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X


À Saumur nous trouvâmes tout dans la confusion ; on ne savait où se loger ; les églises Saint-Jean, Notre-Dame-de-Nantilly et Saint-Pierre servaient d’hôpitaux pour les blessés. On se dépêchait de mettre la ville en état de défense ; les généraux et les représentants du peuple se rejetaient de l’un à l’autre la faute de notre défaite. Phélippeaux accusait Rossignol de trahir la république ; Rossignol accusait Canclaux et Phélippeaux de s’entendre avec les Anglais. L’indignation des soldats contre les héros à cinq cents livres n’est pas à dire ; on s’allongeait des coups de sabre tous les jours par douzaines.

En même temps, nous apprenions que les mauvaises nouvelles venues d’ailleurs étaient vraies ; que la colonne de Kléber, après avoir bousculé tous les gueux et ravagé leurs nids le long de la Sèvre, était arrivée près de Cholet, espérant finir une bonne fois la guerre civile ; mais que les autres, s’étant réunis à plus de quarante mille, avaient entouré les Mayençais à Torfou, entre Clisson et Mortagne, où s’était livré le plus terrible combat de cette campagne ; que Kléber, blessé d’un coup de feu dès le commencement, avait commandé jusqu’à la fin avec calme ; que ses soldats le portaient sur leurs fusils en brancard, mais qu’un bataillon de la Nièvre, chargé de défendre l’artillerie, s’étant laissé tourner, toutes nos pièces étaient tombées au pouvoir de la race ; qu’il avait alors fallu battre en retraite, au milieu de cette quantité d’êtres sauvages ; et que la retraite s’était faite en bon ordre, malgré l’acharnement des royalistes, qui n’avaient pu, durant six lieues, entamer un seul de nos bataillons. Les Mayençais avaient fait halte à Clisson, et pris une bonne position derrière la Sèvre, où les Vendéens n’avaient plus osé les attaquer. C’était donc une retraite honorable devant des forces bien supérieures, mais enfin c’était une retraite ; les Vendéens avaient gardé le champ de bataille ; ils pouvaient dire :

« Nous sommes restés maîtres chez nous, malgré vous ! »

Et nous n’avions rien à leur répondre.

Voilà ce que nous apprîmes.

L’idée que Lisbeth, Marescot et le petit Cassius s’étaient trouvés dans cette bagarre ne m’embellissait pas la chose ; je connaissais trop bien maintenant ces bons chrétiens de la Vendée, pour ne pas savoir que, si la voiture de ma sœur s’était embourbée quelque part, toute la couvée avait été hachée sans miséricorde. Cette idée me pesait sur le cœur.

Je recevais toujours ma ration au bataillon de la Sarthe, comme les camarades ; il en manquait plus d’un à l’appel, qui ne réclamait plus la sienne, mais cela ne pouvait pas durer longtemps ; l’ordre s’étant un peu rétabli dans la place, je reçus enfin ma feuille de route, que j’avais réclamée vingt fois ; elle était pour Angers, où la compagnie de canonniers Paris-et-Vosges était venue se reformer à la fin de septembre. Je ne comptais plus guère revoir Jean-Baptiste Sôme, Marc Divès et les autres amis de Landau, Worms, Spire et Mayence. C’est bien du soldat qu’on peut dire qu’il vit comme l’oiseau sur la branche ; – aujourd’hui, camarade, je te serre la main, nous mangeons, nous buvons, nous couchons ensemble ; nous sommes de bons et vieux amis ; et demain, s’il passe un coup de mitraille, je ne saurai plus même où repose ton corps ; s’il est dans une fosse avec dix ou quinze autres, ou si les renards l’ont mangé ! – Oui, c’est bien triste !

Enfin, une fois hors de Saumur, je me coupai un bâton dans la haie voisine, et je pris le chemin d’Angers. Il faisait toujours beau temps, mais l’automne venait, les feuilles tombaient. De loin en loin, des gardes nationaux gardaient les ponts sur le fleuve ; les villages étaient inquiets, on ne se fiait plus aux levées en masse, et l’on avait raison ; il aurait au moins fallu leur donner des fusils au lieu de piques ; les Vendéens en avaient bien, eux.

Sur la route, dans un petit village, je vis pourtant quelque chose qui me fit plaisir ; c’étaient plusieurs affiches à la porte fermée d’une église : d’abord le décret de la Convention ordonnant que l’armée serait commandée à l’avenir par un seul général ; ensuite sa proclamation à l’armée :

« Soldats de la liberté : il faut que les brigands de la Vendée soient exterminés avant la fin d’octobre. Le salut de la patrie l’exige, l’impatience du peuple français le commande, votre courage doit l’accomplir ! »

Et le dernier avertissement des représentants du peuple réunis à Saumur, aux révoltés :

« Des nobles et des prêtres, au nom d’un Dieu de paix et de bonté, vous excitent au meurtre et au pillage. – Que veulent ceux qui vous dirigent ? La royauté, l’esclavage, tous les anciens abus qui naguère pesaient sur nos têtes. Ils veulent la dîme, les aides, les gabelles, la banalité, la chasse, la corvée ; ils veulent vous attacher de nouveau à la terre, comme le bœuf qui trace vos sillons. – Nous, au contraire, que voulons-nous ? Nous voulons que tous les hommes soient égaux, qu’ils soient aussi libres que l’air qu’ils respirent, etc., etc. »

Tout cela faisait du bien, mais surtout l’ordre donné par la Convention d’exterminer la Vendée avant la fin du mois. Les trois quarts des hommes n’ont pas de confiance en eux-mêmes dans les moments difficiles, il faut absolument leur en donner, si l’on veut que les choses marchent.

Le 3 octobre, de bon matin, je rentrais dans la vieille ville d’Angers ; elle était encombrée de troupes prêtes à rejoindre la division de Fontenay, qui s’avançait de Bressuire dans le cœur de la Vendée. Il me fallut plus d’une heure pour retrouver ma compagnie, casernée dans une vieille bâtisse. Je voyais bien le drapeau de la 13e pendu sur la porte, mais les figures ne me revenaient pas, et j’allais ressortir du long corridor, pensant m’être trompé, quand le lieutenant René Belaton, qui passait, s’écria :

– Hé ! c’est toi, Bastien ! d’où diable sors-tu ? On te disait de l’autre monde.

Je lui répondis que j’arrivais de Saumur, et que j’avais été en subsistance à la compagnie de canonniers d’Eure-et-Loir. Un grand nombre d’autres nous entouraient, tout à coup j’en reconnus cinq ou six d’anciens qui riaient et disaient :

– C’est Bastien !... Tu n’es donc pas mort ?

Ils me donnaient la main, et presque aussitôt je vis le vieux Sôme qui venait, le nez en avant et regardant de loin ; le bruit s’était déjà répandu que Michel Bastien était en bas. En me revoyant il me tendit les bras, sans rien me dire et je vis qu’il m’aimait bien.

– Ah ! fit-il en me serrant, je suis content de te retrouver, Michel !

Nous étions véritablement attendris ; tous ces autres nous gênaient ; c’est pourquoi je dis à Sôme :

– Allons en face, au cabaret de maître Adam.

Et tout de suite nous partîmes, pour causer seuls à notre aise. Beaucoup de soldats et de bourgeois fréquentaient ce cabaret ; et là, les coudes sur la table, en face l’un de l’autre, en buvant du petit vin rouge de ce pays, qui est très bon, et cassant une croûte de pain, la première chose que je lui demandai fut si ma sœur, Marescot et le petit Cassius vivaient encore ; s’ils étaient réchappés de Torfou ?

– Sois tranquille, Michel, me dit-il, je les ai vus dans leur charrette, au milieu de la colonne de Dubayet, en retraite sur Nantes ; ils étaient tous sains et saufs ; j’ai même causé deux minutes avec Lisbeth en marchant près de la voiture ; elle avait un fusil, un sabre, près d’elle dans la paille, et tout ce qu’il lui fallait pour se défendre. J’aurais autant de confiance en elle dans les rangs qu’en Marescot ; c’est une gaillarde qui ne craindrait pas deux Vendéennes.

Il riait, moi j’étais content d’apprendre ces bonnes nouvelles ; cela me donnait patience pour le reste.

Sôme me raconta que le bataillon de la Nièvre était cause de tout le malheur, parce qu’au commencement de l’action nous avions eu le dessus, et que, la colonne pressant l’ennemi, ce bataillon, au lieu de rester à son poste pour soutenir les pièces, avait suivi le corps de bataille ; qu’alors les royalistes étaient tombés sur les canonniers en arrière et les avaient exterminés ; que Marc Divès, le grand Mathis des Quatre-Vents, Jean Rat et cinq ou six autres de notre connaissance se trouvaient dans le nombre, et que depuis la compagnie n’en avait eu ni vent ni nouvelles ; qu’il avait lui-même reçu deux coups de baïonnette, mais que, par bonheur, voyant nos dragons accourir, les Vendéens s’étaient dépêchés d’emmener les canons, sans achever les blessés comme à l’ordinaire, et qu’ainsi plusieurs autres de la compagnie avaient eu la chance d’en réchapper ; que son premier coup de baïonnette était dans la main droite, et le second dans le bras ; qu’il n’avait pourtant pas voulu se porter malade et que maintenant tout allait bien.

Sa main était encore bandée ; cela ne l’empêchait pas de tenir le verre et de rire en me regardant.

Nous restâmes là jusqu’à l’appel du soir, et puis nous rentrâmes nous coucher ensemble. La compagnie n’était encore que de trente-cinq hommes, mais il n’en faut que six pour manœuvrer une petite pièce ; on pensait nous compléter à Bressuire, et l’ordre de partir étant venu, on se mit en route le surlendemain 5 octobre 1793.

Nous avions de la cavalerie et de l’infanterie avec nous, et des charretiers aussi, qu’il fallait bien surveiller, malgré leurs bonnets rouges à grosses cocardes, car l’envie leur prenait toujours de dételer et de s’en aller à la nuit. Nous étions chargés de cela, n’ayant provisoirement aucun service à faire.

Je connaissais déjà les endroits où nous passions. La colonne du général Duhoux avait été défaite aux environs, et tous les soirs, aussitôt le soleil couché, nous entendions dans ces grandes plaines couvertes de landes, les loups et les renards, à droite et à gauche au fond des fourrés, traîner et se disputer les morts. Les grandes lignes rouges du ciel, les hautes broussailles sombres, les cris des bêtes sauvages et les petites cloches qui se répondaient d’un village à l’autre dans le silence, nous remplissaient de tristesse. Combien de fois alors je me suis rappelé le pays, et les prédications des réfractaires excitant les hommes à se battre, au lieu de les apaiser ; et les avertissements de Chauvel, à notre club, de nous méfier de la guerre ; et la bêtise affreuse de Valentin, qui voulait pendre tous les patriotes en l’honneur du comte d’Artois, l’homme selon Dieu ! et toutes les abominations qui nous avaient conduits là. Les hommes sont-ils donc faits pour se donner à manger aux fouines ? Est-ce que c’est la religion chrétienne ? Et le Christ, qu’aurait-il dit de ces barbaries terribles, causées par l’orgueil et l’avarice des prêtres et des nobles soi-disant établis par sa religion ? était-ce pour cela qu’il était venu sur la terre ?

Quelquefois aussi, le soir, des villages entiers désertaient à notre approche : hommes, femmes, vieillards, enfants, tout décampait avec les bœufs, les vaches et les chèvres bêlant et mugissant. Nous les voyions de loin qui s’éloignaient derrière les hautes fougères et les ronces, aux derniers rayons du soleil ; et presque toujours nous trouvions les puits comblés de morts, des pierres par-dessus. C’était un lieu de massacre. Naturellement on mettait le feu dans ces misérables bicoques. La colonne continuait son chemin, et toute la nuit nous voyions les flammes balayer le ciel, qui se remplissait de fumée à plus d’une lieue, surtout quand le feu prenait dans les herbes desséchées et les arbres du voisinage.

Au petit jour on s’arrêtait, on faisait la soupe ; des sentinelles se tenaient en faction au haut des collines. Il fallait toujours être sur ses gardes, car les plus dangereux ennemis veillaient autour de nous et nous suivaient pas à pas. Ils n’eurent pourtant pas occasion de nous attaquer en route. Après Doué, Montreuil, Thouars, nous arrivâmes à Bressuire, le 9 octobre, au moment où les colonnes de Saumur et de Fontenay, qui venaient de faire leur jonction la veille, partaient ensemble pour Châtillon.

Le général de division Chalbos commandait en chef ; Westermann était à la tête des chasseurs bourguignons, dits de la Côte-d’Or, et d’un escadron des hussards de l’Égalité. Ce Westermann, natif de Molsheim, près de chez nous, avait une grande réputation de bravoure et même de férocité ; pas un autre général ne connaissait la Vendée comme lui ; il avait brûlé quelques mois avant, dans ces mêmes cantons, les châteaux de Lescure et de La Rochejaquelein, et des villages, des églises, des couvents sans nombre ; on rencontrait partout des ruines.

Comme notre compagnie arrivait au moment du départ, toute fatiguée de la route, et qu’elle n’était pas au complet, on nous chargea de surveiller l’envoi des munitions qui devaient suivre la colonne. Il paraît que l’ennemi n’était pas loin, car, l’armée s’étant mise en marche vers neuf heures du matin, les derniers détachements défilaient encore en ville, le fusil sur l’épaule, en allongeant le pas, que le canon commençait à gronder. Nous autres, au parc d’artillerie, chargions boulets, obus, boîtes à mitraille sur des charrettes pleines de paille, que des ci-devant chasseurs de Rosenthal escortaient, pressant les voituriers et fouettant les chevaux.

Et comme vers midi le roulement de la canonnade tonnait coup sur coup, nous maudissions de tout notre cœur ce service qui nous tenait là cloués dans un parc, pendant que les camarades se battaient. Le père Sôme en grinçait des dents ; je le voyais aller et venir, tout pâle d’indignation ; au lieu de vous passer les boulets, il aurait voulu vous les jeter à la tête. Le lieutenant de la compagnie, un tout jeune homme, nous tournait le dos sur la porte, entre les palissades, en sifflant ; chaque fois qu’une voiture partait, il allongeait un coup de cravache aux chevaux, qui les faisait galoper à cent pas, malgré la charge.

C’était véritablement dégoûtant pour des volontaires de faire un pareil métier ; et ceux de mon temps, quand ils voient passer aujourd’hui ce beau service du train, ces bonnes voitures solides comme du fer, ces magnifiques chevaux, la croupe ronde et luisante, ces braves soldats carrés, trapus, le fond de la culotte en cuir, l’habit veste en bon drap, le shako bien planté, et le bel ordre des munitions dans les caissons, les fusées de chaque obus ou bombe bien coiffées contre la pluie avant de s’en servir ; enfin en voyant tout cela, les vieux comme moi sont forcés de reconnaître que c’est tout autre chose qu’en notre temps, et que si les contributions n’étaient pas trop augmentées, il faudrait avouer que nos petits-enfants ont profité de notre expérience dans la guerre et fait de véritables progrès. Mais la question des contributions gâte tout, et si je n’étais pas forcé de continuer cette histoire, j’aimerais à m’étendre sur cela. Continuons d’abord, nous verrons plus tard les contributions.

Pendant que les boulets nous passaient ainsi de main en main, tout le peuple et les bourgeois de Bressuire couraient hors de la ville et gagnaient les hauteurs, pour voir de loin la bataille. Nous les entendions revenir en disant :

– L’affaire est au bois du Moulin-des-Chèvres.

D’autres disaient :

– Elle est aux Aubiers.

Quelquefois, de grandes rumeurs s’élevaient ; on croyait entendre autre chose que le canon ; mais les bois du Moulin-des-Chèvres étant à plus de deux lieues, c’était un rêve, comme il en arrive dans des occasions pareilles.

Sur les quatre heures, nos premières charrettes, parties avec des munitions, revenaient déjà pleines de blessés : grenadiers, chasseurs, hussards, canonniers, pêle-mêle, la tête bandée, le bras en écharpe, les jambes fracassées, la paille pleine de sang ; et l’on déchargeait... on déchargeait tout le long de la grande rue, en plein air.

Les médecins, les chirurgiens, les apothicaires en tablier blanc, leurs boîtes de couteaux ou leurs paquets de linge sous le bras, arrivaient et s’agenouillaient là, dans la foule qui regardait et frémissait. On entendait des cris, et puis des files de gens se sauvaient ! Des femmes courageuses venaient aider ; c’étaient des allées, des venues ; les brancards passaient ; toutes les maisons étaient ouvertes ; on allait à la plus proche, et puis à l’autre plus loin, ainsi de suite ; chacun prêtait son lit, son linge, tout ce qu’il avait.

Quand on voit que les gens sont si bons pour les blessés, l’idée vous vient naturellement qu’ils n’auraient pas besoin d’être si bons, s’ils avaient le bon sens de s’entendre entre eux et de s’opposer à la guerre de toutes leurs forces. Malheureusement avec les Vendéens ce n’était pas possible ; ces pauvres êtres ne savaient pas même qu’ils se battaient au profit de traîtres qui voulaient livrer le pays aux Anglais, et qui s’entendaient avec les Prussiens, dont ils réclamaient la capitulation contre nous. Ils ne savaient rien ! et soutenaient la servitude contre les lois sages et justes votées par les représentants de la nation. Il fallait donc nous laisser exterminer, ou détruire cette race de fond en comble, mais cela n’empêchera pas de reconnaître qu’elle avait du courage, et que toute notre force n’était pas de trop pour en venir à bout.

À cinq heures, le général de brigade Chabot, seul sur un brancard porté par deux grenadiers, arriva, déjà mort. Je l’ai vu passer, il avait une balle derrière l’oreille ; on disait qu’il avait crié « Vive la république ! » Mais, en voyant ce trou noir, large comme la main, c’était difficile à croire, et je pense que des amis avaient crié pour lui, sachant que c’était le dernier cri d’un vrai patriote.

Vers six heures, le bruit du canon avait cessé ; les charrettes, les fourgons, les caissons vides encombraient la route et les rues ; il commençait à faire nuit, les bourgeois éclairaient le devant de leurs maisons avec des torches, et les médecins continuaient à tirer des balles, à couper des bras et des jambes, sans se laisser distraire par les cris, par les paroles ou le passage de la foule. Je me rappelle qu’à la nuit close, un hussard, un vieux à longues moustaches grises, arriva sur son cheval ; il n’avait pas l’air d’être blessé. Comme l’encombrement l’empêchait d’avancer, il s’arrêta devant le parc, et notre lieutenant lui demanda si le combat était fini.

– Oui, dit-il, les brigands sont en déroute depuis deux heures ; une colonne les poursuit du côté de Neuillé, à droite ; le village est en feu ; Westermann les poursuit à gauche, sur la route de Châtillon ; il doit être arrivé maintenant.

Cet homme parlait tranquillement ; mais ayant voulu mettre pied à terre, nous vîmes qu’il avait un coup dans le ventre ; il s’affaissa contre les palissades, et s’étendit tout de son long, les yeux fermés. Le lieutenant cria de chercher un médecin, seulement comme le hussard se roidissait et rouvrait les yeux, il reconnut que ce brave venait de rendre son âme, et rappela le canonnier qui partait.

Presque en même temps nous entendions au loin s’élever le chant de la
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