L’articulation pagano-chrétienne : esoterikos et katholikos





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Notes :
(1) Du grec ancien esoterikos : « le plus intérieur », « le plus caché », « le plus profond ».
(2) Du latin pagus : « pays », « campagne ».
(3) Cf. http://www.freewebs.com/chretiente/sommaire.html
(4) Pour un aperçu des thèses de René Girard et une bibliographie sommaire, voir cette présentation de Simon De Keukelaere :

http://users.skynet.be/renegirard/fr/articles/girard_presentation_theorie.html
(5) Du grec ancien katholikos, dérivé de kata (« par ») et holos (« tout ») : « universel », « général » et, littéralement, « selon le tout ».
(6) « Je ne suis pas venu abolir, mais accomplir » (Mt 5:17).
(7) A tel point que Mirabeau l’avait surnommée « Siberry ».
(8) Dont le célèbre curé de La Berthenoux, l’Abbé René Debourges.
(9) Dont le curé défroqué R. P. Johannès qui a publié un Manuel pratique de sorcellerie berrichonne, Guy Trédaniel, éd. De la Maisnie, Paris, 1986.
(10) Hugues Lapaire, « Sainte Solange », in Les légendes berrichonnes : légendes rustiques, historiques & religieuses, superstitions du Haut & Bas-Berry, Champrond-en-Gâtine, Editions du Colombier, 2003.
(11) Hugues Lapaire, op. cit.
(12) Jean Defrasne, Mystères et légendes du Berry, Cabedita, Yens-sur-Morges (Suisse), 2006, pp.15-16.
(13) Hugues Lapaire, op. cit.
(14) Jean Defrasne, op. cit., p.19.
(15) Ibid.
(16) Ibid.
(17) Hugues Lapaire, op. cit.
(18) Jean Defrasne, op. cit., p.20.
(19) Hugues Lapaire, op. cit.
(20) On a retenu le 10 mai 878 comme date de sa mort.
(21) Depuis la Révolution, c’est la châsse vide qui est portée en procession, les reliques ayant été dispersées en 1793.
(22) Cf. Corinne Duchêne, « L’enfant et le meneur de loups », in Contes et légendes du Berry – aux sources des traditions orales, collection « contothèque », Royer, Paris, 2004, pp. 39-50.
(23) En voici quelques-uns :

Le chant des livrées, chant du rituel matrimonial retranscrit par G. Sand et interprété par le groupe Malicorne sur l’album éponyme (Hexagone/Griffe/Sony – BMG, 1974), est révélateur de l’imaginaire qui prévalait dans la Vallée Noire (soit la région de La Châtre – localité dont le nom en dit long…). L’épouse, recluse dans sa maison familiale, est sommée, sur le mode de la complainte, à chaque couplet, d’ouvrir sa porte. A chaque fois, l’époux entouré de sa famille lui propose un cadeau, mais elle refuse, prétextant qu’elle est de trop bonne condition pour commettre cette imprudence et que ses parents sont trop attristés. Au dernier couplet, le mari n’a plus qu’à se proposer lui-même. Là, la réponse de l’épouse change enfin : « J’ouvrirai ma porte pour ce beau mari ».

- Dans Le galant indiscret, l’amant est éconduit impitoyablement car il s’est vanté de sa conquête auprès des villageois.

Réveillez-vous belle endormie nous présente une jeune fille consentant à l’acte sexuel et au mariage. Mais son père la juge trop jeune : « Elle n’a pas passé quinze ans » ; et conclut : « Faîtes l’amour en attendant ».

D’autres chansons nous rapportent des caractères féminins équivalents, et les turpitudes causées ainsi aux galants : Bergère à marier, Le galant noyé, Nous irons en Flandres, Filles qui êtes à marier, Quand la bergère s’en va t’aux champs
(24) Dont je conseille vivement la magnifique interprétation par Solange (!) Panis (diplômée d’Etat en chant traditionnel et professeur à l’Ecole Nationale de Musique et de Danse de Châteauroux depuis 1992), sur l’album Berry-Bourbonnais du Trio Cornemuse (Jean-Claude Blanc, Frédéric Paris et Willy Soulette), Silex, 1992.
(25) Jean Defrasne, op. cit., p.15.
(26) L’histoire de Saint-Génitour, au Blanc, se termine par une scène identique ; c’est peut-être, après celle de Sainte-Solange, la plus fameuse décapitation de la région.

(27) Jean Defrasne, op. cit., p.15.
(28) Ibid.
(29) Ibid.
(30) C’est un des sens majeurs de la légende du puits de la Bordèche. La déesse Bordèche, alors que les Romains conquéraient la Gaule, tint ce discours aux dieux : « Oh Teutatès, mon père, tu as laissé couler le sang de ton peuple ! Je vous prédis la fin prochaine de notre règne car bientôt, dans un lointain pays d’Orient, un homme juste et bon va mourir sur une croix en prêchant un dieu unique, l’amour et le partage. Ses disciples viendront jusqu’en Gaules et ils convertiront le cœur des hommes que vous tous, ici présents, avez abandonnés » Bordèche fut alors chassée du monde des dieux et se réfugia dans celui des mortels, au pays biturige, où elle sauva la peau du chrétien Thalaze persécuté par la foule. Plus tard, quand des Chrétiens se firent persécuteurs à leur tour, Bordèche, poursuivie par la foule déchaînée, se jeta dans le gouffre – devenu le fameux puits – qu’elle avait elle-même créé pour sauver Thalaze. En ressortit un oiseau bleu qui monta au Ciel. On ne revit plus jamais Bordèche.
Bordèche est aussi une figure christique. Son puits est en quelque sorte sa Croix.
Par ailleurs, le contexte d’occupation par les forces romaines, que ce soit en Judée, en Afrique du nord ou en Europe, est indissociable de l’émergence du christianisme. Le dépit de la déesse Bordèche est l’expression d’un sentiment prégnant tant en Judée qu’en Europe. La religion chrétienne relève, dès l’origine, d’une dimension politique contestataire majeure. Cf. Corinne Duchêne, « Le puits de la Bordèche», op. cit., p. 15-20.
(31) cf. Hippolyte François Jaubert, Glossaire du centre de la France, 1864, p. 203.
(32) Jean-François Ratonnat, Les mystères du Berry, Editions Sud Ouest, 1999, p. 9.
(33) Ibid., p.7.
(34) cf. Laisnel de la Salle, Croyances et légendes du Centre de la France, 1875, pp.117-118.
(35) Ibid.
(36) Solange fait de l’effet aux végétaux lorsqu’elle va quêter pour les pauvres pendant les moissons : « Et les tiges aussitôt s’abaissaient pour s’égrener au creux de ses mains, tandis que de plus beaux épis renaissaient derrière ses pas » (Hugues Lapaire, op. cit.). Au-delà de l’avantage strictement agricole, on appréciera la forte symbolique sexuelle de ce passage.
(37) Proserpine, la Perséphone romaine, était surnommée le « serpent qui rampe sous la terre ».
(38) Corinne Duchêne, « La pucelle du rocher des fileuses», op. cit., pp. 169-178.
(39) Mimétisme dont la violence est proportionnelle à la ressemblance des rivaux. Plus on se ressemble, plus on se hait et plus l’on se détruit. Et rien ne ressemble plus au sujet que son reflet symétrique.
(40) Hugues Lapaire, op. cit. Agnès de Rome, qui devint Sainte-Agnès, était une martyre – dont l’histoire nous est rapportée par Saint-Damase, Saint-Ambroise, le poète Prudence (cf. Peristephanon 14) et Jacques de Voragine (cf. la Légende dorée). Elle mourut en 303 à treize ans. Quand elle avait douze ans, elle rejeta les avances du fils du préfet de Rome, prétextant qu'elle était déjà fiancée à quelqu'un de bien plus noble que lui. Fou amoureux, il en tomba malade. Son père convoqua Agnès qui lui déclara qu'elle était chrétienne et fidèle à Jésus-Christ. Le préfet la soumit au chantage : soit elle consentait à sacrifier aux dieux romains, soit elle finirait au lupanar. Incorruptible, Agnès fut mise à nue, et on lui fit traverser la ville jusqu'au lupanar. On dit que ses cheveux se mirent à pousser miraculeusement pour recouvrir son corps. Arrivée au lupanar, un ange l'enveloppa d'une lumière éblouissante. Le lupanar devint un lieu de prière et, selon la légende, Agnès resta vierge car personne n’osa la toucher. Alors que le fils du préfet, toujours amoureux, lui rendait visite, un démon l'étrangla. Apprenant la mort de son fils, le préfet ordonna qu'Agnès soit brûlée, mais le feu épargna la jeune fille et détruisit ses bourreaux. Agnès mourut finalement, soit égorgée comme un agneau, soit décapitée.
La Légende dorée raconte une autre version : Agnès, en priant, aurait ressuscité le fils du préfet. Accusée de magie, elle fut arrêtée. La suite ne varie pas : Agnès survit à l’immolation et finit égorgée.
Quoiqu’il en soit, les très fortes similitudes entre l’histoire de Solange et celle d’Agnès de Rome font de Sainte-Solange une « Sainte-Agnès régionale ». Le rapport d’imitation qui lie Solange à Agnès s’inscrit dans un mimétisme plus large : l’histoire de la bergère est elle-même l’imitation de celle d’Agnès. De plus, il y a là aussi deux refus distincts, identiques aux deux refus de Solange.
Sainte-Agnès reste la patronne de la chasteté, de la fidélité, du corps immaculé, de la virginité, et des victimes de viol. Comme Solange, elle protège aussi les récoltes.
Le prénom Agnès tire son origine du latin agnus (« agneau »). Ce prénom était donné aux filles destinées à demeurer vierges.
(41) Jean Defrasne, op. cit., p.14.
(42) Hugues Lapaire, op. cit.
(43) cf. les Evangiles synoptiques : Mt 27:54 ; Mc 15:39 ; Lc 23:47.
(44) Jean Defrasne, op. cit., p.15.
(45) Hugues Lapaire, op. cit.
(46) ibid.
(47) comme dans la légende de Jean-le-Chanceux, où quitter sa famille et son pays relève d’une arrogance proprement diabolique : c’est prendre le chemin sur lequel vous attend le Malin, qui devra être finalement vaincu pour que Jean, devenu adulte, revienne de plein gré auprès des siens.
(48) cf. Mc 3:31-35.
(49) « La Marthe de Montgarnaud a le visage partagé en deux. La partie de droite est jeune, d’une grande beauté, et ses cheveux sont noirs comme l’aile du corbeau. La partie de gauche a une peau grise et ridée, ses cheveux sont blancs. Son corps est fait de même, une moitié ferme et sensuelle, et l’autre flasque et décrépite », Corinne Duchêne, « La Marthe de Montgarnaud », op. cit., p. 94.
(50) Hugues Lapaire, op. cit.
(51) Jean Defrasne, op. cit., p.20.
(52) Hugues Lapaire, op. cit.
(53) Jean Defrasne, op. cit., p.17.
(54) ibid., p.18.
(55) Satan signifie « l’Accusateur » (Za 3,1 ; Ps 109,6) et « l’adversaire » : « Satan, ça veut dire "l’Accusateur". Et l’esprit de Dieu s’appelle le Paraclet, c’est-à-dire "le Défenseur des victimes", tout est là. Le défenseur des victimes révèle la nullité de Satan en montrant que ses accusations sont mensongères », René Girard, Quand ces choses commenceront – Entretiens avec Michel Treguer, Arléa, Paris, 1994, p.77.
(56) C’est pourquoi l’attitude postmoderne visant à juger les événements de l’Histoire (colonialisme, esclavage, guerres de religion …) selon des critères contemporains est proprement insensée.
(57) Jésus occupe une position analogue au bout de la longue lignée des prophètes juifs. D’où l’épisode de la Transfiguration, où Jésus se pose comme la synthèse de la Loi (qu’incarne Moïse) et des prophètes (représentés par Elie). Cf. les Evangiles synoptiques : Mt 17:1-8 ; Mc 9:2-8 ; Lc 9:28-36.
(58) Que Corinne Duchêne a eu la lumineuse idée de placer en exergue de ses Contes et légendes du Berry…, op. cit.




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