Avant-propos : présentation du livre





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Des preuves d'abord astronomiques et géologiques


Deux approches totalement différentes ont permis de se rendre compte du bien-fondé de la théorie de l’impactisme terrestre. D'abord, une approche astronomique. Depuis la fin du XIXe siècle, on a découvert plus de 2000 petits astéroïdes (des EGA avec Dm < 0,100 UA) qui peuvent s'approcher fortement de la Terre. Certains sont d'origine planétaire, d'autres sont des noyaux de comètes mortes ou en sommeil. On sait maintenant d'une manière formelle et définitive qu'il s'agit là du "matériel", constamment renouvelé, qui frappe et meurtrit notre planète depuis 4,6 milliards d'années. Dans certaines circonstances, beaucoup plus rares (en 2006 moins de 100 NEC sont répertoriées), ce sont des comètes actives qui peuvent entrer en collision avec la Terre.

Il existe aussi un autre impactisme, totalement différent de l'impactisme "macroscopique" résultant des impacts d'astéroïdes et de comètes, que l'on nomme l'impactisme invisible ou particulaire qui concerne les divers rayonnements et les poussières cosmiques et qui a un rôle très important sur l'évolution des formes vivantes. Je l'étudierai en détail au chapitre 8. Il est principalement le champ d'étude des physiciens et des astrophysiciens.

La seconde approche est terrestre. Dès 1893, on a suggéré une origine cosmique pour le Meteor Crater de l'Arizona, hypothèse admise définitivement par tous en 1953 seulement. En 1908, avec le cataclysme de la Toungouska, en Sibérie, on a eu un bon exemple de ce qui se passe lorsqu'un petit astéroïde explose dans l'atmosphère, avec des dégâts au sol qui peuvent être impressionnants. Mais c'est surtout à partir de 1950, la découverte des premiers cratères météoritiques fossiles, les astroblèmes, sur le territoire canadien qui a démontré la réalité de l'impactisme terrestre. Les conséquences des impacts ont été longtemps incroyablement sous-estimées, quasiment jusqu'au début des années 1980, et elles réservent de belles surprises. L'histoire de l'impact qui a mis fin au règne des dinosaures a été largement popularisée, mais ce n'est qu'un exemple parmi d'autres.

Les impacts importants du passé ont libéré des énergies considérables, largement supérieures à celles engendrées par les grands cataclysmes purement terrestres, comme les éruptions volcaniques et les séismes. Ce sont les événements les plus cataclysmiques qui peuvent concerner notre planète et la vie qu'elle abrite. Si l'homme ne se détruit pas lui-même d'ici quelques milliers d'années, il sera peut-être le témoin, s'il ne détecte pas suffisamment tôt le projectile se précipitant vers la Terre, d'un impact important et de ses conséquences.

Rechercher les causes de l'impactisme historique et protohistorique


Dans le chapitre 1, je montrerai par le rappel de quelques textes et légendes anciens que l'idée de la Terre bombardée est loin d'être nouvelle. Notre planète a déjà été meurtrie dans un passé historique et protohistorique par des objets cosmiques qui ont effrayé les Anciens et contribué à la mise en place de concepts universels, comme le Chaos primitif, l'effondrement périodique de la voûte céleste et la rupture des "piliers du monde".

Pendant longtemps il fut de bon ton de se gausser de ces fables inventées par des ancêtres considérés comme quasi débiles, avec leur Terre plate et leurs dieux malveillants, mais les choses ont changé. Ce sera l'apanage des chercheurs de la prochaine génération d'apporter, sinon un point final, tout au moins une explication scientifique incontestable sur le pourquoi de certaines de ces légendes.

On a longtemps cru qu'il ne serait pas possible d'apporter des preuves à ce qui s'est réellement passé au cours de la protohistoire et de l'histoire ancienne. Eh bien si ! Depuis 1982, on commence à y voir plus clair. Ces preuves seront astronomiques mais multiformes, comme je l'expliquerai en détail dans des chapitres différents. Dans le chapitre 6, je montrerai que beaucoup d'astéroïdes ont des orbites semblables, qui dénotent probablement une origine commune pour de nombreux petits objets. Dans le chapitre 7, je parlerai de la comète P/Encke, une comète périodique à courte période en fin de vie active et de son association avec un important courant de météores, celui des bêta-Taurides. Je parlerai également d'objets connus depuis 1977 seulement : les astéroïdes extérieurs d'origine cométaire, connus sous le nom générique de centaures, et aussi de la ceinture de Kuiper et du nuage de Oort dont ils sont issus.

Quel rapport entre tous ces objets et les catastrophes cosmiques qui ont eu lieu dans l'Antiquité et la protohistoire ? C'est là que l'histoire devient extraordinaire, et même quasiment incroyable. Sans entrer dès maintenant dans le détail, que j'appréhenderai au fur et à mesure de certains chapitres, il faut rappeler que des objets de la ceinture de Kuiper, qui peuvent être soit des comètes, soit des astéroïdes, soit des objets mixtes astéroïdes-comètes, et dont le diamètre peut atteindre plusieurs centaines de kilomètres, sont chassés de cette ceinture (comprise entre 38 et 100 UA) à la suite de perturbations et sont injectés dans la partie du Système solaire intérieure à Neptune, la huitième planète principale. Ils deviennent alors des centaures, comme Chiron ou Pholus, objets à orbite chaotique dont l'espérance de vie sur ce genre d'orbites instables est très faible à l'échelle astronomique.

Suite à de nouvelles perturbations, ils peuvent être injectés dans un deuxième temps sur des orbites à courte période et très forte excentricité. Ces gros objets peuvent être alors brisés en une multitude de fragments, quelques gros, de nombreux moyens, d'innombrables petits et une infinité de poussières, consécutivement à une forte approche à Jupiter, Saturne, Uranus ou Neptune, mais peut-être aussi consécutivement à une très forte approche à Mars, la Terre, Vénus et même Mercure.

C'est probablement ce qui s'est passé, à une époque qui reste à définir avec une des planètes qui reste elle aussi à définir, pour un gros astéroïde-comète : Hephaistos. Cet objet mixte a généré après fragmentation plusieurs centaines de comètes, parmi lesquelles P/Encke, des milliers de mini-comètes aujourd'hui éteintes (mortes ou en sommeil pour certaines) et de très nombreux astéroïdes associés. Parmi tous ces débris hétéroclites par leur taille, leur forme et leur composition, certains sont déjà connus comme Hephaistos (le plus gros objet Apollo recensé avec un diamètre de 10 km, et qui donne logiquement son nom au géniteur de la famille) et Oljato dont j'aurai souvent à reparler, ainsi que l'essaim de poussières des bêta-Taurides. Pour rajouter à l'extraordinaire, je signale que de nombreux astronomes pensent que l'objet de la Toungouska (connu maintenant sous le nom d'Ogdy) était lui aussi un de ces fragments associés à P/Encke, et donc également à leur géniteur commun.

C'est le calcul astronomique, via l'ordinateur, outil et associé indispensable de l'astronome, qui a montré que P/Encke, Hephaistos, Oljato et beaucoup d'autres NEA connus et à découvrir ne formaient qu'un seul objet il y a seulement quelques dizaines de milliers d'années. Chacun de ces objets aujourd'hui autonomes subit ses propres perturbations et s'éloigne inexorablement des autres, mais l'origine commune ne semble pas faire de doute. On comprend déjà mieux la suite, même si les points d'ombre restent nombreux pour le moment. Hephaistos, ou l'un de ses premiers fragments, car la désintégration a pu avoir lieu en plusieurs étapes successives (et c'est probablement ce qui s'est passé, vu les différences constatées dans les inclinaisons et les excentricités de certains résidus), est venu dans la proche banlieue de la Terre, peut-être à plusieurs reprises, avant la désintégration finale. Il paraît évident que plusieurs de ces fragments ont heurté la Terre, car les deux orbites se coupaient ou étaient très voisines. Encore de nos jours, l'essaim des bêta-Taurides coupe la Terre fin juin et nous distille régulièrement chaque année une infime partie de sa matière sous forme de météores, et parfois comme en 1908, il nous octroie un morceau plus volumineux pour montrer que l'histoire n'est pas vraiment finie et que nous devons rester vigilants.

Hypothèse farfelue que celle de Hephaistos, qui se met lentement mais sûrement en place ? Sans doute pas. Plus de cinquante astéroïdes de la même famille ont déjà été découverts, et quand l'étude physique des différents fragments cométaires et planétaires pourra être entreprise, et certaines anomalies expliquées, une solution acceptable se dégagera d'elle-même, mettant fin à une très longue période de "ténèbres" (pas mythologiques ceux-là, mais bien historiques et scientifiques !).

Une chose est sûre en tout cas : l'histoire cosmique des hommes est beaucoup plus complexe qu'on le croyait, et toutes ces légendes et ces concepts qui ont toujours paru absurdes méritent d'être revisités à la lumière des connaissances actuelles, même s'il ne faut pas leur accorder une importance démesurée.

Comme je l'ai déjà dit, notre époque, même si elle est révolutionnaire à certains égards, n'est qu'un simple jalon dans la longue histoire des hommes et dans la connaissance qu'ils en ont, et chaque génération s'appuie sur les acquis de la précédente et prépare ceux de la suivante. Une relecture de Sénèque (2 av. J.-C.-65) et de ses Questions naturelles (12) me servira de conclusion :

" Soyons satisfaits de ce que l'on a déjà découvert et permettons à nos descendants d'apporter aussi leur contribution à la connaissance de la vérité...

Ne nous étonnons d'ailleurs pas que l'on amène si lentement à la lumière ce qui est caché si profondément...

La génération qui vient saura beaucoup de choses qui nous sont inconnues. Bien des découvertes sont réservées aux siècles futurs, à des âges où tout souvenir de nous sera effacé. Le monde serait une pauvre petite chose, si tous les temps à venir n'y trouvaient matière à leurs recherches. "

Ces phrases pleines de sagesse écrites par Sénèque au crépuscule de sa vie, entre les années 62 et 65 de notre ère, sont toujours d'actualité.
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