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XI


Les Vendéens, postés à Varade, en face de nous, pouvaient se porter sur Nantes ou sur Angers sans obstacles. Léchelle proposa de les poursuivre en traversant le fleuve à la nage, car nous n’avions pas de bateaux ; il soutenait son plan contre les représentants Carrier, Bourbotte, Merlin de Thionville et contre tous les généraux. Mais lorsque Merlin lui dit qu’il devrait donner le bon exemple, en nageant à la tête de la 1re division, cela le radoucit, et cet homme terrible se laissa persuader de former trois colonnes, dont une irait au secours de Nantes, l’autre au secours d’Angers, et dont la troisième passerait la Loire à Saint-Florent, lorsque les deux autres auraient tourné la position des Vendéens.

Je partis avec celle de Marceau pour Angers.

C’est vers ce temps que nous apprîmes la grande victoire de l’armée du Nord à Wattignies, sur les Autrichiens. C’était la première fois qu’on entendait parler chez nous de Jean-Baptiste Jourdan, un ancien épicier de Limoges, parti comme volontaire avec le 2e bataillon de la Haute-Vienne, et qui maintenant venait de sauver la France, en écrasant le prince de Cobourg devant Maubeuge. Cela seul montrait que les temps étaient bien changés, puisque les ci-devant épiciers devenaient généraux en deux ans, et battaient la noble race des conquérants.

Nous apprîmes aussi que Marie-Antoinette venait d’être guillotinée et que les girondins étaient mis en jugement. Mais ces nouvelles, auprès de la grande victoire dont tout le monde parlait, ne produisirent en quelque sorte aucun effet, les listes d’aristocrates affichées derrière les gazettes vous avaient rendu ces choses familières, et la cruauté de nos ennemis, lorsqu’ils avaient le dessus, vous ôtait toute pitié pour leurs amis.

Nous ne fîmes que traverser Angers, parce que les Vendéens avaient déjà levé le pied de Varade, et qu’ils marchaient sur Laval. L’épouvante était en ville, car les brigands sur leur chemin répandaient le sang en masse ; partout le tocsin sonnait ; des reconnaissances avaient été poussées jusqu’aux environs de la place, et l’adjudant général Savary refoulé de poste en poste avec perte. On savait que le général des royalistes, Bonchamp, venait de mourir, et qu’un jeune homme, La Rochejaquelein, après s’être rendu maître de Château-Gontier, avait laissé fusiller par des soldats ivres, un échevin patriote et le juge de paix de la ville. Qu’on se figure l’inquiétude des honnêtes gens, en apprenant de pareilles barbaries commises sans nécessité. Ceux qui, depuis soixante et dix ans, nous reprochent les guillotinades, devraient bien se rappeler qu’ils n’ont jamais eu de ménagements pour le genre humain quand ils étaient les plus forts.

Partis de là, les Vendéens avaient bousculé six mille hommes en avant de Laval et fusillé tous les patriotes sans miséricorde ; des quantités de nobles bretons venaient les rejoindre. Voilà ce que nous apprîmes en passant à Angers ; et, sans perdre une minute, il fallut se remettre en route pour rallier les deux autres colonnes aux environs de Château-Gontier, sur la Mayenne.

Il faisait un temps abominable ; tout ce jour, avec nos pieds nus, nos pantalons de toile, nos habits usés et déchirés, en marchant dans la boue, la pluie sur le dos, nous sentîmes que la fin des beaux jours était arrivée, et que nous allions bientôt voir l’hiver. Quelle triste chose de tirer les chevaux par la bride, de pousser aux roues dans le brouillard, de crier cent fois : « Hue ! » le ventre creux, et le vent soufflant dans toutes les loques de votre vieil uniforme ! Ah ! malgré soi, l’idée vous vient souvent qu’il vaudrait mieux être mort.

Les deux autres colonnes, arrivées de la veille, bivaquaient autour de Château-Gontier, une vieille petite ville alors dans la désolation. Il faisait nuit lorsque nous arrivâmes. Depuis environ deux heures, l’avant-garde, conduite par Westermann, était aux prises avec l’ennemi. Dans les rues, on écoutait les bourgeois se demander des nouvelles d’un air d’épouvante ; on ne savait rien, l’avant-garde avait six lieues d’avance ; elle était de quinze cents à deux mille hommes. Sur les dix heures du soir, au moment où nous venions de prendre notre ordre de campement, elle revint en déroute, infanterie, cavalerie pêle-mêle. Westermann, le plus brave général de cavalerie, mais aussi le plus imprudent, s’était laissé prendre dans une embuscade, à deux lieues de Laval ; il avait perdu beaucoup de monde, et, sans la nuit, nous aurions peut-être vu les Vendéens arriver à ses trousses.

Cela commençait mal sur la rive droite de la Loire. Et les ordres, les contre-ordres, les allées et les venues autour du quartier général, la mauvaise humeur des officiers en sortant de la tente où Léchelle réglait son plan et se disputait contre les autres généraux, toute cette confusion que le moindre soldat voyait et dont chacun parlait sans gêne autour des feux de bivac, tout cela n’augmentait pas beaucoup notre confiance ; on n’avait pas envie de dormir, et quand les hommes ne dorment pas, quand ils s’inquiètent les uns les autres, c’est mauvais signe.

Personne, pas même les Parisiens, n’avait confiance en Léchelle, mais lui tenait à se relever dans la bonne opinion de l’armée ; il n’écoutait plus les conseils ; il était le maître, et les représentants, excepté Merlin de Thionville, le soutenaient tous. Ces représentants avaient la consigne de se méfier des généraux, et quand on songe à Lafayette, à Dumouriez, à tous ceux qui depuis trois ans avaient essayé de trahir le pays, il faut dire que ce n’était pas étonnant.

L’armée se mit en mouvement après avoir fait la soupe comme on pouvait. J’aurais bien voulu voir ma sœur avant de partir, mais elle était avec la division Beaupuy, qui marchait en tête, et quand nous arrivâmes sur le vieux pont de Château-Gontier, elle avait défilé depuis longtemps. Les Vendéens venaient hardiment à notre rencontre pour livrer bataille, ils se dépêchaient de gagner les hauteurs en avant du gros bourg d’Entrames.

Westermann, qui s’était remis de sa déroute, et le général Danican arrivèrent avant eux et ne manquèrent pas d’occuper ces positions, chose qui tombait sous le bon sens du premier venu ; malheureusement, Léchelle, qui les suivait avec les bataillons de la formation d’Orléans, leur envoya l’ordre d’évacuer les hauteurs et de venir se former en colonne serrée. On pense si cela leur fit de la peine d’être forcés d’obéir à cet animal ; mais comme ils auraient risqué leur tête en lui résistant, ils descendirent tout de suite. Les Vendéens durent bien rire, car aussitôt après ils arrivèrent et nous les vîmes de loin s’allonger sur ces collines en y menant leurs pièces.

Naturellement les divisions de Kléber et de Beaupuy, qui marchaient en première ligne, se déployèrent à droite et à gauche pour les tourner. Alors eux se précipitèrent en masse sur les bataillons de la formation d’Orléans, qui se trouvaient au centre. L’affaire devint générale, et, comme il n’y avait pas de plan arrêté, chaque division se battit pour son propre compte. Mais les Vendéens, cette fois, occupaient les bonnes positions ; leur mitraille se mit à nous faucher d’une manière épouvantable, sans parler des milliers de tirailleurs qui nous entouraient et nous ajustaient à coup sûr.

Pour comble de malheur, les bataillons de la formation d’Orléans, à la deuxième ou troisième décharge, se débandèrent en criant : « Sauve qui peut ! » Léchelle, au lieu de les rallier, partit ventre à terre, en défilant devant nous avec son tas de lâches. Les Vendéens couraient derrière eux, la baïonnette dans les reins ; en arrivant devant nous ils s’arrêtèrent pour nous attaquer en colonne. Alors tout était en feu ; vous dire de quel côté les balles et la mitraille nous venaient, j’en serais bien embarrassé ; au milieu d’une si terrible attaque, on ne pense qu’à charger, à voir un peu dans l’épaisse fumée, le feu de l’ennemi et à tirer. Quand l’un ou l’autre des camarades tombe, on se dépêche de relever l’écouvillon et de faire son service ; c’est tout simple, chacun défend sa propre peau.

Nous restâmes là durant cinq heures, depuis midi jusqu’à la nuit. Marceau était à pied depuis longtemps, son cheval ayant eu la tête emportée. Les rangs s’éclaircissaient de minute en minute. Je voyais toujours le père Sôme près de moi, tout pâle, les dents serrées et son grand nez crochu courbé sur la lèvre ; il pointait ; moi, premier servant de gauche, je me balançais avec le camarade en face, comme une horloge ; on n’avait pas besoin de commander : « À vos postes ! En action ! Écouvillonnez ! Chargez ! Refoulez ! » cela marchait tout seul.

À l’approche de la nuit, la moitié de nos pièces étant démontées, celle où nous étions ayant perdu une roue, et nos caissons étant vides, on se dépêcha d’enclouer les canons qu’on ne pouvait emmener, d’atteler les chevaux aux autres et de se mettre en retraite. Les divisions de Kléber et de Beaupuy, l’une devant nous, l’autre derrière, à droite, tenaient encore. Les Vendéens nous suivaient avec un acharnement extraordinaire. Nous reculions, sans nous sauver comme des lâches ; on chargeait son fusil en marchant et l’on se retournait pour tirer ; et quand on entendait les autres courir, on se resserrait pour les attendre à la baïonnette.

Mais ici je vais vous raconter quelque chose de terrible. Nous marchions en arrière depuis environ une heure ; tout était sombre, et l’on ne se voyait plus qu’à la lueur des feux de file, lorsque, dans ce grand fracas de la bataille, parmi les roulements de la fusillade, les coups de canon qui tonnent, le bruit de la mitraille qui casse tout et les cris de ceux qui tombent, j’entendis des cris bien autrement épouvantables. Nous approchions d’un petit village où la division Beaupuy tenait contre des milliers de Vendéens ; les gueux nous avaient tournés, et ces cris terribles, c’était ma sœur Lisbeth qui les poussait d’une voix qu’on entendait par-dessus le tumulte de la déroute, car alors les deux divisions, en se rapprochant, tout éclaircies par le combat, se mêlaient l’une dans l’autre. Lisbeth criait :

« Lâches !... lâches !... Vive la république !... Vaincre ou mourir ! »

Alors, dans le mouvement de la retraite, je me trouvais hors des rangs sur la droite du bataillon. Je courus du côté des cris, et tout à coup, qu’est-ce que je vis ? Au coin d’une vieille baraque de ce village, la charrette de ma sœur arrêtée, une dizaine de Vendéens autour, et Lisbeth debout sur le timon, qui se défendait comme une furieuse, repoussant à coups de baïonnette ceux qui essayaient de monter dans la voiture et les traitant de lâches. La baraque brûlait ; les Mayençais, tout au fond de la petite rue noire, avaient une chemise pleine de sang au bout d’une perche pour drapeau ; la chemise de Beaupuy, qu’il leur avait donnée comme signe de ralliement et de vengeance. Ils tenaient ferme ! La ruelle était pleine de morts entassés ; les Vendéens arrivaient de tous côtés, criant : « Vive le roi ! » Mais dans tout cela, je ne voyais que ma sœur, et j’arrivai près de la charrette comme un loup, renversant, bousculant tout devant moi. Je criais :

« C’est moi, Lisbeth !... courage !... »

En moins d’un instant, j’avais mis quatre ou cinq de ces Vendéens à terre, sans recevoir une égratignure ; les autres se dispersèrent, croyant peut-être que des camarades me suivaient. Il fallait profiter du temps ; mais voyez ce qu’on peut appeler le cœur d’une mère ; en me reconnaissant, Lisbeth ne pensait plus qu’à sauver son petit, elle me criait :

« Sauve-le, Michel !... Tiens, prends-le ! va-t’en ! Ils reviennent !... Ils vont revenir !... »

Mais je ne voulus pas l’écouter ; j’empoignai le cheval par la bride et je le traînai par-dessus les tas de morts et de blessés, dans la rue en feu. Ces animaux ne veulent pas marcher sur les morts, il faut les traîner. Les Mayençais, un peu plus loin, nous laissèrent entrer dans les rangs, et c’est là que Lisbeth, voyant qu’elle était sauvée et son enfant aussi, criait, les deux mains en l’air :

– Vive la république !... À mort les tyrans !...

Elle ne s’inquiétait pas de Marescot, et serrait son petit Cassius comme une bienheureuse.

Quelques instants après, le bataillon s’étant mis en retraite, Marescot, qui se battait à l’autre bout du village, arriva. Ce pauvre diable croyait sa femme et son enfant perdus ; il était blessé d’un coup de feu et marchait la main cramponnée à l’échelle de la voiture, regardant les êtres qu’il aimait, et me serrant aussi la main pour me remercier.

Quant à savoir ce que nous allions devenir, si nous allions à Château-Gontier ou bien ailleurs, personne n’aurait pu le dire. On repartit en abandonnant canons, munitions, bagages. Les Vendéens reconnaissant qu’ils ne pouvaient enlever ce village assez vite, s’étaient portés plus loin, pendant que tout le reste de leur armée, à près d’une demi-lieue en arrière, vers le pont d’Entrames, s’acharnait sur la division Kléber, qui soutenait seule cette retraite horrible.

J’avais repris le cheval par la bride. Nos compagnies étaient réduites à vingt, trente hommes ; un grand nombre blessés. Il pleuvait ; nous marchions serrés, en nous éloignant le plus vite possible du village et du feu de notre arrière-garde, qui brillait en zigzag sur la plaine sombre. L’idée que Kléber était là nous rendait à tous confiance. Au milieu du bataillon flottait la chemise rouge du brave général Beaupuy. Tout le restant de cette nuit se passa sans être attaqués de nouveau. Les Vendéens en avaient assez. Malgré cela, je dois le dire, nous étions en déroute, et pour la première fois les Mayençais fuyaient devant des paysans, par la faute d’un misérable général, qui lui-même avait donné le signal de la déroute, en se sauvant à toute bride.

Nous arrivâmes à Château-Gontier, le matin au petit jour ; là, je vis avec un véritable attendrissement nos deux pièces sauvées de la débâcle, et le vieux Sôme auprès, qui les nettoyait d’un air de satisfaction. Il m’avait aussi cru dans les morts et me cria :

– C’est toi !... Les brigands ne t’ont pas enlevé la perruque ?

Les cinq ou six canonniers, derniers restants de notre ancienne compagnie Paris-et-Vosges, vinrent regarder dans la voiture le petit Cassius qui riait, gros et joufflu, sans se douter de quelle abominable boucherie nous venions de sortir. Si celui-là n’est pas devenu sourd, c’est bien étonnant, car il peut se vanter d’en avoir entendu du bruit, dans son enfance. Les plus grands princes, auxquels on tire cent un coups de canon pour leur ouvrir les idées en venant au monde, n’ont entendu que de la pauvre musique auprès de lui.

Marceau venait de rallier quinze à dix-huit cents hommes devant Château-Gontier ; il avait fait mettre nos deux pièces en batterie sur le pont, et Kléber étant arrivé le dernier avec les débris de sa colonne, les Vendéens qui le poursuivaient furent arrêtés court. Mais on apprit bientôt qu’ils avaient passé la Mayenne au-dessus de la ville, ce qui nous força de continuer notre retraite jusqu’au Lion-d’Angers.

Pour vous peindre notre état, je n’ai qu’à vous rapporter les paroles de Kléber, indigné de ce que Léchelle et ses héros à cinq cents livres étaient allés s’abriter derrière les murs d’Angers. « Figurez-vous, dit-il, un tas de malheureux mouillés jusqu’aux os, sans tentes, sans paille, sans souliers, sans culotte, quelques-uns sans habits, grelottant de froid, et n’ayant pas un seul ustensile pour faire leur soupe. Figurez-vous les drapeaux entourés de vingt, trente ou cinquante hommes au plus, criant à l’envi : « Les lâches sont à l’abri, et nous périssons ici dans la misère ! »

C’était la triste vérité ; Léchelle n’avait aucun droit d’être général en chef ; il n’était arrivé là qu’en flagornant la canaille et se donnant lui-même le titre de général des sans-culottes. J’appelle canaille cette quantité de fainéants, d’ivrognes, de braillards, d’ambitieux sans talent, de dénonciateurs, toute cette race de gens qui vivent aux dépens des autres et que les plus grands ennemis du peuple appellent des républicains, pour faire croire que les paysans, les ouvriers courageux, les travailleurs économes, sont de la même espèce. Ces gens-là, malheureusement, avaient une grande influence par leurs cris et leurs dénonciations dans les clubs. Tant qu’ils braillaient, on les croyait terribles, mais quand on les avait vus comme nous sur le champ de bataille, ils vous produisaient autant d’effet que ces vieux chapeaux sur un torchon de paille qu’on plante dans les blés pour effrayer les moineaux. Les Vendéens auraient bien voulu n’en avoir à combattre que de pareils.

Arrivés à la petite ville de Lion-d’Angers, nous prîmes position de l’autre côté de la rivière, à droite et à gauche du pont-levis ; Marceau fit garnir le redan de tirailleurs, et les Vendéens s’étant présentés, deux volées de mitraille les tinrent à distance ; ce furent les dernières de cette bataille sanglante.

Les royalistes avaient pris leur revanche de Cholet ; cela montre la différence d’être commandé par un général ou par un âne.

Après cette victoire d’Entrames, les Vendéens crurent avoir tout gagné
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