Bibliographie commentée 1994-2012





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bibliographie commentée 1994-2012

Si vous ne lisez que 5 textes en prose français


Pierre Michon Vies minuscules (Folio 2839) des récits traçant le cadre familial, mais aussi la généalogie quasi légendaire d’un enfant de la campagne. Livre à bien des égards difficile, mais d’une rare puissance, tant par l’écriture que par la « mise en scène ».

Patrick Modiano Dora Bruder (folio 3181) A travers l’histoire d’une jeune fille juive dans le Paris de la fin 1941, Modiano évoque sa propre vie. L’enquête d’identité est double, les échos nombreux.

Echenoz Jean Les grandes blondes (Minuit double) Les amateurs d’Echenoz auraient du mal à choisir un titre dans son œuvre. On peut néanmoins voir dans cette épopée de l’image, l’un des romans les plus aboutis (et les plus drôles) du romancier. Gloire Abgrall ne supporte pas qu’on la poursuive. Même s’il s’agit de la faire participer à une émission de télévision sur les blondes (lesquelles au juste ? Les femmes ? les bières ? Les cigarettes ?). Des producteurs la traquent, de la Bretagne à l’Australie en passant par l’Inde, et quelques stations de métro. On rit et on pense : tout l’art du roman, nouveau ou pas.

Charles Juliet Lambeaux 1995 (folio 2948) Charles Juliet dresse le portrait de ses deux mères : celle qui l’a mis au monde, celle qui l’a accueilli lorsque la première, déclarée folle, n’a plus pu s’occuper de lui. Ce double portrait est bouleversant, l’écriture en est pudique. On ne sort pas indemne de la lecture.

Eric Holder Mademoiselle Chambon (J’ai lu) : Un maçon, marié, tombe amoureux de l’institutrice de son fils. Cela se passe à Montmirail, bourgade de province à deux heures de Paris. On imaginerait le vaudeville, l’histoire pourrait être écrite au conditionnel passé.

Si vous en lisez 15, ajoutez


  1. Carrère Emmanuel D’autres vies que la mienne POL : La vie du narrateur et auteur a basculé lors du tsunami qui a dévasté l’Asie du sud est. L’un des compagnons de voyage a perdu sa petite fille dans la catastrophe. Puis Emmanuel Carrère a appris que la sœur de sa compagne était atteinte d’un cancer dont elle ne survivrait pas. De ces morts brutales, injustes, il a tiré un récit tourné vers la vie, rempli d’une énergie qu’il n’avait jamais connue. Egoïste et égocentrique, il s’ouvre au monde, rencontre des êtres lumineux. Il raconte et on lit comme on lirait un roman à suspens. On en sort ébloui quand on aurait pu s’en trouver affligé. Ecrire sert aussi à affirmer, à dire oui.

  2. Desbiolles Marilyne C’est pourtant pas la guerre Le Seuil : L’auteur est allée dans le quartier de l’Ariane, une « cité » de Nice. Elle a écouté celles et ceux qui y vivent, et elle leur rend la parole. Un livre politique et poétique, qui sait montrer la beauté et l’espérance là où tout semble détruit, ravagé par tous les maux.

  3. Ernaux Annie Les années Gallimard : porté pendant trente ans, ce livre qui part de quelques photos raconte une vie parmi des vies. A travers ce qu’elle appelle des marqueurs d’époque, l’écrivain rend compte de tout ce qui s’est passé depuis les années d’après-guerre, en une sorte de « Je me souviens » grave et intense. Une somme qui incite à écrire ses propres années.

  4. Forest Philippe Sarinagara Gallimard 2004 : Philippe Forest évoque trois artistes japonais, tous trois confrontés à la mort d’un ou de proches. Les évoquant, il se rappelle le décès de son enfant, cet « Enfant éternel » dont la vie et la mort étaient racontées dans un précédent livre.

  5. Forest Philippe Un siècle de nuages Gallimard 2010 Un homme rêve devant un hydravion qui glisse sur les eaux de la Saône en 1937. Il deviendra aviateur, pilotera des 747 après avoir fait son apprentissage pendant la seconde guerre mondiale aux Etats-Unis. L’histoire de Jean Forest, père du romancier, est aussi celle de son pays qui se transforme, des mentalités qui changent, des paysages et des hommes de ce XXème siècle marqué par deux inventions majeures : celle du cinéma et celle de l’aviation.

  6. Gailly Christian Un soir au club (Minuit double 2004) : Simon Nardis pense avoir renoncé depuis dix ans à la passion qui faisait sa vie, la musique. Or, un soir, dans un club, il retrouve vie grâce à un piano, grâce à une femme. Ces quelques heures qui rapportent sa renaissance font la matière de ce roman qui a la grâce.

  7. Haenel Yannick Jan Karski (Gallimard) Messager du ghetto de Varsovie, Karski témoigne dans Shoah de Claude Lanzmann. Il est ce résistant polonais, à la dignité d’un aristocrate qui a voulu révéler à la « conscience du monde » l’immensité du crime en cours, en Pologne. Nul n’a voulu l’écouter ou l’entendre. Dans ce roman, Haenel utilise les ressources du documentaire comme de la fiction pour rendre le propos de ce Juste parmi les nations. Une œuvre de fiction qui a fait polémique.

  8. Lenoir Hélène Le magot de Momm (Minuit 2001) : Trois générations de femmes vivent sous le même toit : Momm, la grand-mère, héberge Nann, veuve, Lili, seize ans, et les jumelles dix ans. Deux hommes sont là, proches et lointains. Lorsque Lili fugue, tout éclate. Le huis clos est dans l’espace autant que dans les consciences que le lecteur découvre, à travers les monologues qui se croisent.

  9. Mauvignier Laurent Des hommes (Minuit) Bernard alias Feu-de-bois offre un bijou à sa sœur. Avec quel argent, lui qui vit aux crochets de sa famille depuis si longtemps ? L’événement, anodin, réveille de vieux souvenirs, une histoire que son cousin Rabut, le narrateur, aimerait bien oublier. Mais voilà, la guerre d’Algérie ressurgit, une nuit d’insomnie, dans un petit village français plus que banal. Mauvignier écrit comme on enfonce un couteau dans une plaie. On n’en sort pas indemne.

  10. Modiano Patrick Un pedigree (Gallimard 2005) : Ce récit autobiographique éclaire l’œuvre de Modiano. A travers son histoire d’enfant négligé par ses parents l’auteur de La petite Bijou donne les clés de son univers. On devinait le malheur, on en mesure l’intensité.

  11. N’Diaye Marie Trois femmes puissantes (Gallimard 2009) Roman miroitant, écrit dans une langue majestueuse, très riche et proche dans le même temps, ce livre raconte trois parcours de femmes : toutes trois ont en commun le souci d’être, d’exister pleinement, face à leurs proches comme face aux monde. L’une retrouve un père déchu autrefois superbe, l’autre est l’épouse d’un homme qui a tout perdu, avec sa dignité de professeur, après un incident violent dans la cour de son lycée, la troisième connaît toutes les souffrances sans jamais cesser d’être Khady Demba. La romancière crée un univers qui conjugue banalité et mystère, ordinaire et métaphysique.

  12. Oster Christian Une femme de ménage (Minuit double 2001) le narrateur laisse son appartement à l’abandon depuis que Constance l’a quitté. Or un jour il choisit de prendre une femme de ménage. Sa vie en est peu à peu bouleversée. Tout est dans le peu à peu. L’hésitation est tout, dans les romans d’Oster.

  13. Quignard Pascal Terrasse à Rome (folio 3542) : Défiguré par un homme jaloux, Meaume quitte le Nord de l’Europe où il a fait son apprentissage de graveur, pour Rome. Cet exil est aussi une renaissance, un retour à l’essentiel, qui n’exclut pas le souvenir, qui n’empêche pas le passé de revenir. Un roman qui explore toutes les formes, prend toutes les libertés et révèle la puissance de ce genre.

  14. Rolin Jean Traverses (NIL 1999) : Explorant une France des marges, un pays que nul ne voit disparaître, Jean Rolin erre d’un coin perdu à l’autre, et il décrit, en reporter et écrivain, ces paysages et les gens improbables qui les habitent. Il est sans doute le meilleur géographe que l’on connaisse dans la prose française. A la fois désinvolte et méticuleux : un touriste plongé dans le réel.

  15. Toussaint Jean-Philippe Faire l’amour (Minuit 2002) Le romancier distant et désinvolte qui a connu le succès avec quelques romans subtils et légers, raconte une passion amoureuse finissant, dans un Japon à la fois proche et étrange. Cette nouvelle manière de Toussaint est un pari. La suite, Fuir (2005), lui a donné raison : on a envie de comprendre ce qui unit le narrateur à la fantasque Marie, pour qui il accomplit une curieuse mission entre Shanghai et Pékin, avant de la retrouver (ou de la fuir ?) à l’Ile d’Elbe. Deux romans violents, tourmentés, et étranges.


Si vous êtes un(e) grand(e) lecteur (-trice)

  1. Adam Olivier Falaises L’Olivier 2005 : Roman d’une génération, celle qui a trente ans en 2005, Falaises a quelque chose d’un texte romantique : l’amour et la mort y sont indissolublement liés. L’histoire se déroule dans la grande banlieue de Paris, et met en scène, autour du narrateur qui cherche à sauver sa peau, quelques personnages marqués par le chagrin, la solitude, et une formidable envie de vivre, autrement.

  2. Adam Olivier Le cœur régulier (L’Olivier 2010) Nathan vient de mourir dans un accident. Sa sœur, Sarah, avec qui il entretenait des relations de quasi-gémellité ne se remet pas de ce décès, pas plus qu’elle ne supporte une existence anesthésiée au côté d’Alain, son époux. Elle perd son emploi de cadre sans regret et décide de partir au Japon où un certain Natsumé avait sauvé la vie de Nathan, près, une fois parmi d’autres, de se donner la mort. Sarah découvre qui elle est, change d’existence. Si l’on peut reprocher à Olivier Adam quelques épisodes manichéens, une certaine tendance au bon sentiment, on ne doit pas oublier l’essentiel : il sait parler des liens entre frères et sœurs, décrire la famille comme lieu de mort, et, dans ce roman né d’un séjour au Japon, se placer au plus près de la sensation.

  3. Adam Olivier A l’abri de rien. (L’Olivier) Marie vit au bord de la mer du Nord, avec ses deux enfants et un mari chauffeur de car scolaire. Elle cherche sa place, dans un quotidien limité au lotissement sans grâce que la famille habite. Un petit accident met sur sa route un réfugié tentant de passer en Angleterre, survivant dans le centre ville sous la pluie, dans la faim. De ce moment, Marie fera tout, au risque de se perdre, pour venir en aide aux « Kosovars », rejetés par une partie de la population locale, en butte à l’hostilité de policiers agressifs. L’écriture économe d’Olivier Adam touche et émeut, sans jamais altérer le jugement.

  4. Adam Olivier Les lisières Flammarion On lira ce roman comme une somme, un bilan d’une partie de son existence par le romancier qui s’invente un double presque transparent. L’époque est noire, les lieux (la banlieue sud de Paris) plutôt sinistre et les êtres que rencontre le narrateur composent une fresque douloureuse. Le roman pose un critique et autocritique sur son auteur et sur ses engagements.

  5. Audeguy Stéphane Fils unique (folio) Le frère de Jean-Jacques Rousseau n’occupe qu’une place réduite dans les écrits de l’autobiographe et philosophe. L’auteur de ce roman a imaginé ce qu’il aurait raconté du siècle qu’ils ont partagé. Ce n’est bien sûr pas le même regard et le libertinage du frère, sa façon de vivre la révolution et ses suites donne un éclairage aussi surprenant que passionnant sur l’époque.

  6. Bailly Pierrick Michael Jackson (POL) Luc aime Maud. Ils vivent à Montpellier et sont étudiants. Ils ont beaucoup d’amis, les retrouvent lors de soirées. Ils discutent, de tout et de rien, passent le temps, comme il va plus que comme ils veulent. On ne fait pas grand-chose dans cette histoire écrite au présent et qui décrit si bien le présent d’une jeunesse qui ne sait pas trop où elle va. Si on devait faire un rapprochement, on songerait aux cinéastes de la Nouvelle Vague, à Jacques Rozier ou à Jean Eustache parce que sous le dérisoire de toute chose, c’est la réalité qui transparaît.

  7. Bassmann Lutz Danse avec Nathan Golshem (Verdier) Dans un pays lugubre qui pourrait ressembler au nôtre, vivent des résistants qui ont tout perdu, sauf la poésie, l’amour et l’humour. Djennifer Goranitzé vient ainsi danser, chaque automne, sur ce qui sert de tombe à Nathan Golshem, son compagnon assassiné. Ils se rappellent les camarades, ils réveillent les voix, ils rêvent aussi. Un roman à part, aussi beau qu’étrange.

  8. Bégaudeau François Entre les murs Verticales 2006. Professeurs et élèves, personnels administratifs, on ne quitte pas le collège dans ce roman qui ne se contente pas d’être un témoignage. Le souci de la langue, la mise en scène des lieux et des êtres montrent que l’on peut faire autre chose que du document vécu, et chercher autre chose que l’apitoiement et le scandale, en la matière. Faire rire par exemple.

  9. Beinstingel Thierry Retour aux mots sauvages (Fayard 2010) : Eric a longtemps été ouvrier, travaillant avec ses mains, parlant peu. Or l’entreprise évolue et il doit changer de poste. Il devient téléopérateur, répond aux questions et aux demandes de clients anonymes. Aussi anonymes que lui qui n’est qu’une voix, et un pseudonyme. L’entreprise connaît de graves problèmes : des employés se suicident, le malaise va grandissant. Eric, quant à lui rendra sens aux mots et aux choses en ne respectant pas la « procédure ». Un grand roman sur le travail aujourd’hui, et d’abord une manière unique d’écrire le travail.

  10. Beinstingel Thierry Ils désertent Fayard On le surnomme l’ancêtre et l’entreprise considère ce vendeur exceptionnel, usant de méthodes à l’ancienne, comme l’homme à abattre. Elle, une jeune diplômée, a été chargée de le faire partir. Mais rien ne se passe comme prévu parce que la poésie, le goût des belles choses et l’humanité de chacun l’emportent sur les logiques « managériales ». L’auteur a le goût des mots, de la précision et du sens du moindre d’entre eux. Et les mots peuvent unir.

  11. Bergounioux, Pierre La mort de Brune (folio 3012) : Récit d’une enfance et d’une vocation dans une ville de province. Ainsi pourrait-on tenter de résumer ce livre. Mais ce serait passer à côté de son écriture unique, faite d’un bloc, à la fois dense et subtile.

  12. Bergounioux Pierre Jusqu’à Faulkner (Gallimard L’un et l’autre 2002) : l’un des meilleurs essais sur Faulkner, mais au-delà, sur le roman comme genre placé devant l’Histoire. Bergounioux est romancier lui-même, mais il sait se faire pédagogue pour éclairer l’histoire d’un genre capable du meilleur, quand ce ne sont pas des histrions qui le manipulent.

  13. Blottière Alain Le tombeau de Tommy Gallimard. Thomas Elek était un jeune résistant de dix-sept ans dont le visage figure sur l’Affiche rouge, apposée par les nazis et leurs collaborateurs sur les murs de Paris en 1944. Le narrateur, réalisateur de films, veut raconter son existence au cinéma. Le roman entremêle, entre documentaire et fiction, l’histoire du jeune résistant, celle du scénario qui se construit, et celle du jeune acteur choisi pour le rôle qui, s’identifiant peu à peu au jeune héros de 44 se trouve possédé. L’écriture précise et élégante d’Alain Blottière permet de rendre les nuances, d’entrer dans cette histoire qui pourrait paraître bien lointaine, et qui prend un relief, trouve une présence ou un présent. Un beau roman sur la transmission.
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