1. De la littérature en estampe à la bande dessinée





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Les élèves savent t-ils ce qu’est une BD ?


Les premières séances de chacune des séquences étaient consacrées à la définition de la bande dessinée. J’ai pu tester deux approches différentes, la première était sous forme de mobilisation des idées (ce sont les élèves qui créent eux-mêmes leur définition) et la seconde était plus directive, nous amenions progressivement les élèves vers une définition par des illustrations, des démonstrations. Dans l’une et l’autre, la participation des élèves était grandement sollicitée.

Les élèves croient savoir ce qu’est la BD, ils en lisent donc ils maîtrisent, mais dès que l’on creuse un peu, on s’aperçoit rapidement des lacunes. Pour eux, la BD n’est autre qu’ « un livre avec des images qui font rire ». Cette situation me rappelle leur comportement avec Internet, ils pensent pouvoir tout y trouver, mais très vite on perçoit les limites. Ce travail sur la définition n’a pas été inutile.
Connaissent-ils le vocabulaire de base ?

Avec les deux classes, j’avais prévu un passage « obligatoire » par le vocabulaire. Je ne savais pas du tout si ces termes leur seraient familiers, peut-être les avaient-il déjà rencontré en primaire ? En tout cas pour ces classes là, ça n’était pas le cas, ce fut une véritable initiation. Je me suis aperçue que les élèves se les appropriaient assez vite, presque instinctivement. Je me doute qu’ils risquent de vite oublier ces termes s’il n’y a pas de recontextualisation, mais il leur reste toujours une trace écrite, et ils auront au moins rencontré une fois ces termes.
Les élèves maintiennent-ils le même engouement pour la BD lorsqu’on l’étudie dans le cadre d’une discipline (=scolarisation)?

J’avoue que j’étais sceptique quand à cette interrogation, mais je peux désormais répondre par l’affirmative. Les deux classes ont été très enthousiastes, d’une part le fait de venir travailler au CDI les enchantait et d’autre part, travailler à partir de la bande dessinée les motivait. Peut-être que si la séquence avait été plus longue et plus analytique, leur attention se serait dissipée ? Là je reste perplexe. En effet, enseigner avec la BD pose le problème du ” détournement ” à des fins pédagogiques. Censée plaire aux jeunes, la BD est trop souvent utilisée, non pas tant pour ses qualités propres, mais parce que l’on suppose qu’elle va séduire les élèves et par voie de conséquences les faire s’intéresser aux sujets qu’elle traite. L’hypothèse demande vérification mais le danger certain est la récupération systématique de la BD et la perte du plaisir de lire.
La relation texte/image est-elle intuitivement perceptible ?

Seule la séquence dans le cadre du cours de français m’a permis d’apporter un élément de réponse à cette interrogation. A travers l’exercice de production écrite, j’ai pu m’assurer que les élèves avaient bien saisi la relation texte/image, sans entrer dans des analyses pointues et poussées, ils ont compris que le dialogue doit refléter le dessin et inversement, les deux doivent rester cohérents. En revanche je n’irais pas jusqu'à dire que cette démarche est intuitive, il me semble qu’une étape de prise de conscience précède la compréhension.

3.3.3. Poursuites pédagogiques

Cette expérience m'a surtout donné envie de poursuivre dans cette voie. Je n'ai pas le sentiment d'avoir testé tout ce que j'avais envisagé, mais je compte bien, dans l'avenir, travailler sur des nouveaux axes. Je souhaiterais collaborer avec tous les enseignants disciplinaires, qu'il s'agisse d’éducation physique, biologie, musique, arts plastiques, et je suis même convaincue qu'il est possible de lier les mathématiques et la bande dessinée! Consciente de cette grande ambition, je reste persuadée que la bande dessinée a sa place au sein des disciplines et au-delà. Je ne peux me satisfaire de cette initiation, je ne peux en rester là, j'envisage une poursuite tout au long de ma carrière : réaliser un travail de fond sur le long terme avec les enseignants, mais également continuer les animations et promotions de cet art de manière plus ponctuelle. Concrètement, j’aimerais expérimenter un projet sur une année en collaboration (toujours), il serait en effet intéressant de suivre tout le processus depuis la définition de la bande dessinée jusqu’à sa création par les élèves. Tout au long de mon étude, je n'ai absolument pas pris compte l'aspect créatif (pour des raisons de temps), mais ce serait un aboutissement intéressant. Je souhaiterais également travailler avec des collègues de lettres (entre autre) sur la découverte de la nouvelle bande dessinée en organisant un défi-concours (les élèves lisent une 10aine de BD, puis élisent leur préférée) puis inviter (dans la mesure du possible) l’auteur en question. Cet activité serait extrêmement enrichissante pour tous. Je ne manque pas d'idées, la bande dessinée m'inspire beaucoup, reste à mettre en pratique toutes ses séances…

Conclusion
Au terme de cette étude, j'ai pu mieux cerner les raisons de l'engouement des élèves pour ces lectures, mais j'ai également pu mesurer le degré de leur méconnaissance. Une méconnaissance carrément ignorée des élèves et parfois avouée des professeurs…Le rôle du professeur-documentaliste est donc d'apporter une formation aux enseignants volontaires et désireux d'exploiter mieux ce support. Il est également de son devoir d'accompagner les élèves dans leur lecture de BD, diversifier les titres, les genres, les éditions. Il peut aussi favoriser l'ouverture culturelle en invitant régulièrement des intervenants extérieurs, des dessinateurs, des scénaristes, des éditeurs…La bande dessinée doit poursuivre son ascension au sein des établissements scolaires comme elle le fait hors enseignement. En effet, elle jouit d’une audience de plus en plus importante : des musées tels que le Louvre lui donnent accueil, des universitaires l’étudient du point de vue linguistique, sociologique, psychanalytique, la BNF26 lui consacre des expositions et chaque année de plus en plus de festivals lui font honneur (dont le monumental Festival d'Angoulême). Par ailleurs, le phénomène "manga" (bande dessinée japonaise, signifiant littéralement images dérisoires) ne fait que confirmer un certain "épanouissement" de la bande dessinée en général. Tant qu'elle continuera à susciter des œuvres d'une qualité exceptionnelle, on est certain qu'elle a de beaux jours devant elle. Que peut-on lui souhaiter, sinon de trouver un lectorat dont l'accueil fasse preuve de goût et de discernement ? Les médiateurs culturels dont les enseignants font partie auront, à cet égard, une responsabilité essentielle.

Bibliographie

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