1. De la littérature en estampe à la bande dessinée





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Les illustrés vont toucher un public toujours plus large jusqu’à voir apparaître le terme "Neuvième Art» initié par Morris et Francis Lacassin, défenseurs des bandes dessinées depuis les années 60 (et membres du Club des bandes dessinées dont faisaient également partie Forest, Tchernia, Averty, Goscinny)... Comme F. Lacassin le raconte dans Goscinny : Biographie, 1997 de Marie-Ange Guillaume : « Morris faisait une série d'articles [sur la B.D.] dans Spirou et il voulait appeler ça le huitième art, mais je lui ai dit de se méfier car le huitième art était peut-être la télévision. Je lui ai donc proposé le neuvième. Forest et les autres ont été d'accord ».


Après 1968, le journal Pilote connaît une crise. Nikita Mandryka, Claire Bretécher, Marcel Gotlib s'en vont fonder l'Echo des savanes en 1972. Des revues éclosent un peu partout (Charlie Mensuel, Métal Hurlant, Fluide glacial,...), les auteurs y abordent librement les thèmes les plus variés : politiques, sociaux, sexuels. A ce jour, tous ont disparu à l'exception notoire de Fluide Glacial, né en 1975, qui avait choisi une voie relativement marginale en son temps, inspirée du journal américain Mad : pas de politique, relativement peu de subversion, mais de l'humour à chaque page.

Le secteur de la Bande Dessinée explose littéralement dans les années 80, en terme de production comme de vente. Dans cette période, on voit aussi diminuer largement la lecture du journal et augmenter celle des albums. Le comportement des lecteurs a changé, ils sont moins patients et ne veulent plus attendre la semaine ou le mois suivant pour savoir la suite de l'histoire.

À la fin des années 1970 début 80, la bande dessinée s'offre de nouvelles ambitions et se fait nommer roman graphique, aux États-Unis avec Will Eisner (Un bail avec Dieu), en Italie avec Hugo Pratt, en Argentine avec Alberto Breccia, mais aussi et surtout en France avec le journal A suivre et ses « romans à suivre » tels que Ici-même (Tardi/Forest), Isabelle (Jean-Claude Servais). Les premiers « romans graphiques » sont en noir et blanc et, souvent, d'un graphisme qui tranche avec les productions habituelles. Les dernières décennies ont vu l'affirmation du succès de bandes dessinées destinées aux adultes, abordant des thèmes nouveaux, développant des intrigues complexes et des personnages ambigus.

Durant les années 1990, la bande dessinée va connaître trois évolutions importantes.

Tout d’abord, on assiste à une internationalisation des influences, la bande dessinée franco-belge se penche sur les comics et les mangas, les Américains s'intéressent eux aussi aux mangas, ainsi qu'à la bande dessinée européenne, les Japonais débauchent des auteurs européens, et de nombreux pays s’intéressent à nouveau à la bande dessinée après l'avoir laissé en friche pendant des décennies : Grande-Bretagne, Allemagne et pays scandinaves, par exemple.

Ensuite, cette décennie assiste à l’émergence de l’album, la bande dessinée périodique disparaît quasiment au profit de l'album, y compris dans la BD dite « populaire » : Lanfeust de Troy, Largo Winch, XIII, Blake et Mortimer ou encore Titeuf, qui atteignent à chaque nouvelle parution des volumes de vente très importants (jusqu'à 500 000 exemplaires). De fait, le secteur de la bande dessinée est l’un des rares secteurs du livre qui progresse régulièrement en termes financiers.

Enfin, on voit apparaître pendant les années 90 « La nouvelle bande dessinée5 ». Les expériences de micro-édition des années 1970 et 1980 se transforment en un véritable secteur de l'édition de « BD indépendante », avec des éditeurs phares tels que L'Association ou Cornélius en France. Les auteurs publiés représentent littéralement une « nouvelle vague » artistique, en se livrant à nombre de recherches, d'expériences graphiques et narratives étonnantes et très réussies. Ils sont souvent tentés par l'autobiographie, la bande dessinée expérimentale (Oubapo6) mais aussi la bande dessinée d'aventure. Citons, parmi les plus emblématiques : Sfar, Guibert Menu, Blain, Art Spiegelman, Lewis Trondheim, David B, Marjane Satrapi, Vincent Vanoli, Edmond Baudoin, Frédéric Boilet. Ces auteurs mènent un combat d'ordre artistique en abordant des thèmes plus intimes et plus personnels et ne renient pas pour autant le grand public ni les genres plus classiques. Actuellement, les collections « Poisson-Pilote » chez Dargaud ou « Aire Libre » chez Dupuis sont très représentatives de ce changement. Ce courant contemporain doit se faire connaître du public, et c’est le rôle de l’école en général et des professeurs-documentalistes en particulier que d’initier les plus jeunes (et les moins jeunes aussi) à ces nouveautés de qualité.
1.2.2.3. La BD du XXIeme siècle
Actuellement, la B.D. bénéficie d'une croissance exceptionnelle et compte les meilleures ventes de l'édition française. En 2003, elle représentait 13% du marché des livres (on estime qu'un livre vendu sur dix est une B.D.). D'ailleurs, si on regarde la croissance du marché du livre sur les cinq ou dix dernières années, seule la B.D. est dans le positif. En 2004, il est sorti 3070 ouvrages BD, parmi lesquelles 2120 nouveautés (soit 22,5 % de plus qu'en 2003). Notons que sans les mangas, qui représentent 30% de la production, la progression de la B.D. « traditionnelle » ne serait que de 2 à 3%7.

Un phénomène d'édition, de vente, et donc de lecture qu'il n'est plus possible d'ignorer. En même temps, les comportements des acheteurs sont les mêmes que pour la littérature : il y a des locomotives qui monopolisent le marché (Astérix, Titeuf, XIII, Thorgal,...) et représentent des centaines de milliers d'albums vendus par titre. Ce constat se vérifie clairement dans l’enquête que j’ai mené en début d’année (Annexes A et C) : une très forte majorité des élèves disent avoir des titres de Titeuf, Astérix et Tintin chez eux, ce sont par ailleurs ces mêmes titres qu'ils réclament pour le CDI.
Aujourd’hui, la bande dessinée s’adresse à un public hétéroclite, tant aux plus jeunes qu’aux plus anciens, pourtant, son statut originel de livre destiné aux enfants, donc futile, facile et infantile marque sa réputation. Même si peu à peu, on l’a considéré comme un loisir « intelligent » (par rapport aux jeux vidéos par exemple), un divertissement facile au regard de la hiérarchie littéraire, elle éprouve encore des difficultés à acquérir le statut de « vrai » livre. Sa situation en France est paradoxale, elle semble largement reconnue (au vu de l’explosion éditoriale avec des records du nombre des ventes, titres et tirages) par le grand public comme une lecture de loisirs et de détente appréciable mais , elle souffre toujours d’un manque de légitimité (peut-être du à la domination profonde de l’écrit dans notre civilisation ou bien à l’absence de discours critiques autour de la bande dessinée).
C’est à partir de ce paradoxe que j’ai voulu m’intéresser à la bande dessinée au collège, d’une part à la place qu’occupe la BD dans les programmes scolaires (Apparaît-elle comme support pédagogique, simple illustration, outil d’apprentissage ? Malgré cette présence officielle, pourquoi peine-t-elle à entrer dans les pratiques, dans les CDI ?) et d’autre part à la lecture d’un point de vue sémiologique (démontrer la complexité non évidente de la lecture de bande dessinée).
2. La bande dessinée au collège
2.1. Instructions officielles
2.1.1. Introduction de la bande dessinée dans les programmes disciplinaires
La bande dessinée est entrée officiellement dans les programmes du collège depuis 1995, avec les nouveaux programmes de 6eme et, depuis, à tous les niveaux du collège ; en revanche, elle ne semble pas encore la bienvenue dans les programmes de lycée.

On pourrait penser que la BD n’est plus considérée avec méfiance, voire mépris, mais qu’elle est étudiée comme un art à part entière. Cependant, des résistances demeurent dues à des préjugés culturels, à une méconnaissance de l'art et de ses richesses de la part des enseignants. A la fois image et texte, la BD a du mal à se situer dans les programmes et les pratiques. Les programmes officiels la rangent dans le champ disciplinaire du français, pas dans celui des arts plastiques et cela pose problème aux enseignants de lettres qui ne se sentent pas toujours armés pour aborder le côté graphique et plastique. De plus, étudier des BD suppose une organisation particulière de la classe, qui en fait justement son intérêt : travailler en équipe, prendre du temps, accepter, de la part des élèves comme des adultes, un gros investissement en recherche, lecture, travail.
La bande dessinée intervient surtout comme support pédagogique : en cours d’histoire, elle se prête particulièrement bien à l’utilisation de cet outil. En français, une planche de bande dessinée peut parfaitement trouver sa place dans un groupement de textes, ou un album peut être choisi comme objet de lecture d’une " oeuvre intégrale ". Les disciplines scientifiques sont quasiment absentes. Dans le domaine des langues, des travaux sur les traductions d’albums en langues étrangères ou en latin pourraient certainement trouver leur place. Le FLE, français langue étrangère, utilise souvent la BD pour travailler sur la langue et aussi sur les représentations et les stéréotypes.

Certes, la bande dessinée a encore du chemin à parcourir pour trouver sa place à l’école, non comme sous-genre destiné à meubler les dernières heures avant les vacances (rôle encore trop souvent dévolu aussi au film), ou facile à faire passer auprès d’élèves en difficulté. C’est un média à part entière, qui a aussi sa place à l’Université et dans la formation, qui fait partie de notre culture, et qui peut contribuer à la formation (esprit critique, autonomie du lecteur), sans pour autant faire perdre le plaisir de la lecture. L’introduction du livre de jeunesse en classe n’a pas empêché les élèves de continuer à lire et aimer cette littérature. Il faut combattre l’idée que la " scolarisation " dégoûte forcément les jeunes : que resterait-il d’ailleurs à étudier si l’on mettait de côté la poésie, le roman policier, le fantastique, tous genres qui se prêtent à des travaux passionnants sans pour autant en détourner les enfants et adolescents.
2.1.2. L’image dans les programmes et les documents d’accompagnement
2.1.2.1. La bande dessinée en français
En classe de 6ème, « les élèves observent la relation entre l’image et le texte dans au moins un texte associé à des images fixes (texte illustré, photographie et texte, bande dessinée) et un texte associé à des images mobiles (audiovisuel). L’étude de documents iconographiques, des visites de monuments ou de musées accompagnent la lecture de textes pour l’approche de grands mythes de l’Antiquité. […] L'objectif n'est pas, en cours de français, de procéder à une analyse formelle de l'image, même si toute occasion de rendre sensible la dimension esthétique doit être mise à profit. On se borne, en 6e, à en préciser deux dimensions distinctes : tantôt l'image participe d'une création (tableaux, illustrations de contes ou de romans, bandes dessinées), tantôt le message qu'elle véhicule est informatif ou fonctionnel »8.

La bande dessinée est mentionnée clairement dans le cadre de l’analyse de l’image, mais elle intervient de manière assez ponctuelle. En revanche, le document d’accompagnement propose une liste de titres assez intéressante :

Chaillet, G. – Vasco : Ténèbres sur Venise

Colman, S. et Desberg, S. – Billy the catL’été secret

Jacobs, Edgar P. – Les aventures de Blake et Mortimer

Franquin, A. – Gaston Lagaffe : Le bureau des gaffes en gros

Forest, J.-C. - Enfants, c’est l’hydragon qui passe

Fred – Philémon : Le voyage de l’incrédule

Gelluck, P. – Le Chat : Le retour du chat

Goscinny R., Uderzo, A. – Astérix le gaulois ; Astérix et Cléopâtre ; Le grand Vizir Iznogoud

Hergé – Les aventures de Tintin : Tintin au Tibet ; etc. ; Quick et Flupke, gamins de Bruxelles

Jacobs, Edgar P. - Les Aventures de Blake et Mortimer - la Marque jaune

Juillard, A. et Cothias, P. – Masque rouge

Martin, J. – Alix : Les légions perdues

Mc Cay, Winsor - Little Nemo

Morris – Lucky Luke : Des rails sur la prairie

Roba, J. – Boule et Bill

Tito – Tendre banlieue : Le bahut
Lors du cycle central (5ème, 4ème), les programmes insistent davantage sur la lecture de l'image.

« Texte et image s'associent pour assurer le déroulement narratif, dans la bande dessinée ou au cinéma, par exemple. Ils sont alors perçus de manière inséparable, et l'image prend le relais du texte pour la conduite des séquences, la présentation des événements, la mise en place des décors. La structure particulière du déroulement visuel peut alors être observée : la segmentation de vignette en vignette dans la BD, le montage au cinéma. On n'en approfondira pas l'étude au cours du cycle central, mais la comparaison d'un même récit, en texte et en image, peut apporter aux élèves des éclairages sur la construction narrative. […] En relation avec le CDI, on aura soin de faire percevoir la place et les fonctions de l'image dans les multimédias »9.

Ici, la bande dessinée est utilisée pour aborder l'image dans une perspective interdisciplinaire. A nouveau, une liste d’oeuvres au programme (des séries) est conseillée :

Cauvin, R. et Lambil – Les Tuniques bleues

Charler J. M. et Giraud, J. – Blueberry

Christin, P. et Mézière, J. C. – Valérian

De Moor, B. – Cori le Mousaillon

Derib – Buddy Longway

Dersberg et Desorgher – Jimmy Tousseul

Dodier, A. – Jérôme K, Jérôme Bloche

Hergé – Tintin

Jacobs, E. P. – Blake et Mortimer

Jijé – Tout Jijé

Le Gall, F. – Théodore Poussin

Leloup, R. – Yoko Tsuno

Martin, J. et Chaillet, G. – Lefranc

Parcelier, L. – La malédiction des sept boules vertes

Rosy et Franquin, A. – Spirou et Fantasio

Samivel – Bonshommes de neige

Tardi, J. – Adèle Blanc-sec

Tillieux, M. – Gil Jourdan

Tillieux, M. et Walthery – Nathacha

Van Hamme, J. et Rosinsky – Thorgal

Wasterlain, M. – Docteur Poche ; Jeannette Pointu

Watterson, B. – Calvin et Hobbes

Weyland, M. – Aria
Enfin, en 3ème, les élèves poursuivent leur apprentissage de la lecture de l’image par la bande dessinée et le cinéma.

« Afin de conduire progressivement les élèves à une approche raisonnée de l'image, les professeurs étaient invités, pour les classes du cycle central, à explorer particulièrement les relations entre le langage verbal et le langage visuel, dans la perspective du discours.

La fonction d'accompagnement du texte par l'image, notamment dans la bande dessinée et le film, invite à reconnaître les spécificités du déroulement narratif dans les langages visuels»10.
Malgré la disparition d’allusion à la bande dessinée, une liste toujours plus « sympathique »11 est offerte aux professeurs de français :
Bilal, E. – Partie de chasse

Bourgeon, F. – Le bois d’ébène (série Les Passagers du vent)

Calvo – La bête est morte

Comes, D. – Silence

Cosey – Et la montagne chantera pour toi (série Jonathan)

Cothias et Julliard, A. – L’Oiseau-Tonnerre (série Plume au vent)

Loustal, E. et Paringaux, P. – Cœurs de sable

De Moor, J. et Desberg, S. – Le silence des animaux (série La Vache)

Dupuy et Berbérian – Les nuit les plus blanches (série Monsieur Jean)

Ferrandez, J. – Les Fils du sud ; Le centenaire (série Carnets d’Orient)

Fred – Histoire du corbac aux baskets

Gibrat, J. P. – Le sursis

Kraehn, J. C. – Vengeance (série Bout d’homme)

Loisel, R. – Tempête (série Peter Pan)

Margerin, F. – Lucien se met au vert (série Lucien)

Mattoti, L. et Kramsky – Murmure

Moebius – Sur l’étoile (série Le monde d’Edena)

Pratt, H. – Corto Maltese

Rosinsky, G. et Van Hamme, J. – Le grand pouvoir du Chninkel

Schuiten, F. et Peeters, B - La Tour

Spiegelman, A. – Maus

Tardi, J. – C’était la guerre des tranchées

Vicomte et Makyo – La prison (série Balade autour du monde)

Yslaire et Balac, Yslaire et Herman – Plus ne m’est rien (série Sambre)
2.1.2.2. La bande dessinée en histoire-géographie
En 6ème, « Les programmes, en proposant un nouvel usage des documents (textes et images) et des cartes, mettent la lecture au cœur des pratiques quotidiennes des élèves. Il faut donc entendre "lecture" au sens large. Les élèves lisent des textes mais apprennent aussi à lire des cartes, à se servir de la légende, à localiser et à identifier les phénomènes cartographiés. Enfin,
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