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Anthropologie.
→ quelle construction d'un regard sur l'Autre ? Quelle histoire du regard sur l'Autre ?
-Définition de l'anthropologie : pourquoi plusieurs thèmes, plusieurs approches et comment se sont-elles construites ?

-La curiosité anthropologique : quel fut le regard sur l'autre avant l'anthropologie scientifique ?

-Les premiers grands courants de l'anthropologie classique : l'évolutionnisme et le diffusionnisme. Quelle rupture pour distinguer les différents courants ?

-L’École française de sociologie : au début du XX ème siècle, c'est la seule à parler d'anthropologie. Marcel Mauss, comme le premier grand anthropologue français. Il forme la première génération d'anthropologues de terrains, ceux qui vont eux-même chercher les données. Les variations saisonnières des sociétés Esquimau.

-L’École fonctionnaliste de Malinowski : question de l'échange avec les Trobriandais, les bases de l'anthropologie de terrain.

-Claude Levi-Strauss et le structuralisme.

-Comment l'anthropologie appréhende le monde nouveau d’aujourd’hui ? L'Amérique noire de Bastide : l'idée du mélange.
Définitions des termes.
Historiquement, la distinction entre sociologie et anthropologie se présente comme étant de nature. La seule affirmation que l'on peut faire c'est qu'il y a une distinction historique.

La différence culturelle, l'Autre est le fil rouge de ces matières.

Les anthropologues sont confrontés à un problème : la possible disparition de leur objet traditionnel, l'Autre. C'est à dire l'Autre appartenant à des cultures considérées comme « plus simples » que d'autres. L'Autre est devenu avec le temps « l'exotique ». L'anthropologue va vers l'exotique, mais aujourd'hui ce terme n'existe plus (pour certains), n'a pas lieu d'exister (pour certains) ou alors il est mort avec l'Histoire et la fion du colonialisme (pour certains). Les anthropologues défendent l'idée selon laquelle l'Autre n'est pas forcément loin, mais également « l'Autre c'est moi-même ».

→ l'objet même de l'anthropologie est remis en question. Les définitions sont donc très fluctuantes. On a en réalité une multiplicité d'objet dans les domaines de l'anthropologie et de l'ethnologie.
I/ Histoire des termes et de leur histoire.
Le terme d'anthropologie est le plus englobant, qui veut dès les origines englober les sciences de l'homme.

C'est le discours sur l'être humain : aux XVI ème et XVII ème, c'est l'étude de l'âme et du corps.

A partir de la fin du XVIII ème, le terme évolue et prends 2 sens :

-perspective naturaliste. Dans l'Encyclopédie, Diderot, définit l'anatomie comme l'anthropologie. L'anthropologie s'intéresse au physique et à son évolution. On trouve également cette perspective chez Blumenbach qui définit l'anthropologie comme une science naturelle.

→ l'anthropologie à quelque chose à voir avec les sciences naturelles. Au XIX ème, ce sens donne naissance à l'anthropologie physique.

-un sens plus synthétique qui inclut l'ethnologie. Chavannes, théologien suisse, publie en 1786 un ouvrage développant un point de vue plus synthétique de l'anthropologie. Idée étudiée également par Kant. Enfin, les membres de la Société des observateurs de l'homme (1799-1804) utilisaient également l'anthropologie comme synthétique, en gardant un sens anatomique. Dans le monde anglo-saxon, le terme d'anthropologie concerne les sciences du passé et du présent de l'évolution de l'homme (les sciences naturelles, l'archéologie, l'ethnologie). Ce n'est qu'à la fin du XIX ème que le sens du terme anthropologie devient plus précis : anthropologie sociale (anglais) ou culturelle (américain).

L'anthropologie sociale : on privilégie les formes de l'organisation sociale (systèmes de parentés, structures juridiques...). Malinowski.

L'anthropologie culturelle : on privilégie l'étude des cultures, étude des producitons et des œuvres de l'homme. Etude de son art, de ses systèmes de communication.

→ dans les 2 cas on étudie l'homme, mais c'est soit à travers ses institutions (anthropologie sociale) soit à travers ses productions (anthropologie culturelle). Cela ne peut être qu'un simple effet d'accentuation (Kroeber) : on étudie les mêmes choses en prenant l'un ou l'autre côté de la feuille.

2 points de vue dans la même discipline par Lévi-Strauss : l'homme est faiseur d'outils ou animal social.

Radcliffe Brown écrit en 1952 : l'étude comparative des sociétés primitives est définie par l'étude de l'anthropologie sociale.
Lévi-Strauss ramène en France dans les années 1950 une définition de l'anthropologie dans le sens d'une science sociale et culturelle générale de l'homme.

Certaines personnes que l'on peut qualifier d'anthropologues, contemporain de Lévi-Strauss (Balandier), se désignent comme des sociologues.
Depuis les années 1960, le terme d'ethnologie remplace celui d'anthropologie, même si en France, les 2 termes existent toujours. L'anthropologie prend son sens de globalité, de science de l'homme. Si ces 2 termes se maintiennent, c'est dû à notre histoire : Durkheim, dans sa conception de la sociologie, incluait une « ethnologie ». La sociologie est la science de l'homme ici et maintenant et l'ethnologie la science de l'homme exotique. Le terme d'ethnologie est lié à l'école durkheimienne, développée par Mauss.
Quelles différences entre l'ethnologie et l'ethnographie ?

Ethnos = peuple, nation, culture ou race.

Ces termes apparaissent à la fin du XVIII ème, avec Chavannes qui propose le terme d'ethnologie. En 1772, Schlüzer utilise le terme d'ethnographie. A partir de 1824, avec la publication de Balbi : Atlas ethnographique du globe = description des faits.

Le terme d'ethnographie prend du contenu également : c'est une science qui reconstitue l'histoire des peuples (pour les anglo-saxons, ce terme renvoie au moment où on a voulu reconstituer l'histoire des peuples sur fond d’évolutionnisme, histoire des races les unes par rapport aux autres).

L'ethnologie renvoie à la volonté de classer rationnellement les races et les peuples.
II/ Une répartition dans l'espace et dans le temps.
Il existe une véritable séparation dans l'espace et dans le temps entre ethnologie et sociologie, dans la deuxième moitié du XIX ème.

L'ethnologie et le domaine descriptif qui est l'ethnographie, va étudier les peuples lointains, sauvages, primitifs ou archaïques. Curiosité de l'autre, que l'on étudie au XIX ème. On s'intéresse à des peuples qui ne sont pas ceux qui au XIX ème construisent la modernité. Au moment où on fait cette division, on se demande sur l'évolution des société : peut-on considérer ces peuples autres comme nos propres sociétés il y a bien longtemps ?
Les sociétés développées, modernes, complexes, vont se regarder elles-mêmes en disant que c'est de la sociologie (étude de la société des sociologues eux-mêmes). Les autres peuples seront étudiés par l'ethnologie.

→ cette partition entre 2 sociétés est aussi vieille que le monde : Lévi-Strauss dit que l'étranger est au départ celui qui n'est pas de la cité.

Comment distinguer les 2 types de sociétés ?

-du côté de la modernité on remarque des économies développées, des États, l'urbanisation...

-du côté de « l'archaïsme », on a une définition par le manque : on a certaines choses et les autres ne les ont pas (peu ou pas d'agriculture surtout chez les nomades, peu ou pas d'élevage, pas d'industrie, pas d’État, pas de ville). E sont des sociétés considérées comme simples ou élémentaires (Durkheim).

L'ethnologie sera donc un discours oral ou écrit sur ces peuples différents. L'anthropologie va devenir petit à petit ce qui comprend sociologie et ethnologie avec une visée comparatiste (Lévi-Strauss) : l'anthropologue sera celui qui est capable de parler de l'humain, celui qui sera capable de prendre en compte toutes les cultures et d'en faire une comparaison pour donner une définition de l'humain. On va se rendre compte qu'il y a des invariants culturels, dans toutes les sociétés.
On s'est aperçu qu'il existe un autre critère, un des rares que l'on peut garder : la présence ou l'absence de l'écriture. On est toujours dans l'opposition avec des peuples possédant et d'autres n'ayant pas la connaissance de l'écriture. Le seul critère qui peut rester est celui de société avec une tradition orale et d'autres une tradition scripturale.

Au début du XX ème, tout un pan de notre culture (moderne) possède toujours une tradition orale et certains ne connaissent même pas l'écrit. Qui va donc étudier ces gens ? Ceux qui vont régler ce problème sont les folkloristes (Thoms est l'inventeur du terme, Ossian, Grimm pour ses contes, Van Gennep)qui se sont attachés à récolter toute cette culture orale (deuxième moitié du XIX ème et première moitié du XX ème). Ils vont étudier les savoirs, les traditions, les techniques transmises par la voix ou l'observation. Les suite de cette étude folkloriste est l'ethnologie de la France et de l'Europe, de l'Allemagne et de l'Europe...C'est un pan de notre culture qui va être étudier dans les années 1970.
Georges Balandier part en Afrique juste après WW2 après avoir été formé à la sociologie, la philosophie...il arrive en Afrique avec déjà un certain regard sur ces contrées, sur ces gens. Il débarque tout d'abord dans une ville, pas vraiment différente de celle qu'il vient de quitter...cette Afrique qu'il pensait trouver, il la cherche longtemps et il y donc en profiter pour montrer qu'il y a une histoire de l'Afrique.

Il va donc se définir comme sociologue, car pour lui,ces peuples sont aussi avancés que nos sociétés modernes. Il commence donc à déconstruire cette partition du monde. Il va reconfigurer les sciences sociales. « L'autre c'est moi » Coppens. Cet autre peut venir des Antipodes, peut me ressembler, de la même manière que mon voisin peut m'être totalement étranger.
S'il y a encore une partition à faire, ce serait la partition entre ceux qui travaillent sur ceux qui leur ressemble (sociologues) et ceux qui travaillent sur ceux qui ne leur ressemble pas (ethnologues) : critère de l'altérité avec l'exigence de la comparaison.
L'anthropologie selon Lévi-Strauss (Anthropologie structurale, p.388) : la connaissance globale de l'homme dans toute son extension historique et géographique ; aspirant à une connaissance applicable à l'ensemble du développement humain depuis les hominidés jusqu'aux races (terme courant dans la tradition anglo-saxone : ce n'est pas un terme stigmatisant) modernes et tendant à des conclusions positives ou négatives, mais valables pour toutes les sociétés humaines, depuis la grande ville moderne jusqu'à la plus petite tribu mélanésienne.
III/ Que retenir ?
Objet de l'ethnologie est l'altérité.

Les méthodes : Malinowski et Mauss.
L'anthropologie spontanée ou une anthropologie sans anthropologues.
La curiosité anthropologique avant l'anthropologie scientifique. Comment l'homme en est-il venu à se considérer comme objet de science ?
Pour s'interroger sur l'autre il faut d'abord le rencontrer (contact). De plus, il faut ajouter à la rencontre une crise, un questionnement sur l'autre.

→ la rencontre qui nous fait poser des questions.

Dialectique du même et de l'autre : qu'est ce qui est différent ?

Cette rencontre et cette crise doit avoir également laissé des traces : il faut avoir relater cette rencontre avec l'autre.

Il y a également un risque duquel il faut se prémunir : risque de ne considérer chez l'autre que ce qui frappe l'esprit, ce qui choque, ce qui séduit. L'anthropologie c'est certes s'intéresser aux autres, mais en remettant ce qui choque à sa place pour pouvoir atteindre cette autre culture. L'exceptionnel existe mais doit être remis à sa place ; il faut aussi pouvoir s'intéresser au commun de la vie ordinaire.

Le penchant, dont il est indispensable de se défaire pour faire de l'anthropologie, c'est de ne pas comparer l'autre selon sa propre culture. Penchant anthropocentré = penchant à regarder l'autre à travers sa propre culture. Il ne faut donc pas porter de jugement de valeur sur ce que l'on observe.

Jean Poirier.
Les traces écrites de l'Antiquité :

-Hésiode (dans Les travaux et les jours, il est questions des mythes des différents peuples), Diodore de Sicile, Aristote, Tacite, Strabon (il décrit la pratique de la couvade : l'époux d'une femme enceinte grossit pour prendre symboliquement la grossesse), Hérodote (description des guerres Médiques : descriptions des mœurs, des croyances, des peuples, des barbares...), Pline l'Ancien (informations sur la vie quotidienne, sur les mœurs des hommes de son temps. Histoire naturelle = encyclopédie des sciences de son temps, description des techniques), César (dans La guerre des Gaules, il fournit une description des druides)...

→ globalement, on a des descriptions anthropocentrées.
Les traces écrites du Moyen Âge (dans l'occident médiéval, on réfléchi moins sur l'autre que sur Dieu) :

-dans le monde islamique : Al Biruni (traité sur l'Inde et ses habitants : description d'une culture différente de la sienne), Ibn Batuta (ses écrits de voyage, notamment en Afrique : description des mœurs, des coutumes, des mythes...), Ibn Khaldoum (précurseur d'une anthropologie quasi-contemporaine, dans son Histoire des Berbères, descriptions à caractère ethnographique certain).

-dans le monde chinois et indiens : Hian-Tsang (moine bouddhiste, envoyé de Chine en Inde au VII ème, il a relaté et écrit ce qu'il voyait : Mémoire sur les contrées occidentales), Yi-Tsing (moine qui a écrit 2 mémoires : Relations sur le bouddhisme dans les mers du Sud), la première mention de l'Afrique dans un texte chinois date du IX ème.

-dans l'occident chrétien : Plan Carpin, Guillaume de Rubroek, Marco Polo (il séjourne en extrême-Orient pendant 25 ans : il a écrit sur ce qu'il a vu dans Le livre des merveilles du monde.
Les traces écrites du Nouveau Monde et de la Renaissance :

-1492 : les conséquences sur la nouvelle vision de l'autre. Lévi-Strauss a beaucoup insisté sur les impacts de cette date : c'est probablement l'événement de civilisation le plus important à ses yeux et il faudrait découvrir d'autres êtres dans le cosmos pour avoir une même découverte.

Une nouvelle ère s'ouvre, et les écrits foisonnent.

Eusèbe (dans sa Chronologie de 1512, il décrit un américain ramené à Rouen en 1509 : description de leurs vêtements, de leurs armes, de leur canot...), Jacques Cartier/André Thevet/Villegagnon/Jean de Léry (comptes rendus précis des diverses régions explorées, avec des dessins...).

Les premiers cabinets de curiosités : ces collections d'objets sont les embryons des futurs musées d'ethnographie.

Hans Staden (Nus, féroces et anthropophages : il a été enlevé par des Tupinambas qui étaient cannibales dans leurs pratiques guerrières), Diego de Landa (dans Relations des choses du Yucatan, il raconte la civilisation Maya).
Les formes mythologiques de l'autre :

-le thème tératologique : la tératologie est la science des monstres. Ces hommes sont monstrueux dans leurs mœurs et dans leur aspect. Vision de l'autre comme un monstre. L'autre est diabolisé et c'est un regard dont on a hérité.

-le thème du « bon sauvage » : une image d'un état de Nature, proche du Paradis

-le thème de l'Âge d'Or : la recherche de l'El Dorado qui renforce la main-mise occidentale en Amérique. En 1550, la controverse de Valladolid entre Sepulveda et Las Casas : qui sont ces Indiens, sont-ils comme nous, ont-ils une âme ? Les résultats de cette controverse a de lourde conséquence, quelque soit même ce résultat d'ailleurs.

La réflexion critique sur notre propre culture est produite par Montaigne (Essais) et Rabelais (description des mœurs de son époque, de sa propre société).
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