Parcours de lecture : lire le romantisme





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Envoyé par Sandra.
Parcours de lecture : LIRE LE ROMANTISME

Jacques Bony, coll. Dunod, 1992.

QU’EST-CE-QUE LE ROMANTISME ?

Une définition possible ?
« Emprunté aux langues allemande et anglaise, l’adjectif romantique s’est d’abord appliqué aux paysages (…) Dès 1804, Senancour mettait l’accent sur l’essentiel : le romantisme n’est pas dans le paysage, mais dans l’effet qu’il produit, dans l’accord établi avec la sensibilité. »
« Le romanesque séduit les imaginations vives et fleuries ; le romantique suffit seul aux âmes profondes, à la véritable sensibilité[…]

Les effets romantiques sont les accents d’une langue primitive que les hommes ne connaissent pas tous, et qui devient étrangère à plusieurs contrées. »

Senancour, Oberman, 1804.
« Le nom de romantique a été introduit nouvellement en Allemagne pour désigner la poésie dont les chants des troubadours ont été à l’origine, celle qui est née de la chevalerie et du christianisme. »

Mme de Staël, De l’Allemagne, 1810. 2ème partie, ch. XI.


  • Romantisme et classicisme s’opposent.

  • Les romantiques veulent « échapper aux limites de genre ».


« Le romantisme est l’expression la plus récente, la plus actuelle du beau […] Qui dit romantisme dit art moderne. »

Baudelaire, Salon de 1846.


  • « Conscience douloureuse, contradictions et déchirements sont ainsi à leur place dans un mouvement qui découvre la relativité du Beau. »




  • Une crise de la conscience

«  La conscience de la modernité, du relativisme, aiguisée par les bouleversements historiques, a changé le regard que l’homme portait sur lui-même et le monde. C’est dans le regard, c’est dans cette perception, que Baudelaire place l’essence de la modernité romantique dont nous n’avions cité qu’une partie de la définition :
« Qui dit romantisme dit art moderne – càd intimité, spiritualité, couleur, aspiration vers l’infini […] »

Baudelaire, Salon de 1846.
En ce qui concerne les artistes :
« Le romantisme n’est précisément ni dans le choix des sujets ni dans la vérité exacte, mais dans la manière de sentir. »

Baudelaire, Salon de 1846.

L’affirmation du moi, de la singularité, de l’unicité de la perception de chacun, pousse à la limite le relativisme. »

Rousseau déjà proclamait « la représentation de l’univers à partir de ses sensations ».

« Moi seul. Je sens mon cœur et je connais les hommes. Je ne suis fait comme aucun de ceux que j’ai vu ; j’ose écrire n’être fait comme aucun de ceux qui existent : si je ne vaux pas mieux, au moins je suis autre. »

Rousseau, Les Confessions, I.



  • Reconnaissance de l’individu et de ses sentiments.


« Témoin ou héritier, des grands bouleversements de l’Histoire, l’homme romantique se sent étroitement lié à son temps, coupé du passé par une fracture irrémédiable, il est l’homme en situation. En outre, se découvrant comme existence et non plus comme essence, il prend conscience du rôle du temps dans la formation de sa personnalité.

C’est donc dans cette logique que l’expression du moi et l’intérêt apporté à l’histoire individuelle envahissent la littérature et les arts. »

« Chateaubriand, Stendhal, Berlioz écrivent des Mémoires dans lesquels, au contraire de ce que faisaient Joinville ou Saint-Simon, le projecteur est plus souvent braqué sur le mémorialiste que sur son temps. »
« J’écris principalement pour rendre compte de moi à moi-même. »

Chateaubriand, Mémoires de ma vie, 1882, I.
« Je vais avoir cinquante ans, il serait bien temps de me connaître. Qu’ai-je été, qui suis-je en vérité, je serais bien embarrassé de le dire. »

Stendhal, Vie de Henry Brulard, 1833, ch. I.
« Le moi romantique, si violemment porté sur le devant de la scène, a honte d’être individuel et se hâte d’affirmer qu’il représente tous ses contemporains :
« Si j’étais destiné à vivre, je représenterais dans ma personne, représentée dans mes mémoires, les principes, les idées, les catastrophes, l’épopée de mon temps, d’autant plus que j’ai vu finir et commencer un monde, et les caractères opposés de cette fin et de ce commencement se trouvent mêlés dans mes opinions. »

Chateaubriand, dans Mémoires d’Outre-Tombe, 1833.
ou de proclamer qu’il est semblable à eux :
« Ma vie est la vôtre, votre vie est la mienne, vous vivez ce que je vis, la destinée est une […] quand je vous parle de moi, je vous parle de vous. Comment ne le sentez-vous pas ? Ah ! insensé que je ne suis pas toi ! »

Victor Hugo, préface des Contemplations, 1856.
« Hypocrite lecteur, mon semblable, mon frère. »

Baudelaire, Les Fleurs du Mal, 1857, «Au lecteur ».


Une constante : les « mals du siècle »



  • Le bruit des batailles.

« C’est le sort de Julien Sorel, le héros de Stendhal. Ce fils de paysan, lecteur assidu du Mémorial de Sainte Hélène, voue à l’empereur un véritable culte et rêve de s’égaler à lui. »

« Julien debout sur un grand rocher regardait le ciel, embrasé par un soleil d’août. Les cigales chantaient dans le champ au-dessus du rocher, quand elles se taisaient tout était silence autour de lui. Il voyait à ses pieds vingt lieues de pays. Quelque épervier parti des grandes roches au-dessus de sa tête était aperçu par lui, de temps à autre, décrivant en silence ses cercles immenses. L’œil de Julien suivait machinalement l’oiseau de proie. Ses mouvements tranquilles et puissants le frappaient, il enviait cette force, il enviait cet isolement.

C’était la destinée de Napoléon, serait-ce un jour la sienne ? »

Stendhal, Le Rouge et le Noir, 1830, I, 10.



  • Le désenchantement.

« Les uns se mettront à l’écart de cette société et choisiront la marginalisation, fût-elle

sans gloire et liée à une éternelle bohème, c’est l’attitude dépeinte par Nerval dans le 1er chapitre de Sylvie où les composantes métaphysiques et sociales du mal du siècle sont mises en évidence :
« Nous vivions alors dans une époque étrange, comme celles qui d’ordinaire succèdent aux révolutions ou aux abaissements des grands règnes.[…] c’était un mélange d’activité, d’hésitation et de paresse, d’utopies brillantes, d’aspirations philosophiques ou religieuses, d’enthousiasmes vagues, mêlés de certains instincts, - quelque chose comme l’époque de Pérégrinus et d’Apulée.[…] L’ambition n’était cependant pas de notre âge, et l’avide curée qui se faisait alors des positions et des honneurs nous éloignait des sphères d’activité possibles. Il ne nous restait pour asile que cette tour d’ivoire isoler de la foule. A ces points élevés où nous guidaient nos maîtres, nous respirions enfin l’air pur des solitudes, nous buvions l’oubli dans la coupe d’or des légendes , nous étions ivres de poésie et d’amour. »

Nerval, Sylvie.
Cette attitude de refus sera à l’origine de la doctrine de « L’Art pour l’Art » (…). D’autres s’emploieront à changer cette société, s’engageront dans le combat politique, comme Lamartine ou, après bien des hésitations et non sans regret, Victor Hugo :
« Pourquoi t’exiler, ô poète,

Dans la foule où nous te voyons ?

Que sont pour ton âme inquiète

Les partis, chaos sans rayons ? […]

- Hélas ! hélas dit le poète,

J’ai l’amour des eaux et des bois ; […]

Mais, dans ce siècle d’aventure,

Chacun, hélas ! se doit à tous […]
Le poète en des jours impies

Vient préparer des jours meilleurs.

Il est l’homme des utopies ;

Les pieds ici, les yeux ailleurs. »


  • L’ennui et l’impuissance

« Pour le poète, l’idéal est irrémédiablement relégué ailleurs, dans un monde exotique en partie imaginaire,
« Vers un autre océan où la splendeur éclate,

Bleu, clair profond ainsi que la virginité […]

Comme vous êtes loin, paradis parfumé

Où sous un clair azur tout n’est qu’amour et joie ».

Baudelaire, Les Fleurs du Mal, « Moesta et errabunda »
Dans l’univers perdu de l’enfance :


« Mais le vert paradis, des amours enfantines,

L’innocent paradis plein de plaisirs furtifs ».

Baudelaire, Les Fleurs du Mal, « Moesta et errabunda »
La révolte sans prise sur le réel se dilue dans une quête désespérée d’autre chose, que la débauche, les « paradis artificiels », donneront un instant l’impression d’atteindre, mais dont seule la mort ouvrira la route.
« Nous voulons, tant ce feu nous brûle le cerveau,

Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu’importe ?

Au fond de l’Inconnu pour trouver du nouveau ! »

Baudelaire, Les Fleurs du Mal, « Le Voyage »


  • La crise de l’image féminine

« Au milieu de l’effondrement des idéaux, l’amour représente le dernier refuge

possible ; l’époque romantique retentit de passions exaltées, réelles ou transposées dans des romans, d’élans du cœur lyriques, voire des thèses métaphysiques : seul accès ici-bas au monde du divin, l’amour reste, même chez les plus pessimistes, l’ultime recours contre un monde déshumanisé :
« Le monde n’est qu’un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange ; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c’est l’union des êtres si imparfaits et si affreux .»

Musset, On ne badine pas avec l’amour, II, 5.
C’est donc tout naturellement que la femme sera, pour l’homme, l’image terrestre de la Beauté, mais de ce côté aussi, la désillusion guette.

Trompeuse à l’image de la société, comme l’inhumaine Foedora de La Peau de chagrin, « la femme sans cœur », la femme peut faire de l’homme son jouet ; sa victime désignée est l’homme qui croit à l’absolu. En écho à la leçon sociale de Vautrin, le cynique Desgenais donne, dans La Confession d’un enfant du siècle de Musset, une leçon sur l’amour au malheureux Octave, trahi par sa maîtresse :
« Je vois que vous croyez à l’amour tel que les romanciers et les poètes le représentent ; vous croyez, en un mot, à ce qui se dit ici-bas et non à ce qui s’y fait, […] Vouloir chercher dans la vie réelle des amours pareils à ceux-là, éternels et absolus, c’est la même chose que de chercher sur la place publique des femmes aussi belles que la Vénus […]. La perfection n’existe pas ; la comprendre est le triomphe de l’intelligence humaine ; la désirer pour la posséder est la plus dangereuse des folies. »

Musset, La Confession d’un enfant du siècle, I, 5.
Il ne reste qu’à l’enfant du siècle qu’à se défendre en considérant la femme comme un moyen de parvenir, c’est le conseil que donne Mme de Beauséant à Rastignac :
« traitez ce monde comme il mérite de l’être, […] N’acceptez les hommes et les femmes que comme des chevaux de poste que vous laisserez crever à chaque relais, cous arriverez ainsi au faîte de vos désirs. Voyez-vous, vous ne serez rien ici si vous n’avez pas une femme qui s’intéresse à vous. Il vous la faut jeune, riche, élégante. Mais si vous avez un sentiment vrai, cachez-le comme un trésor ; ne le laissez jamais soupçonner, vous seriez perdu. Vous ne seriez plus le bourreau, vous deviendrez la victime. »

Balzac, Le Père Goriot.

HISTOIRE ET THEORIE

La liberté dans l’art

« On admet volontiers que les deux Racine et Shakespeare de Stendhal (1823 et 1825) constituent le 1er manifeste du romantisme français »


  • Hugo : la préface de Cromwell. (cf. photocopie)




  • Le tableau de Sainte-Beuve

Il publiera dans Le Globe des extraits d’un Tableau historique et critique de la poésie

Française […] au XVIème siècle. Il « se livre en fait à une étude d’ensemble de l’évolution de la poésie française qui le conduit à mettre en parallèle Renaissance et Romantisme. » « Son ouvrage est un nouveau manifeste du romantisme. »

Groupes, cénacles et grands débats.
« Les doctrines du Romantisme français se sont élaborées avant tout au sein de petits groupes réunis dans des salons ou des salles de rédaction


  • Autour de Charles Nodier et de Victor Hugo.

Les soirées de l’Arsenal : Nodier.


  • Le désenchantement et l’Art pour l’Art.

« L’Art tend donc à devenir la religion commune de tous ceux qui cherchent à atteindre le Beau : écrivains, peintres, sculpteurs et musiciens. »
* Le petit Cénacle où se réunissent les Jeune-France, caractérisé par la révolte, l’envie de tout rompre.
* « La bohème galante », ce n’est plus une envie de révolte mais de fête. « Le refuge dans l’étourdissement des plaisirs semble avoir remplacé la révolte. »


  • Gautier : préface de Mademoiselle de Maupin.

Amorce de la théorie de l’Art pour l’Art.

Désir « de la liberté dans l’art , liberté étendue comme une indépendance absolue vis à

Vis des valeurs autres qu’esthétiques (…) »

Sa cible de prédilection est la critique « utilitaire », il s’y est attaqué dès 1832 dans la préface d’Albertus :
« A quoi sert-il ? - Cela sert à être beau ;- N’est-ce pas assez ? comme les fleurs, comme les parfums, comme les oiseaux, comme tout ce que l’homme n’a pu détourner et dépraver à son usage.

En général, dès qu’une chose devient utile, elle cesse d’être belle. […] L’art, c’est la liberté, le luxe, l’efflorescence, l’épanouissement de l’âme dans l’oisiveté. »

Gautier, préface d’Albertus.
Une telle conception de l’art conduisait fatalement à mettre plus ou moins en cause le principe de la relativité du Beau qui était l’un des fondements des doctrines romantiques : les tenants de l’Art pour l’Art, de Banville à Flaubert, ouvriront d’autres voies. »


  • Mission de l’artiste et sacerdoce du poète.

* Lamartine et Vigny.

Définition de la poésie pour Lamartine :
«  La poésie sera de la raison chantée, voilà sa destinée pour longtemps ; elle sera philosophique, religieuse, politique, sociale, comme les époques que le genre humain va traverser. […] elle a une destinée nouvelle à accomplir : elle doit suivre la pente des institutions et de la presse ; elle doit se faire peuple, et devenir populaire, comme la religion, la raison et la philosophie. »

Lamartine, Des destinées de la poésie, article.
* L’évolution de Victor Hugo.

Pour Hugo, « il n’est pas question d’asservir la poésie à un idéal quel qu’il soit et le poète doit préserver son statut de rêveur qui seul lui permet de percer les secrets du monde- qu’il a mission de révéler. »

« Hugo est-il donc convaincu de la nécessité de l’engagement ? On le croirait à lire ces lignes de William Shakespeare (1864) :

« Ah ! esprits ! soyez utiles ! servez à quelque chose.[…] L’Art pour l’art peut être beau, mais l’art pour le progrès est plus veau encore. Rêver la rêverie est bien, rêver l’utopie est mieux.[…] Le prophète […] ne s’appartient pas, il appartient à son apostolat. »
* La position de Baudelaire.

« Il s’inquiète tout autant des excès de l’art pour l’art :
« Le goût immodéré de la forme pousse à des désordres monstrueux et inconnus. Absorbées p par la passion féroce du beau, du drôle, du joli, du pittoresque, car il y a des degrés, les notions du juste et du vrai disparaissent. »

Baudelaire « L’Ecole païenne », 1852.

THEME ET ECRITURE

L’histoire.

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