Voltaire Histoire des voyages de Scarmentado écrite par lui-même





télécharger 14.69 Kb.
titreVoltaire Histoire des voyages de Scarmentado écrite par lui-même
date de publication28.10.2016
taille14.69 Kb.
typeDocumentos
h.20-bal.com > histoire > Documentos
Voltaire Histoire des voyages de Scarmentado écrite par lui-même

Incipit Lignes 1 à 54 – Proposition de rédaction des deux premiers axes
Les premières lignes du conte nous placent en situation de lecteurs d’un récit. Voltaire nous raconte une histoire qui se présente comme autobiographique.

On découvre le personnage principal qui est aussi le narrateur. Le titre nous a déjà appris qu’il s’appelle Scarmentado. Il se présente lui-même comme un jeune homme. Il est issu de l’aristocratie puisque son père est « gouverneur » de Candie. Le prestige de ses origines est souligné par le fait qu’un poète a écrit des vers à sa louange. D’autre part, on apprend qu’il part Il part pour faire un « grand tour », c’est-à-dire un voyage que les jeunes aristocrates du XVIIIè siècle faisaient à travers l’Europe pour parfaire leur éducation. On peut donc supposer que l’œuvre va être le récit d’un voyage initiatique au cours duquel le jeune héros va tirer des leçons de ses expériences et va devenir un homme.
Ce début de récit nous présente aussi le cadre spatio-temporel. Il est très clairement identifié puisque le narrateur nous dit dès la première phrase : « Je naquis dans la ville de Candie en 1600 ». Des indications multiples permettent de situer géographiquement les lieux puisque l’histoire se passe dans des villes et pays réels comme Rome ou la France. Des événements historiques authentiques sont également mentionnés : on fait référence au règne de Louis XIII aussi appelé « le Juste », à la Saint-Barthélémy, à la Conspiration des Poudres en Angleterre. Le lecteur sait donc précisément où et quand se passe l’histoire.
Enfin, de nombreux indices permettent d’identifier clairement le genre autobiographique tel qu’il était pratiqué au XVIIIè siècle. Il y a bien sûr l’évocation de la naissance. On y trouve également la présentation d’une ascendance prestigieuse, liée à la mythologie et célébrée par les poètes. « Il me faisait descendre de Minos en droite ligne » Il s’agit d’un procédé traditionnel de l’éloge couramment utilisé par les poètes de cour. Comme dans toute autobiographie traditionnelle, le narrateur fait le récit de sa jeunesse. Il raconte en effet : « Mon père m’envoya, à l’âge de quinze ans, étudier à Rome » S’il y a ellipse narrative puisque l’enfance n’est pas racontée, et si la mère n’est pas mentionnée, on peut supposer que seul le voyage mérite d’être raconté aux yeux du narrateur. C’est d’ailleurs ce que le titre laisse entendre.


Mais si les caractéristiques du récit d’un voyage initiatique sont là, on perçoit des « anomalies » : la chronologie historique n’est pas respectée, les comportements des personnages et notamment du narrateur sont surprenants etc. On devine chez l’auteur un autre objectif. Le projet argumentatif apparaît tout de suite. Il s’agit du début d’un conte philosophique.


Au début du récit, Voltaire critique des cibles clairement identifiables. Derrière le personnage du poète Iro, on reconnaît Roi, un poète ennemi de Voltaire. Les mots « médiocre » et « médiocrement » écrits dans la même phrase montrent clairement quelle opinion il a de ce rival. De plus, ses vers sont « mauvais » et les ascendants mythologiques qu’il attribue au jeune Scarmentado sont peu flatteurs et montrent bien que Iro est un « bien méchant homme » et un « ennuyeux coquin ». Ensuite, le narrateur s’en prend à l’éducation qu’il a reçue et qui, à ses yeux ne vaut rien puisque, alors qu’il espérait « apprendre toutes les vérités », « on [lui] avait enseigné tout le contraire ». Enfin, la Signora Olimpia, quant à elle, est une allusion à Olimpia Maldachini, belle-sœur d’un pape qui aurait fait fortune par ses intrigues. Elle symbolise les excès des cours pontificales marqués par l’accumulation de richesses considérables et des comportements immoraux.

L’épisode romain permet aussi à Voltaire d’aborder le thème de la religion et d’exprimer son anticléricalisme. Dans son récit, les membres du clergé ne respectent pas le vœu de chasteté et sont même débauchés. Il y a en effet une allusion explicite à des pratiques homosexuelles et pédophiles à travers le personnage de Monsignor Profondo qui a des « mignons ». Par cette référence aux mignons, favoris très efféminés d’Henri III, roi de France de la Renaissance, on retrouve le cliché courant au XVIIIème siècle de l’homosexualité du clergé et des Italiens. Par ailleurs, des religieux se disputent les faveurs d’une courtisane : « elle était courtisée par le révérend père Poignardini et le révérend père Aconiti » La répétition de « révérend père » insiste sur leur appartenance au clergé et sur l’immoralité de leur comportement. Ensuite, on peut constater que le vœu de pauvreté n’est pas non plus respecté. Le narrateur raconte en effet : « Je vis des processions, des exorcismes et des rapines » L’énumération met sur le même plan des pratiques religieuses et des vols, des pillages. On peut supposer que ceux-ci sont pratiqués par des prêtres. Enfin, il y a une allusion à la violence censée régner au Vatican. Scarmentado court en effet « le risque d’être (…) empoisonné » On retrouve un autre cliché dû au fait qu’au XVIè siècle, la famille des Borgia a régné au Vatican et est restée célèbre pour sa débauche et sa violence. L’image que donne ce début de conte n’est donc guère flatteuse pour le clergé que Voltaire n’aimait pas.
Ensuite, les épisodes français et anglais permettent, quant à eux d’introduire des thèmes graves. La réflexion politique apparaît à travers l’allusion à l’assassinat du Maréchal d’Ancre. Cette violence exercée par un souverain est en contradiction avec le surnom Louis le Juste mentionné juste avant par Voltaire. Par ailleurs, le narrateur évoque l’atmosphère belliqueuse qui règne en France : « cet Etat était continuellement en proie aux guerres civiles » Il utilise la métaphore du « feu » qui couve pour montrer que le risque de guerre est toujours présent. D’autre part, les causes de ces conflits sont présentées comme insignifiantes. Elles sont provoquées « quelquefois pour une place au Conseil », ce qui signifie qu’elles seraient dues à des querelles entre hauts personnages ambitieux voulant une place au gouvernement. L’expression « quelquefois pour deux pages de controverse » souligne bien le caractère ridicule et dérisoire des causes des guerres. Enfin, l’intolérance religieuse est directement liée aux guerres et est explicitement montrée par Voltaire. Elle est d’abord suggérée par le rappel de la Saint-Barthélémy en France. L’histoire récente de l’Angleterre, de son côté, semble se résumer à des massacres entre Catholiques et Protestants. Voltaire insiste notamment sur le poids des superstitions avec le passage comique « ils ne croyaient pas au trou de St Patrice ». Les grands pays découverts par le jeune héros sont donc présentés uniquement comme des foyers de violence et d’intolérance.


L’objectif polémique apparaît donc nettement. Mais pour critiquer, Voltaire va utiliser une arme particulièrement efficace, il va faire rire son lecteur en utilisant les armes de la satire.

similaire:

Voltaire Histoire des voyages de Scarmentado écrite par lui-même iconVoltaire
«J’ai l’insolence naturelle», IL lui répondit par une ode, une satire en vers, des fantaisies telles que celle-ci

Voltaire Histoire des voyages de Scarmentado écrite par lui-même iconL’écriture, le sens du détail artistique, le choix et la signification...
«s’initier» à un écrit fonctionnel : par des jeux de lecture/ d’écriture, ils vont pouvoir comparer leur production écrite à un modèle,...

Voltaire Histoire des voyages de Scarmentado écrite par lui-même iconUne histoire écrite et illustrée par classe cp-ce1 de Montbeugny

Voltaire Histoire des voyages de Scarmentado écrite par lui-même iconDevenir Balzac L’invention de l’écrivain par lui-même
«La Grenadière», et autres récits tourangeaux de 1832, édition établie et présentée par Nicole Mozet, 1999

Voltaire Histoire des voyages de Scarmentado écrite par lui-même icon«Historiens biographes d’écrivains»
«et son temps» pour «s’excuser» d’être sorti de l’histoire même s’il parle beaucoup du Risorgimento dans cet ouvrage. Pour Voltaire,...

Voltaire Histoire des voyages de Scarmentado écrite par lui-même iconPrésentation de l’auteur
«Un ami lui avait donné ses papiers après en avoir déclaré la perte. Ils étaient deux à posséder la même identité. Malgré cela, ils...

Voltaire Histoire des voyages de Scarmentado écrite par lui-même iconÉpopée et histoire chez Hugo (1852-1862)
«petites épopées», ce qui est une façon d'inscrire le recueil dans une référence générique et en même temps de contester de l'intérieur...

Voltaire Histoire des voyages de Scarmentado écrite par lui-même iconBibliographie presse écrite
«L’un traite de l’art contemporain et des 450 lieux qui lui sont dédiés : c’est l’éditeur Marc Sautereau, créateur de la librairie...

Voltaire Histoire des voyages de Scarmentado écrite par lui-même iconDe Stéphane Beaud, Younes Amrani
«jeune de cité», prenant comme pseudonyme Younes Amrani. C’est après avoir lu l’enquête 80%au bac…et après ?, lui ayant permit par...

Voltaire Histoire des voyages de Scarmentado écrite par lui-même iconVoltaire, illustre philosophe des lumières
«candidus», cela veut dire, innocent. Candide a été publié simultanément à Genève, en Angleterre et en France en 1759. Voltaire a...






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
h.20-bal.com