Livre Blanc-Anonymous28-4ème





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date de publication29.10.2016
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Livre Blanc-Anonymous28-4ème
Depuis que j'étais petite j'avais toujours appris à vivre dans la paix. Moi, Alex Belin j'étais qualifiée d'ange tout innocent par mon entourage, on disait que jamais mon âme n'avait goûté à la rage et à la haine. C'était la vérité. Jamais une fois je ne m'étais mise en colère; Constamment sereine et posée : j'étais comme ça. Au collège, cette attitude profitait plus aux autres qu'à moi : on m'ordonnait les choses, et je ne savais me défendre. Je restais impassible et j'obéissais. C'était contre nature pour moi de faire preuve de méchanceté, même très légère. Non, je n'avais pas appris à vivre comme ça.
Ce lundi-là, le prof de Français, M. Renard, nous amena à la bibliothèque du collège. Il nous fallait choisir un livre à lire durant la semaine. Je n'aimais pas lire. Les autres élèves, eux, s'en donnaient à cœur joie. Une fois entrés, ils se jetèrent sur les romans de science-fiction, aux couvertures de couleurs vives et aux histoire sanglantes, '' gores '' à souhait. Ils ont frôlé les trois heures de colle à cause du bruit émis. Pendant que chacun s'affairait dans son coin, j'errais seule ans des rayons vides, sombres et poussiéreux, à moitié endormie, complètement ennuyée par les livres de toutes sortes. Au bout d'une demi-heure, chacun avait trouvé son livre. Sauf moi. La bibliothécaire, une vieille dame à son poste depuis au moins une cinquantaine d'années, dont les rides et les yeux enfoncés dans le crâne arboraient la vieillesse, voyant ma situation, sortit un carton de son bureau. Elle le flanqua dessus et me dit de piocher dans ce qu'il lui restait. Des livres à l'air encore plus passionnant que les précédents logeaient à l'intérieur de la boîte. L'heure tournait, il fallait que je me dépêche de choisir un livre. Je fouillai alors dans le carton quand mon regard percuta quelque chose. Je saisi précautionneusement l'objet. Un livre blanc. La première et la quatrième de couverture était vierges. La tranche aussi. Il n'y avait aucune indication sur l'histoire, pas d'auteur, pas d'édition, juste du blanc, partout. La sonnerie retentit, j'entendis la classe qui se regroupait pour sortir et M. Renard qui aboyait pour obtenir le silence. Je tendis le livre que j'avais pioché au hasard à la bibliothécaire. Elle me fixa, sourit, et murmura de sa voix rauque, d'une manière presque effrayante : « Voilà une jeune fille bien courageuse... ». Elle tapa deux ou trois touches sur l'ordinateur qui lui était destiné, me rendit le livre que je m'empressai de ranger dans mon sac. Je rejoins la classe, un peu surprise par ce qui venait de se passer.
A cinq heures, la nuit de novembre tombait déjà. Les feuilles d'automne crissaient sous mes pas. Je marchais silencieusement comme à mon habitude, vers l'internat du collège. Tous les soirs depuis mon entrée en sixième, je découvrais la même petite chambre en guise de chez moi. Ma famille habitait loin. Arrivée à ma chambre, je poussai lourdement la porte, balançai mes clés sur la table, lâchai mon sac par terre avant de m' affaler sur mon lit, épuisée par la journée exténuante que je venais de passer. J'avais enchaîné les cours, mais surtout l'emprise de chacun des élèves sans pouvoir réagir . J'étais allongée sur mon lit, bercée par le bruit de l'horloge. Ma chambre était en ordre, comme toujours. Je me redressai après quelques minutes, je sortis le livre blanc de mon sac que je décidai d'entamer pour me détendre un peu. Je repensais à ce qui s'était passé ce matin, au murmure mystérieux de la bibliothécaire et à ce livre original que je tenais dans mes mains. Dehors la nuit était tombée, mais il n'était que cinq heures et demi. Je constatai qu'il pleuvait en voyant les premières gouttes de pluie s'accumuler sur la vitre de la fenêtre. La pièce était assombrie par le temps. J'allumai ma lampe de chevet pour avoir la lumière nécessaire à ma lecture. Ça y est, je commençai à entendre la pluie tomber. J'ouvrai le livre. L'histoire que je lisais m'intéressa de suite. Le personnage principal, Xela Nileb, collégienne, était une délinquante. Ça faisait bizarre de lire l'histoire de quelqu'un pareil, parce que j'étais complètement l'inverse de cette fille. Elle vivait dans un collège de banlieue, mal fréquenté. Le fil des pages me conduisit jusqu'à un lundi matin, où Xela devait choisir un livre à lire, mais n'en trouvait pas un à sa convenance. Je m'arrêtai un instant. C'était ce qui m'était arrivé ce matin. Je fronçai les sourcils. Je continuai à lire, mes yeux emportés dans les lignes, mes mains crispées sur le livre, mon corps immobile. J'étais absorbée par l'histoire, j'avais peur mais j'étais rongée par la curiosité. Ça faisait peut-être plus d'une heure que j'étais là. L'histoire de Xela continuait. Je lus ces lignes : «... quand elle trouva un livre complètement blanc, sans la moindre information sur son contenu. ». C'était aussi exactement ce qui m'était arrivé ce matin! Et le livre blanc trouvé par Xela, je l'avais à cet instant dans les mains! J' étais engourdie par la peur. Je sautai quelques pages et je vis : « Xela lisait l'histoire de son contraire. Elle lisait l'histoire d'une collégienne parfaite, un peu trop parfaite. Toujours gentille, et depuis toujours, elle n'avait jamais connu la colère, et n'était pas tentée de la connaître. Dans sa classe, elle souffrait de ce comportement pourtant naturel. Elle faisait d'elle-même le souffre douleur, l'esclave des autres élèves. Elle s'appelait Alex. ». Je fermai le livre d'un seul coup. Affolée, je compris que je lisais en réalité mon histoire. Je lisais l'histoire lue par Xela, la mienne. Comment était-ce possible? Ce livre pris au hasard, qui racontait ma propre histoire? J'étais fatiguée, j'avais sûrement halluciné. Je tremblais. « Oui, ça doit être la fatigue! » pensai-je en essayant de me rassurer. Mon raisonnement était illogique : j'avais lu et relu les passages et les chapitres, je m'étais frotté les yeux à plusieurs reprises, pensant que tout cela n'était qu'une illusion mais il était imprimé noir sur blanc ma journée, mon nom et ma vie en elle même. La seule différence que j'avais trouvé entre cette Xela et moi, c'était le caractère. Je posai le livre doucement et je me faufilai sous ma couette. La pluie résonnait encore jusque dans mes oreilles. Je fermai les yeux et je m'endormis en essayant de penser à autre chose qu'à cette histoire farfelue.
Le lendemain, j'ai essayé de parler de ça à la classe. Personne ne m'a crue, évidemment,on s'est même moqué de moi. Pourtant je ne mentais pas! Même M. Renard n'y a pas cru. Je voulais alors passer à la bibliothèque pour expliquer, mais je ne pouvais y repasser que vendredi après-midi, où j'étais censée rendre mon livre. Les soirs pluvieux passèrent, et il fallait que je lise ce livre. Chaque soir je revivais ma journée de cours que je venais d'achever, et je la lisais une deuxième fois, quand Xela la délinquante la lisait elle aussi dans le livre blanc de son histoire. C'était vraiment effrayant. Le narrateur racontait ma vie vécue et lue par Xela la délinquante, alors ça donnait un point de vue complètement différent du mien. Plus les jours passaient, plus j'avais l'impression de devenir folle. Ce qui m'arrivait était complètement irréel. Nous étions maintenant jeudi soir, et ma situation avait empiré : je lisais le livre en transpirant d'horreur, j'avais l'impression de ne plus vivre dans la réalité. Je tressaillais au moindre craquement du plancher et je frissonnais rien que de voir le livre blanc entre mes mains. Ce qui m'arrivait était impossible, et j'étais, je crois, en train de sombrer dans la folie. A l'extérieur, le temps était presque le même que ces derniers jours, mais la nuit était encore plus obscure et la pluie plus violente. Elle était battante, cette pluie, elle martelait le sol, et le vent glacé de l'automne fouettait les branches des arbres. Depuis maintenant un quart d'heure je lisais le livre blanc, terrifiée par le temps, terrifiée par ce qui m'arrivait. Heureusement, j'avais réussi à atteindre la fin de l'histoire. Je lus ce dernier paragraphe : «... Xela rendit le livre, et grâce à l'histoire de cette jeune fille parfaite qu'elle avait lue, elle apprit à vivre aussi dans l'amabilité et la raison. On ne l'appela plus Xela la délinquante. Quand elle fut rentrée chez elle, elle se regarda dans son miroir et sourit. C'était la première fois. Sur le livre qu'elle avait rendu, elle avait dessiné ce personnage parfait de l'histoire, au gré de son imagination. La couverture était maintenant parée d'un croquis de la jeune fille angélique : deux grands yeux verts, des cheveux blonds ruisselant sur ses épaules et, bien sûr, un immense sourire aux lèvres. ». Je jetai violemment le livre en hurlant, accompagnée par le vacarme du tonnerre. Je fis tomber ma lampe involontairement, dont l'ampoule se brisa dans un fracas insupportable. J'étais maintenant dans le noir complet. Je sentis mon cœur battre aussi fort que s'il voulait sortir de mon propre corps. Mes mains et mes genoux tremblaient. Je me ruai sur mon miroir où je me coiffais sagement tous les matins, et je me regardai. J'avais exactement le même physique que d'habitude, c'est-à-dire celui que citait l'histoire. Je passai mes mains dans mes cheveux et je commençai à pleurer, complètement déboussolée : « Mais c'est impossible! Impossible! » répétai-je avec une voix toute fragile. Un éclair illumina ma chambre pendant une fraction de seconde, j 'aperçus mon visage dans le miroir éclairé par la lumière, mais je me vis sourire sournoisement, comme je ne l'avais jamais fait, et comme je n'avais jamais essayé de le faire. Paniquée, je me laissai tomber à genoux, toujours dans le noir. Je m'accroupis et je cachai ma tête dans mes mains. Je voulais que tout s'arrête. J'entendis une dernière fois le grondement assourdissant du tonnerre, puis plus rien.
Vendredi, à quatre heures, je retournais à la bibliothèque rendre mon livre. C'était une nouvelle bibliothécaire qui m'accueillit. Celle-ci était jeune et souriante, brune au teint foncé et aux yeux clairs. Je lui dit après l'avoir salué :« Je viens rendre ce livre que j'ai emprunté lundi dernier. ». Elle ouvrit le livre blanc que je lui avais donné, et répondit d'un air navré : « Je suis désolée mais ce livre n'a aucune référence. Il n'appartient pas au collège. ». Je repris le livre machinalement, pensive. Je l'avais pourtant emprunté lundi! Mais où était donc l'ancienne bibliothécaire, la vieille dame? La jeune femme qui se tenait devant moi ne sut me répondre. Je sortis, toujours perplexe. Tout ceci me laisser supposer que cette histoire de dingue était vraie. Ou peut-être que j'étais en train de rêver... Je doutais. En pensant, je croisai des garçons de ma classe, ceux qui depuis longtemps m'ordonnaient de leur prêter ceci, cela, et ne me rendaient jamais rien. C'était aussi ceux qui depuis longtemps m'insultaient le plus. Des racailles. Ils me crièrent qu'aujourd'hui encore, j'aurai ma distribution de feuilles perforées pour les contrôles à leur faire. Et bien sûr, sans qu'ils ne paient quoi que ce soit. Un des leurs s'avança vers moi avec un air moqueur. Je traçai alors ma route, sans m'arrêter ni même le regarder, je passai sans

rien dire, et je lui heurtai l'épaule. Je ne me retournai pas. Je venais de faire une chose que je n'avait jamais faite auparavant. Je venais de m'étonner toute seule. Je repensai alors à l'histoire que j'avais lu. Xela la délinquante avait appris la gentillesse en lisant mon histoire dans le livre blanc. Moi, j'avais acquis la dose suffisante de haine que l'on peut éprouver pour des gens qui n'en valaient pas la peine, j'avais acquis la colère que chaque être humain possède.

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