Mareau Flambeaux Valentine





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Bernard Arthur

Mareau Flambeaux Valentine

Terminale L
Les Mémoires de Guerre

Tome III : Le Salut 1944-1946

Charles de Gaulle
STYLE, GENRE ET REGISTRE

I- Charles de Gaulle en tant que Mémorialiste
II- Le registre épique face au registre pathétique
III- Une portée électoraliste



  • Introduction


« De Gaulle ne prêtant pas écrire l’histoire mais la faire. »
Les Mémoires de guerre furent écrits, pour l’essentiel, de 1953 à 1958. Cette période fut, dans la vie de De Gaulle, un temps mort de l’action mais propice à l’écriture. Le Salut, paraît en 1959, après le retour du général au pouvoir, le 1er juin 1958. Ce dernier parcourt les années de 1944 à 1946.

En quoi Le Salut de Charles de Gaulle est-il une œuvre littéraire ?

De Gaulle, dans un premier temps, se pose en mémorialiste, puis il confronte le registre épique et pathétique et enfin il pose son propos dans la perspective d’une visée électorale.


  • Charles de Gaulle en tant que mémorialiste


a) Un mémorialiste qui se confie
Des Mémoires : il s'agit du récit de sa propre vie considérée comme révélatrice d'un moment de l'Histoire.

L’importance des faits historiques énoncés dans Le Salut ne diminue pas le mémorialiste à part entière. Et c’est pour cela que Le Salut doit être rapproché du genre autobiographique. Le passage autobiographique est très court, car il est limité à la p156/186 : « Ma femme et moi y habitons. Nos deux filles sont auprès de nous. Notre fils est au combat. » et à la fin du volume, aux trois dernières pages « au moment d’achever ce livre, je sens, autant que jamais, d’innombrables sollicitudes se tourner vers une simple maison » p343/411.

Le récit à la première personne (qui alterne précisément avec des passages où le Général se met en scène lui-même) met en place l’idéalisation, avec le respect qu’on lui doit qui se fait autour du Général. Le « Je », devient une troisième personne nommée « de Gaulle » pour la population, mais également pour les politiques en attente de réponses.
b) Des mémoires documentés
Le mémorialiste est, d'après les dictionnaires, l'auteur de Mémoires. Pourtant, une telle définition semble occulter le travail d'historien qu'il engage, la touche personnelle qu'il donne à son image. C'est un statut particulier puisqu'il est la somme de plusieurs talents. Le mémorialiste, tout en peignant son implication dans l'époque qui est sienne, témoigne de son temps, des évènements vécus qu'ils l’ont peut-être même influencés. En effet, toutes les Mémoires abordent des pages de l'histoire plus ou moins importantes. Le Salut reprend les derniers instants de la guerre, les grands moments précédant la capitulation allemande. De Gaulle se pose en mémorialiste car il mélange l’histoire et la littérature. Effectivement, l'historien confronte les points de vues et les documents, établit des analyses afin de dévoiler véridiquement les faits dans leurs causes et leurs conséquences, il se doit d'être le plus objectif possible. Historiquement, de Gaulle utilise des archives et des sources qui ne sont pas connues du public à cette époque, alors qu’une dizaine d’années plus tard elles feront partie de la mémoire commune. La précision des informations dans ses rencontres avec Staline à Moscou en 1944 (P.78-80/92-93), dans sa précision au niveau des dates, ou des donnés chiffrés, dans ses ordres, exemple pour la retraite des troupes d’Alsace et de Strasbourg, à de Lattre et Leclerc…
c) Des mémoires littéraires

De Gaulle est sans doute, par sa carrière de professeur à l’école de guerre, un historien complet et accompli, mais il est aussi un homme de lettres. Plus tard on évoquera même le « style Gaullien »…

Pour rendre ses Mémoires à la porté de tous, de Gaulle prend des styles différents lors de son écriture. De Gaulle utilise un rythme binaire, car sa pensée est souvent divisé en « Certes, … Mais »

«Certes, ils se trouvent, pour la plupart, rattachés à des partis, Mais les malheurs de la patrie sont trop récents et mes pouvoirs trop bien reconnus pour qu’aucun veuille et puisse songer à jouer isolément.», (P.150/172)

«Il est vrai que, pour ce prix-là, le généralissime donnait l'assurance qu'il n'interviendrait pas dans les affaires intérieures de la Chine. Mais il n'en fournirait pas moins aux communistes de Mao-Tse-Tsung le soutien et l'armement qui devaient, avant peu, leur permettre de l'emporter».

Elle est également divisée en « Sans doutes, … Mais »

«Sans doute, les lettres, la radio, les journaux, font-ils entrer dans l'ermitage les nouvelles de notre monde. … Mais que d'heures s'écoulent, où, lisant, écrivant, rêvant, aucune illusion n'adoucit mon amère sérénité ! », (P. 159/183)

Certains hommes politiques, ou autres lui « reprocheront » ce style de l’hypothèse contraire.

De plus de Gaulle, mixe les phrases longues puis les phrases courtes, ces balancements lui permettent d’appuyer sur certains points précis dans une phrase. «Dans le sang et dans les ruines, avec un profond fatalisme, le peuple allemand subit son destin.» (P.206/240) cette proposition montre un rythme binaire et une cadence majeure qui laisse un effet de réflexion sur le lecteur

Le Général maitrise également le rythme ternaire dans ses écrits, on relève un rythme ternaire «Sans doute, les lettres (1), la radio (2), les journaux (3), font-ils entrer dans l'ermitage les nouvelles de notre monde. … Mais que d'heures s'écoulent, où, lisant (1), écrivant (2), rêvant (3), aucune illusion n'adoucit mon amère sérénité!» (P.243/259) Dans son œuvre il décline également des cadences mineures «Tout est clair, malgré les giboulées; jeune, y compris les arbres rabougris; beau même ces champs caillouteux.» (P.344/358). On peut constater aussi que l'auteur joue avec les rythmes et les effets d'accélération de freinage grâce à l'insertion de nombreux adverbes entre les virgules.

Son style se rapproche également des auteurs comme Chateaubriand, dont de Gaulle était un fervent admirateur des Mémoires d’Outre Tombe. Il se rapproche de l’œuvre de Chateaubriand, car ce sont également des mémoires, Chateaubriand décline sa propre histoire en révélant le monde/l’histoire dans lequel il vit. L’écriture Gaullienne qui est riche en matière littéraire, est bien un style classique, et qui peut laisser entrevoir une certaine admiration pour des grands hommes tels que César, conquérant et mémorialiste de La guerre des Gaules ou de Cicéron tribun Romain.

II) Un registre épique face au registre pathétique.

 

Le Salut du général de Gaulle, publié en 1959, et qui constitue le troisième volet des Mémoires de guerre, met en scène avec emphase les mécanismes d'une guerre mondiale qui touche à sa fin. Les batailles, les enjeux, l'issue du conflit, sont teintés de grandeur, le tout dans un esprit de renaissance nationale. Ce faisant, dans quelle mesure peut-on dire que Le Salut est une épopée ? Le Salut évoque un conflit monumental impliquant des grandes puissances. Mais il narre également un conflit de valeurs où s’entremêle une vision particulière de l'homme et de la nation. Enfin, ce conflit dans toutes ses dimensions est mis en relief par une écriture épique au registre sublime.                 

                                                               

a) L'évocation d'un conflit aux dimensions monumentales

Les combats de la deuxième guerre mondiale sont dans le Tome 3 des mémoires de guerre du général de Gaulle : Le Salut, narré de manière épique. Cette guerre est mondiale donc, par définition, un conflit imposant la mobilisation des ressources matérielles et humaines étendue à l'ensemble du monde. Que ce soit en Europe, en Orient, en Afrique, en Asie, les combats ont lieu. Certes, le général de Gaulle s'est focalisé sur le conflit dans ses dimensions européennes, mais certains passages évoquent, bien que brièvement, la guerre dans son versant Pacifique (p. 196-197, p. 271-274). Du côté des Alliés comme dans celui des forces de l'axe, c'est dans les hauts-lieux que se décident les impératifs stratégiques du conflit : Washington, Paris, Londres, et Moscou pour les uns ; Berlin, Tokyo et Rome pour les autres. Il s'agit en réalité de constater que tout le monde est concerné.


Le mémorialiste peint un évènement véritablement étonnant dans ses proportions. Jamais l'histoire n'avait connu si grand conflit. En l'occurrence, le général de Gaulle décrit plusieurs centaines de milliers de combattants (p. 163, 175). La dernière offensive des Alliés contre la Wehrmacht (p. 188-189) est vue comme « colossale » et « grandiose » (p. 187). Outre les forces humaines sont impliquées des forces matérielles. Ainsi trouve-t-on des avions à réaction, « les premiers dans le monde », aux mains de l'Allemagne (p. 175), mais également des bombes atomiques à mettre au crédit des Etats-Unis et qu'ils ont larguées sur Hiroshima et Nagasaki (p. 271). C'est dire si cet évènement guerrier constitue un déploiement inédit de forces souvent nouvelles. Les forces mobilisées sont : le matériel, les navires, les avions et bien entendu les hommes. Ce combat pour la liberté est teinté de grandeur.

En considérant, les dégâts provoqués par de telles forces, et la dimension que prend le conflit, les vainqueurs s’affirment et se préparent à reconstruire ce monde si bousculé. A l'image du Congrès de Vienne en 1815 qui vit se redessiner la carte de l’Europe à l'issue des guerres Napoléoniennes, le conflit mondial que relate Le Salut redessine également le monde. Les conférences de Yalta (p. 106) et de Potsdam (p. 245-246) assurent la séparation Est/Ouest de l'Europe. Puis c'est le Japon qui s'écroule (p. 271), les anciennes composantes de l'Indochine qui s'effritent (p. 273-276), la Syrie et le Liban qui accèdent à l'indépendance (p. 221-230). Bref, le paysage politique est transformé en particulier dans ses régimes et dans ses frontières (p. 79-80).
En définitive, Le Salut met en lumière un conflit impliquant des forces immenses. Mais il met de la même manière en avant un conflit de valeurs et de principes.
 il faut citer le texte et non vous contenter de référence de page 
        b) La plume épique du mémorialiste

L'allégorie omniprésente de la France est associée dans tous les chapitres du Salut aux principaux éléments de composition du genre épique: une action glorieuse, un héros central avec en arrière plan tout un peuple, une morale exaltant un idéal collectif.

Le héros central, Charles de Gaulle, est le bras armé de la France. Tel un héros d'épopée, il affronte des obstacles démesurés. Il est « en charge d'un pays ruiné, décimé, déchiré, encerclé de malveillance » (p 283); mais le peuple, « à [sa] voix […] a pu s'unir pour marcher à sa libération » (p 283). Sa force intérieure est la conscience qu'il a d'être l'héritier d'une « tradition », d'une « pérennité » qui le lie à tous « nos pères » (p 301). Il a d'autre part le pouvoir de rassembler les résistants et les divers corps armés. Les 1ers sont sacralisés en « croisés » de la « croix de Lorraine » (p 14). L'armée, bien que réduite, montre « une qualité qu'elle n'avait jamais dépassée » (p 46). On peut se faire une idée plus précise de cette « qualité » en se reportant au discours du Général de Gaulle, prononcé le 2 avril 1945 à l'hôtel de ville, à Paris: « cette armée, nous la voyons renaître aujourd'hui, avec ses jeunes ardeurs et ses anciens drapeaux » (p 444).

Cette belle union tient à un idéal collectif fait de valeurs qui honorent et la dignité nationale et la dignité humaine. Pour la « dure bataille » (p 181) de Strasbourg libérée, menacée et défendue, le Général Eisenhower relève que, « pour le peuple et les soldats français, le sort de Strasbourg est d'une extrême importance morale » (p 180). La vaillance guerrière est inspirée par le patriotisme, par le besoin de glorifier le drapeau, mais jamais par une combativité primaire. Le triomphe des Alliés occidentaux sur l'Allemagne est celui de libérateurs « stupéfaits d'horreur et d'indignation [quand] ils découvrent les survivants et les charniers des camps de déportation » (p 206), et « miséricordieux devant le malheur des vaincus » (p 247)


Le Salut est imprégné par le registre du sublime qui donne à voir au lecteur des images imposantes de grandeur. Cela procure au récit une tonalité glorieuse et épique. Le général de Gaulle, ainsi que certains autres personnages, sont élevés au-dessus du commun des mortels.

Le récit épique passe par une réalité magnifiée. L'épopée ne va pas sans la magnificence. Il s'agit d'exalter une réalité qui dès lors prend des dimensions grandioses. Le Salut use de façon récurrence des champs lexicaux du prestige et de l'élan conquérant : « La route de la grandeur est libre ! » (p. 279), « L'honneur et l'intérêt de notre pays sont en cause » (p. 236), n'hésite pas à affirmer le chef de l'Etat. Selon lui, c'est « une carrière ouverte » sur le monde (p. 266), un « souffle venu des sommets » (p. 342) qui se fait jour. Puis, à ces champs lexicaux s'ajoutent des questions oratoires : « Comment garder l'indépendance si nous recourons aux autres ? » (p. 281). Les évènements sont décrits avec le souci de la grandeur, en particulier lorsque les chiffres sont énoncés : « Les casernes et les bâtiments publics, occupés par 12 000 militaires et 20 000 civils allemands, se rendent presque aussitôt » (p. 166). L'ensemble de ces techniques d'écriture, propres à l'épopée, figure dans Le Salut.

 

On trouve dans le Salut le récit du « grand final » de la seconde guerre mondiale. La gloire triomphante de cette dernière phase est soulignée comme un assaut aux dimensions homériques contre « le Titan », « au fond du bunker berlinois » (p 210). Le désir « d'apocalypse » (p 189) du Führer et la « frénésie » (p 189) de sa communication publique renforcent la dimension héroïque de la vaillance du camp allié. Mais le haut-fait qu'est la victoire sur le Reich garde jusqu'au bout des dimensions d'épopée tragique où le bien de vainc jamais pleinement le mal: « … d'un bout du monde à l'autre, les coups de canon de l'armistice sont accueillis, certes, avec un soulagement immense, puisque la mort et la misère s'éloignent, mais ils le sont sans transports, car la lutte fut salie de crimes qui font honte au genre humain » (p 214). Le style porté par de Gaulle est fait de métaphores, et de comparaisons. Relatant le bien comme le mal, elles conservent leur grandeur. Ainsi, Hitler est un « Prométhée se jet[ant] au gouffre » (p. 208), un « Moloch » (p. 209) : Moloch est dans la tradition biblique le nom du dieu auquel les Ammonites, une ethnie cananéenne, sacrifiaient leurs premiers-nés en les jetant dans un brasier mais la  tradition a néanmoins gardé le sens d'une divinité, et le nom désigne aussi un démon dans les traditions chrétienne et kabbalistique ou encore un « Titan » (p. 210).  Puis, lorsqu'il convoque la déroute de 1940, le mémorialiste invoque un « naufrage » (p. 7, 214, 216, 245, etc.).

Dans le salut, quelques personnages sont rendus épiques par le mémorialiste afin de glorifier l’héroïsme de leurs actes. Et un personnage héroïque n'est épique qu'une fois réalisé un exploit, une lutte en solitaire ainsi : le général Leclerc est décrit comme un héros par le registre épique : à la tête de la IIème DB, il « s'élance » (p. 165) vers Strasbourg, « charge sur la ville (p. 166), puis l'investit. Par la même « s'achève un des épisodes les plus brillants de notre histoire militaire » (p. 166). De la sorte, de Gaulle donne l'impression que le général Leclerc a, à lui seul, combattu l'ennemi, mettant ainsi de côté les combats menés par les soldats de la IIème DB. Puis c'est de Gaulle, « le champion de la France » (p. 285) qui incarne la Résistance. Il s'identifie à cette France qui lutte. Il a « rencontré l'Histoire » (p. 343) et a « mérité de la patrie » (p. 326) et « a mené la France au bout France » lui redonne sa souveraineté tant territoriale que juridique. (p. 285). Se met alors en place une épopée, un récit guerrier, à l'instar de l'Odyssée ou de l'Iliade. La Seconde Guerre mondiale, par ses chiffres même, possède les dimensions propres à l'épopée.

Le registre épique se perçoit dans des effets d'amplification et d'élévation de ton qui s'attache à de nombreuses matières. L'image de la victoire au côté des Alliés se construit dans une succession d'images contrastées qui laissent voir une France en ruines se métamorphosant en une puissance militaire, faisant face sur tous les fronts et coopérant efficacement à la victoire finale. La crédibilité de cette force de combat s'impose dans la sorte de rapport d'état major qui constitue les informations données dans le chapitre « La Victoire ». Le potentiel militaire français, ses divisions, ses positions, ses mouvements, son commandement, ses victoires sont au cœur du texte. L'enjeu de cet effort de guerre est sublimé en un enjeu « où se fixe le destin »(p 201).

Nombre de détails matériels qui renvoient à la réalité militaire construisent un décor de grande fresque guerrière. Les bâtiments des escadres de la marine française sont situés, nommés, décrits dans leur combat comme des forces, aux noms légendaires (ex: Gloire, Jeanne d'Arc, Lorraine, Duquesne, Duguay-trouin...), « sur les mers » pour soutenir « l'honneur des armes de la France » (p 164). On trouve encore des analogies avec la solennité épique des grands tableaux de guerre dans les pages 194-195: on peut les titrer « la bataille du Mont Cenis ». On voit là, en effet, « à plus de 2000 mètres d'altitude, dans la neige et le froid », s'achever « l'épopée » de la « 1ère division « française libre » » (p 185).

L'ennoblissement du réel guerrier se fait aussi par de simples qualificatifs qui valorisent la qualité spectaculaire et épique des opérations: l'avancée alliée sur la rive droite du Rhin est « une opération glorieuse », « sous une colossale protection aérienne » (p 187).

Le registre épique se retrouve également dans l'évocation des deux grands alliés que sont la Russie et l'Amérique. En tant que témoin, de Gaulle s'attache à communiquer la réalité hors du commun qu'il observe dans chacune de ces puissances. Il met en lumière la force héroïque des russes à Stalingrad, « cité complètement démolie » où s'accomplit « d'une manière spectaculaire, le mot d'ordre et de la reconstruction » (p 76). Il peint ensuite la démesure de Staline devant une table qui « étincelait d'un luxe inimaginable » (p 93). Celui-ci est décrit comme un acteur qui « se mit à jouer une scène extraordinaire » (p 93), « une grande parade », où « trente fois, [il] se leva pour boire à la santé des russes présents » (p 94), pour « impressionner les français, en faisant étalage de la force soviétique et de la domination de celui qui en disposait » (p 95). La rencontre que fait de Gaulle avec l'Amérique d'après la victoire est de l'ordre du saisissement. Les mots pour le dire - « puissance », « richesse », « ressources en apparence illimitées », « vastes débouchées », « pleins d'emplois », « bombe atomique », etc.- marquent un absolu de souveraineté pour les Etats-Unis, assurés qu'ils sont « d'être longtemps les plus prospères » et « les plus forts » (p 251).

Enfin cette œuvre se situe aux confins du registre épopée et du registre pathétique. Il convient de mettre en lumière la gravité du conflit. Le registre pathétique vient apporter la réalité de la douleur de chacun à la grandiloquence de l’épopée. Enfin, de Gaulle met en avant la douleur qui est sienne lorsqu'il découvre l'état dramatique de la France (p. 25). Il éprouve de la compassion face à la déroute ennemie (p. 247-248) et l'usage funeste de  l'arme atomique « l'émeut jusqu'au fond de l'âme » (p. 271). Charles de Gaulle a été amené à traiter d'un sujet en soi dramatique. « La Libération » (p. 7-10), « L'ordre » (p. 114-115), la « Désunion » (p. 279-283) présentent les ravages d'une guerre dantesque. Il a peint des villes dévastées, telles Villeurbanne (p. 18), Marseille (p. 18-19), Orléans (p. 25), ce qui provoque de la compassion ainsi que de l'effroi. Alors de Gaulle répète inlassablement que le « pays émerge du fond de l'abîme » (p. 7), marquant à la fois l'aspect dramatique et l'once d'espérance que la France peut entretenir.
 

Le Salut constitue une épopée en ce qu'il met en scène avec grandeur toutes les dimensions d'un conflit mondial et ou le danger était grand et ou certains héros se sont affirmés et ont honoré la France.



  • III) Une visée électoraliste


De Gaulle en rédigeant Les Mémoires de Guerre : Le Salut, à des visées électoralistes. Il est chez lui à Colombey-les-deux-Eglises, et n’étant pas dans la frénésie de la politique – qui lui manque – il écrit sur les années passées, pour donner des bases à l’histoire qu’il veut créer. A la fin de ses mémoires, il espère au renouveau de la politique et de la France « Vieille France, accablée d’Histoire, meurtrie de guerres et de révolutions, allant et venant sans relâche de la grandeur au déclin, mais redressée, de siècle en siècle, par le génie du renouveau » (P.345/411). De Gaulle parle également de son renouveau à lui « Vieil homme, recru d’épreuves, détaché des entreprises, sentant venir le froid éternel, mais jamais las de guetter dans l’ombre la lueur de l’espérance ! » (P.345/411). De plus, dans ses Mémoires le Général se met en scène, il nous montre sa volonté de redonner à la France sa grandeur, de prouver que ses actions étaient nécessaires et bénéfiques. Il a de grands projets pour la France et l’Allemagne (deux pays ayant été en guerre et dorénavant travaillant ensemble) en effet dés 1945 le Général a l’idée de la création de L’Union Européenne « une tâche essentielle au point de vue de notre rang, de l’avenir de l’Europe, des relations humaines entre Français et Germaniques » (P.246/316). Par ses nombreux voyages pour aller à la rencontre de la population Française, en septembre il se rend à Lyon, Toulon, Marseille, remonte vers Toulouse puis Bordeaux, il fait ce voyage en 4 jours « du 14 au 17 septembre » (P. 17-22/19-27). Il se rapproche de la population, il est partout, il se rend dans toute la France qu’elle soit agricole, industrielle, ou dans les villes. Cette œuvre à une visée électoraliste car elle montre le Général de Gaulle dans toutes les facettes de la politique, intérieure et extérieure. Dans sa politique intérieure il veut se montrer comme un homme de terrain (militaire) mais également comme un homme politique qui connaît les besoins de la France et de sa population. Dans ses relations avec l’étranger, il voyage beaucoup, rencontre des chefs d’Etats tels que Staline à Moscou, il entretient des relations avec Churchill, Roosevelt, …

Il veut que ses Mémoires soient un recueil des ses actions, pour montrer qu’il est à la hauteur des attentes de la France, et les preuves sont les actions qu’il a mené dans la période 1944-1946.



  • Conclusion



Dans les Mémoires de Guerre, Charles de Gaulle nous fait part de ses talents d’écrivain. En effet, il varie les différents registres pour marquer les temps de l’œuvre, il change également de genre s’adapter aux différents passages de l’action, de plus pour donner du rythme à son écriture il diversifie les styles de langue. Il prouve par sa diversité grammaticale et littéraire que son œuvre Les Mémoires est une œuvre littéraire.


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