Bibliographie Textes fondamentaux





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Les cultures de guerre : approche historique et historiographique.
Plan


  1. La guerre dans l’Histoire, une « culture » où s’expriment les « passions de la multitude » (Thucydide) : de l’Antiquité à 1914

  2. Le siècle des extrêmes voit émerger avec le 1er conflit mondial une culture de guerre élargie à la société civile (1914-1945)

  3. Guerre et culture, cultures de guerres au temps de la guerre froide : la culture est le prolongement de la guerre par d’autres moyens

  4. La culture de guerre dans le monde désenchanté de l’après communisme.


Bibliographie

Textes fondamentaux
SUN TZU, l’Art de la guerre, Hachette Pluriel, 2002

CESAR, la Guerre des Gaules, Flammarion, 1983

MACHIAVEL, le Prince, Flammarion ou 10/18

l’Art de la Guerre, Flammarion

CLAUSEWITZ, De la Guerre, éditions de minuit

VOLTAIRE, « de la guerre », article du Dictionnaire philosophique, 1767
Histoires générales présentant l’évolution de la guerre
J.KEEGAN, Histoire de la guerre du Néolithique à nos jours, 5 vol., l’Esprit frappeur

V.D.HANSON, le Modèle occidental de la guerre, texto, 2007

G.BOUTHOUL, Traité de Polémologie, Payot, 1991

J.L.DUFOUR, M.VAISSE, la Guerre au 20ème siècle, Hachette, 2003
Sur les liens entre guerre et culture
S.AUDOUIN-ROUZAU, 14-18, Retrouver la guerre, Gallimard, 2000

G.MOSSE, De la Grande Guerre au totalitarisme, Hachette Pluriel, 1998

J.F.SIRINELLI, G.H.SOUTOU, Culture et guerre froide, presses de Sciences Po, 2005

C.QUETEL (collectif), Dictionnaire de la guerre froide ( au CDI), 2008 article « culture de guerre froide »

Discours sur la guerre, BT2, PEMF, 2005 ( au CDI)
Sites à connaître

Sur la première guerre mondiale, l’historial de Péronne (www.historial.org) et le centre de documentation internationale contemporaine (http://www.bdic.fr/index.php)
Citations

-R.ARON : « le 20°siècle est celui des guerres en chaîne »

-R.ARON : la paix est « raisonnablement le but auquel tendent les sociétés » ( Paix et guerre entre les nations).

-FREUD dans Pourquoi la guerre : « tout ce qui travaille au développement de la culture travaille aussi contre la guerre ».

-E.HEMINGWAY, « les livres sont des armes dans la guerre des idées »

-SUN TZU, l’Art de la guerre : « l’art de la guerre, c’est de soumettre l’ennemi sans combat »

-CLAUSEWITZ, de la Guerre : « la guerre est le prolongement de la politique par d’autres moyens »

-CHURCHILL : après Munich « vous aviez le choix entre la honte et la guerre ; vous avez choisi la honte et vous aurez la guerre »

Les cultures de guerre : approche historique et historiographique.
Plan


  1. La guerre dans l’Histoire, une « culture » où s’expriment les « passions de la multitude » (Thucydide) : de l’Antiquité à 1914

  2. Le siècle des extrêmes voit émerger avec le 1er conflit mondial une culture de guerre élargie à la société civile (1914-1945)

  3. Guerre et culture, cultures de guerres au temps de la guerre froide : la culture est le prolongement de la guerre par d’autres moyens

  4. La culture de guerre dans le monde désenchanté de l’après communisme.


Bibliographie
INTRODUCTION
La guerre est un affrontement armé visant à dominer un ennemi, y compris en l’éliminant physiquement. Apparemment, elle est donc porteuse de mort, destructrice de culture et d’humanité. Elle s’attaque à la culture ou aux sous-cultures de l’autre. Pourtant la guerre suscite et même peut devenir une culture à part entière, et ce à chaque époque. La culture dans des mains bellicistes peut devenir une arme très puissante. Elle devient même précocement un art codifié par des règles, la stratégie et la tactique.

Sun Tzu dans la Chine antique (6-5° siècles) fait figure de précurseur de la guerre psychologique1. Le christianisme change un peu la vision de la guerre : proscrivant le meurtre, elle diffuse une image très négative du guerrier, par exemple avec les Quatre Cavaliers de l’Apocalypse.

La Renaissance, en redécouvrant l’art de la guerre à travers les traités de poliorcétique antique, vient redorer le blason du prince soldat2. Humanisme et guerre sont réconciliés, la guerre redevient un art alors même qu’elle prend une tournure particulièrement violente au moment des guerres de religion (1560-1598)3. La guerre plane toujours et fait partie des disciplines enseignées au prince, notamment dans les livres d’éducation des princes. Les représentations artistiques de la guerre font émerger de nouveaux canons de beauté, idéalisant la violence dans un but politique : l’Etat confisque cette violence à son profit et se dote d’armées à son service4, dont les missions au fil du temps sont autant de préserver la paix intérieure que de porter au-delà de ses frontières le combat.

Ces canons de la Renaissance vont même jusqu’à influencer le romantisme dès la fin du 18ème siècle, dont s’inspirèrent en les trahissant les nationalismes destructeurs du 20ème siècle. L’ivresse au combat, la culture du sacrifice expliquent en partie la démesure du premier conflit mondial, et la soumission pour cet idéal nationaliste.

On entre alors dans une véritable culture de guerre : quoique finie, elle se poursuit en temps de paix, la société civile se militarise et la guerre projette sa violence dans le champ politique. La guerre ne se contente plus d’instrumentaliser la culture mais en construit une, largement diffusée alors que les premiers mass media apparaissent. C’est vrai au temps des totalitarismes et des fascismes. Cela reste vrai au temps de la guerre froide, dans un monde qui a pourtant mis la guerre presque hors la loi (déclaration universelle des droits de l’homme de 1948).

Sommes-nous sortis de cette culture de la guerre forgée par les conflits du siècle des extrêmes ?
Il faut s’entendre sur la définition même de la culture : est-elle « ce qui reste quand on a tout oublié », comme le dit E.Herriot, un ensemble de codes sociaux et de valeurs portées par la communauté indépendamment de la culture générale ou livresque ? La culture de guerre participe de ces deux visions de la culture, avec une singularité étonnante : alors que les aires de civilisation ont mis des millénaires à imposer à leurs membres une culture commune, faite de traditions, d’habitus, de valeurs, héritées d’une histoire partagée, les cultures de guerre se forgent en quelques années, dans la fureur de la bataille. Elles apparaissent comme des catalyseurs, des accélérateurs de l’histoire alors que la finalité est la destruction d’un ennemi porteur de culture. Cette culture rapidement édifiée survit au conflit et façonne les générations suivantes, y compris dans son désir de résistance ! Ainsi elle est doublement créatrice, fondant une culture de la guerre mais aussi une culture de la résistance à cette guerre (pas nécessairement une culture de la paix d’ailleurs).

Assurément dans cette vision la première guerre mondiale a joué un rôle de matrice, ouvrant un siècle guerrier où la guerre, suprême paradoxe, rattrape la société civile et où elle transpose sa violence à la société au-delà même de son terme…
I-La guerre dans l’Histoire, une « culture » où s’expriment les « passions de la multitude » (Thucydide) : de l’Antiquité à 19145
Dans la tripartition de l’organisation sociale indo-européenne, mise au jour par G.Dumézil, la fonction martiale (les guerriers) complète la fonction spirituelle (le sacerdoce) et la fonction nourricière (artisans, commerçants, agriculteurs). La guerre est structurelle et structurante.


  1. Durant l’Antiquité, un art et une condition de la citoyenneté.


Les sociétés antiques reprennent cette culture symbolique de la guerre : elle est toujours décrite négativement (Pandore libère tous les malheurs du temps en ouvrant la fameuse boîte, dont la guerre), mais elle est intégrée à l’éducation et à la citoyenneté (l’éphébie chez les Athéniens). Les empires s’imposent par la guerre et l’autorité charismatique repose sur la capacité à incarner la victoire (Alexandre le Grand et ses successeurs, les Diadoques et les Epigones) dans la bataille.

L’art de la prise et de la défense des cités fortifiées devient une science, la poliorcétique6 (Héron de Byzance, Enée, Pyrrhos). Les héros de guerre deviennent des mythes fondateurs de la culture (penser à Thémistocle héros de la seconde guerre médique, objet de toutes les attentions des auteurs que sont Thucydide et Plutarque). Les représentations de cette culture de la victoire sont visibles dans toutes les formes d’art : les poteries décrivent la phalange grecque, les cavaliers ont une place de choix sur la frise des Panathénées ornant grâce à Phidias le Parthénon.

Chez les Romains également on peut parler d’une culture de guerre, imprégnant une société de citoyens passant vingt années de leur vie au service de l’Etat. La guerre s’écrit également, et ouvre à la postérité : les grands chefs de guerre veulent laisser des traces et une culture stratégique, à l’image de César dans sa guerre des Gaules.7
2)Du Moyen Age à l’époque moderne : nouvelle culture de guerre avec l’émergence et la construction de l’Etat moderne.

Inévitable, la guerre est confiée en partie à des professionnels, dans la France d’Ancien Régime la noblesse. La chevalerie se voit confier un rôle social éminent, protéger le reste de la population et combattre pour son roi et suzerain. G.DUBY a une façon de voir la société finalement assez proche de cette de Dumézil, au moins dans la tripartion (laboratores, bellatores, oratores).8 La culture de guerre est donc une culture élitiste réservée aux chefs de guerres, instruits dès leur plus jeune âge par des Livres d’éducation des princes. Souvent néanmoins ils ont recours aux gens de guerre, des mercenaires redoutés car privés de ressources une fois le conflit terminé, et n’hésitant pas à piller et à violer l’habitant.
Au Moyen Age la culture guerrière a une dimension religieuse dans une société façonnée par le christianisme. Cette sacralité lui ouvre un public de plus en plus large, au-delà des acteurs nobiliaires des conflits. Si le meurtre est une entorse au premier commandement, il a été très tôt légitimé comme une conséquence incontrôlable du péché originel : la guerre devient un mal nécessaire, que l’Eglise critique mais récupère aussi. Elle invente ou suscite divers mythes : d’une part celui de la guerre juste, de l’autre celui de la croisade.

La guerre est juste si elle a pour objectif de protéger la paix. Elle doit avoir été déclenchée par la guerre, et Saint Augustin ajoute qu’elle est juste dès lors qu’elle « punit une injustice ». Surtout, elle doit avoir été déclenchée par quelqu’un doté de l’auctoritas, le pape ou le prince. Simples bémols à cette guerre soutenue par le christianisme, le remède (la guerre) ne doit pas être pire que le mal…

Le mythe de la croisade est la manifestation de cette guerre juste, et devient constitutif d’une culture de guerre. A.DUPRONT a notamment montré comment la croisade était devenue un mythe et avait généré une culture après les guerres saintes, dans la confrontation même avec l’Islam. Il étudie les mécanismes qui ont prolongé la guerre sainte et comment elle est devenue constitutive de l’inconscient collectif ( cf G.Bush après les attentats du 11 septembre) : à ce moment précis l’Eglise est parvenue à christianiser la guerre, même si elle a du mal à contenir la fougue des guerriers : ainsi lors de la croisade en Palestine en 1191-1192, Richard Cœur de Lion part au combat avec un cordon de têtes coupées autour du cou…9
La Renaissance instaure un modèle double du Prince soldat et mécène, le second étant parfois là pour faire oublier le premier. La culture cohabite avec la guerre, même si la guerre reste encore le fait d’une minorité. Elle s’élargit néanmoins avec les progrès techniques et la « révolution militaire » mettant en avant l’artillerie10. Deux ou trois innovations modifient la façon de faire et de penser la guerre. Les bilans deviennent effrayants : la guerre de Trente Ans (1618-1648) fait plus de 2M de morts, la guerre de 7 ans (1755-1763) près de 1M…

Pourtant à l’époque même où guerre et culture se conjuguent, cette guerre semble perdre toute règle de bienséance : certains voient même dans les guerres de religion qui émaillent la Renaissance (1560-1598) la disparition du respect de l’adversaire11 : défenestrations, exécutions sommaires, supplices au nom de Dieu. Dans un monde où la religion chrétienne est partout, où la culture est religieuse ou n’est pas (penser à P.GOUBERT : « la mort est au centre de la vie comme l’église est au centre du village »), la guerre au nom de Dieu devient prétexte aux pires exactions. Enfin, à ce moment précis, les armées deviennent également des armées d’Etat, puisqu’on commence à se méfier des mercenaires. Cette évolution a été parfaitement sentie et encouragée par Machiavel, lequel désire une armée de citoyens, nationale et permanente, autour de la figure renaissante du condottiere.12

La révolution culturelle commence quand on ne tient plus la guerre pour inévitable : la critique de la guerre fait naître une autre culture de guerre : Montaigne, Voltaire, Montesquieu, peuvent être cités ici. Songeons à ce passage de l’article « Guerre » du Dictionnaire philosophique : « Il se trouve à la fois cinq ou six puissances belligérantes, tantôt trois contre trois, tantôt deux contre quatre, tantôt une contre cinq, se détestant toutes également les unes les autres, s’unissant et s’attaquant tour à tour ; toutes d’accord en seul point, celui de faire tout le mal possible. Le merveilleux de cette entreprise infernale, c’est que chaque chef des meurtriers fait bénir ses drapeaux et invoque Dieu solennellement avant d’aller exterminer son prochain  ». La culture de guerre est une culture de la virilité et du pouvoir, travestissant et instrumentalisant la religion. Cette révolution culturelle s’ancre dans la croyance dans la foi et le progrès : la démocratie croit pouvoir vaincre la guerre en amenuisant le pouvoir du prince et en redéfinissant la souveraineté.


  1. le grand tournant de la Révolution française, première matrice de la culture de guerre républicaine:


La révolution change la donne, en diminuant le pouvoir du prince au profit de celui du peuple. Le principe de la souveraineté nationale fait de la guerre une affaire populaire, nationale. Dans ce cadre la lutte contre la guerre devient constitutive d’une nouvelle culture de guerre, fondée sur la lutte contre les tyrans qui veulent mettre à bas la démocratie. Le fait n’est pas nouveau, la Boétie dans son Discours sur la servitude volontaire ne disait pas autre chose.

Mais la Révolution met en valeur la Nation en guerre et rend légitime la guerre qui a pour but le rétablissement de la paix par la démocratie. La Révolution enfante donc de l’idée de la Grande Nation, perpétuellement en guerre pendant près de quinze années.13 La guerre, autre paradoxe de taille, devient le moyen de porter le flambeau de la Liberté aux autres nations. La culture de guerre est fondée sur la liberté ( ndlr : les Etats-Unis de G.W.Bush correspondent encore assez bien à ce modèle). Cette culture de guerre antimonarchique et libératrice est réutilisée au moment des révolutions de 1830 et 1848, dans une Europe encore largement autocratique. Mettant en quelque sorte fin à la société tripartite de Dumézil et Duby, c’est le moment où le soldat et le laboureur sont réunis en une seule et même personne, à travers le personnage de P.Chauvin (d’où le chauvinisme14).
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