La propagande dans le monde occidental jusqu’au 15ème siècle





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La propagande de 1870 à 1914

« Cette période semble marquée par un phénomène relativement nouveau : le gouvernement de la République se renforce dans l’opinion, non par une propagande directe concernant le régime, mais par une propagande portant sur un sentiment assez spontané après 1870, le sentiment patriotique, pour associer cette réaction passionnelle au nouveau régime et constituer finalement un nationalisme. »

« Le sentiment national avait des racines anciennes (…). Ce nationalisme domine la génération de républicains arrivant au pouvoir (…). Comme thème de propagande, il sera caractérisé par deux éléments : le facteur sacré, les forces religieuses expulsées de la vie courante sont recueillies par le nationalisme : le patriotisme est une religion (Michelet). « Il faut substituer le culte de la patrie aux vieilles religions révélées » (Paul Bert). « Nous voudrions faire de l’amour de la patrie une sorte de religion » (Jules Lemaître). Mais d’un autre côté, le nationalisme n’a pas de doctrine. Même lorsque l’on fonde un « parti national », on peut formuler des « valeurs suprêmes », non pas un système idéologique (…). La passion nationaliste ne s’accommode pas d’une doctrine car elle est irrationnelle (…). Elle exalte les valeurs du sentiment, de la discipline et de l’action. C’est pourquoi le nationalisme est un thème central efficace de propagande. Les principales formes prises par ce thème seront la volonté de revanche (…), l’antigermanisme, le colonialisme (…), l’antisémitisme (…). Tous ces thèmes vont se nouer lors du mouvement boulangiste : autour d’un homme se cristallise la propagande nationaliste. On attaque la République parlementaire qui oublie les grands impératifs nationaux (…). C’est là que la propagande nationaliste prendre sa pleine dimension et achèvera de se lier à la République. Car les deux thèmes sont dorénavant liés. Toute propagande pour la République est fondée sur la nation. Et ce sera finalement le gouvernement qui fera la plus efficace propagande nationaliste (…). »

« L’histoire utilisée pour montrer la valeur de la bourgeoisie (Guizot, Michelet), fut transposée sur le plan national (…). »

« Les moyens de cette propagande : les deux moyens principaux sont repris de la Révolution : l’armée et l’école […] L’armée est une sorte de liturgie du culte national. Elle incarne la continuité de la nation, elle est symbole de la revanche (…). C’est ce caractère sacré de l’armée qui donnera sa violence à l’ « Affaire ». »

« Le second grand moyen de propagande ce fut l’école (…). Ce patriotisme républicain inculqué à l’école est en même temps militariste : on organise en 1881 les « bataillons scolaires », où chaque semaine les enfants s’exercent à la marche, au maniement des armes, au tir. Dans les livres, tout également prépare l’enfant à devenir soldat (…). »

« Un troisième moyen de cette propagande est la littérature. »

« Enfin un dernier moyen de propagande est la presse […] La bourgeoisie est maîtresse de la grande presse, mais précisément agit peu sur l’opinion directement. La grande bourgeoisie affirme dans la presse un apolitisme apparent mais elle contribue à véhiculer un conformisme général. »

Apparition de la propagande moderne (1914-1920)

« Sur un terrain favorable, techniquement et sociologiquement, la propagande allait se constituer à l’occasion de deux accidents historiques : la guerre de 1914 et la Révolution de 1917. Le premier conduit à l’apparition de la propagande moderne de façon un peu incohérente et temporaire, le second la rend systématique et durable. »

La propagande durant la guerre de 1914-1918

« Au début de la guerre de 1914, seule l’Allemagne possède une certaine organisation publique de propagande. Auprès du ministère des Affaires étrangères, il y a une division de presse (orientée vers la propagande) et auprès de l’état-major impérial, une section III B, Politique et renseignements. Celle-ci a pour but de veiller au moral de l’armée. Mais la dualité des organismes paralysera pendant longtemps leur efficacité. La propagande la plus efficace était celle de la section III B, mais seul le maréchal Ludendorff, en 1917, arrive à lancer une véritable grande campagne. Ce service (Deustsche Kriegsnachrichten) employa les conférences, le cinéma, le théâtre, les soirées récréatives, les journaux et créa des bibliothèques, pour soutenir le moral de l’armée et développer le civisme des populations. »

« En 1917 fut créé également un service de presse de guerre placé sous la dépendance directe du haut commandement. »

« Les rapports entre le gouvernement et l’armée d’une part, les journaux d’autre part, furent assez tendus et souvent il y avait des conflits ouverts qui paralysaient toute propagande. En particulier, la presse était d’un ton généralement pessimiste dès 1916. Néanmoins ces journaux devaient faire paraître obligatoirement d’innombrables communiqués officiels (très peu efficaces). Enfin, il y avait un certain nombre de journaux officieux à la dévotion du gouvernement qui essayaient une propagande plus habile, mais le public les connaissait trop. »

« Cette propagande allemande commet un très grand nombre d’erreurs qui paralysèrent son effet (outre son incoordination institutionnelle) : ainsi on envoyait aux Danois des journaux qui, avant-guerre, étaient connus comme antidanois. On proclamait dans la presse que les restrictions alimentaires étaient excellentes pour la santé : l’opinion réagissait mal à de telles affirmations. »

« Cette propagande allemande employa essentiellement les thèmes suivants : en 1914, les qualités du peuple allemand (respectueux des biens et des personnes) et le thème religieux (Dieu est avec l’Allemagne). Puis le thème de l’irresponsabilité de la guerre (c’est le peuple allemand qui a été attaqué). Puis le thème de dissociation du peuple et des gouvernants chez les Alliés (le peuple français est trompé par ses gouvernants, qui le mènent à la boucherie) : mais la grande faiblesse de ces campagnes, c’est qu’elles étaient toujours des campagnes de réponse, de contre-propagande : les services allemands n’avaient pas l’initiative, ce qui, dans ce domaine, est décisif. Comme moyen technique particulier, la propagande allemande utilise la TSF et le système des « autorités » (on faisait parler des autorités internationalement connues, et neutres, et faveur de l’Allemagne). »

« En France rien n’était prévu. Ce sont des organismes privés (…) qui commencent à organiser une propagande à l’intérieur comme à l’extérieur (…). Il existera (…) deux grands directions de la propagande : l’une orientée vers l’étranger neutre (le commissariat de la Propagande vers l’étranger) qui a peu d’ampleur et d’efficacité (…), l’autre orientée vers l’ennemi. C’est alors un service de guerre psychologique, assez efficace et sérieusement étudié par le bureau spécial du ministère de la Guerre. On lui doit une des rares innovations techniques de ce moment : la propagande par tracts lancés par des avions. »

« Quant à la propagande orientée vers l’intérieur, elle est très faible et incohérente. Dans la presse, on utilise trop souvent les fausses nouvelles, les « bobards », qui finalement ne trompent personne, ou bien des articles purement logomachiques d’exaltation passionnelle qui n’atteignent pas le public quand ils ne sont pas soutenus par des informations. La presse était évidemment soumise à la censure (…). On essaye vers l’intérieur aussi de la propagande cinématographique : le gouvernement demande que l’on tourne des films glorifiant les soldats (…) à envoyer en province : ce fut un échec. »

« La propagande anglaise. Elle aussi commence par des entreprises privées : ce sont des groupes de citoyens, des associations diverses qui rédigent et répandent des publications patriotiques. Bientôt ces associations privées seront coordonnées par un comité central (Central Committee for National Patriotic Organisation). »

« En 1916, il y aura création d’un bureau officiel (Wellington House), où l’on sépare complètement la propagande de l’information. L’information ressortit au Foreign Office tandis que Wellington House reste un organisme secret qui a pour but exclusivement la diffusion de textes, photos, documents pouvant servir la propagande anglaise. »

« Les deux exemples d’actions les plus célèbres sont le rapport Bryce (sur les atrocités allemandes en Belgique qui fut traduit en trente langues) et la propagande orientée vers les Etats-Unis où, pour la première fois, on assiste à l’utilisation de tous les moyens techniques coordonnés, et agissant sur tous les plans (psychologique, politique, économique). Ceci préparera effectivement l’opinion américaine à l’entrée en guerre car cette propagande atteignit réellement toutes les classes sociales. »

« Puis en septembre 1918 est créé un Comité de propagande politique, qui coordonne toutes les entreprises existantes. Le ministère de l’Information (…) organise une propagande systématique : on étudie les facteurs, les moyens défavorables à la création d’une atmosphère (prépropagande). On fixer des règles d’action : les opérations de propagande ne doivent être entreprises qu’après l’établissement d’une ligne politique très claire. On ne doit jamais recourir au mensonge. Il ne faut jamais tomber dans la contradiction ou l’équivoque. Il faut utiliser le plus souvent possible des faits (et non des idées) : par exemple la propagande jouera sur le fait que la puissance économico-militaire des Alliés augmente plus vite que celle des Allemands. Elle diffuse alors des statistiques, des cartes, etc. »

« Crewe House, dirigée par Lord Northcliffe, orienta aussi sa propagande selon le principe de concentration : il fallait concentrer tous les efforts sur un point (…), [et] elle entreprit une propagande auprès des prisonniers de guerre allemands, pour les convaincre de l’excellence de la démocratie et les transformer en propagandistes grâce à leurs lettres adressées à leurs familles. »

« Finalement Ludendorff constatait que le soldat allemand, à la suite de cette propagande, ne savait plus distinguer ses propres idées de celles qui lui sont inculquées par la propagande de l’adversaire. On peut même être certain que l’action de propagande entraîna de vrais succès militaires : la victoire de la Piave a été le fruit de la propagande de démoralisation sur l’armée autrichienne. »

« La propagande américaine. Nous retrouvons ici le même processus de création de la propagande de guerre par des particuliers. Cette propagande eut d’abord pour objet d’obtenir l’entrée en guerre des Etats-Unis. Elle fut marquée par le conflit entre deux propagandes, celle menée par l’Angleterre et celle menée par l’Allemagne (avec le Deustsch Amerikaner Bund) et deux chaînes de journaux : la chaîne Pulitzer (favorable à la guerre) et la chaîne Hearst (isolationniste). Puis, il y eut la création d’un Committee on Public Information (CPI) présidé par Creel. Ceci parut une innovation très grave dans une démocratie et provoqua l’hostilité de l’opinion contre la censure et la propagande. Le CPI reçut alors une fonction qui ne comportait aucune possibilité de pression : il doit veiller à ce que les informations militaires ne puissent être utilisées par l’ennemi, s’efforcer de fournir à l’opinion le plus d’informations possibles, etc. Mais en réalité, sous cet aspect, le CPI devient un organisme de propagande pure. Il était divisé en deux : une section intérieure et une section extérieure (seule la propagande purement militaire lui échappait). Il était chargé de maintenir le moral, d’accroître la capacité de la guerre psychologique, d’assurer la diffusion des idéaux américains à l’étranger. Il arriva à agir dans tous les pays du monde (y compris l’Asie) avec des moyens très divers et bien adaptés à chaque pays et circonstance. »

« A l’intérieur, le CPI poussa les groupes d’immigrants à former chacun une loyalty league. Il essaya de provoquer l’adhésion des citoyens, endoctrinés par des dizaines de milliers de propagandistes volontaires et bénévoles (…). Le CPI répandit des millions de brochures (messages de Wilson, buts de guerre, doctrine américaine, dénonciation des méthodes de guerre allemandes), fit faire des films patriotiques, et provoqua de vastes manifestations publiques (le pèlerinage de l’Indépendance Day à la tombe de Washington). Vers l’étranger, le CPI utilisa la TSF et réussit à proposer un véritable mythe : la Croisade des Démocraties pour une Paix réalisant les droits de l’humanité. C’était le mythe de la réalisation d’un monde meilleur résumé dans les XIV points de Wilson. Le mythe de justice et de démocratie eut une efficacité considérable, même sur l’opinion allemande. Les Etats-Unis sont arrivés à un modèle d’organisation de propagande. Cette perfection et cette efficacité proviennent de ce que l’on y a conçu le service de propagande comme purement technique (…) et de ce que ce service avait une très grande souplesse (aucune bureaucratie), une large autonomie (de personnel et d’argent). Son personnel devint très rapidement spécialisé, et doté d’une puissance considérable de moyens. Ce service fut dissous en 1919. »

« Caractères de cette propagande. Premier caractère : au début de la guerre ce sont des initiatives privées qui lancent la propagande. Cela prouve qu’il y avait un « besoin ». La propagande fut nécessaire au début parce que l’on était privé de nouvelles politiques et militaires par la censure. Or, les autres informations n’intéressaient plus. Il fallut remplacer les nouvelles de fait par des commentaires, des explications. On choisit des hommes compétents pour exprimer leurs opinions. Puis, souvent, les gouvernements firent passer des informations officieuses, personnelles ou privées, à des journalistes en qui on avait confiance. Ensuite vient l’instruction des correspondants de guerre, chargés non de donner des informations générales, mais d’apporter un témoignage humain sur ce qu’ils ont vu. C’était un facteur de propagande destiné à soutenir le moral de l’arrière (…) ; de plus on a la conviction que les soldats se battront mieux s’ils savent que leurs hauts faits seront exaltés par la presse. Le reportage devient alors un élément essentiel de la propagande. Second caractère : l’institutionnalisation. Après l’essor de la propagande privée, les gouvernements créent des services officiels de propagande. Il y alors intégration officielle dans le gouvernement d’un organisme de propagande considéré comme instrument scientifique de combat : le maniement intellectuel et moral parut comme indispensable dans la guerre moderne, exigeant une participation de tous, et l’unité des opinions. La guerre moderne est une guerre de nations et non plus d’armées : il faut donc agir par la voie psychologique et le gouvernement doit posséder cette arme. On reconnaît la dimension psychologique de l’action politique, et on reconnaît aussi que l’énormité des moyens à employer, la spécificité des connaissances psychologiques font de la propagande une technique, qu’il faut confier à des spécialistes. »

« Troisième caractère : il y a peu d’innovation techniques, en dehors de la propagande par tracts (…), envoyés par avion (…). Cette propagande fut menée par les Américains (…) et surtout par le service de propagande aérienne français : celui-ci utilisait non seulement des tracts (…) mais aussi des pamphlets rédigés par des Allemands passés aux côtés des Alliés, et de faux exemplaires de journaux allemands. L’efficacité de cette propagande peut être reconnue à la violence de réaction du gouvernement allemand contre ceux qui ramassaient des tracts. L’effort fut immense : en octobre 1918, cinq millions de tracts furent jetés dans les lignes allemandes. »

« De plus, il y eut la création de journaux spécialisés, destinés à porter la propagande dans tel pays neutre, avec des articles orientés en fonction de la situation de ce pays. »

« Création de journaux spéciaux par les Allemands dans les pays occupés (en Belgique, Pologne, France, par exemple : La Gazette des Ardennes), comportant des informations privées (courrier des lecteurs, nouvelles personnelles des prisonniers) : les lecteurs achetaient ces journaux pour ces informations privées, et absorbaient la propagande avec le reste. Grâce à cette « personnalisation de la propagande » cette presse eut un tirage important (175 000 pour La Gazette des Ardennes). »

« Création d’une presse clandestine, qui paraît dans les territoires occupés par les Allemands avec La Libre Belgique. Enfin des organismes de propagande essaient d’acheter des journaux des nations ennemies pour diffuser, sous le couvert d’une presse nationale, des articles susceptibles de ruiner le moral des lecteurs. Ainsi en 1916, les Allemands essaient d’acheter Le Journal. »

« Malgré le peu d’innovations, on peut dire qu’à ce moment on met en place les moyens nouveaux, on arrive à une coordination des moyens, on utilise les découvertes de la publicité. »

« Tout ceci peut se faire grâce à l’événement de la guerre, et réussit dans la mesure où il y a un désarroi psychologique et sociologique favorable à l’influence de la propagande. »
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