Cours 1 Deux sens au mot «historiographie»





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HISTORIOGRAPHIES DU CINEMA

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Cours 1
Deux sens au mot « historiographie » : Histoire de l'Histoire / écriture de l'Histoire.

Bilan de notre héritage
→ Pour définir l'Histoire du cinéma, il faut déjà définir ce qu'est le cinéma.

Les césures sont en fait un processus de mise en place.

Histoire du cinéma (d'un point de vue français) :

⁃ Début ? (28 décembre 1895 : première projection publique payante -PPP, par les frères LUMIERE, même

s'il y en avait avant -pas forcément payante) → L’historiographie commence avant même la PPP, car on se

demande qui a inventé le cinéma, etc...

1897 : incendie au Bazar de la Charité → le cinéma devient plus populaire. Incendie à cause de la

pellicule en nitrate (changement en 1952) → 1907, on invente la cabine de projection, plus sécurisante

donc retour au cinéma d'un public plus « bourgeois »

1902 : premier film de fiction (Le voyage dans la lune, G. MELIES) Répercutions énorme à la fin des

années 1920, grâce à un journaliste qui le retrouve par hasard.

1907 : location des films (Pathé) et sédentarisation du cinéma en France. Règle sociale.

Fin 1900 : André GAUDREAULT → la cinématographie attraction devient cinéma.

Attraction monstrative (cinéma qui montre, chaque tableau est auto suffisant) / intégration narrative

(esthétique, mise en avant du récit et immersion du spectateur dans celui-ci)

Ces deux systèmes fonctionnent dans toute l'Histoire du cinéma (aujourd'hui numérique : attraction

monstrative)

⁃ Création d'Hollywood.

1910 : premiers longs-métrages (Première Guerre Mondiale normalisation à 1h30-40) Feature film

(américain) : film principal.

1914-18 : La guerre a des impacts sur le cinéma. Production européenne chute au profit de la production

américaine qui augmente (+ structuration de la production)

Déjà en 1912, le cinéma français n'est plus dominant alors que le cinéma américain si. Fin de la domination

française pour des raisons économiques.

⁃ Films d'information (propagande), reportages de guerre. On croit pouvoir s'informer par le cinéma.

Dimension informative / enseignement plus important.

1918-20 : expressionnisme allemand (TOPOS sur la croyance de la nationalisation du cinéma.

Dans les années 1930, on a commencé à penser le cinéma comme étant national (proche extrême droite) Nous

parlerons plus de « culture » que de « nationalité » (car le cinéma français par exemple a influencé d'autres cinéma

dans le monde) car le cinéma est trans-culturel.

Expressionnisme / avant-garde : on pense le cinéma comme un art. Cette notion d'« École » est mise

en avant quand on pense le cinéma comme art.

A l'époque, c'est un cinéma très minoritaire (car le public n'adhère pas -par exemple Octobre -1927, de S.

EISENSTEIN, n'avait pas du tout plu) alors qu'aujourd'hui il fait « École »

Ce que l'Histoire a retenue ne correspond pas à la réalité du cinéma de l'époque. On a naturalisé le goût et

sédentarisé les genres.

1923 : CANUDO « Le Manifeste des 7 arts » (pensée marginale à l'époque) Il milite pour la

reconnaissance du cinéma comme art. En quoi le cinéma est un art ? Par la forme (il regroupe tous

les arts)

Dans les années 1920, les surréalistes prônent un cinéma populaire qui permet de créer un imaginaire.

Aujourd'hui, c'est CANUDO qui a gagné (pensée formaliste)

cf Noël BURSH, « La lucarne de l'infini » Pour lui, on a institutionnalisé UN mode de représentation (par

exemple dans les années 1920, on pensait que le cinéma devait être proche du documentaire)

1927 : le passage au parlant (Le chanteur de jazz, A. CROSLAND) Avant parlant non-institutionnalisé,

c'est-à-dire quand tout le monde l'utilise (par exemple au Japon bien plus tard) Donc processus très lent

(dans les années 1910, EDISON → kinétographe, etc...) Les gens qui allaient au cinéma avant 1927

avaient toujours avec eux du son (donc pas muet)

Années 1930 : naissance des Cinémathèques (1933-1938) Possibilité offerte aux Historiens d'aller

revoir les films (avant théories de mémoire)

Prise de conscience que le cinéma a une Histoire qui se perd (passage au parlant → destruction des films muets)

Deux théories : - LANGLOIS : je conserve ce qu'il me semble être bon ; conserver pour montrer.

Années 1950, Cinémathèque française : je conserve TOUT.

Institution d’État ou privée (deux modèles qui apparaissent dans les années 1930) La Cinémathèques

française est privée (parce que lieu de conservation) alors que l'AFF (Archives Françaises du Film) est

publique (donc gratuite)

Années 1930 1934 : l'interrègne (entre le muet et le parlant) Pendant cette période on n'aime pas trop

les films étrangers à cause du doublage (attrait pour les voix des acteurs Français)

Malgré l'attrait du public, on est obligé de compter sur les États-Unis et l'Allemagne pour ce qui est

économique et technique.

Dès 1935-36 : chute libre / on tourne beaucoup moins (exode des techniciens Allemands en France)

1940 : les Allemands envahissent la France donc interdiction de projeter des films américains → on

voit plus de films français (et un peu allemands comme ceux d'Helmut KAÜTNER) Période TRES

florissante pour le cinéma français.

Premier grand moment historiographique français 1945-50 : on écrivait énormément sur le cinéma à

cette époque.



Introduction
A quoi sert l'historiographie ?
Howard ZINN, Désobéissance civile et démocratie, Marseille, Agore, 2010, p.
Historien Américain donc parle de sa culture.

Le but c'est de comprendre comment et pourquoi les faits historiques connus se sont imposés (pourquoi les

récits orthodoxes se sont imposés) On ne peut pas faire une Histoire exhaustive du passé, on devrait expliquer

pourquoi on a fait ces choix.

Ce n'est pas une apologie du relativisme historique (il n'y a pas de vérité en Histoire) Il faut faire la part des

choses entre les faits vérifiables (ex armistice) et non-vérifiables (ex combien de morts)

Toute notre Histoire est un entremêlement entre des faits vérifiables et des faits non-vérifiables.

Exemple en Histoire du cinéma : Citizen Kane (1941), d'Orson WELLES

⁃ Citizen Kane est le premier film d'O. WELLES. Pour savoir si c'est vérifiable il faut commencer par savoir

ce qu'est un premier film → ce n'est pas son premier film, mais c'est son premier film commercialisé.

FAIT VERIFIABLE.

⁃ C'est le premier film avec flash-back FAIT NON-VERIFIABLE (on ne peut pas voir tous les films

produits avant ; De plus, cette affirmation est fausse !)

⁃ L'histoire est inspirée d'un personnage réel (quelqu'un s'est reconnu) FAIT NON-VERIFIABLE

⁃ Ça a été un échec public. Plus ou moins VERIFIABLE (il faudrait quand même vérifier toutes les entrées

dans le monde)

L'Histoire se construit autour de faits non-vérifiables.

Le générique est là pour fixer les informations qu'on considère comme vraies. C'est donc vérifiable. Les effets

esthétiques sont peu vérifiables. Le film joue lui-même dans l'invérifiabilité.

Valeur artistique = valeurs esthétiques (général) + valeurs non-esthétiques (propre à chacun)

On pense plus au valeurs esthétiques de nos jours, mais c'est l'ensemble des deux qui fait que c'est une oeuvre

d'art.

« De la beauté des latrines » référence à un texte de Théophile GAUTIER « L'art c'est ce qui est laid car c'est

ce qui est le plus utile »

→ Il faut voir la portée « discursive » du cinéma, son utilité.

Chronologiquement, prééminence du discours historique par rapport au discours esthétique sur le cinéma.

Le cinéma comme outil de l'Histoire → nous faisons l'Histoire de cet outil.

Les raisons peuvent être trouvées dans les discours historiques mais aussi au-delà.

Les débuts de l'historiographie du cinéma

Quatre dimensions dans le discours historiographique des premiers temps :

⁃ établissement d'une généalogie

⁃ querelles de paternité

⁃ le cinéma comme technique

⁃ esquisse d'une Histoire des formes (esthétiques)

Au début l'esthétique est une sous-partie de l'Histoire du cinéma.

Établissement d'une généalogie

(1894-1914)

Durant les 20 premières années, on va s'interroger sur d'où émerge le cinéma (science / divertissement) Même à

l'étranger on pense que l'avènement c'est le cinématographe LUMIÈRE → ce qui a donné sa forme de

spectacle (pas de la technique)

Cela en fait-il un élément de spectacle ?

Pour trancher entre le cinéma plutôt science ou spectacle, on va remonter en arrière pour faire le rapport entre les

anciennes inventions (c'est le divertissement qui durera le plus longtemps, jusqu'à la fin des années 1920)

ex Félix REGNAULT, « Le cinématographe d'illustration », 1896. Scientifique, pour lui le cinéma est « une

curiosité scientifique de ce siècle » :

⁃ PLATEAU et REYNAUD (mouvement dessiné)

⁃ JANSSEN et MAREY (chronophotographie)

FOSTER, en 1915, reprend les écrits d'Avery HOPWOOD (Living Pictures, 1899)

⁃ La persistance rétinienne : Lucrèce, Ptolémée.

⁃ L'illusion du mouvement : jouets optiques (divertissement, Thaumatrope, etc fin XVIIIème siècle)

⁃ La chronophotographie : JANSSEN, MUYBRIDGE, MAREY, DEMENŸ, EDISON (science)

Kinora

HOPWOOD (1899) : objectif / méticuleux

Description très précise de la plupart des brevets. Beaucoup plus international que REGNAULT mais toujours

« lumièriste » (création d'un spectateur et d'un public)

→ Donc cinématographe entre science et commerce.

Querelles de paternité

Paternité envisagée en terme de personnes et de pays. On comprend vite que c'est une invention essentielle qui

va changer les choses.

Donc querelles pour l'image technique du pays.

⁃ En France, REGNAULT essaie d'être objectif tout en favorisant les compatriotes : « le kinetoscope

(EDISON, Américain) c'est presque parfait », parce qu'appareil trop solitaire.

⁃ En Angleterre, George DAVISON, dit que c'est une invention de FRIESE-GREENE (invente un appareil,

mais sans suite car projection mal accueillie) ; son article est écrit avant la projection Lumière.

⁃ En Allemagne, ERNEMANN, vante l'appareil des frères SKLADONOWSKY. Appareil moins cher,

moins volumineux, et moins lourd → mauvaise foi, car cinématographe Lumière moins lourd.

Publié dans L'illustration (magazine très populaire à l'époque) en 1908, Gustave BABIN (Français) met l'accent

sur les Français.

→ Ils sont souvent imprécis sur ce qu'est le cinéma.

Georges DEMENŸ, inventeur. Les origines du cinématographe (1909) Montre l'importance de son travail (avec

MAREY)

Le cinéma comme technique

Dès l'année 1908, on produit des traités pratiques du cinéma où on explique comment ça fonctionne.

Le cinéma est un outil au service des particuliers, dans les 30 premières années tout le monde peut faire du

cinéma.

On explique donc comment ça marche, et pour ça on écrit l'Histoire de ces appareils.

→ C'est là que les idées se figent.

Guillaume-Michel COISSAC, La théorie et la pratique des projections, 1906. Il écrit beaucoup.

Tous ces livres présupposent des savoirs spécifiques (électricité, optique, chimie...)

Ils s'intéressent plus aux phénomènes et aux procédés. Ils nous rappellent que toute image en mouvement est

créée par les différents dispositifs.

À l'époque on pense le cinéma comme technique et non pas comme art.

Esquisse d'une Histoire des formes

MÉLIÈS, « Les vues cinématographiques » (1907) Ce texte dessine une évolution esthétique qui part des

photographies animées pour aller vers une forme de spectacle de type théâtral.

MÉLIÈS veut faire entrer le cinéma au théâtre.

« Si le cinéma en 1907 peut prétendre au statut d'art c'est grâce au théâtre »

Victorin JASSET, « Étude sur la mise en scène », 1911. À cette époque on parle de « metteur en scène » et pas de

« cinéaste »

JASSET est le principal metteur en scène chez Éclair (troisième plus grande société de production française) Il a

lancé les premières séries policières (1911) et est très reconnu.

Ce texte est paru dans Ciné-Journal, que tous les professionnels du cinéma lisent.

MÉLIÈS pense l'Histoire du cinéma depuis sa propre pratique, alors que JASSET distingue les apports des

différentes maisons de production des différents pays. Il est le premier à parler d'École (en terme de

nationalité)

Pour lui, l'Histoire des formes ne se fait qu'en fonction des pays et des styles (= genres) Par exemple, en France,

on est fort en poursuites, où on essai de créer un espace cinématographique cohérent.

École de Brighton, selon SADOUL, pour l'École britannique.

Le cinéma italien reprend le cinéma français.

« Quelle fut au juste l'influence du Film d'art sur l'École cinématographique ? »

Presque nulle au début → énormes conséquences (négatives) Rejet jusque dans les années 1940.

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