1. De la littérature en estampe à la bande dessinée





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A
CADEMIE DE STRASBOURG


IUFM D’ALSACE Année universitaire 2005-2006


MEMOIRE PROFESSIONNEL

CAPES DOCUMENTATION


Présenté par Séverine BOURGIN

Professeur-documentaliste certifiée stagiaire (PLC2)

Collège Jean Monnet

68210 DANNEMARIE

Directeur de mémoire : Vincent VANOLI

Professeur d’arts plastiques et auteur de bandes dessinées

Remerciements

Je tiens à remercier chaleureusement, pour leurs précieux conseils, Mme Olga Frey, ma conseillère pédagogique, et Mr Vincent Vanoli, mon directeur de mémoire.

De plus j'adresse mes sincères remerciements à :
*Sandra Pffister et Corinne Meyer qui n’ont pas hésité à tenter cette expérience avec moi. Leur collaboration et leur disponibilité m'ont beaucoup encouragé.
*une partie de l’équipe éducative du collège Jean Monnet pour son dynamisme.
*les collègues stagiaires en histoire-géographie et en documentation pour leur soutient permanent et leurs idées lumineuses.
*aux élèves de 6ème B et 6ème F pour leur participation active et leur enthousiasme spontané !

A tous merci infiniment!






SOMMAIRE


Introduction 6
1. De la littérature en estampe à la bande dessinée 8
1.1. Qu'est-ce qu'une bande dessinée ? 8
1.1.1. Définition problématique 8

1.1.2. Particularités de cet art 10
1.2. Histoire de la bande dessinée franco-belge 12
1.2.1. Origine : De quand datent les 1ères bandes dessinées ? 12

1.2.2. Les évolutions  13
2. La bande dessinée au collège 18
2.1. Instructions officielles 18
2.1.1. Introduction de la bande dessinée dans les programmes disciplinaires 18

2.1.2. L’image dans les programmes et les documents d’accompagnement 19
2.2. De la lecture de bandes dessinées aux pratiques des élèves 24
2.2.1. Les apports en sémiologie 24

2.2.2. Une lecture recherchée et appréciée des élèves 25
3. Séquences mises en œuvre au CDI 28
3.1. Partenariat avec le professeur de français 30
3.1.1. Séance 1 : "La chronologie dans la bande dessinée" 30

3.1.2. Séance 2 : Vocabulaire et production écrite 31

3.1.3. Bilan 32
3.2. Partenariat avec le professeur d’histoire-géographie 33
3.2.1. Séance 1 : Définition de la bande dessinée 33

3.2.2. Séance 2 : Interprétation d’une même scène historique 35

3.2.3. Bilan 35
3.3. Bilan général 37
3.3.1. Une exploitation pédagogique de la bande dessinée 37

3.3.2. Validation des hypothèses 38

3.3.3. Poursuites pédagogiques 39
Conclusion 40
Bibliographie 41
Annexes 43

Introduction


La bande dessinée porte encore une aura sulfureuse d'empêcheuse de lire «sérieux»! Elle cligne de l'oeil aux enfants pour mieux les détourner d'une «vraie» lecture académique, rassurante pour les parents et enseignants. Mais pourquoi une histoire en vignettes et en planches constituerait-elle une sous-lecture? Pourquoi ne pas aller chercher les élèves là où ils trouvent le plaisir de lire? "Il est absurde d'avoir une règle rigoureuse sur ce qu'on doit lire ou pas. Plus de la moitié de la culture intellectuelle moderne dépend de ce qu'on ne devrait pas lire" disait Oscar WILDE dans Phrases et philosophie.

L’enseignement ne doit pas oublier d’être à l’écoute du magma culturel dans lequel baignent les jeunes, de donner du sens à leurs lectures futures en prenant conscience de leurs antécédents culturels. Les enseignants, et en particulier les professeurs-documentalistes, sont incités à réfléchir à la place de cet art en fusion dans la lecture des jeunes et à l’accueil qu’on lui réserve dans les CDI.

Dès le début de l’année, j’ai pu observer, dans le collège où j’effectue mon stage, les comportements des élèves qui venaient aux CDI en « autonomie »1. Indéniablement, la grande majorité vient pour lire, et parmi eux, la plupart lisent des bandes dessinées. A partir de cette observation qui ne m’étonnait guère, je me suis interrogée : Pourquoi un tel engouement pour cette lecture ? Qu’est ce qui les attire ? Que lisent-ils ? Une multitude de questions survenaient. L’idée de réaliser un questionnaire sur leur pratique de lecture me vint immédiatement à l’esprit. Ainsi, j’aurais des réponses à mes interrogations. Mais je n’ai pas souhaiter en rester là, cette pratique culturelle ancrée dans la vie quotidienne des jeunes m’intriguait, j’ai donc décidé d’en faire le sujet de mon mémoire professionnel : la bande dessinée (essentiellement européenne) au collège sous trois dimensions que sont l’outil pédagogique, le sujet d’étude et l’objet de plaisir.

En m’appuyant sur diverses lectures et sur le constat paradoxale qui fait cohabiter engouement des jeunes pour la bande dessinée et méconnaissance générale de ce Neuvième Art, j’ai fais émerger le questionnement suivant : Comment le professeur-documentaliste peut-il participer à l’ouverture culturelle et artistique relatives aux bandes dessinées ? Quelles situations peut-il tenter de mettre en place pour modifier la perception qu'ont les élèves des bandes dessinées?

N’étant pas particulièrement lectrice de BD, j’avais tout d’abord un gros travail de documentation à réaliser. Je ne pouvais me permettre de me lancer dans un tel sujet sans être suffisamment armée. Selon les conseils avisés de mon directeur de mémoire, je me suis consolidée une culture bédéphile. Je n’étais absolument pas consciente de toute la production existante, je ne connaissais pas du tout la « nouvelle  bande dessinée » (je me cantonnais aux titres hyper-médiatisés). Ce fut donc un moment agréable de découverte. Ensuite, il m’a fallu prévoir les différentes actions à mettre en œuvre pour répondre à mon questionnement. Mon enquête lancée en début d’année pour les élèves mais aussi pour les professeurs m’a servi de base de réflexion, j’ai pu mesurer leur méconnaissance pour mieux adapter mes séances. Afin d’agir sur ces lacunes, j’ai organisé des animations (un Croq’livres spécial BD, un jeu-concours " le Routard du CDI : BD") et des séquences avec des 6èmes en partenariat avec les professeurs disciplinaires. Ces dernières m’ont surtout été utiles pour tester la bande dessinée en tant qu'outil pédagogique.

Pour comprendre la situation actuelle de la bande dessinée, il m'a paru nécessaire d’étudier ses caractéristiques définitoires et l’histoire de ce médium dans un premier temps. Il conviendra ensuite d'observer plus attentivement la place que les programmes scolaires consacrent à la bande dessinée. Enfin, c’est au moyen de mises en œuvre de séances en partenariat que l’on pourra répondre à des questionnements et que le professeur-documentaliste pourra agir.

1. De la littérature en estampe à la bande dessinée

1.1. Qu'est-ce qu'une bande dessinée ?
1.1.1. Définition problématique
Avant de faire l'histoire de ce médium, il convient de noter que la « bande dessinée » possède plusieurs définitions croisées qui ne se recoupent pas forcément. Loin de faire l'unanimité parmi les chercheurs, la recherche d’une définition unique inspire toujours des avis abrupts et contradictoires.

Dans les dictionnaires classiques, la « bande dessinée » est simplement définie comme un moyen de raconter des histoires par le biais d'une séquence d'images, mais d’autres notions plus subtiles sont suggérées par les spécialistes en bande dessinée.

Une des premières définitions a été apporté par Rodolphe Töpffer dans les années 1840 : « La bande dessinée est d'une nature mixte et se compose d'une série de dessins au trait, chacun de ces dessins est accompagné d'une ou deux lignes de texte. Le dessin sans ce texte n'aurait qu'une signification obscure ; le texte sans le dessin ne signifierait rien». Il insiste sur l’alliance image/texte, qui selon lui est indispensable.

Aujourd’hui, la bande dessinée a bien évolué, même si l’aspect narratif reste prégnant, le texte semble se faire oublier dans certaines définitions comme celle de l’américain Scott Mac Cloud2 qui propose : « images picturales et autres, volontairement juxtaposées en séquences, destinées à transmettre des informations et/ou à provoquer une réaction esthétique chez le lecteur ».

Le dessinateur McKean a une autre conviction : « Dans la bande dessinée, l'histoire est racontée à travers des mots et des séries d'images, et celles-ci peuvent être des photos, des diagrammes, n'importe quoi. Ma définition de la bande dessinée est aussi large qu'il est possible ». Comme Teulé hier, McKean est de ceux qui font voler en éclat toutes les définitions traditionnelles de la bande dessinée, par trop réductrices ou dogmatiques.

En France, Didier Quella-Guyllot3, professeur-documentaliste spécialisé en bande dessinée, propose une définition avec davantage de précaution : « Type de récit doté de moyens spécifiques qui développe un argument narratif à l’aide d’une série d’images fixes, plus ou moins organisées en bandes agencées en planches et constituées en séquences ».

Au delà de ces multiples tentatives définitoires, la notion « bande dessinée » peut évoquer d’autres concepts.
1.1.1.1. Alliance texte/image
Une bande dessinée mêle l'image au texte, ce dernier étant présent de manière plus ou moins artificielle sous forme de récitatifs ou de phylactères (« bulles »). En réalité, la bulle n'est qu'un apanage de la bande dessinée, elle ne peut être considérée comme critère définitoire pour deux raisons. D'une part on la retrouve dans le dessin d'humour, et d'autre part, l'histoire de la bande dessinée compte quantité d'œuvres " muettes ", comme le très classique Le petit roi de Otto Soglow ou L'œil du chat de Fabio, développant une narration strictement visuelle, sans aucun recours au texte. Ainsi, ce principe semble contredit : la bande dessinée n'est pas forcément encombrée de texte. On sait par ailleurs que le phylactère existait avant la bande dessinée, et qu'il était utilisé d'une manière très proche de celle qui a cours en bande dessinée dans les caricatures de la fin du XVIIIe siècle en Grande-Bretagne ou en France. (Ainsi, de nombreuses définitions, dont celle héritée de Töpffer, ne deviennent-elles pas caduques ?)
1.1.1.2. Un genre pour les uns, un style graphique pour les autres ?
Pour certains, la bande dessinée, au delà d'un simple moyen d'expression (un médium, une boite à outils), est un « genre ». On retrouve cette opinion chez les amateurs de bande dessinée qui considèrent souvent que cette dernière est réservée à un public enfant ou adolescent.
Une autre école représentée entre autre par Didier Quella-Guyllot, revendique le style graphique de ce 9ème art en fusion. Il ne s’agit pas d’un genre (littéraire) mais d’un art à part entière subdivisé en plusieurs genres : historique, policier, humoristique, dramatique, héroïc fantasy, science-fiction, fantastique … Cette tendance, de plus en plus prégnante, contribue aujourd'hui à la revalorisation et à la légitimation de ce 9ème art.
1.1.1.3. Un média de masse
Enfin, certains avancent que la bande dessinée est essentiellement un média de masse, destiné à exister sous forme imprimée (multiple). Le rapport très étroit qui lie la bande dessinée aux moyens de reproductions mécaniques leur donne sans doute raison : la lithographie (XVIIIe siècle), qui permet au dessinateur un travail rapide, solitaire et sans limite du nombre d'impressions, a permis à l'estampe de se développer et de se démocratiser.

Proposer une définition par l'énumération précise, exhaustive des attributs caractérisant l'objet étudié s’avère difficile voire impossible parce qu'il y en a trop. Toutes les définitions doivent être rapportées à un moment historique, un corpus, une position sociale par rapport au médium, un point de vue sur la bande dessinée, et elles finissent pas s'annuler au lieu de s'additionner.

On le voit nettement, il n’est pas aisé d’établir une définition claire. Tous les éléments constitutifs d'une bande dessinée (phylactère, texte, case, dessin, image…) n'apparaissent pas toujours comme indispensables, ils peuvent ainsi disparaître à tour de rôle mais jamais simultanément. La bande dessinée ne se laisse pas encore enfermer dans un moule, cependant elle conserve ses propres originalités et spécificités éditoriales.
1.1.2. Particularités de cet art
1.1.2.1. Le vocabulaire
Dans le jargon "bédéique", on parle de case (vignette contenant le dessin), strip (suite de cases disposées en ligne), planche (ensemble de cases), phylactères (textes intégrés aux vignettes destinés à la transcription des dialogues des personnages), récitatifs (panneaux généralement situés au bord des vignettes et servant aux commentaires en « voix off », souvent pour indiquer le lieu ou le temps). L’ensemble de ces termes affirment l’identité du 9ème art. Il est important de les connaître et de les faire connaître (cf. partie 3),

les élèves doivent être capables de nommer les éléments formels d'une bande dessinée pour mieux prendre conscience de sa valeur.
1.1.2.2. Des codes
A ce vocabulaire particulier s’ajoute des codes spécifiques tels que le découpage (ou ellipse), la mise en page par juxtaposition concertée, le format des vignettes et ses effets (horizontal pour l’étirement du temps, verticale pour le dynamisme de l’action), les couleurs (brun ocre suggère la chaleur, la menace, rouge orangé traduit une scène de violence, bleu vert violet évoque le mystère). Certains procédés ont été emprunté à l’art cinématographique (type de plan, angles de vue)… En effet, l’un comme l’autre utilisent des mécanismes proches afin de raconter une histoire. La grande contrainte qui met en valeur leurs différences est principalement d’ordre technique. Cet état de fait se résume assez clairement par cette citation de Scott Mc Cloud : "L’Espace est à la Bande Dessinée ce que le Temps est au Cinéma."
1.1.2.3. Des procédés stylistiques
Le Neuvième Art n'est pas un procédé (conduite à adopter) mais consiste plutôt en une certaine procédure, une manière inédite d'utiliser les images, de les faire jouer entre elles.

Hergé est l’initiateur de la fameuse « ligne claire », concept apparu en 1976 et précisément visible dans la série Tintin. Cette tendance esthétique repose sur l'efficacité, la référence et le simulacre. On remarque des contours marqués, sans effets, des aplats de couleurs vives, sans excès de nuances, et une certaine rigueur dans la narration. Pas de surcharge de détail, les décors sont réalistes, on ne trouve pas de hachures ni d'ombres.

Par opposition à la ligne claire, on nomme « ligne crade » un style de dessin jeté, violent, agressif, volontairement "sale", assez proche de l'esquisse. On l'applique à des dessinateurs qui, sans chercher à créer un phénomène d'école, ont choisi de s'exprimer en bousculant les conventions de bon goût. Le dessinateur Vuillemin est le plus célèbre de ces auteurs.
1.1.2.4. Un langage pleinement original
Tous ces éléments rendent les bandes dessinées uniques et inclassables. Les multiples et diverses appellations le confirment bien. La BD, B.D, bédé, bande dessinée, littérature en estampes, art séquentiel, mais encore le récit « verbo-iconique », « scripto-visuel », « iconico-diégétique » « narrativo-figuratif » (hérité du courant sémiologique) intensifient cette difficulté identitaire de la bande dessinée. Mais ces ambiguïtés peuvent trouver leur source dans l’histoire des bandes dessinées, c’est pourquoi, un rapide historique de cet art est nécessaire.
1.2. Histoire de la bande dessinée franco-belge
1.2.1. Origine : De quand datent les 1ères bandes dessinées ?
Il est difficile de donner une date précise aux premières bandes dessinées. Plusieurs hypothèses co-existent.
1.2.1.1. Avant le XIXe siècle : peinture rupestre
On dit souvent que les peintures rupestres de la grotte de Lascaux en France, les fresques égyptiennes, ou la tapisserie de Bayeux, sont des formes archaïques de bande dessinée puisqu'elles racontent des histoires au moyen d'images. On peut cependant trouver un tel rapprochement un peu artificiel. En effet, pourquoi rattacher les peintures rupestres à la bande dessinée plutôt qu'aux autres arts visuels ? De plus, la qualité « narrative » de ces peintures reste à prouver, de nombreux archéologues penchent pour une interprétation chamanique (les dessins auraient une fonction magique). Cette hypothèse reste donc douteuse, en revanche en 1796, les premières images d’Epinal4 sont imprimées en série et ces estampes aux sujets populaires pourraient bien symboliser la première bande dessinée. Ainsi, Jean-Charles Pellerin est sans nul doute un précurseur des maisons d'édition de bande dessinée.



1.2.1.2. Rodolphe Töpffer : Les histoires en estampes
D’autres sources considèrent (avec une certaine unanimité) que les premières associations de texte et d'images pouvant être qualifiées de bandes dessinées datent du début du XIXème siècle avec les oeuvres du célèbre suisse Rodolphe Töpffer (1799-1846). En 1827, il s’est inspiré des gravures satiriques de William Hogarth (1732) et a crée un récit humoristique Histoire de M. Jabot  composé de lithographies, soit 7 histoires en images (ayant pour but de distraire ses élèves) qu’il éditera en 1833. Il fut alors un des premiers théoriciens de ce nouvel art avec son Essai de physiognomonie  en 1845. Dans l'histoire de l'art universelle, le genevois fut le premier créateur à proposer une appellation (littérature en estampes) permettant d'identifier le médium comme tel, dans sa singularité. Il revendiqua une forme de paternité sur ce mode d'expression nouveau, suscitant une production internationale qui se réclame de lui et qui donne au médium un élan décisif. Ce n'est qu'avec R. Töpffer que la bande dessinée acquit une conscience de soi et, de ce fait, commença d'exister comme phénomène social et culturel identifiable.

R. Töpffer peut être considéré comme le véritable initiateur de la bande dessinée, entendue comme une forme moderne s'inscrivant dans la longue tradition de la narration figurative. Il a en tout cas influencé considérablement la suite de l'histoire de la bande dessinée.
1.2.1.3. Georges Colomb surnommé Christophe
Enfin la dernière hypothèse considère La Famille Fenouillard de Georges Colomb alias Christophe comme la première bande dessinée française. Elle fut paru dans l’hebdomadaire Le Petit français illustré dès 1889. Ces « illustrés », comme on les appelle à l’époque, sont dépourvus de bulles comme toutes les bandes dessinées françaises de l’époque (hormis les Pieds nickelés 1908 de Louis Forton dans le journal l’Epatant). Le dessinateur français découvre et utilise, largement avant le cinéma qui n'est pas encore né, de nombreux cadrages comme les plans américains et moyens, le travelling, le panoramique, la plongée, la caméra subjective... Il commence alors à construire le langage graphique.
Le débat sur l’origine exacte de la bande dessinée reste ouvert, tout autant que celui sur la définition. Les œuvres citées précédemment associées à leur créateur ont toutes contribué à la naissance de la bande dessinée et ont su influencer son évolution.
1.2.2. Les évolutions 
1.2.2.1. Du commencement à « l’âge d’or » (1900-1960)
Longtemps ces livres ont été considéré comme mineur, on les classait en para-littérature ou en sous-littérature, ça n’est que progressivement que cette marginalité a évolué vers une certaine reconnaissance légitime.
Dans la continuité des illustrés de Christophe, Jacqueline Rivière, Emile-Joseph et Porphyre Pinchon créèrent la légendaire petite bretonne, Bécassine en 1905. Vont se succéder ensuite au fils des années 20 et 30 des titres tels que Bibi et Fricotin de Louis Forton, Zig et puce de Alain Saint Ogan …

Dans les années 1930, la bande dessinée américaine envahit la France avec un énorme succès : elle est vive, nerveuse, pleine d'action et s’adresse principalement aux adultes. Les productions françaises, trop « ennuyeuses », sont pour la plupart balayées. Ce n’est que progressivement, grâce aux magazines spécialisés, qu’ elle va s'adresser aux enfants (par exemple Le Journal de Mickey en 1934). Ainsi, une loi française va être votée en 1949 (toujours en vigueur actuellement). Elle se propose d'œuvrer à une « amélioration des publications destinées à la jeunesse » en interdisant toute image de violence par de nombreuses contraintes, comme celle, qui veut qu'un journal destiné aux jeunes doive contenir une part importante de rédactionnel. C’est donc dans les revues pour enfants que la bande dessinée va timidement se développer jusqu’aux années 60 qui marquent l’âge d’or des journaux d’enfants français. Grâce à l’essor de ces revues, en particulier le Journal de Spirou, Journal de Tintin, et le journal Pilote, la bande dessinée a acquis une reconnaissance officielle et de nombreux grands auteurs ont pu faire connaître leurs productions et personnages. On voit alors fleurir les aventures de Black et Mortimer d’Edgar P. Jacobs, Alix de Jacques Martin, Achille Talon de Greg, ou encore Luky Luke de Morris, Gaston Lagaffe, Marsupilami de Franquin, Les Schtroumpfs de Peyo…Plus tard, ces aventures populaires seront compilées dans des albums cartonnés (notons qu’elles remportent aujourd’hui toujours un énorme succès auprès du grand public). Toutes ces revues font le plus grand bonheur des enfants, surtout Pilote, fondé en 1959 par deux scénaristes et un dessinateur, aujourd’hui mondialement connu : Goscinny, Charlier et Uderzo. Ils furent les premiers à proposer progressivement un contenu varié, y compris des bandes qui s'adressent à des adolescents, voire des adultes. C’est ainsi que l’on va assister au « passage à l'âge adulte » des illustrés français pour enfants. La BD adulte se (re)développe donc avec des nouveautés telles que Lone Sloane de Philippe Druillet en 1966, Adèle blanc-sec de Tardi, Fluide Glacial de Marcel Gotlib en 1974.

Enfin, c'est au cours des années 1960 que des chercheurs et des passionnés commencent à étudier la bande dessinée de manière sérieuse : Pierre Fresnaut-Deruelle, Alain Resnais ou Francis Lacassin.
1.2.2.2. 1960-2000 : le Neuvième Art

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