Le programme de terminale se fixe pour ambition l'intelligence d'ensemble de la période contemporaine, par l'approche croisée des grands axes de l'évolution, de notions opératoires et d'un nombre maîtrisé de connaissances factuelles.





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Bibliographie

- Bastien François, Le régime politique de la Ve République, La découverte, « Repères », 1998, 121 p.

- Becker Jean-Jacques, Histoire politique de la France depuis 1945, Armand Colin, « Cursus », 2000, 207 p.

- Berstein Serge, Wieviorka Olivier et Winock Michel, La République recommence. De 1914 à nos jours, Histoire de la France politique, Seuil, 2004, p. 223-547.

- Néant Hubert, La politique en France XIXe-XXe siècle, Hachette, « Carré histoire », 2000, 240 p.

- Les Cultures politiques en France, s. d. de Serge Berstein, Seuil, « Points histoire », 2003, 436 p.
Économie, société, culture (4-5 h.)

Ce thème d’étude vise à dégager l’évolution d’ensemble de la démographie, des structures économiques, du niveau de vie et des modes de vie, au sein desquels s’inscrivent le fait religieux et les pratiques culturelles. Il se nourrit de l’analyse de données statistiques et de faits et témoignages signifiants. Le repérage des rythmes et des inflexions aide les élèves à maîtriser cette évolution ; ainsi l’installation structurelle du chômage à partir de 1975 (890 000 personnes et un dépassement du seuil de 3 %) dessine-t-elle peu à peu un nouveau paysage social, politique et culturel. La césure de la décennie 1970 ne se révèle pas systématiquement pertinente : des mutations sociales entamées durant les années 1960 l’enjambent, le PIB par habitant s’accroît autant entre 1973 et 2001 qu’entre 1950 et 1973.

La croissance est l’un des maîtres-mots de l’analyse : elle vaut pour l’espérance de vie et la population – qui augmente de 19 millions entre 1946 et le début du XXIe siècle, soit nettement plus que de 1700 à 1950 —, la productivité et la production, le niveau de vie et la consommation, la formation, dont la prolongation transforme le niveau moyen d’études et de qualification de la population. La productivité apparaît comme une clef et un emblème du changement : en 1973, un actif occupé crée 20 700 dollars constants de plus qu’en 1950 ; en 1998, il en crée 18 770 de plus qu’en 1973.

Ce dernier trait contribue à dessiner une nouvelle France du travail. Il en est d’autres : recul du travail indépendant, augmentation de la population active, diminution de la durée du travail (à nuancer selon les périodes et les catégories), redistribution des activités collectives. D’une répartition presque égalitaire en 1954 : 6,4 millions d’actifs dans l’agriculture, 6,7 dans l’industrie et 7,1 dans les services, on passe à la ventilation hiérarchisée du début du XXIe siècle et à ses 16,5 millions d’actifs dans les services. C’est la population employée dans l’industrie qui connaît l’évolution la plus heurtée, atteignant son apogée historique en 1973 puis diminuant de 3 millions en 30 ans. Un tel contraste attire l’attention sur la rapidité – voire la brutalité – des changements et sur l’importance de la chronologie. Bien des phénomènes possèdent la même caractéristique : les modes de gestion et de management des entreprises successivement dominés par le modèle du fordisme puis par celui du toyotisme, la place des femmes sur le marché du travail d’abord en net repli puis en expansion, la géographie des espaces productifs industriels ou encore l’appel aux travailleurs immigrés. Ce dernier est massif et multiforme dans les décennies d’après-guerre (nourrissant le second grand flux migratoire de l’histoire de France : 1,7 million d’étrangers en 1954, 3,4 millions en 1975) puis se tarit dans les années 1970, sous le double effet du retournement de conjoncture et de l’arrivée de classes d’âges nombreuses sur le marché du travail ; il cède alors la place à une immigration de regroupement familial.

Immigration, arrivée des rapatriés, croît naturel, exode rural et mutation de l’appareil productif : tout se conjugue pour favoriser les villes. Pour faire face, l’urbanisation est d’abord majoritairement verticale, avant de s’épandre en vastes nappes pavillonnaires — 230 000 maisons individuelles sont construites en 1977. Elle donne naissance à de nouvelles manières d’occuper le territoire et à de nouveaux paysages, comme le font aussi l’avènement des hypermarchés à partir de 1963, la modernisation des infrastructures de transport ou l’équipement des littoraux. Pour valoriser l’espace national, orienter les phénomènes qui l’affectent et établir une certaine équité spatiale, une politique d’aménagement du territoire est officialisée dès 1950 et assurée de manière volontariste jusqu’au début des années 1970 ; c’est l’un des aspects du renforcement du rôle de l’état, si sensible depuis les années 1930. Si un nouveau paradigme s’affirme ensuite en matière d’aménagement, l’idée elle-même n’est pas abandonnée.

Ce nouveau rapport aux lieux est l’un des facteurs ayant modifié les choix et les modes de vie, marqués par une mutation proprement inimaginable au sortir de la guerre. Elle affecte la structure familiale, la place et la situation matérielle des plus âgés et, dans un autre registre, la consommation, le confort de l’habitat, l’équipement matériel, l’ampleur des déplacements de toute nature, etc. L’amélioration du niveau de vie des plus de 60/65 ans constitue l’un des tournants les plus nets ; à la fin du siècle, c’est au sein d’autres groupes que vit la majorité des exclus : jeunes de 15-25 ans, femmes à la tête d’une famille monoparentale…

La mutation affecte aussi le rapport de la société au religieux. Au sortir de la guerre, rares sont les régions coupées des traditions chrétiennes. Ainsi l’église catholique baptise-t-elle 9 enfants sur 10 et marie-t-elle 8 couples sur 10 dans les années 1950. L’après-guerre apparaît même comme l’un des apogées du catholicisme français, ce que reflète plus tard l’intérêt suscité par Vatican II. Mais l’érosion de la place du religieux est manifeste au fil des Trente Glorieuses. Compte tenu de sa position dominante, le catholicisme est le plus touché, et la crise qui l’affecte à partir des années 1960 retentit sur tout le dispositif social, symbolique et spirituel. À la suite de ces évolutions et de nombreuses autres, le paysage religieux français contemporain apparaît contrasté et fluctuant : le judaïsme et l’islam, renouvelés par des apports migratoires, se sont donné une plus grande visibilité communautaire ; les églises chrétiennes, ébranlées, demeurent une instance de transmission et d’activité caritative sans beaucoup d’équivalents dans la société civile ; l’émergence de nouveaux courants spirituels ou dans un tout autre registre le succès de l’ésotérisme, de la voyance ou de l’astrologie manifestent religiosité diffuse, recherche d’équilibre et besoins de certitudes ; la modernité est soumise à un questionnement inquiet.

Autre trait majeur du second XXe siècle : la montée en puissance d’une culture de masse fondée sur le son et l’image, qui concourt à la dislocation des cultures closes (celles des terroirs et des groupes socioprofessionnels) et à l’uniformisation de la société. Caractérisée par la consommation en très grand nombre de spectacles et d’objets culturels identiques, elle se diffuse par de multiples canaux. Mais c’est avec la télévision qu’elle entretient les rapports les plus étroits : ils font de cette dernière le médium souverain de la période, même s’il est loin d’être hégémonique : en 1963 et 1964 deux tiers des 14/20 ans lisent le mensuel Salut les copains, de 1958 à 1978 la radio triple son parc. Dans ce contexte, la culture « cultivée » est l’objet d’une évolution ambiguë : nombre de ses vecteurs (enseignement secondaire et supérieur — en 1936, 2,7 % d’une classe d’âge obtient le baccalauréat pour 20 % en 1970, 36 % en 1989 et 63 % en 1995 —, livres, revues de haute vulgarisation, expositions, etc.) et de ses thématiques sont plus répandus qu’avant-guerre ; parallèlement, elle est mise en concurrence et relativisée par la critique des hiérarchies dont est porteur l’esprit de 1968. Ce contraste n’est que l’un de ceux dont témoigne l’histoire culturelle contemporaine : culture de masse mais privatisation des pratiques culturelles permise et encouragée par le progrès technologique, uniformisation mais constat au fil des enquêtes du maintien de fortes distinctions culturelles entre groupes sociaux.
Bibliographie

- Borne Dominique, Histoire de la société française depuis 1945, Armand Colin, « Cursus », 2002, 192 p., et La Société française. Années 1930-1990, La Documentation photographique, n° 7035, juin 1996.

- Eck Jean-François, Histoire de l’économie française, Armand Colin, « Cursus », 2003, 208 p.

- Fourastié Jean, Les Trente Glorieuses ou la Révolution invisible de 1946 à 1975, Hachette, « Pluriel », 2004, 288 p.

- Mendras Henri, La Seconde Révolution française 1965-1984, Gallimard, « Folio essais », 1998, 456 p.

- Rioux Jean-Pierre et Sirinelli Jean-François, Le XXe siècle, Histoire culturelle de la France, Seuil, 1998, 400 p., et La Culture de masse en France de la Belle Époque à aujourd’hui, s. d. de Jean-Pierre Rioux et Jean-François Sirinelli, Fayard, 2002, 446 p.

- Azria Régine, Le Fait religieux en France, La Documentation photographique, n° 8033, [2003].

- Blanc-Chaléard Marie-Claude, Les Immigrés et la France XIXe-XXe siècle, La Documentation photographique, n° 8035, [2003].
La France dans le monde (3-4 h.)

La France de 1945 doit retrouver son rang et exorciser l’humiliation de 1940. Dans ce contexte, l’opinion rejette toute mise en cause de l’empire colonial. Associé à la tradition républicaine qui croit à l’assimilation — qu’illustre la départementalisation de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Martinique et de la Réunion en 1946 —, à la faiblesse de l’exécutif et à la cécité d’une partie des dirigeants et des colons, ce sentiment aide à comprendre l’impréparation du pays face à la vague décolonisatrice. Il faut la succession des difficultés, le coût global de la guerre d’Algérie et l’appel de la modernisation et de l’Europe pour qu’un revirement s’opère. Prolongeant les avancées notables de la IVe, la Ve République tourne la page : la longue séquence de la colonisation prend fin pour l’essentiel en 1962. S’achève en même temps le cycle guerrier ininterrompu depuis 1939. De Gaulle définit alors une voie nouvelle : celle d’un pays qui n’est pas l’une des grandes puissances, mais dont la voix importe à l’équilibre du monde, qui aspire à jouer un rôle de premier plan en Europe (et grâce à l’Europe), qui a des ambitions mondiales, en partie assises sur l’expérience née du long passé national.

Ces divers tournants permettent une plus nette affirmation des principes de la politique étrangère : l’ancrage dans le camp occidental, empreint de résistance à l’hégémonisme des États-Unis et d’une certaine culture de l’exceptionnalisme ; la participation à la construction européenne, non sans tension sur les objectifs ; une place de choix dans le concert des nations par la défense des acquis (comme le siège permanent au Conseil de sécurité), l’effort pour se doter des outils militaires de l’indépendance, la tentative de mener un dialogue multilatéral, le maintien d’une sphère d’influence en Afrique. Comme ces pistes sont en partie tracées dès la IVe République et qu’elles demeurent le cœur de la politique internationale des successeurs de de Gaulle — qui, comme lui, concentrent la décision en la matière —, on peut véritablement parler de constantes.

Pour importants qu’ils soient, ces domaines ne résument pas à eux seuls la place de la France dans le monde. On doit donc évoquer, sans chercher l’exhaustivité, d’autres variables, telles que la dilatation du territoire de la République à l’échelle du monde, les missions assumées par l’armée française à l’extérieur, l’espace linguistique et culturel que constitue la francophonie (institutionnalisée en 1970), et bien sûr la puissance économique, qui lui vaut sa participation au G7. Le choix de l’ouverture opéré à la fin des années 1950 n’a jamais été remis en cause, malgré une histoire heurtée de la balance commerciale : de 1959 à 1991, on comptabilise 21 soldes négatifs pour 12 soldes positifs, puis on entre avec les années 1990 dans une phase durable d’excédents. Il se traduit par un accroissement continu de la part du commerce extérieur au sein du PIB : près de 9 % en 1958, près de 15 % en 1973, 23 % en 1992. Au total, l’économie française est désormais l’une des plus extravertie du monde, tant en matière d’investissements à l’étranger et d’accueil des investissements étrangers (1er rang en 1992, 4e en 1995) qu’en matière d’exportations de marchandises et de services, pour lesquelles elle occupe au début des années 2000 respectivement les 4e et 2e rangs mondiaux. Cette internationalisation est multiforme : elle se traduit aussi par une expatriation croissante des talents, singulièrement en direction des pays anglo-saxons.
Bibliographie

- Bozo Frédéric, La Politique étrangère de la France depuis 1945, La Découverte, « Repères », 1997, 123 p.

- Pervillé Guy, De l’empire français à la décolonisation, Hachette, « Carré histoire», 1991, p. 232-247.

- Dalloz Jacques, La France et le Monde depuis 1945, Armand Colin, « Cursus », 2002, 233 p.

1 La référence chronologique : « (22h) » portée après ce titre sur le BOEN (p. 99) est bien sûr erronée ; l’attribution indicative de 22 heures vaut uniquement pour la partie I : Le monde de 1945 à nos jours.

2 Pris en compte aussi ci-dessous dans le commentaire du I.4 : « à la recherche d’un nouvel ordre mondial depuis les années 1970 ».

3 Voir aussi le développement sur ce thème dans l’Accompagnement de géographie.

4 Voir aussi l’encadré « Du Tiers-Monde aux Sud » dans l’Accompagnement de géographie.

5 Les Histoire de France existantes devraient constituer la base des bibliographies de cette partie : par souci d’allègement, elles ne sont pas mentionnées, bien que les auteurs les aient eu présentes à l’esprit et utilisées.



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