La propagande dans le monde occidental jusqu’au 15ème siècle





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La propagande extérieure. On sait à quel point les révolutionnaires ont été animés, à partir de 1792, par la volonté de faire partager leurs convictions politiques, et aussi philosophiques à l’étranger (…). La propagande précède ou suit l’armée révolutionnaire. Même avec les pays non belligérants une véritable guerre froide est engagée (…). L’ambassadeur vénitien Capello parle de l’extraordinaire diffusion d’une sorte de « code qui enseigne à tous les peuples les droits des sujets envers leurs souverains », traduit et distribué secrètement dans tous les pays. Il est certain que cette propagande à l’étranger a réussi en tant que propagande d’agitation (…).

  • Les caractères de la nouvelle propagande. Cette propagande de la Révolution française présente deux caractères essentiels. D’abord elle est organisée et durable (…). C’est une intervention permanente, avec coordination d’éléments d’action multiples. Il y a alors une volonté de rationaliser l’usage de la propagande et d’en développer les moyens dans tous les domaines. Elle tend à atteindre l’opinion tout entière, à la former, à provoquer des modifications dans tous les milieux. Elle devient donc une propagande de masse. En second lieu, cette propagande met en mouvement des mythes. Elle cherche à agir sur l’opinion et les comportements en créant des mythes nouveaux. C’est la première fois que la propagande sera vraiment créatrice à la fois de croyances globales et de mouvements de masse […] Les révolutionnaires ont su de suite par « intuition » utiliser le mythe. Ce mythe a présenté des formes diverses : il y eut le mythe républicain (…), le mythe humaniste (…), des mythes à caractère religieux (…).

    Ces mythes ont présenté à des degrés divers des caractères communs : ils sont décisifs (l’égalité ou la mort), intransigeants (ils fournissent une image absolue du bien et du vrai, en introduisant l’homme dans un univers manichéen), abstraits (ils s’adressent à l’homme en soi, en général, et tendent à provoquer la fusion entre l’homme et le citoyen, comme Marx l’a parfaitement vu). Cet usage du mythe dans la propagande, cet essai de création volontaire de mythes est l’un des apports les plus significatifs de l’expérience révolutionnaire à la propagande. »

    L’époque napoléonienne

    « La propagande napoléonienne sera en définitive moins novatrice, et relativement moins efficace que la propagande révolutionnaire. Mais elle incorpore une partie des inventions de propagande dans les formes antérieures. Napoléon qui a dit : « La force est fondée sur l’opinion. Qu’est-ce que le gouvernement ? Rien, s’il n’a pas l’opinion », rationalise les techniques d’influence.

    1. Il s’agit d’une propagande étatique, intense et unilatérale, utilisant à la fois les moyens nouveaux et les moyens classiques. Napoléon emploiera l’armée, l’école, les cérémonies en même temps que la presse, les affiches, les discours. Il accapare l’imagerie d’Epinal. Mais en outre, il utilise les moyens traditionnels des monarchies absolues : le luxe de la Cour, l’architecture. Il emploie les découvertes psychologiques faites lors de la Révolution : par exemple l’utilisation de l’ennemi ; mais il le fera sous une forme particulière, celle des complots. Ceux-ci véritables ou supposés, ont été savamment instrumentés par la propagande napoléonienne comme thèmes de popularité et pour préparer chaque fois l’opinion à accepter un accroissement de pouvoirs (…). On peut en effet établir un lien direct entre les étapes de croissance du pouvoir napoléonien et les campagnes de propagande fondées sur les complots. Il utilise beaucoup des agents secrets pour travailler une opinion (…).

    Mais le caractère vraiment nouveau de cette propagande, ce sera l’utilisation de l’aspect charismatique. L’objet de la propagande n’est plus une idée, une doctrine, une institution : c’est un homme. C’est peut-être la première fois que ceci fut accentué. Ceci impose d’ailleurs un style de propagande très singulier : il s’agit d’amener l’individu à un état de communion avec le chef, de foi totale en une personne et de dévouement pour elle. L’élaboration du mythe est alors fonction de cette personne même, qui doit devenir un personnage « légendaire », d’où la création de tout un style de ce personnage (…), répandu par l’image, par les rumeurs, par les apparitions personnelles. Ce chef est représenté à la fois comme populaire et comme radicalement autre. Populaire, il est en contact avec ses soldats, toujours accessible, il personnifie la masse du peuple et l’exprime. Napoléon a toujours insisté dans ses discours sur le fait qu’il exprime la volonté nationale et lui obéit. Radicalement autre, c’est le chef inspiré, le génie, l’homme envoyé par le destin (…).

    Mais le fait de concentrer la propagande sur une personne donnait à la contre-propagande une arme : on assistera en 1814 à un thème nouveau de propagande (…) : la dissociation entre le chef et son peuple. La propagande des Alliés portera sur le thème : « Nous ne combattons pas la France, mais seulement Napoléon ». Il semble qu’elle ait été très efficace dans la noblesse puis dans la bourgeoisie.

    1. La presse. Napoléon utilise la presse comme moyen essentiel de sa propagande. Déjà, étant à l’armée d’Italie, Bonaparte agissait à Paris par des moyens de presse : il lui fallait, même étant absent, manifester sa présence et son importance. Il crée autour de lui une légende et déforme la réalité (…). Il fait diffuser de nombreuses brochures le concernant. Son frère Lucien, qui était en partie l’organisateur de cette publicité, répand la célèbre brochure Parallèle entre César, Cromwell et Bonaparte (…).

    Bien entendu, il ne supporte pas la presse d’opposition. Sitôt installé au pouvoir, il réprime toute activité de presse qui lui serait hostile. Il écrit au lendemain du 18 brumaire : « Si je lâche la bride à la presse, je ne resterai pas trois mois au pouvoir. » Bonaparte fait condamner les journalistes qui l’attaquent, les propriétaires de journaux doivent signer un engagement de fidélité au Consulat.

    La presse est surveillée par le ministère de la Police. On supprime progressivement les journaux, mais jamais d’une manière brutale ou spectaculaire, plutôt par des moyens d’étouffement. Bonaparte ne veut pas instituer une censure (…). Toutefois, l’empereur finit par instituer une censure générale et préalable en 1810. Dans les départements cela veut dire qu’il n’y aura plus qu’un journal par département, et placé sous l’autorité du préfet. En 1811, il ne restait plus que quatre journaux à Paris, et l’Etat en est proclamé propriétaire.

    Mais Napoléon utilise encore bien plus la presse qu’il ne l’interdit : les journalistes sont à ses yeux chargés d’un véritable service d’Etat. Certains journaux ont un censeur et un rédacteur en chef nommés par le gouvernement. Napoléon lui-même indique ce que l’on doit répondre dans les journaux à la presse étrangère. Le Moniteur devient une sorte de journal officiel de la politique en 1799 (…). Tous les journaux « privés » doivent s’aligner sur les indications qui y sont fournies. L’empereur devient peu à peu une sorte de « rédacteur en chef de toute la presse » : il interdit la publication des informations défavorables au régime, il indique les silences à respecter, les sujets d’article, il se faisait même communiquer personnellement les articles (…) que la police jugeait nuisibles. Mais il tient à conserver une apparence de liberté (c’est pourquoi il tardera tellement à instituer la censure). Il veut que la presse garde un caractère « privé », considérant que le lecteur accepte davantage les informations d’un journal privé, qu’il estime donc indépendant. Ainsi les journaux privés doivent apporter à la propagande la force de leur apparente autonomie. Enfin plusieurs fois, il proteste lui-même contre l’excessive rigueur des censures et des répressions, donnant ainsi au peuple, l’image d’un souverain plus libéral que ses services, ce qui faisait partie de sa propagande. Il considérait en effet que l’illusion de la liberté était un des facteurs essentiels de l’efficacité d’une propagande.

    1. L’instruction publique. On sait que Napoléon n’avait pas le désir de développer l’instruction pour elle-même, ou pour les individus. L’enseignement devait être orienté vers le service de l’Etat. Il doit servir à « constituer la nation », à devenir le « ressort moral de la nation ». Dès lors il est fait pour éduquer des chefs et de bons administrateurs, pour créer une élite conformiste (…) : normalement seuls les jeunes bourgeois entrent dans les lycées, car c’est dans cette classe que Napoléon estime qu’il faut recruter les administrateurs. L’enseignement était donné selon cette orientation. Il s’agissait de conformer les élèves et de les convaincre de l’idéal impérial (…).

    2. L’Eglise. Ce fut sans doute une des plus grandes trouvailles de Napoléon. Il avait besoin d’un agent qui atteigne le « cœur » des Français, qui provoque une adhésion profonde, et qui encadre l’opinion. Mais aussi il avait besoin d’un moyen de sondage qui puisse le renseigner sur l’état d’esprit général (…). Il pense alors à utiliser l’Eglise (…). Les sujets obéissent aux prêtres, dès lors Napoléon doit tenir les prêtres, cela se fait par l’intermédiaire des évêques qui, du fait du Concordat, ont des pouvoirs complets sur le bas clergé (…). Certains évêques (…) iront très loin dans cette collaboration. Le but de la religion fixé par Napoléon était la soumission sociale et l’obéissance au pouvoir. Les prêtres « doivent se borner à prêcher la bonne morale et la soumission aux lois » dira Portalis en 1803.

    La soumission sociale. Les prêtres doivent arriver à faire accepter l’inégalité sociale et la misère dans les groupes déshérités.

    L’obéissance à l’Etat. Il faut faire accepter cette attitude par motif de conscience, c’est un « devoir divin ». Il faut lier le paiement de l’impôt et le service militaire aux devoirs religieux. Et ceci doit en outre s’incarner dans une attitude envers l’empereur : Napoléon est représenté comme élu de Dieu, son anniversaire est un jour de fête religieuse, et dans certains prêches, il est mis en parallèle avec Jésus-Christ : celui-ci étant le Sauveur des âmes alors que Napoléon est le sauveur des corps. Dans l’ensemble l’Eglise accepte cette orientation (…). L’action de propagande par l’intermédiaire de l’Eglise a été l’un des grands moyens de création de la mythologie impériale. »

    La propagande de 1815 à 1914

    « Cette période est remarquable du point de vue de la propagande, par une contradiction essentielle : c’est le moment où se constituent les conditions sociologiques, psychologiques et techniques de la propagande moderne, mais c’est en même temps une époque où la propagande en acte s'affaiblit. »

    La propagande de 1815 à 1848

    « La propagande officielle est généralement très faible. »

    « Les causes de ce désintérêt pour la propagande sont diverses : il semble que les gouvernements ne comprennent pas l’utilité d’un pareil instrument. Il y a eu aussi les périodes pendant lesquelles le pouvoir s’est voulu libéral, et n’a pas cherché à influencer l’opinion. Il y eu surtout semble-t-il la conviction que la Monarchie se considérait suffisamment forte à l’égard de l’opinion par sa légitimité, par la restauration de la paix et du calme. Il lui apparaît que l’opinion est restée monarchiste (…). Il n’était pas besoin d’agir par propagande. »

    La presse

    « Il n’y a pratiquement plus de presse de gouvernement (…). Seul le Journal des Débats appuiera le gouvernement pendant certaines périodes. Tout le problème réside dans le fait que la presse aux mains de la bourgeoisie (…) est hostile au gouvernement. Celui-ci essaiera de la juguler. La presse française durant cette époque fut très active. Presse d’opinion, elle arrivait à la fois à subsister malgré les condamnations et à soulever l’opinion. Cette presse avait une énorme influence, une action immédiate, mais apparemment sans lendemains. Lorsque la censure supprimait des textes, on les distribuait au public en feuilles séparées. Des sociétés se fondèrent pour payer les amendes (…). Les thèmes de propagande sont en général, le rappel des gloires de l’Empire, la défiance contre les Jésuites, les restrictions à la liberté, l’ « alliance du trône et de l’autel ». On sait que l’influence de la presse était telle que c’est elle qui provoque les journées de juillet 1830. Sous Louis-Philippe est institué le système du jury pour juger les débats de presse, (…) mais l’attitude hostile de la presse se maintient, toujours en raison de son appartenance sociologique (…). Les journaux parisiens des deux oppositions attaquaient sans cesse le gouvernement. En somme la presse française, malgré les poursuites, était beaucoup plus libre qu’elle l’avait jamais été. Et c’est une presse (…) exclusivement partisane (…). »

    La propagande socialiste

    « Durant cette période, elle est encore vague et incertaine. Avant 1830, nous retrouvons la forme habituelle de l’action ouvrière, l’association secrète (…). Elles sont obligées de se cacher sous la forme d’amitiés ouvrières ou de sociétés mutuellistes. Ce sont surtout des groupements de propagande (…). On commence à orienter la propagande vers la prise de conscience des ouvriers de leur condition en vue d’arriver à une conscience de classe (…). La propagande de ces associations conduit les ouvriers à prendre conscience de ce qu’il est impossible de changer leur condition sans changer de régime. La propagande d’agitation (préparer la révolution) se mêle étroitement dans ces groupes à la propagande d’intégration (éducation ouvrière). Ces sociétés se multiplient après 1834 (…). La presse ouvrière se constitue sous leur influence (…). Parallèlement à cet effort mené par des dirigeants ouvriers, un nombre croissant d’intellectuels s’intéresse aux problèmes ouvriers et diffusent des théories difficiles. »

    « Enfin cette propagande s’exprime aussi dans des cortèges, des meetings, des « journées » - et la diffusion des mythes, d’images symboliques qui vont peu à peu modeler la conscience ouvrière. »

    La propagande saint-simonienne

    Elle semble avoir été remarquablement organisée pour atteindre le grand public, particulièrement les ouvriers, et le convertir au saint-simonisme (…). Cette propagande en 1830 a eu une grande influence.

    1848

    « La République reprit au début une orientation de propagande très marquée. Le gouvernement agit directement par ses agents, et compte sur la presse. Les fonctionnaires d’autorité doivent en même temps exercer le pouvoir et agir par propagande : une circulaire du 12 mars précise aux commissaires de la République : « Il ne faut pas vous faire d’illusions sur l’état du pays : les sentiments républicains doivent y être vivement excités … (…) l’éducation du peuple n’est pas faite, c’est à vous de le guider (…). » On ne peut mieux parler d’une mise en condition de l’opinion. Quant à la presse, elle est totalement libérée, Aussitôt se multiplient les affiches, les feuilles quotidiennes, les pamphlets. Proudhon rédige un journal (…) qui enthousiasme les ouvriers et terrifie les bourgeois. Mais après les Journées de Juin, reparaît la répression (…). »

    « Progressivement l’action de propagande s’atténue et l’opinion perd en même temps de sa force. Par contre se développe une propagande napoléonienne assez insidieuse. Un des éléments techniques très importants de la propagande sera alors l’affiche (…). »

    « Pendant la période impériale, nous constatons la même faiblesse de propagande (…). »

    « Très souvent on a l’impression que Napoléon III suit l’opinion plus qu’il n’arrive à la diriger […] Le gouvernement impérial se fiait, lui aussi, à son prestige, et à celui de Napoléon 1er. Il s’agissait alors à ses yeux moins de former une opinion que d’empêcher la diffusion des idées adverses. D’où l’attitude à l’égard de la presse : le décret-loi de février 1852 établit une dictature légale très habile. »
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