Memoire de master arts et sciences de l’enregistrement





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3. Une autorité morale
« Avec le recul, je sais désormais qu’on a donné une image du groupe, paradoxalement par volonté de ne pas en donner » affirme Henri-Jean Debon. Comme nous le savons à présent, un groupe majeur comme Noir Désir ne peut pas rester maître de son image bien longtemps. Le Guilcher parlait du rôle du clip dans sa carrière en tant que relais, il faut conclure cet ouvrage en décryptant le discours relayé et son impact sur la masse.

Nous serons amenés à voir de quelle manière les médias et les fans se le sont appropriés pour forger l’image consensuelle et fédératrice que l’on connaît, sans pour autant le déresponsabiliser lui-même. Cela nous conduira à démontrer comment Noir Désir aura engendré une certaine façon d’aborder l’engagement citoyen à travers la musique, perpétuée par une génération d’artistes enfantés par les Bordelais.

  1. Noir Désir érigé en porte-parole


Philippe Le Guern évoquait plus haut « les pratiques dont (Noir Désir) est le support. » Ce terme désigne bien sûr les concerts mais au-delà de cela, très vite un ralliement au discours du groupe. Les rockers ont essayé d’endiguer un engouement de surface provoqué par ce que les journalistes ont appelé la « Tostakymania. » Leur engagement s’est précisé dans l’album suivant, ce qui n’a rien arrangé. Noir Désir a décidé d’occuper ce terrain dans la mesure où personne ne le faisait à leur échelle. Revendiquant un « boulot de vigilance », ils refusaient pourtant d’être qualifiés de « porte-parole ». Ils n’ont pas pu garder longtemps le contrôle de cette contradiction, jusqu’à devenir pour la jeunesse un modèle politique.
L’engagement public aura toujours été présent dans la démarche du quatuor mais il se sera véritablement concrétisé à partir de l’album 666 667 club.

A travers son image, il aura envoyé dès les premières publicités une différence et une droiture. Avec un propos à l’époque éminemment replié sur soi dans le romantisme et des textes plutôt narratifs, le groupe se présente comme une famille humaine dégageant une énergie folle sur scène. En route pour la joie consolide cette dimension scénique et humaine, et cela dans quel but ? Pourquoi se dépenser autant sur scène ? Les Noir Désir dégageront toujours des raisons très profondes basées sur l’échange : « J'espère que nous arrivons à y être généreux, nous essayons de donner mais nous y trouvons quand même beaucoup de plaisir et de sensations fortes. »135 On préfèrera les réduire à des stéréotypes rock (Jim Morrison) comme nous l’avons vu tout à l’heure.
Malgré l’imprécation sarcastique « Hosannah, en route pour la joie » sur Du ciment sous les plaines, l’assise politique attendra Tostaky et son monumental brûlot éponyme pour mettre le feu aux poudres. La presse parle alors de « Tostakymania » en comparant le phénomène, toutes proportions gardées, à celui des Beattles 30 ans plus tôt. Une phrase est sur toutes les lèvres, sonnant comme un slogan ironique : « Soyons désinvoltes, n’ayons l’air de rien. » Les journalistes y trouvent une excellente formule, « le mot d’ordre de cet album foudroyant » pour Emmanuelle Debaussart.136

Tiraillé par ses contradictions, Bertrand Cantat ne voudra pas admettre le caractère démagogique de cette sentence, malgré sa conjugaison à l’impératif, renforcée par la paraphrase, ce qui l’inclut dans une attitude générale dont il se fait, malgré lui, le leader. Leader de la désinvolture, ou plutôt de son contraire. Le groupe n’en est pas à un paradoxe près ; il aime à s’exprimer par l’ironie et le contresens. Pourtant son image d’alors joue également sur une démagogie subtile. Sur la couverture de l’album le groupe tourne le dos à l’objectif, semblant indiquer « qui m’aime me suive. » Dans le clip de Tostaky (le continent) Bertrand Cantat est également filmé presque de dos, et il jette quelques regards au public. On peut facilement interpréter cette période de l’imagerie du groupe comme une intimation à le suivre dans cette voie politique, à être soi-même le contraire de la désinvolture.

Ailleurs, Bertrand Cantat s’octroie la parole des Indiens d’Amérique et célèbre l’ « Aluna » avec eux. Bien sûr le Verbe appartient à tous mais le chanteur ne s’y est éveillé qu’en tant que voyageur Européen, malgré son attrait certain pour le mystique depuis longtemps. Cette démarche s’apparente un peu à celle d’un ambassadeur qui revient porter la plainte Indienne là où elle ne résonnait pas. En d’autres mots, celle d’un porte-parole. Henri-Jean Debon met cet aspect en valeur en associant à l’image le passage de l’Aluna à celui d’une Indienne et rend cette parole à sa propriétaire. Cantat ne se voulait sûrement pas usurpateur ; il s’efforce d’agir avec sincérité et droiture et a davantage emprunté que volé le langage de l’Aluna. Il s’agit juste d’expliquer au spectateur d’où viennent ces mots. Mais ce dernier aura-t-il bien compris ?

Plus tard, dans Comme elle vient, Jacques Audiard donnera la parole Noir désirienne à des muettes qui la réinterprètent en langage des signes. Symboliquement, Noir Désir se fait la voix de ceux qui n’en ont pas. Difficile alors de réfuter ce statut de porte-parole.
Nous ne commençons pas à insinuer que Noir Désir et Bertrand Cantat mentaient à la masse. Il semble plutôt qu’ils se refusaient à admettre ce qu’ils étaient en train de devenir. Or, la démarche Noir désirienne s’appuie sur le doute comme valeur essentielle. Rien ne doit être établi, surtout pas une personnalité publique fixe. Ainsi les images de Henri-Jean Debon n’offrent jamais, durant la série Tostaky, de repères confortables. Pourtant, très paradoxalement, Bertrand Cantat agissait progressivement comme le porte-parole qu’il prétendait ne pas être. Cela traduit l’écartèlement entre la volonté de fédérer une conscience citoyenne au sein du public et celui de préserver son intégrité artistique. Comme l’exprime très bien le clip de Lost et les publicités pour le single, le groupe ne parvient pas à choisir entre la vision, le travail de simple observateur et la mission de ramener la politique sur le terrain public. Henri-Jean Debon, nous l’avons dit plus haut, a cherché à mettre en valeur ce retour à une lutte plus ancestrale à travers le plan de la catapulte dans Marlène. L’Histoire se faisant désormais sans le peuple, Noir Désir, à travers le pouvoir qu’il a acquis, représente cet espoir à l’orée de 666 667 Club. Le groupe s’exprimait très clairement à ce sujet : « A partir du moment où l’on existe, où l’on se met à parler et à penser librement, à échanger des idées, à ouvrir un débat, on fait acte de politique. (…) Que la parole ne soit plus confisquée par des professionnels (…), qu’elle puisse être redistribuée à tous ceux qui ont des choses à dire. »137


Or, des choses doivent être dites, et rapidement. Cantat expliquait : « En ne voyant plus la politique, on enlève aussi les aspects critiques sur des choses qui sont très rigides. Et tu vois de qui je parle. Si ça c’est de la politique, alors il est grand temps de s’en occuper. »138 En 1995, lors des élections présidentielles, le parti fasciste de Jean-Marie Le Pen, le Front National, remporte 15% des voix. Déjà, dans une chanson en Anglais intitulée Here it comes slowly, Bertrand chantait « We’ll never stand fascism anymore… »139 Pour cette cause, parce que personne ne le faisait à son échelle et que cela devait être fait, Noir Désir amorcera son implication citoyenne et Bertrand écrira Un jour en France dont le « FN Souffrance » sera repris à toutes les manifestations de ce genre. Concrètement, le quatuor viendra combattre sa bête noire sur ses propres terres, à Toulon en 1997 avec les rappeurs d’Assassin (qui y étaient justement interdits de concert) et à Vitrolles pour défendre la salle culturelle du Sous-marin, illégalement murée par la municipalité de Catherine Mégret. « La réaction n’est pas encore à la hauteur, déclarera Cantat. (…) Il faut démontrer à quel point leurs idées sont inefficaces. Pour cela, il faut pouvoir leur opposer une sorte d’efficacité (…). Ce n’est pas facile. (…) L’idéal, c’est tous les jours, c’est un combat. »140

Il peut paraître inutile aujourd’hui d’expliquer pourquoi un groupe s’engage contre le Front National. Or, jusqu’ici, cela ne se faisait qu’en chanson (Louis Chédid avec Anne, ma sœur Anne) ou par le biais d’un activisme alternatif. Les Béruriers noirs, figure majeure de ce mouvement, avaient composé dans les années 80 un hymne punk qui résonne encore dans les manifestations : « La jeunesse emmerde le Front National ». Mais c’était la première fois que l’engagement se produisait à grande échelle, sous la férule d’une formation avec autant d’impact que Noir Désir. Les grands de la chanson ou de la variété, de leur côté, s’en tenaient aux manifestations consensuelles comme les Enfoirés. « Quand nous nous sommes mobilisés pour le Sous-marin à Vitrolles, et donc contre le FN, Souchon et Cabrel auraient été les bienvenus, on aurait bien eu besoin d’eux. »141

Cette cause s’assimile à un acte de résistance spontané et nécessaire, pour la défense de la vie si chère aux bordelais. Si créer c’est vivre, alors vivre oblige à lutter contre la montée de ce pouvoir d’extrême droite. Mais aussi contre l’institution de l’idéologie consumériste qui globalise le monde dans la « pensée code barre. » Il faut voir dans ce sens ces curieuses pensions dans le clip A ton étoile, portant le nom de « hôtels pensée », une pensée numérotée et étiquetée à la chaîne. Ce qui vaudra à Noir Désir de jouer pour des personnalités alter mondialistes comme José Bové, le leader de la Confédération Paysanne et le sous commandant Marcos, chef de la lutte des Indiens du Chiapas, paysans sans terres oppressés par le Gouvernement Mexicain et les gros propriétaires terriens auxquels il se rallie.
De façon presque générale, le vidéo-clip a peu relayé le discours de manière directe. Henri-Jean Debon a parfaitement saisi le danger d’une telle pratique. Les textes d’Un jour en France et de L’homme pressé baignent déjà tellement dans une démagogie lattente… Il suffit de voir la façon dont Jacques Audiard l’a exploité avec Comme elle vient. Le réalisateur a fait de son film un des nombreux véhicules médiatiques de cette caricature gauchiste et libertaire. Noir Désir ne se résume pas qu’à ça, loin s’en faut.

Dans la presse, à l’heure de la chute de Bertrand Cantat, on pouvait lire comment les fans considéraient le groupe et particulièrement son leader : « un gars que j’admire », « un frère »142… Nous le savons, l’adolescent se construit par rapport à des modèles (confère II, 1. c). Cantat aura brillé pour des centaines de milliers de jeunes qui se sont politisés sous sa férule. Soudain, une génération désabusée a trouvé une sorte de raison artificielle à son existence, celle de reprendre le débat politique. Un engouement global et désindividualisé, faisant l’apologie de la bonne conscience. Ils habitaient tous le même « hôtel pensée ». Lors des concerts, un Zénith143 entier pouvait se mettre à crier « Le Pen on t’encule ! (sic.) »144 comme «  Bertrand Président ! ». Aveuglés par leur amour pour la star, les adolescents se sont impliqués derrière lui par pur mimétisme. Ils ont réduit les bordelais à des positions totalement concrètes. En fait les engagements du groupe résultent de choix s’inscrivant très simplement dans la perspective de leur démarche, celle de défendre la vie et de partager la parole. Néanmoins, dès le moment où ils ont commencé les interventions publiques et médiatiques, ils ne pouvaient que finir par être récupérés..



  1. Le paradoxe de l’image du groupe.


Noir Désir est-il soumis au destin ? La démarche de Henri-Jean Debon ressemble aux histoires de ces héros de la mythologie grecque qui, en fuyant la fatalité, se sont irrémédiablement retrouvés face à elle.

Quelle fatalité guettait Noir Désir ? Celle de ne pas pouvoir se préserver totalement. Un discours exigeant dans le consensuel perd de sa force lorsqu’il devient fédérateur. Peu à peu, on colle des étiquettes sur la formation : groupe engagé, intègre, poète, intellectuel… Un double médiatique et creux se dresse entre le quatuor et son public. Le vidéo-clip, avec la complicité de Henri-Jean Debon pourra servir d’arme pour contrer ces effets pervers. C’est là que le paradoxe prend sa source : Cette arme aura sans doute davantage blessé son porteur que ceux à qui elle s’attaquait. A travers la volonté de ne pas être ce qu’on attendait de lui, le groupe aura fini par devenir définissable dans cette voie.
Henri-Jean Debon aura soigneusement évité d’amplifier davantage les paroles bien assez explicites de l’hymne Un jour en France. Il aura préféré au contraire questionner ces notions de célébrité et de discours fédérateur. Sous le second degré grinçant, le clip fait exploser la vérité à la face des bordelais. L’évidence, sous la forme d’une cohorte de fans Japonaises hystériques, martèle les cloisons de l’aéroport où ils viennent de se poser pour une série de concerts : le discours a été mal interprété et assimilé par une foule conformiste. Un cauchemar à grande échelle.

Le groupe le savait déjà à moitié mais n’osait pas se l’avouer. Laurent Rigoulet relatait dans Libération un épisode de la tournée Tostaky : « Cantat un instant repris par ses doutes, suspecte lucidement la foule de réagir sans distinction à n'importe laquelle de ses sorties, s'énervant : « Quand j'ai parlé des anarchistes vous étiez sincères ou vous gueuliez comme ça… ? ! » »145
Dans Un jour en France, Debon orchestre une sorte de combat schizophrénique. Le second degré joue sur une confrontation entre l’image erronée du groupe, générée par le public, et la véritable. On dispose de toutes les clés pour percevoir la réalité.

Nous voyons ainsi deux faces du quatuor : un faux, animé, qui joue les justiciers de pacotille et un vrai, en chair et en os, qui perd la raison et commet le genre d’actes terribles que le faux tentait d’empêcher. Le conflit éclate dans cette absurde dualité : les vrais musiciens, dont on a volé l’image et donc l’âme, sombrent pour certains dans la folie ou la mort.

Cependant, cela ne semble pas si simple. Debon cultive l’ambiguïté : mis à part leurs armures et leur apparition spectaculaire, les clones médiatiques du manga ressemblent beaucoup au vrai groupe. Ils ont beau être des rockers, cela ne les force pas pour autant à agresser le premier agent de police venu, placide derrière ses lunettes noires. On les découvre plutôt sages, cueillant des fleurs et saluant le gendarme très poliment. Or, les vrais Noir Désir n’ont pas la réputation de créer des émeutes et de saccager leurs chambres d’hôtel. Ils font du rock mais n’obéissent pas au comportement basique des rock stars. Ce sont les fans qui le caricaturent eux-mêmes. D’ailleurs, lorsque les originaux se posent à l’aéroport, ils ne sont au courant de rien, et c’est cette horde de nipponnes hystériques qui les terrifiera, Debon ne questionne pas directement leur rapport aux personnages du dessin animé.
A travers la parodie et le second degré, l’attaque apparaît moins bestiale qu’à l’époque de Tostaky, mais paradoxalement plus frontale. Le groupe se dépossède de son image pour dénoncer celle qu’on lui attribue à tort. Ce double médiatique qu’il affronte par le clip représente d’ailleurs un de ses pires adversaires. Mais il a la vie dure. Cette attitude en parallèle avec un engagement de plus en plus prononcé dans de nombreuses causes sera récupérée par les fans et la presse qui s’empresseront d’en faire une figure téméraire impliquée dans tous les combats. On parlait tout à l’heure du vidéo-clip en tant que relais : ici il aura anticipé leur image citoyenne puisque le film est tourné le mois de la sortie de 666 667 club. Debon, qui fréquente le groupe, aura senti les choses venir. D’ailleurs, la séquence de « Human Bomb » avait déjà été préparée pour Ici Paris sur Tostaky. « Il est grand temps de s’en occuper. » disaient-ils plus haut.

Noir Désir, ultra réactif, deviendra ce groupe politique à solliciter pour tous les problèmes de société. Les mamans des otages de la maternelle de Neuilly/Seine auront donc fait appel à eux presque par télépathie. Il est intéressant en effet de noter que, contrairement au stéréotype du héros qui vient secourir un enfant pris dans un immeuble en flammes, la confrontation avec la mère n’a pas lieu. En temps normal, ce topos le voit d’abord entendre les supplications de la femme et lui promettre de lui ramener son enfant. Or, dans le clip, l’entrée des héros succède immédiatement au gros plan sur l’œil de la mère éplorée. On a le sentiment d’une sorte de réflexe dans l’inconscient collectif : les bordelais seraient devenus les justiciers de l’ombre qui accourent à la rescousse dès que le malheur s’abat. Un peu plus tard, le pompier inactif de Lost attendra d’eux qu’ils fassent son travail à sa place. Debon regarde la suite avec lucidité : que peuvent des musiciens contre un terroriste ? Quel est leur pouvoir ? Celui d’amuser les masses ? Celui de soulager les otages de la peur en les divertissant ? La musique ne peut pas empêcher les bombes d’exploser. Elle ne peut qu’en être une elle-même, à travers l’analogie entre le bouton du détonateur et le bouton de la pédale de distorsion de Serge Teyssot Gay (Confère II, 3. c). Et ainsi, il désamorce une image bien trop galvaudée tout en prenant parti dans ce débat du rock et de la politique.
Noir Désir, défend donc (paradoxalement toujours) son irréductibilité par le clip. Si le public veut jouer les moutons, très bien, il le mettra en face d’un miroir. Candice Isola conçoit leur interprétation du rôle des nouveaux médias ainsi : « en comblant à outrance et de manière systématique les besoins (réels ou fictifs) du consommateur, ils l’entretiennent dans un infantilisme néfaste, car celui-ci devient passif et n’entreprend aucune démarche active pour s’intéresser au monde qui l’entoure. »146 Une hypothèse fondée : cela explique la représentation d’un public d’enfants. Bien sûr, Noir Désir parle davantage à la jeunesse, à plusieurs générations entre 15 et 30 ans. Mais on ne verra justement jamais un trentenaire à l’écran (hormis dans Comme elle vient) dans ce public essentiellement adolescent, voire enfant.

Dans Un jour en France, les fans du dessin animé sont des gamins ou des gamines qui ne vivent le concert que comme un amusement. Mais c’est le mythe du joueur de flûte d'Hamelin dans l’Homme pressé qui mérite le plus d’intérêt à ce sujet. Le public y est représenté par des enfants blancs et blonds, sorte d’engeance aryenne, au milieu du groupe vêtu de t-shirts noirs. Comme hypnotisés, ils suivent Bertrand Cantat jusqu’à la rivière où celui-ci les noie. On constate sur d’autres images un authentique effet d’endoctrinement presque martial généré par la musique, comme ces Japonaises hochant la tête automatiquement au rythme binaire de la batterie d’Un jour en France, et ces deux jeunes militants de Lionel Jospin levant le poing sur les coups de cymbales de Denis Barthe dans L’homme pressé. L’engagement du groupe, tel qu’il a été perçu par la jeunesse, apparaît extrêmement mal compris et mal relayé, dénué de toute individualité. « C’était donc vraiment sur la jeunesse et parfois même
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