peut rien voir de plus beau.

» Le 11, vers deux heures de l’après-midi, nous sommes repartis bien contents de notre voyage, et bien sûrs que la masse des Parisiens était pour le tiers état. Voilà le principal.

» Le 12, à neuf heures, nous étions à notre poste ; et comme nos commissaires n’avaient pu s’entendre avec ceux de la noblesse et du clergé, nous vîmes qu’on voulait seulement nous faire perdre du temps. C’est pourquoi, dans cette séance, on prit des mesures pour aller en avant. Le doyen et les anciens furent chargés de dresser la liste des députés, et l’on décida que tous les huit jours une commission, composée d’un député de chaque province, serait nommée pour maintenir l’ordre dans les conférences, recueillir et compter les voix, connaître la majorité des opinions sur chaque question, etc.

» Nous reçûmes le lendemain une députation de la noblesse, pour nous signifier que leur ordre était constitué, qu’ils avaient nommé leur président, leurs secrétaires, ouvert des registres, et pris divers arrêtés, entre autres celui de procéder seuls à la vérification de leurs pouvoirs. Ils étaient bien décidés à se passer de nous.

» Le même jour, le clergé nous fit dire qu’il avait nommé des commissaires, pour conférer avec ceux de la noblesse et du tiers état, sur la vérification des pouvoirs en commun et la réunion des trois ordres.

» Une grande discussion s’éleva ; les uns voulaient nommer des commissaires, d’autres proposaient de déclarer que nous ne reconnaîtrions pour représentants légaux, que ceux dont les pouvoirs auraient été examinés dans l’assemblée générale, et que nous invitions les députés de l’église et de la noblesse à se réunir dans la salle des états, où nous les attendions depuis huit jours.

» Comme la discussion s’échauffait, et que plusieurs membres voulaient encore parler, les débats furent continués le lendemain. Rabaud de Saint-Étienne, un ministre protestant ; Viguier, député de Toulouse ; Thouret, avocat au parlement de Rouen ; Barnave, député du Dauphiné ; Boissy-d’Anglas, député du Languedoc, tous des hommes de grand talent et des orateurs admirables, surtout Barnave, soutinrent, les uns qu’il fallait marcher, les autres qu’il fallait encore attendre, et donner le temps à la noblesse et au clergé de réfléchir ; comme si toutes leurs réflexions n’avaient pas été faites. Enfin, Rabaud de Saint-Étienne l’emporta, et l’on choisit seize membres qui devaient conférer avec les commissaires des nobles et des évêques.

» Dans notre séance du 23, on proposa de nommer un comité de rédaction, chargé de rédiger tout ce qui s’était passé depuis l’ouverture des états généraux. Cette proposition fut rejetée, parce que ce simple exposé pouvait augmenter l’agitation du pays, en démontrant les intrigues de la noblesse et du clergé, pour paralyser le tiers état.

» Le 22 et le 23, le bruit courait déjà que Sa Majesté voulait nous présenter le projet d’un emprunt. Au moyen de cet emprunt, on aurait pu se passer de nous, puisque le déficit aurait été comblé ; seulement, nos enfants et descendants auraient payé les rentes à perpétuité. – Les troupes arrivaient en même temps par masses autour de Paris et de Versailles.

» Le 26, on compléta le règlement de discipline et de bon ordre ; et nos commissaires vinrent nous annoncer qu’ils n’avaient pu s’entendre avec ceux de la noblesse.

» Le lendemain 27, Mirabeau résuma tout ce qui s’était passé jusqu’alors, en disant : « La noblesse ne veut pas se réunir à nous, pour juger des pouvoirs en commun. Nous voulons vérifier les pouvoirs en commun. Le clergé persévère à vouloir nous concilier. Je propose de décréter une députation vers le clergé, très solennelle et très nombreuse, pour l’adjurer au nom du Dieu de paix, de se ranger du côté de la raison, de la justice et de la vérité, et de se réunir à ses codéputés, dans la salle commune. »

» Tout cela se passait au milieu du peuple. La foule nous entourait et ne se gênait pas pour applaudir ceux qui lui plaisaient.

» Le lendemain, 28, on ordonna d’établir une barrière pour séparer l’assemblée du public, et l’on fit une députation au clergé, dans le sens indiqué par Mirabeau.

» Ce même jour, nous reçûmes une lettre du roi : « Sa Majesté avait été informée que les difficultés entre les trois ordres, relativement à la vérification des pouvoirs, subsistaient encore. Elle voyait avec peine, et même avec inquiétude, l’assemblée qu’elle avait convoquée pour s’occuper de la régénération du royaume, livrée à une inaction funeste. Dans ces circonstances, elle invitait les commissaires nommés par les trois ordres à reprendre leurs conférences, en présence du garde des sceaux et des commissaires que Sa Majesté nommerait elle-même, afin d’être informée particulièrement des ouvertures de conciliation qui seraient faites, et de pouvoir contribuer directement à une harmonie si désirable. »

» Il paraît que c’était nous, – les députés des communes, – qui étions cause de l’inaction des états généraux depuis trois semaines ; c’était nous qui voulions faire bande à part, et qui défendions de vieux privilèges contraires aux droits de la nation !

» Sa Majesté nous prenait pour des enfants.

» Plusieurs députés parlèrent contre cette lettre, entre autres Camus. Ils dirent que de nouvelles conférences étaient inutiles, que la noblesse ne voudrait pas entendre raison ; que d’ailleurs les communes ne devaient pas accepter la surveillance du garde des sceaux, – lequel tiendrait naturellement avec les nobles, – que nos commissaires seraient là, devant ceux du roi, comme des plaideurs devant des juges décidés d’avance à les condamner ; et qu’il arriverait ce qui était déjà arrivé en 1589 : à cette époque, le roi avait aussi proposé de pacifier les esprits, et il les avait effectivement pacifiés par un arrêt du conseil.

» Beaucoup de députés pensaient les mêmes choses ; ils regardaient cette lettre comme un véritable piège.

» Malgré cela, le lendemain 29, « afin d’épuiser tous les moyens de conciliation », on fit au roi une très humble adresse, pour le remercier de ses bontés, et pour lui dire que les commissaires du tiers étaient prêts à reprendre leurs séances avec ceux du clergé et de la noblesse. Mais le lundi suivant, 1er juin, Rabaud de Saint-Étienne, un de nos commissaires, étant venu nous dire que le ministre Necker leur proposait d’accepter la vérification des pouvoirs par ordre, et de s’en remettre, pour tous les cas douteux, à la décision du conseil, il fallut bien reconnaître que Camus avait raison : – le roi lui-même était contre la vérification des pouvoirs en commun ; il voulait trois chambres séparées, au lieu d’une seule ; il tenait avec le clergé et la noblesse, contre le tiers état ! – Nous ne pouvions plus compter que sur nous-mêmes.

» Tout ce que je vous ai raconté jusqu’ici, maître Jean, est exact, et cela vous montre que ces grands mots, ces grandes phrases, ces fleurs, comme on dit, sont inutiles. Le dernier Baraquin, pourvu qu’il ait du bon sens, voit clairement les choses, et toutes ces inventions de style sont inutiles et même nuisibles à la clarté. Tout peut être expliqué simplement : – Vous voulez ceci ? – Moi, je veux ça ! – Vous nous entourez de soldats ! – Les Parisiens sont avec nous ! – Vous avez de la poudre, des fusils, des canons, des mercenaires suisses, etc. – Nous n’avons rien que nos mandats ! Mais nous sommes las d’être dépouillés, grugés et volés. – Vous croyez être les plus forts ? – Nous verrons !

» C’est le fond de l’histoire ; toutes les inventions de mots et de discours, quand le droit et la justice sont évidents, ne servent plus à rien : – On nous a bernés... Arrivons au fond des choses... Nous payons, nous voulons savoir ce que notre argent devient. Et d’abord nous voulons payer le moins possible. Nos enfants sont soldats, nous voulons savoir qui les commande, pourquoi ces gens les commandent et ce qui nous en revient. Vous avez des ordres de la noblesse et du tiers ; pourquoi ces distinctions ? Comment les enfants de l’un sont-ils supérieurs aux enfants de l’autre ? Est-ce qu’ils sont d’une autre espèce ? Est-ce qu’ils viennent des dieux et les nôtres des animaux ? – Voilà ! c’est cela qu’il faut rendre clair.

» Maintenant, continuons.

» La noblesse comptait sur les troupes, elle voulait tout emporter par la force et rejeta nos propositions. Nous étant donc réunis, le 10 juin, après la lecture des conférences de nos commissaires avec ceux de la noblesse, Mirabeau dit que les députés des communes ne pouvaient attendre davantage ; que nous avions des devoirs à remplir, et qu’il était temps de commencer ; qu’un membre de la députation de Paris avait à proposer une motion de la plus haute importance, et qu’il invitait l’assemblée à vouloir bien l’entendre.

» Ce membre était l’abbé Sieyès, un homme du Midi, de quarante à quarante-cinq ans environ. Il parle mal et d’une voix faible, mais ses idées sont très bonnes. J’ai vendu beaucoup de ses brochures, vous le savez ; elles ont produit le plus grand bien.

« Voici ce qu’il dit au milieu du silence :

– Depuis l’ouverture des états généraux, les députés des communes ont tenu une conduite franche et calme ; ils ont eu tous les égards compatibles avec leur caractère, pour la noblesse et le clergé ; tandis que ces deux ordres privilégiés ne les ont payés que d’hypocrisie et de subterfuges. L’assemblée ne peut rester plus longtemps dans l’inaction, sans trahir ses devoirs et les intérêts de ses commettants ; il faut donc vérifier les pouvoirs. La noblesse s’y refuse ; de ce qu’un ordre refuse de marcher, peut-il condamner les autres à l’immobilité ? Non ! Donc l’assemblée n’a plus autre chose à faire, que d’inviter une dernière fois les membres des deux chambres privilégiées à se rendre dans la salle des états généraux, pour assister, concourir et se soumettre à la vérification commune des pouvoirs. Et puis, en cas de refus, de passer outre.

» Mirabeau dit ensuite qu’il fallait prendre défaut contre la noblesse et le clergé.

» Une seconde séance eut lieu le même jour, de cinq à huit heures ; la motion de l’abbé Sieyès fut adoptée, et l’on décida en même temps d’envoyer une adresse au roi, pour lui expliquer les motifs de l’arrêté du tiers.

» Le vendredi, 12 juin, il fallut signifier aux deux autres ordres ce que nous avions décidé, et rédiger l’adresse au roi. M. Malouet proposa un projet écrit d’un style mâle et vigoureux mais rempli de compliments. Volney, qu’on raconte avoir couru l’Égypte et la terre sainte lui répondit : « Méfions-nous de tous ces éloges, dictés par la bassesse et la flatterie, et enfantés par l’intérêt. Nous sommes ici dans le séjour des menées et de l’intrigue ; l’air qu’on y respire porte la corruption dans les cœurs ! Des représentants de la nation, hélas ! semblent déjà en être vivement atteints... » Il continua de cette manière, et Malouet ne dit plus rien.

» Finalement, après de grandes batailles, on décida de porter en députation au roi, l’adresse rédigée par M. Barnave, renfermant l’exposition de tout ce qui s’était passé depuis l’ouverture des états généraux, et ce que le tiers avait décidé. Notre députation rentrait sans avoir vu le roi, attendu qu’il était à la chasse, lorsqu’une autre députation de la noblesse arriva nous annoncer que son ordre délibérait sur nos propositions. M. Bailly, député du tiers parisien, répondit : « Messieurs, les communes attendent depuis longtemps messieurs de la noblesse ! » Et sans se laisser arrêter par cette nouvelle cérémonie, qui n’avait comme toutes les autres, que le but de nous traîner de jour en jour et de semaine en semaine, on commença l’appel des bailliages, après avoir nommé M. Bailly, président provisoire et l’avoir chargé de nommer deux membres, en qualité de secrétaires, pour dresser procès-verbal de l’appel qu’on allait faire et des autres opérations de l’assemblée.

» L’appel commença vers sept heures et finit à dix. Alors nous fûmes constitués, non pas en tiers état, comme l’auraient voulu les autres, mais en états généraux ; les deux ordres privilégiés n’étaient que des assemblées particulières ; nous étions l’assemblée de la nation.

» Nous avions perdu cinq semaines par la mauvaise volonté des nobles et des évêques, et vous allez voir ce qu’ils firent encore pour nous empêcher d’avancer.

» Je ne vous parlerai pas des questions de mots qui s’élevèrent ensuite et qui nous prirent trois grandes séances, pour savoir s’il fallait s’appeler : – représentants du peuple français, comme le voulait Mirabeau ; – assemblée légitime des représentants de la majeure partie de la nation, agissant en l’absence de la mineure partie – comme le voulait Mounier, – ou : représentants connus et vérifiés de la nation française – comme le demandait Sieyès. Moi, j’aurais pris tranquillement le vieux nom d’états généraux. Les nobles et les évêques refusaient d’y paraître, cela les regardait ; mais nous n’en étions pas moins les états généraux de 1789 ; nous n’en représentions pas moins les
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